Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ?

jeudi 4 février 2016 à 09:45, par Cyrano

Dans la ville, un affichage public surdimensionné et, pour animer la soirée, Jean-Marc Sylvestre : un journaliste vieux canasson sur le retour (mais payé comme un cheval de course, of course !) On espérait donc apprendre queq’chose.

Les finances de la ville vont mal, on le savait plus ou moins : l’ex maire Lepeltier nous a légué un effet de Serge : le réchauffement de la dette de la ville. Mais l’assistance voulait savoir surtout, surtout sur tout : de combien les impôts berruyers vont-ils augmenter, bordel ? Rien ! Rin de rin ! Le maire Pascal Blanc répondra qu’il ne peut rien dire : il doit d’abord en parler avec son conseil municipal.
_ ?!?! Hein ?! Mais alors ?
On nous a fait venir pour ça ?! Stupeur, clameurs, interpellations, hou-hou dans l’assistance :
« Vous pouvez partir, alors, monsieur le maire ! »
« Il se fout de notre gueule ! »
Rien n’y fera. 900 personnes se sont déplacées pour rien.
Une majeure partie de l’assistance avait une telle colère (fort compréhensible) qu’il est heureux que la coutume du Far-West goudron-et-plumes ne soit pas arrivée jusque dans le Berry.

La faute à personne ?

Le maire le précisera à deux ou trois reprises : pas question de perdre son temps à parler des responsabilités de la situation (sous-entendu : on ne cause pas de l’ancien maire Serge Lepeltier – qui soutenait la candidature de Pascal Blanc aux dernières municipales).
Une question viendra aussi de la salle, en commençant par : « On n’est pas venu pour chercher des coupables et des responsables… » – on voit le genre de rebelle exacerbé qui accède au micro des questions ! Le maire-adjoint Philippe Mercier prendra aussi la parole pour éloigner de la discussion tout « esprit revanchard »
Décidemment, le maire veut éviter l’autocritique à la mode Mao. Il préfère certainement le mode et Moa, et moa, et moa…

D’ailleurs, c’est simple, le journaliste-animateur explique que si la ville est quasiment en faillite, c’est uniquement de la faute à la crise (?!), et le maire explique que c’est la faute à la baisse des dotations de l’Etat et ça, surtout depuis Hollande évidemment [rires dans la salle]. Là, quand même, le Sylvestre trouvera que le maire fait un peu de provoc’.

Pascal Blanc blanc comme neige ?

On peut se souvenir. Je me remember d’un conseil municipal avec l’ex maire Serge Lepeltier siégeant en ayant à sa gauche immédiate une maire-adjointe puis Pascal Blanc. Irène Félix (opposition PS) parlait souvent des baisses de dotation de l’Etat et s’inquiétait de la pompe à phynance. Eh bien, notre maire imitait ironiquement la Irène en employant lui-même formule « désengagement massif de l’état » en se marrant et monsieur Pascal Blanc ricanait à cette bonne saillie de son patron.

Un exemple pour rafraichir la pauvre mémoire de notre maire. Au conseil municipal d’octobre 2009, Irène Félix commentait devant le maire « Une situation financière incertaine, un endettement qui s’aggrave, un désengagement massif de l’Etat dans ses dotations à la ville ». En 2009, Sylvestre-Blanc, capiche ?
Le journal La Nouvelle République twittait durant ce conseil : « Irène Félix : désengagement de l’Etat et retour de l’endettement communal. » Et notre maire actuel, am-né-si-que ? car il y était à chacun de ces conseils. Amnésique ou Pinocchio avec le nez qui s’allonge ? Le maire d’alors, Serge Lepeltier ironisait donc sur le dada d’Irène Félix, le désengament de l’état. Plouf, c’était un dada partagé : car Yannick Bedin (opposition PCF), à ce même conseil municipal, voulait une motion pour « dénoncer le désengagement de l’état et le Yannick accusait le maire qui prenait tout ça par-dessus la jambe, de pratiquer « une politique suicidaire. »

Y’a que Sylvestre et le maire qui ne savaient pas

C’était une inquiétude publique, l’enfoncement de la ville dans la spirale de la dette. Lisez ce commentaire, datant de début 2010, sur le site de la Gazette des Communes : L’endettement de la ville de Bourges progresse. Monsieur Jean-Marc Sylvestre, remboursez votre cachet, vous ne l’avez pas mérité ! ou que le maire vous paye de sa poche puisque vous ne faisiez que l’aider à s’absoudre.

