Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française

jeudi 24 septembre 2015 à 07:00, par Cyrano

Dimanche soir, comme d’hab lorsque je suis at home, j’écoutais Les P’tits Bateaux, l’émission de Noëlle Bréham sur France-Inter. Ça parlait de Bourges, si !

Et ça parlait aussi de la plus vieille chanson française – qu’on chante même encore aujourd’hui : "Le carillon de Vendôme". J’ai appris alors que c’est pas tout jeune, que ça date du XVe siècle, lorsque le dauphin Charles (futur Charles VII) se réfugie à Bourges. Il ne règne que sur un p’tit territoire circonscrit par les villes d’Orléans, Beaugency, Cléry, Vendôme et Bourges. Ensuite Jeanne aura des acouphènes et viendra sauver le petit Roi de Bourges.

Mes amis, que reste-t-il ?
À ce Dauphin si gentil ?
Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !

Les ennemis ont tout pris
Ne lui laissant par mépris
Qu’Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !

(deuxième strophe rarement citée)

Bin, et Bourges ?! Ecoutons Les P’tits Bateaux :
« La France, c’est quoi ? Eh bien, c’est cinq villes : Orléans, Beaugency, Cléry, Vendôme, et une qui n’est pas citée dans la chanson, eh bien c’est là qu’a été écrite la chanson, c’est Bourges. On sait qu’en 1422 on écrit ce petit bout de chanson sur un carillon joué par les églises de Bourges. »

Dingue ! C’est une tuerie ! Bourges est le berceau de la chanson de France. Même Wikipedia le dit : «  La ville de Bourges , la cinquième ville, n’apparaît pas dans les paroles parce que c’est là-bas que la chanson a été composée pour le Dauphin présent dans la ville ». Wikipedia ne nous dit pas si Roland Narboux le savait ? Son site semble n’en point parler.

Pour ceusses qui ne connaissent pas, v’la les notes et pour ceusses qui veulent entendre, v’la le son.

Mais... ah ? Y’a un mais ? Un ami instit’ se souvient très bien avoir appris cette chanson-comptine dans son enfance ; un autre est comme moi : cette chanson ? jamais ouïe, non. Mais voici qu’une amie semble se souvenir avoir entendu cette chanson à la télé chantée par des cathos intégristes, ou des royalistes - ou les deux, ça marche ensemble. Eh bien, vérif faite sur le net, si, si, cette chanson est prisée des royalistes. C’est quand même un cas pathologique rare : les royalistes se réclament d’une époque où le Roi ne sera sauvé de son état de petite crotte que par une meuf venue de Lorraine.

On évitera donc cette chanson, dommage. Autant préférer un poète de Bourges, Pierre Motin, celui qui écrivait qu’une femme n’est parfaite que par son con. Ho là, c’est pas le même genre...


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commentaires
Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - epujsv - 26 septembre 2015 à 18:36

" Eh bien, vérif faite sur le net, si, si, cette chanson est prisée des royalistes."

Un certain Maxime Brienne de l’Action Française a transformé cette chanson en l’intitulant Carillon pour la Ste Jeanne d’Arc dans le journal l’Action Française du 8 mai 1921 afin de glorifier leurs troupes durant la première guerre mondiale :

"Nous autres, nous autres, malgré les argousins,
Nous lui frayons son chemin de fête, de fête,
Qu’ils aimaient la fleurir ceux là qui devaient mourir,
Comme elle, comme elle,
à vingt ans, souriants,
camelots, étudiants,
par gerbes, par gerbes,
leurs ainés Montesquiou, Cellerier,
Qui Dieu sait où, repose repose,
Et Barral à Soissons,
Les deux frères d’Harmenon,
Lagrange, Lagrange,
Entendez, c’est leurs noms,
Que bercent avec leurs sons
Les cloches, les cloches,
Orléans, Dom Remy,
Notre Dame de Paris,
Compiègne, Compiègne "

Dans l’Action Française par l’Action Française


Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - epujsv - 26 septembre 2015 à  20:05

"Carillon pour la Ste Jeanne d’Arc dans le journal l’Action Française du 8 mai 1921" :
il s’agirait à priori plutôt de l’édition spéciale du 8 mai 1921 (et non du numéro quotidien du 8 mai 1921) entièrement consacrée à la première Fête nationale de Jeanne d’Arc, instituée pour la 1ere fois par la République.

Répondre à ce message #42114 | Répond au message #42113
Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - epujsv - 26 septembre 2015 à  20:55

Dans le numéro du 10 mai 1921 l’intégralité de la chanson parue dans le numéro spécial du 8 mai est retranscrite en première page. On peut la lire sur le site de la BNF, Gallica : "Aux morts libérateurs, Carillon pour la Ste Jeanne d’Arc" de Maxime Brienne qui est également à l’origine des paroles de l’hymne de l’Action Française " La Royale- Marche des Camelots du Roi" .

Répondre à ce message #42117 | Répond au message #42114
Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - epujsv - 27 septembre 2015 à  13:18

" Carillon pour la Sainte Jeanne d’Arc" (1921) de Maxime Brienne de l’Action Française
à ne pas confondre avec " Carillon pour Jeanne" d’André Losay des Coeurs Vaillants et Ames Vaillantes chantée à Radio Lyon le 9 mai 1941.

Bon, j’arrête. Mais dès que ça parle de cloches, ça m’intéresse.

Répondre à ce message #42119 | Répond au message #42117
Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - Mercure Galant - 24 septembre 2015 à 16:36

Intéressant ! Une émission qui évoquait déjà ce même sujet en 2013 sur France Info...


Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - Cyrano - 24 septembre 2015 à  20:24

Très bonne idée de signaler la rubrique de Bertrand Dicale de France-Info (c’est lui aussi qui a répondu à Noëlle Bréham dans l’émission Les P’tits bateaux).

Dommage que je n’ai trouvé cette rubrique qu’après avoir écouté dimanche soir Les P’tits Bateaux, because y’a une rubrique sur le célébrissime Jeux Interdits et ça m’aurait bien aidé pour frimer à un repas samedi soir durant lequel nous évoquâmes cet air de guitare...

Répondre à ce message #42100 | Répond au message #42098
Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française - bombix - 26 septembre 2015 à  08:17

Vi. Tiens, j’ai retrouvé la citation de Renaud

Lorsque j’suis arrivé
Sur ma vieille mobylette
Y’en avait qu’écoutaient
L’dernier David Bowie
Ils flippaient comme des bêtes
Autour d’une chaîne pourrie
Ils fumaient des P4
En buvant du Coca
Un pauvr’ type sur sa gratte
Jouait "Jeux interdits"
Y’avait même une nana
Qui trouvait ça joli

C’était du temps des "boums" et des "mobylettes" ... Je vous parle d’un temps que les moins de vingt (trente, quarante ? misère de nous) ans etc.

Répondre à ce message #42105 | Répond au message #42100