Liberté(s)
Les présidentielles approchent, et un thème ne risque malheureusement pas de devenir un thème de campagne : la liberté. Oui, vous savez, vous connaissez, la fameuse devise de notre très chère république : "Liberté, égalité, fraternité". Et bien c’est de celle-là dont je veux vous parler.
Rassurez-vous, je ne vais pas faire un plaidoyer pour la France républicaine de Jean-Pierre Chevènement. Je ne vous ferai pas l’injure, non plus, de mélanger la liberté avec les libertés d’Alain Madelin et des libéraux en général, dont la rhétorique tourne au foutage de gueule. Non, je veux parler des libertés fondamentales.
Vous allez me dire qu’en France, on est plutôt pas mal lotie dans ce domaine. Et là, je répondrait oui et non. Oui, comparé à une grande majorité de pays dans le monde, nous n’avons pas trop à nous plaindre. Non, si on prend dans l’absolue. Pour celà, je vais prendre quelques exemples récents.
Les journaux gratuits
Depuis quelques semaines, deux ou trois groupes de presse gratuite tentent de s’implanter en France et de distribuer des journaux dans quelques grandes villes françaises. Ils sont perturbés par un syndicat, le syndicat de livre CGT pour ne pas le nommer, qui tout bonnement sabote leur travail en saccageant des milliers de journaux, voir, pire, en agressant physiquement leurs employés qui tentent de gagner leur vie. Dans cette histoire finalement, peu importe le pourquoi. Ce qui compte, c’est le résultat : la liberté est en danger, celle de s’exprimer (liberté de la presse), celle de travailler.
La raison du plus fort
Certains vont me répondre que cette presse n’en a que le nom, et que c’est pour protéger le travail et le statut d’autres travailleurs contre des règles ultra-libérales que ces actions sont menées. Je pose alors deux questions : est-ce que la liberté des uns est plus importante que la liberté des autres ? Est-ce que à la violence du libéralisme il faut répondre par la violence physique ?
Mutisme des politiques
Le pire dans cette histoire, c’est le mutisme des politiques en général. A des actes totalitaire, il faut oser le dire, aucune réponse n’est donnée. Ce véritable scandale passe comme une lettre à la poste. Cette résignation est écoeurante. Heureusement, la presse web ne doit pas passer par les NMPP...pourtant, le danger vient vraisemblablement de là !
Culture et liberté
Art contemporain en Languedoc-Roussillon
Autre exemple révoltant, c’est la fermeture autoritaire et sans décision de justice d’un site web en décembre 2001, en toute illégalité. Le site concerné, se trouvait sur les pages Web du fonds régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon. Jugé obscène par des élus du Front National, l’oeuvre, "je suis ton ami(e)...tu peux me dire tes secrets" a été tout bonnement censuré. Là encore, personne ne moufte.
Pourtant, il y aurait pas mal de choses à dire sur le mode de financement de l’art contemporain soumis directement aux pressions ou amitiés politiques des élus locaux. Il y aurait aussi à redire, là encore, sur la liberté d’expression. L’obscénité de quel coté est-elle ? Du coté de l’expression artistique, du coté des politiques censeurs au bon goût universel ou du coté de tout ceux qui se taisent et font abstraction.
Raveurs et Raveuses
On vous ment ! On vous... Non ! Sérieusement, le délire anti-rave de l’été 2001 à trouvé sa conclusion le 11 Septembre 2001. "Grâce" aux terroristes de New-York, les socialistes français ont pu tranquillement retourner leur veste, et prendre des mesures liberticides dans le cadre des Lois de Sécurité Quotidienne. Désormais, les raves sont soumisent à autorisation préfectorales. Et si ça ne vous plait pas, tant pis pour vous. De toute façon, tout le monde sait bien que les jeunes font partie du gros bataillon d’abstentionnistes aux élections...
etc.
Des exemples de limitation des libertés, je pourrais vraisemblablement en trouver des centaines en plus, ne serait-ce qu’en fouillant autour des palais de Justice ou des commissariats. Tout cela pour dire que les libertés acquises sont sans cesse à défendre, et que les candidats, à force de l’oublier, nous le font oublier également. Et puisque un certain nombre de candidats défendent "La République" au sens nationaliste du terme, il faudrait aussi leur rappeler, et rappeler aux autres, que derrière ce mot se "cache" pas mal de valeurs mais aussi une devise qui n’a rien de monétaire et qui n’a pas de prix : Liberté, ..., ...