Éditorial Décembre 2013

Les beaux nez rouges

mardi 3 décembre 2013 à 07:00, par Mister K

Veut-on tuer la mode ? C’est la question que l’on peut se poser au regard des quelques événements politiques et sociaux qui se sont déroulés ces dernières semaines.

Cela a commencé par le mouvement des bonnets rouges, un revival 2013 de la révolte du papier timbré datant de 1675. Si le timbre existe toujours en 2013, plus que le papier, ce sont les gens qui sont timbrés : imaginez une révolte fiscale menée principalement par des patrons, entrepreneurs, artisans et suivie par des ouvriers, des employés, avec comme seul point commun la bretonnitude bretonnante et comme objectif, la fin de l’écotaxe. Eh bien tout ces braves gens ce sont mis un bonnet rouge sur la tête...et comme personne n’a envie de passer pour un pollueur égoïste d’extrême-droite qui soutient l’industrie agro-alimentaire bretonne qui fourni la France et la planète en bouffe de merde, tout cela avec l’aide des subventions de France et d’Europe, et bien ils ont en même temps signé la fin du port du bonnet rouge, au moins pour l’hiver 2013-2014. Bravo ! Alors, bien sûr, certains rétorqueront qu’il y avait parmi les bonnets rouges des ouvriers venus manifester pour sauver leur emploi et que cette manifestation n’était pas si détestable qu’on veut bien le dire. Sauf qu’être ouvrier et en difficulté ne dispense pas de réfléchir : ceux qui les ont mis dans la merde, ce sont leurs patrons, ceux qui ne veulent pas payer les taxes, ce sont encore leurs patrons, ceux qui récolteront les fruits éventuels de ces manifs, ce sont encore leurs patrons...et ceux qui se feront baiser, ce sont les français y compris bretons puisqu’ils devront payer d’une manière ou d’une autre, ce que ces patrons ne veulent pas payer.

Plus proche de nous, on peut déplorer un autre méfait qui va nuire encore à la mode. Pascal Blanc, le roi des travaux qui foirent à Bourges, n’a rien trouvé de mieux comme signe de ralliement pour sa campagne municipale, que le port d’une écharpe blanche. Par chance, le phénomène sera limité géographiquement à Bourges. Mais cet hiver, il vous sera impossible de porter à Bourges une écharpe blanche sans passer pour un militant de l’UDI ou un soutient à Pascal Blanc. Ainsi, l’écharpe blanche sera définitivement connotée bourges.

Enfin, dernier méfait en date, la candidature aux municipales 2014 à Bourges de Franck Thomas-Richard notre trigramme berruyer à nous : à Paris ils ont NKM, à Bourges on a FTR. Bon, ce n’est pas trop le même genre. Oui FTR ferait mieux lui aussi de prendre les transports en commun plus souvent, mais c’est pour d’autres raisons que NKM. Les mauvaises langues appellent déjà la liste du DVD [1] FTR, la liste des gros nez rouges. Là, c’est le style qui va en prendre un coup. Il ne va plus être possible de boire tranquillement un coup au bar, sortir une blague raciste, sexiste ou homophobe sans passer pour un gros nez rouge. Alors qu’en fait, nous on le sait, vous ne soutenez pas du tout les gros nez rouges, vous êtes plus près des chiottes et de sa brise marine. Enfin, quelques-uns d’entre vous. Nous ne sommes pas dans le sud-est quand même...Mais bon, si au final il n’y a pas de liste FN à Bourges, nul doute que la liste de Franck Thomas-Richard fera un très bon substitut. Officiellement, il s’agit d’une liste de berruyers, sans parti, sans carte. ET FTR, il n’a pas (eu) sa carte à l’UMP tendance droite-extrême peut-être ? On nous prend vraiment pour des benêts...

Bon, tout ça, c’est bien sûr, c’est pour de rire. Tous ces gens là, on leur mettrait bien un beau nez rouge. Mais fini les clowneries, place à la campagne des municipales. Maintenant que les listes sont presque toutes déclarées [2], que les candidats ont monté leur comité de soutien, qu’ils ont inauguré leur permanence de campagne, qu’ils ont mis en ligne leur site web, on va pouvoir laisser l’accessoire (de mode) de côté et passer aux projets, aux débats. Pardon ? Comment ça je suis vraiment un benêt ?!

