Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ?
Dans la ville, un affichage public surdimensionné et, pour animer la soirée, Jean-Marc Sylvestre : un journaliste vieux canasson sur le retour (mais payé comme un cheval de course, of course !) On espérait donc apprendre queq’chose.
Les finances de la ville vont mal, on le savait plus ou moins : l’ex maire Lepeltier nous a légué un effet de Serge : le réchauffement de la dette de la ville. Mais l’assistance voulait savoir surtout, surtout sur tout : de combien les impôts berruyers vont-ils augmenter, bordel ? Rien ! Rin de rin ! Le maire Pascal Blanc répondra qu’il ne peut rien dire : il doit d’abord en parler avec son conseil municipal.
_ ?!?! Hein ?! Mais alors ?
On nous a fait venir pour ça ?! Stupeur, clameurs, interpellations, hou-hou dans l’assistance :
« Vous pouvez partir, alors, monsieur le maire ! »
« Il se fout de notre gueule ! »
Rien n’y fera. 900 personnes se sont déplacées pour rien.
Une majeure partie de l’assistance avait une telle colère (fort compréhensible) qu’il est heureux que la coutume du Far-West goudron-et-plumes ne soit pas arrivée jusque dans le Berry.
La faute à personne ?
Le maire le précisera à deux ou trois reprises : pas question de perdre son temps à parler des responsabilités de la situation (sous-entendu : on ne cause pas de l’ancien maire Serge Lepeltier – qui soutenait la candidature de Pascal Blanc aux dernières municipales).
Une question viendra aussi de la salle, en commençant par : « On n’est pas venu pour chercher des coupables et des responsables… » – on voit le genre de rebelle exacerbé qui accède au micro des questions ! Le maire-adjoint Philippe Mercier prendra aussi la parole pour éloigner de la discussion tout « esprit revanchard »
Décidemment, le maire veut éviter l’autocritique à la mode Mao. Il préfère certainement le mode et Moa, et moa, et moa…
D’ailleurs, c’est simple, le journaliste-animateur explique que si la ville est quasiment en faillite, c’est uniquement de la faute à la crise (?!), et le maire explique que c’est la faute à la baisse des dotations de l’Etat et ça, surtout depuis Hollande évidemment [rires dans la salle]. Là, quand même, le Sylvestre trouvera que le maire fait un peu de provoc’.
Pascal Blanc blanc comme neige ?
On peut se souvenir. Je me remember d’un conseil municipal avec l’ex maire Serge Lepeltier siégeant en ayant à sa gauche immédiate une maire-adjointe puis Pascal Blanc. Irène Félix (opposition PS) parlait souvent des baisses de dotation de l’Etat et s’inquiétait de la pompe à phynance. Eh bien, notre maire imitait ironiquement la Irène en employant lui-même formule « désengagement massif de l’état » en se marrant et monsieur Pascal Blanc ricanait à cette bonne saillie de son patron.
Un exemple pour rafraichir la pauvre mémoire de notre maire. Au conseil municipal d’octobre 2009, Irène Félix commentait devant le maire « Une situation financière incertaine, un endettement qui s’aggrave, un désengagement massif de l’Etat dans ses dotations à la ville ». En 2009, Sylvestre-Blanc, capiche ?
Le journal La Nouvelle République twittait durant ce conseil : « Irène Félix : désengagement de l’Etat et retour de l’endettement communal. » Et notre maire actuel, am-né-si-que ? car il y était à chacun de ces conseils. Amnésique ou Pinocchio avec le nez qui s’allonge ? Le maire d’alors, Serge Lepeltier ironisait donc sur le dada d’Irène Félix, le désengament de l’état. Plouf, c’était un dada partagé : car Yannick Bedin (opposition PCF), à ce même conseil municipal, voulait une motion pour « dénoncer le désengagement de l’état et le Yannick accusait le maire qui prenait tout ça par-dessus la jambe, de pratiquer « une politique suicidaire. »
Y’a que Sylvestre et le maire qui ne savaient pas
C’était une inquiétude publique, l’enfoncement de la ville dans la spirale de la dette. Lisez ce commentaire, datant de début 2010, sur le site de la Gazette des Communes : L’endettement de la ville de Bourges progresse. Monsieur Jean-Marc Sylvestre, remboursez votre cachet, vous ne l’avez pas mérité ! ou que le maire vous paye de sa poche puisque vous ne faisiez que l’aider à s’absoudre.
La politique suicidaire, Eh bien, on y est : on est passé au bouche à bouche financier pour la ville de Bourges. Et Pascal Blanc, bras droit de monsieur Lepeltier n’y voyait rien ? On comprend pourquoi il ne faut pas parler du passé, ne pas chercher de responsables, car on en a un sous la main : not’ maire actuel. Mais cette question sur la responsabilité du maire actuel ne sera pas posée.