Veut-on tuer la mode ? C’est la question que l’on peut se poser au regard des quelques événements politiques et sociaux qui se sont déroulés ces dernières semaines.
Cela a commencé par le mouvement des bonnets rouges, un revival 2013 de la révolte du papier timbré datant de 1675. Si le timbre existe toujours en 2013, plus que le papier, ce sont les gens qui sont timbrés : imaginez une révolte fiscale menée principalement par des patrons, entrepreneurs, artisans et suivie par des ouvriers, des employés, avec comme seul point commun la bretonnitude bretonnante et comme objectif, la fin de l’écotaxe. Eh bien tout ces braves gens ce sont mis un bonnet rouge sur la tête...et comme personne n’a envie de passer pour un pollueur égoïste d’extrême-droite qui soutient l’industrie agro-alimentaire bretonne qui fourni la France et la planète en bouffe de merde, tout cela avec l’aide des subventions de France et d’Europe, et bien ils ont en même temps signé la fin du port du bonnet rouge, au moins pour l’hiver 2013-2014. Bravo ! Alors, bien sûr, certains rétorqueront qu’il y avait parmi les bonnets rouges des ouvriers venus manifester pour sauver leur emploi et que cette manifestation n’était pas si détestable qu’on veut bien le dire. Sauf qu’être ouvrier et en difficulté ne dispense pas de réfléchir : ceux qui les ont mis dans la merde, ce sont leurs patrons, ceux qui ne veulent pas payer les taxes, ce sont encore leurs patrons, ceux qui récolteront les fruits éventuels de ces manifs, ce sont encore leurs patrons...et ceux qui se feront baiser, ce sont les français y compris bretons puisqu’ils devront payer d’une manière ou d’une autre, ce que ces patrons ne veulent pas payer.
Plus proche de nous, on peut déplorer un autre méfait qui va nuire encore à la mode. Pascal Blanc, le roi des travaux qui foirent à Bourges, n’a rien trouvé de mieux comme signe de ralliement pour sa campagne municipale, que le port d’une écharpe blanche. Par chance, le phénomène sera limité géographiquement à Bourges. Mais cet hiver, il vous sera impossible de porter à Bourges une écharpe blanche sans passer pour un militant de l’UDI ou un soutient à Pascal Blanc. Ainsi, l’écharpe blanche sera définitivement connotée bourges.
Enfin, dernier méfait en date, la candidature aux municipales 2014 à Bourges de Franck Thomas-Richard notre trigramme berruyer à nous : à Paris ils ont NKM, à Bourges on a FTR. Bon, ce n’est pas trop le même genre. Oui FTR ferait mieux lui aussi de prendre les transports en commun plus souvent, mais c’est pour d’autres raisons que NKM. Les mauvaises langues appellent déjà la liste du DVD [1] FTR, la liste des gros nez rouges. Là, c’est le style qui va en prendre un coup. Il ne va plus être possible de boire tranquillement un coup au bar, sortir une blague raciste, sexiste ou homophobe sans passer pour un gros nez rouge. Alors qu’en fait, nous on le sait, vous ne soutenez pas du tout les gros nez rouges, vous êtes plus près des chiottes et de sa brise marine. Enfin, quelques-uns d’entre vous. Nous ne sommes pas dans le sud-est quand même...Mais bon, si au final il n’y a pas de liste FN à Bourges, nul doute que la liste de Franck Thomas-Richard fera un très bon substitut. Officiellement, il s’agit d’une liste de berruyers, sans parti, sans carte. ET FTR, il n’a pas (eu) sa carte à l’UMP tendance droite-extrême peut-être ? On nous prend vraiment pour des benêts...
Bon, tout ça, c’est bien sûr, c’est pour de rire. Tous ces gens là, on leur mettrait bien un beau nez rouge. Mais fini les clowneries, place à la campagne des municipales. Maintenant que les listes sont presque toutes déclarées [2], que les candidats ont monté leur comité de soutien, qu’ils ont inauguré leur permanence de campagne, qu’ils ont mis en ligne leur site web, on va pouvoir laisser l’accessoire (de mode) de côté et passer aux projets, aux débats. Pardon ? Comment ça je suis vraiment un benêt ?!