[1Non, ce n’est pas l’ancêtre du blue ray, cela signifie divers droite

[2Oui, il manque éventuellement une liste Europe Écologie Les Verts, une liste Lutte Ouvrière...et peut-être, qui sait, une liste Kiki Trotsky


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commentaires
Les beaux nez rouges - elpecnounidojmasseravencido - 27 janvier 2014 à 00:19

Peut-être y allez-vous un peu (beaucoup) fort avec les salariés des Bonnets Rouges. Et certains des employeurs locaux qui sont certes leurs patrons. Sachez qu’il y a une grande tendance dans la gauche à dénigrer tout mouvement social qui lui échappe, qui n’est pas dirigé par elle. Toutes les centrales syndicales ont lâché (la CFDT en tête) les salariés "bonnets rouges", suivant en cela la politique de Hollande et les propos de Mélenchon, et leurs propres orthodoxies. Les médias avec. Bref, ce mouvement était un mouvement patronal poujadiste, identitaire("faf"), avec des salariés "nigauds" à la botte des patrons. C’est bien plus pratique. Je vous invite à lire un texte paru sur Mediapart le 5 décembre 2013 qui me semble le plus honnête parmi tout ce qu’on a pu dire sur ce mouvement. Qui pose des questions qui emmerdent la gauche, sa bien pensance et son obéissance à la politique actuelle. Et qui aborde la constitution des Métropoles. On y revient décidément. Et oui, ce mouvement était peut-être bien idenditaire et régionaliste.... (à méditer).
ps : ce texte émane de l’OCL, organisation communiste libertaire.
Bonnets rouges et pôle ouvrier à Carhaix.


Les beaux nez rouges - epujsv - 27 janvier 2014 à  13:47

Et j’aimerais bien savoir aujourd’hui qui peut se targuer de ne pas produire de la merde dans le contexte de son travail. Que ce soit de la production de matières ou de la production "intellectuelle". A part des artisans qui ont fait des choix, des indépendants. Dès lors qu’on travaille dans un système, un ensemble, public ou privé, nous produisons aujourd’hui (et ce n’est pas nouveau) des monstres. Que nous subissons, bien entendu. Il ne s’agit pas de culpubaliser, responsabiliser qui que ce soit (ou pas tout le monde) . Et ce n’est certainement pas la refonte du territoire qui va arranger les choses, tout entière consacrée à une supra-économie qui va prolonger l’éloignement déjà en cours de réalisation, des citoyens et de leurs besoins. Proximité disent-ils. Lien social. C’est exactement le contraire. Une gauche prétendue moderne a toujours rêvé (et réalisé) de centres prestigieux où on s’agite du bocal (ou tout du moins on le prétend) assis sur le mode économique actuel. En cela, le gouvernement de Hollande, Ayrault est bien de cette gauche là. La gauche compétitive, la gauche innovante. Par exemple, à Bourges, le site Lahitolle serait un pôle de l’innovation. On nous le rebat à longueur de campagnes electorales, de journaux locaux. Innovation, le mot est lâché, et il est obligatoire de considérer que c’en est Mais, chez les berruyers, qui sait ce qu’on y "innove" ? personne, à part ceux qui sont dedans. Qui récolte les fruits (pourris ?) de cette "innovation" ? y’a t-il un seul homme, une seule femme, acteur, actrice politique pour nous l’expliquer ? Serait-il perfide de supposer que vu sa proximité avec la DGA, on y innove pas que de "l’internet" ? Quoiqu’il en soit, à Lahitolle ou ailleurs, on produit des hommes et femmes "nouveaux" habilités à être perpétuellement restructurés et des spécialistes de la retrusturation, dans tous les domaines. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une vision catastrophiste, mais réaliste, lucide. Seulement, de ci, de là, ça coince, ces projets et réalisations rencontrent des résistances mal ou bien organisées selon qu’on pense comme ci ou comme ça. Toujours est-il que ce sont des résistances. Et il n’y a pas de modèle parfait.

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