Le Carillon de Vendôme fait de Bourges le Lascaux de la première chanson française
Dimanche soir, comme d’hab lorsque je suis at home, j’écoutais Les P’tits Bateaux, l’émission de Noëlle Bréham sur France-Inter. Ça parlait de Bourges, si !
Et ça parlait aussi de la plus vieille chanson française – qu’on chante même encore aujourd’hui : "Le carillon de Vendôme". J’ai appris alors que c’est pas tout jeune, que ça date du XVe siècle, lorsque le dauphin Charles (futur Charles VII) se réfugie à Bourges. Il ne règne que sur un p’tit territoire circonscrit par les villes d’Orléans, Beaugency, Cléry, Vendôme et Bourges. Ensuite Jeanne aura des acouphènes et viendra sauver le petit Roi de Bourges.
Mes amis, que reste-t-il ?
À ce Dauphin si gentil ?
Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !
Les ennemis ont tout pris
Ne lui laissant par mépris
Qu’Orléans, Beaugency,
Notre-Dame de Cléry,
Vendôme, Vendôme !
(deuxième strophe rarement citée)
Bin, et Bourges ?! Ecoutons Les P’tits Bateaux :
« La France, c’est quoi ? Eh bien, c’est cinq villes : Orléans, Beaugency, Cléry, Vendôme, et une qui n’est pas citée dans la chanson, eh bien c’est là qu’a été écrite la chanson, c’est Bourges. On sait qu’en 1422 on écrit ce petit bout de chanson sur un carillon joué par les églises de Bourges. »
Dingue ! C’est une tuerie ! Bourges est le berceau de la chanson de France. Même Wikipedia le dit : « La ville de Bourges , la cinquième ville, n’apparaît pas dans les paroles parce que c’est là-bas que la chanson a été composée pour le Dauphin présent dans la ville ». Wikipedia ne nous dit pas si Roland Narboux le savait ? Son site semble n’en point parler.
Pour ceusses qui ne connaissent pas, v’la les notes et pour ceusses qui veulent entendre, v’la le son.
Mais... ah ? Y’a un mais ? Un ami instit’ se souvient très bien avoir appris cette chanson-comptine dans son enfance ; un autre est comme moi : cette chanson ? jamais ouïe, non. Mais voici qu’une amie semble se souvenir avoir entendu cette chanson à la télé chantée par des cathos intégristes, ou des royalistes - ou les deux, ça marche ensemble. Eh bien, vérif faite sur le net, si, si, cette chanson est prisée des royalistes. C’est quand même un cas pathologique rare : les royalistes se réclament d’une époque où le Roi ne sera sauvé de son état de petite crotte que par une meuf venue de Lorraine.
On évitera donc cette chanson, dommage. Autant préférer un poète de Bourges, Pierre Motin, celui qui écrivait qu’une femme n’est parfaite que par son con. Ho là, c’est pas le même genre...