La politique suicidaire, Eh bien, on y est : on est passé au bouche à bouche financier pour la ville de Bourges. Et Pascal Blanc, bras droit de monsieur Lepeltier n’y voyait rien ? On comprend pourquoi il ne faut pas parler du passé, ne pas chercher de responsables, car on en a un sous la main : not’ maire actuel. Mais cette question sur la responsabilité du maire actuel ne sera pas posée.


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commentaires
Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : 9% ça veut dire quoi ? et pour qui ? - epujsv - 8 février 2016 à 19:32

Non mais en fait ça veut dire quoi une augmentation des impôts locaux de 9% ?

Cette année, ou plutôt en 2015, les miens ont augmenté de 26,52% (!).
Je ne suis certainement pas un cas isolé. Et c’est dû principalement à cette suppression d’abattement voté par la majorité municipale. Tout en relevant au passage la valeur locative+ des cotisations que je sais pas ce que c’est ; et une valeur négative des allègements. (tout ça c’est sur la dernière page de l’avis d’impots 2015).

Bon, si je fais un petit bilan simpliste (?) : ce que le gouvernement ne m’a pas fait payer en impôts sur le revenu car je fais partie des revenus modestes (j’ai eu abattement) la municipalité la repris pour son compte avec même 100 euros de plus.

Mais vraiment je serais curieuse de savoir si des entreprises à Bourges (ou sur cette fameuse communauté d’agglos, ou sur ces territoires étranges où on entend parler qu’il y a de la défiscalisation courante) ont eu une augmentation d’impôts de 26,25%.


Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : 9% ça veut dire quoi ? et pour qui ? - epujsv - 8 février 2016 à  21:32

"Bon, si je fais un petit bilan simpliste (?) : ce que le gouvernement ne m’a pas fait payer en impôts sur le revenu car je fais partie des revenus modestes (j’ai eu abattement) la municipalité la repris pour son compte avec même 100 euros de plus."

euh...non, quand même pas. C’est plutôt : ce que je n’ai pas payé en impôts sur le revenu je l’ai payé en impôts locaux avec 100 euros de plus. Comme c’est bien fait tout ça. Tout tombe pile poil à 100 euros près.

Enfin bref, finalement, les impôts locaux, c’est pas maintenant qu’il faut en avoir peur. 9% c’est queudal par rapport à 26. M’est avis qu’ils nous l’ont surtout mis dans le u en 2015. Ceci dit, ça fera une augmentation de 35%
en 2 ans, entre 2014 et 2016. 35%.... hum hum. C’est énorme non ? vraiment énorme.

Répondre à ce message #42508 | Répond au message #42507
Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : 9% ça veut dire quoi ? et pour qui ? - epujsv - 8 février 2016 à  22:44

je parle précisément de la taxe d’habitation. Parce que de quoi parle t-on quand on parle d’impôts locaux ?
seulement de la taxe d’habitation ? des fonciers ? des ordures ménagères ? et parle t-on des impôts des ménages ? de ceux des entreprises aussi ? on met tout dans le même sac ? et tous dans le même sac ?

de quoi parlent les politiques quand ils parlent d’impots locaux ? ils en parlent tous en ce moment.
Mais de quoi parlent-ils au juste ? de qui , de quoi parle le PCF avec sa pétition ? de qui, de quoi parle Irène Félix sur son blog ?

"9% augmentation impots locaux/dotations de l’Etat". 2 expressions seulement dans la bouche de chacun. C’est très peu explicite sur la compléxité des impôts locaux. Et sur les cadeaux qui sont faits dans les zones franches, l’immobilier, les grands groupes, les entreprises copines, etc... En fait 9% ça ne signifie certainement rien. C’est un chiffre qui ne correspond à aucune réalité. l’art des politiques c’est de ne parler d’aucune réalité.

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53 % d’augmentation en 2 ans si on a une petite baraque et un petit terrain pour jouer aux boules - epujsv - 10 février 2016 à  21:44

9% sur chaque impôt : l’habitation, le non bâti, le foncier d’après ce qu’il me semble comprendre. Donc 27%.
Donc 27% (en 2016)+26% (en 2015)= 53% d’augmentation d’impôts en 2 ans pour celui qui a sa petite baraque et un petit terrain non bâti pour le barbecue. Ca fait cher le barbec. Et le gouvernement a prévu pour 2016 d’à nouveau augmenté la valeur locative, en plus.

