Y’en A : dix ans, déjà !
Dix ! C’est le numéro du fanzine Y’en A qui vient de paraître. Dix ! C’est aussi l’âge de ce collectif de bande-dessinée créé par trois copains à Bourges. En même pas dix questions, nous vous proposons un petit retour en arrière sur le parcours de ces fondus de la petite bulle et de la vignette, qui ont réussi vendredi soir à attirer bien plus de dix personnes pour souffler les dix bougies de leur gâteau d’anniversaire.
L’Agitateur : Aujourdhui, vous fêtez le dixième anniversaire de Y’en A. Pouvez- vous nous en rappeler les débuts ?
Stéphane Girod : Il y a dix ans, Frèd Langout , Trip et moi, nous nous sommes croisés un peu par hasard chez des amis communs. Nous étions tous les trois illustrateurs amateurs mais nous n’avions ni d’édition papier, ni aucun réseau pour montrer nos travaux. Nous avons commencé par réaliser un petit fanzine photocopié avec quelques amis qu’on est allé chercher par-ci, par- là…
L’Agitateur : Vous avez également créé un off au festival BulleBerry…
Stéphane Girod : Oui, juste après le coup d’essai avec le fanzine, on a voulu développer des petites expositions et des stands de vente. Nous connaissions BulleBerry mais on a voulu se mettre un petit peu en marge tout en restant auprès d’eux pour monter ce qu’on a appelé le festival off.
L’Agitateur : Que proposait le off ?
Stéphane Girod : La première fois on a invité un auteur qui s’appelle Alex Baladi. On lui a préparé une quinzaine de tableaux blancs, qu’il a du remplir et accrocher au fur et à mesure sur les murs de la box, à côté de l’école des Beaux Arts. À partir de la deuxième édition, on s’est imposé un fil rouge. À chaque fois, on voulait inviter quelqu’un qui ferait quelque chose en direct, quelque chose d’évolutif que les gens viendraient voir et revoir pendant le week-end. Contrairement à des expositions ou à des soirées dédicaces… On a tenu le coup deux ou trois ans en trouvant des professionnels à inviter. La quatrième année, on n’avait simplement pas d’idée. On s’est donc obligé à l’inventer… Et ça a donné "Wall Strip". [1]
L’Agitateur : Et ensuite que s’est-il passé ?
Stéphane Girod : Concernant la parution du fanzine, il y a eu une grosse interruption . En 2005, nous en étions arrivés au numéro 9 avec une bonne régularité. Puis, l’envie de faire autre chose est apparue et on a arrêté complètement. L’idée de faire un numéro dix à l’occasion de cet anniversaire nous a semblé évidente. Par ailleurs, on a tous travaillé sur des ateliers créatifs. Des ateliers animés pour les enfants et diverses interventions mais surtout on a développé l’atelier Wall Strip qu’on a essayé d’étoffer un peu,en améliorant la scénographie. Après le coup d’essai au off de BulleBerry, on l’a fait tourner dans un ou deux festivals de province et puis très rapidement - par le biais de quelques connaissances - on a pu le présenter au festival d’Angoulême, durant cinq années consécutives.
L’Agitateur : Chacun d’entre-vous a également tracé son chemin de manière individuelle…
Stéphane Girod : Oui, Fred a sorti un petit album chez Onapratut sur le thème de l’alcool et de l’ivresse. Quant à moi, j’ai fait un livre pour enfants et j’ai également participé à des collectifs chez Onapratut.
L’Agitateur : Et votre groupe est dispersé maintenant…
Stéphane Girod : Nous essayons toujours de faire un effort pour nous rassembler chez l’un ou chez l’autre, en général à Bourges car l’association reste berruyère. Nous y avons nos racines mais aussi du matériel stocké, notamment pour la gravure : une pratique qu’on a ajouté à notre catalogue.
L’Agitateur : Quels sont vos projets après le tirage de ce fanzine n°10 ?
Stéphane Girod : Nous avons pris plaisir à le faire. Après sept ans d’interruption, on a quand même appris des choses à la fois en matière d’illustration, de maquette et de fabrication. On est vraiment satisfait de ce numéro … en toute humilité ! [2] Maintenant, on se pose effectivement la question : Est-ce que ça donne envie de recommencer ? Nous n’envisageons pas forcément de le faire avec régularité mais on aimerait arriver petit à petit à monter quelques planches en vue d’un numéro 11, dans six mois ou un an peut-être… [3]
L’association Y’en A possède un site internet : le lien ici
Le blog de Stéphane Girod, en lien ici
À lire
Cet article précédent sur la participation du collectif Y’en A au festival le Sous-Off : "Le Sous-Off, un vrai festival !"
[1] Le concept du "Wall Strip" c’est une proposition faite au visiteur de créer sa propre bande- dessinée à partir d’une planche constituée de trois vignettes pré-formatées, qu’il faut remplir au gré de l’inspiration …
[2] Pour cette parution, le collectif Y’en A a fait appel à l’imprimerie Notre Dame située à Bourges .