Violences policières ? Quand Maurice Grimaud rappelait à l’ordre les forces de l’ordre.

mercredi 4 mai 2016 à 09:30, par Cyrano

Elles y vont de bon coeur et sans trop de discernement, semble-t-il, les forces de l’ordre du gouvernement socialiste. Forces de l’ordre d’un gouvernement socialo, minable pallaisson devant des patrons bouffis d’arrogance, mais si ferme devant la populace. Pourtant...

En 1968, on ne vous fera pas un dessin, la bâtonite, la vraie, sévissait fort avec les manifs étudiantes. Pourtant, le 29 mai 1968, le Préfet de Police Maurice Grimaud adressait une lettre à tous les policiers. Elle devrait être relue à tous les jouisseurs de la gazeuse ou du bâton. Monsieur Valls ou monsieur Cazeneuve seraient bien inspirés de s’inspirer de cette lettre - et les policiers devraient la mettre sous le nez de certains de leurs collègues trop zélés.

« Je m’adresse aujourd’hui à toute la maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force.

Si nous ne nous expliquons pas clairement et très franchement sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille de la rue, mais nous perdrons quelque chose de beaucoup plus précieux, et à quoi vous tenez comme moi : c’est notre réputation. [...]

Je comprends que, lorsque des hommes ainsi assaillis pendant de longs moments reçoivent l’ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais là où nous devons être bien d’accord, c’est que, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu’il s’agit de repousser, les hommes d’ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans les locaux de la police pour y être interrogés. [...]

Je sais les épreuves que connaissent beaucoup d’entre vous. Je sais votre amertume devant les réflexions désobligeantes ou les brimades qui s’adressent à vous ou à votre famille, mais la seule façon de redresser cet état d’esprit déplorable d’une partie de la population, c’est de vous montrer constamment sous votre vrai visage et de faire une guerre impitoyable à tous ceux, heureusement très peu nombreux, qui par leurs actes inconsidérés accréditeraient précisément cette image déplaisante que l’on cherche à donner de nous...  »

Cette lettre peut être lue dans le livre de Gérard Monatte, Flic ou gardien de la paix, édition du Seuil. page 47 à 49.

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Violences policières ? Quand Maurice Grimaud rappelait à l’ordre les forces de l’ordre. - epujsv - 3 juillet 2016 à 11:27

le rapport d’une mission civile (animée par le journal Reporterre) sur les violences policières commises depuis les manifestation contre la loi travail : https://reporterre.net/IMG/pdf/rapport_de_la_mission_civile_sur_le_maintien_de_l_ordre.pdf