Répondre à ce message #42511 | Répond au message #42510
Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ? - epujsv - 6 février 2016 à 15:09

Sur le site d’Atlantico (là ou Jean-Marc Sylvestre est éditorialiste, le vent nouveau qui souffle etc....) un article titré " Grève des impôts, la tentation monte… Mais à quoi ressemblerait une fronde fiscale capable de faire plier l’Etat ?" de 2013.

Alors Jean-Marc, un mai 68 (de droite) des impôts locaux berruyers et aggomérations ça vous tente ? pour faire plier la municipalité ? comment sont taxées les entreprises berruyères et agglomérantes au niveau impôts locaux et fonciers ? quelle redistribution sur le territoire ?


Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ? - epujsv - 7 février 2016 à  11:18

de Jean-Marc Sylvestre en juin 2013, sur son blog : "
"Pour l’avenir, cette aggravation de la fiscalité directe est évidemment un très mauvais signal. Elle signifie qu’à chaque fois que le gouvernement aura besoin d’un ajustement financier, il passera par l’impôt. On ne voit pas pourquoi et comment, la prochaine loi de finances qui sera préparée à l’automne, et qui devra impérativement préparer le retour dans les normes budgétaires d’ici 2015, ne passera pas par la case « impôts ». Si le gouvernement avait d’autres projets, ça se saurait…"

http://www.jeanmarc-sylvestre.com/2013/06/04/hollande-et-la-politique-familiale-courage-fuyons

Répondre à ce message #42503 | Répond au message #42501
Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ? - epujsv - 7 février 2016 à  12:05

De Pierre Gattaz en octobre 2015 dans La Tribune : "Après l’Etat, les collectivités locales. Le Medef poursuit sa croisade en faveur de la compétitivité française et s’attaque maintenant au poids de la fiscalité locale qui pénalise trop les entreprises françaises. Présentant l’édition 2015 du baromètre "La fiscalité locale des entreprises", réalisé annuellement par le Medef et ses partenaires, le président de l’organisation, Pierre Gattaz, a regretté que le poids des prélèvement locaux pesant sur les entreprises ait augmenté de 10,1% depuis 2011, année de la réforme de la taxe professionnelle. Aussi, il demande à ce que les élus locaux s’engagent à baisser les taux en 2016 ou, a minima, à les geler :...."

http://www.latribune.fr/economie/france/le-medef-demande-une-baisse-de-la-fiscalite-locale-en-2016-513172.html

Répondre à ce message #42504 | Répond au message #42503
Bourges, meeting finance du 1er février 2016-Bourges Plus s’achète un logiciel - epujsv - 7 février 2016 à  13:56

La communauté d’agglo s’est dotée d’un logiciel de suivi et d’analyse de la fiscalité locale :-)

Appel d’offre du 05/01/2016 et clôturé le 26/01/2016 : ouf !!! juste avant la réunion et le lendemain l’annonce des 9 pour cent de hausse d’impots directs sur les ménages. Enfin quelqu’un sur qui on peut compter !

http://www.francemarches.com/appel-offre/3-boamp-16836/fourniture-logiciel-suivi-analyse

Répondre à ce message #42505 | Répond au message #42504
Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ? - Un habitant de Saint Doulchard - 6 février 2016 à 11:38

Ca ne sert à rien de trouver des responsables : c’est la définition même de l’irresponsabilité !! et c’est bien ça la politique aujourd’hui : une bande d’irresponsable !!!

et la même équipe, qui s’est foutu de la gueule des habitants de Bourges, ça les regarde, est maintenant à l’agglomération. Elus des communes voisines, exigez le départ de Pascal Blanc et refuser toute personnes issue de la précédente équipe !!!!

Pour la survie du département, il faut que Pascal Blanc et tout ceux qui était adjoints dans l’ancienne municipalité quitte la mairie et l’agglomération !!


Bourges, meeting finance du 1er février 2016 : la faute à ki ? - Mister K - 6 février 2016 à  12:55

Ça ne sert à rien de trouver des responsables

Euh, en démocratie, ça sert quand même un peu. Ça sert à ne plus revoter pour eux. Ne pas chercher les responsabilités politiques, c’est rendre les politiques irresponsables. Les citoyens, la presse doivent mettre en évidence les responsabilités. Si ce n’est pas le cas, il ne faut pas aller se plaindre que notre démocratie fonctionne mal. Chacun doit être acteur à son niveau.

Répondre à ce message #42500 | Répond au message #42498