Éditorial Septembre 2014

La Macron économie

lundi 1er septembre 2014 à 06:30, par Mister K

En mai 2012, on n’attendait rien de l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Eh bien, à presque mi-mandat, on peut dire que l’on n’est pas déçu. Mais on est quand même surpris. Il arrive à faire aussi mal que Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas un moindre exploit. Qu’a-t-on retenu de l’action de Hollande au-delà du "mariage pour tous" ? Des tergiversations, des mesures tièdes et depuis le début 2014, un grand coup de barre à droite [1]. Cela a commencé avec la nomination de Manuel Valls comme premier ministre. Cela continue par la nomination d’un certain Emmanuel Macron comme ministre de l’économie, plus jeune ministre de l’économie depuis... Giscard d’Estaing. Alors Macron va t-il faire des miracles, est-il le messie de l’économie française comme certains l’espèrent ? En lisant son curriculum vitae, on peut avoir quelques doutes : DEA de philosophie, IEP [2], ENA tout cela jusqu’en 2004. Puis, inspection des finances jusqu’en 2008 et Banque Rothschild jusqu’en mai 2012, date à laquelle il est nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée. Outre le fait que le gars se soit fait des couilles en or chez Rothschild, on n’est pas bien certain qu’il soit un dieu de l’économie... ce qui d’ailleurs n’était pas plus le cas de Montebourg, son prédécesseur. Bref, expérience professionnelle réelle du gars : à peine 10 ans. On soupçonne donc que c’est plutôt le discours libéral du Macron qui plaît aux milieux économiques et médiatiques plutôt que ses réelles compétences en économie. Le remplacement de Montebourg dont le discours était de gauche par un Macron dont le discours est libéral, voilà une grande victoire pour le Medef... mais pas forcément un grand espoir pour les Français.

Ceux qui pensaient avoir voté pour la gauche en 2012 en sont pour leurs frais. Une des rares bonne loi de l’ère Hollande, la loi ALUR de Duflot, va être torpillée suite à un intense lobbying des promoteurs immobiliers. C’est officiel, il n’y a plus de différence de politique économique entre le PS et l’UMP. On plaint d’ailleurs l’UMP qui va devoir ramer sévèrement pour se démarquer et critiquer la politique économique de Hollande. Tout cela pour le plus grand bénéfice du Front National. Voilà qui nous promet un avenir sombre.

Et pendant ce temps là, que font nos députés du Cher ? Sansu s’inquiète de la réforme des régions, Fromion brille par son inutilité et Galut continue à faire le beau dans les médias. Galut, qui aime nous faire rire, a quand même cofondé au sein du PS, un groupe nommé "Cohérence Socialiste" et sorti dans ce cadre un énième bouquin avec un titre se voulant choc : "Contre la mort de la Gauche". Vu comme c’est parti, le Parti Socialiste va continuer à mener une politique cohérente mais de droite. Par chance, la gauche ce n’est pas uniquement le PS. Il est donc possible que la gauche ne meurt pas tout à fait... à condition que beaucoup de ceux qui se disent de gauche s’extraient du PS pendant qu’il en est encore temps.

Bon, tout ça n’est pas bien gai. Heureusement, il y a Pascal Blanc, qui, pour ceux qui ne le sauraient pas, est le nouveau maire de Bourges. Le mec nous fait bien rire avec ces Tchats du maire. Le gars, il a l’air sympa comme tout. Un peu benêt, mais sympa. Opération de com’ réussie ? Oui, enfin, pas si sûr. Parce que Pascal, il a les dents longues. À l’instar de son prédécesseur, Serge Lepeltier, il va vraisemblablement se servir de son mandat de maire de Bourges et président de Bourges Plus pour grimper dans la hiérarchie du Parti Radical et de l’UDI. Bref, pas si benêt que ça. Et ensuite, depuis son arrivée, il réalise tranquillement mais sûrement une casse en règle des manifestations culturelles de la ville de Bourges. Après l’annonce de la fin du festival international du film écologique et l’annulation de biennale d’art contemporain 2014, c’est le festival "Un été à Bourges" qui serait menacé même si cela a été démenti par la mairie. Le message de Blanc à l’air d’être que la culture ça ne sert à rien et ça coûte cher. On ne serait pas étonné que Blanc soit ravi de la nomination de Macron. On croyait que le maire de Bourges avait clairement annoncé la couleur. Mais peut-être pas. Lui aussi semble décidé à faire de la Macron économie...

[1Bon, pour être honnête, on ne peut pas dire qu’avant cela, sa politique ait été vraiment de gauche

[2Institut d’Études Politiques


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commentaires
Black-Berry - Malthus - 4 septembre 2014 à 13:01

Il se passe des choses à Vierzon. Mais n’en parlez pas, le député-maire a interdit à la presse locale d’en parler.

Dormez, braves gens !


Black-Berry - Mister K - 5 septembre 2014 à  01:00

Il sert à quoi votre message ? Vous savez que si vous avez des choses à dire, vous pouvez écrire un article ?
Sinon, c’est pas la peine d’écrire ce genre de message hors sujet qui ne sert à rien...

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