Chasse à l’homme de la BAC à Bourges-Nord
Le Berry Républicain a été pris en flagrant délit de défaut de vérification d’information en dénonçant l’agression de policiers de la Brigade Anti-Criminalité par des jeunes du quartier de la Chancellerie à Bourges rapidement relâchés sur décision du juge des libertés. Le quotidien local s’était offusqué avec véhémence de cette relaxe.
Pour relater l’agression, le rédacteur du « BR » s’était uniquement basé sur les informations fournies par la BAC, sans chercher à les vérifier, ce qui est semble-t-il une pratique courante pour ce journal, quoique déontologiquement discutable.
Or, plusieurs jeunes du quartier ainsi que des parents ayant assisté à la scène se sont manifesté auprès de la rédaction pour tenter d’exprimer leur version des faits. Le Berry Républicain avait expliqué que deux policiers de la Brigade Anti-Criminalité avaient voulu arrêter deux jeunes soupçonnés d’un vol de voiture et qu’ils auraient rapidement été entourés d’une quinzaine de jeunes les ayant violemment frappé.
Cette version est aujourd’hui très controversée. Un des jeunes incriminé s’est présenté à la rédaction du Berry Républicain afin d’expliquer ce qu’il avait vu en souhaitant que le Berry Républicain ne fasse pas « l’amalgame entre tous les jeunes du quartier ».
Selon lui, deux jeunes circulaient dans la rue quand l’un d’eux a fait subitement demi-tour en courant. Les deux policiers de la BAC qui essayaient de traquer les voleurs d’une voiture abandonnée sur la route se persuadent alors qu’il s’agit des personnes qu’ils recherchent et sortent de leur cachette pour interpeller le second individu qui poursuivait tranquillement son chemin. Ils découvrent sur lui une queue de billard et une boite en carton contenant un rasoir électrique et décident alors de lui mettre les menottes en l’immobilisant au sol. Après vérification il s’avérera que ces objets lui appartenaient et n’avaient donc pas été dérobés.
Paniqué, le jeune qui n’a que quinze ans s’est mis à crier. Des jeunes sont sortis de la rue ainsi que la maman de l’adolescent, très choquée de voir son fils à terre, la tête plaquée contre le sol par le pied d’un des policiers et le genoux sur sa poitrine. Le jeune continue de crier qu’il n’a rien fait. Le jeune qui a témoigné au Berry Républicain a expliqué avoir demandé aux policiers « d’y aller plus doucement » car même s’il n’était pas innocent rien ne justifiait qu’il soit traité ainsi.
Les policiers sentant la tension monter ont sorti le flash-ball et de brefs échauffourées ont commencé. L’adolescent menotté, toujours très paniqué s’est alors enfui pour se réfugier chez lui avec sa maman. Les autres jeunes sont partis en courant. Plus tard dans la nuit, la BAC aurait procédé à l’arrestation d’un des jeunes protestataires et c’est à ce moment que l’agression sur les deux policiers aurait été commise sans que le « témoin » du Berry Républicain qui est l’un des agresseurs présumé n’en dise plus, se contentant de clamer son innocence.
Devant les témoignages concordants, bien différents de l’image d’actes de violence inouïe de « sauvageons » de Bourges-Nord, dénoncé par le Berry Républicain qui s’était uniquement basée sur la version officielle de la BAC pour étayer son article, la décision a été prise par le juge des libertés de relâcher les deux personnes interpellées, l’une étant poursuivie pour rébellion et l’autre de rébellion et violence.
La mère de l’adolescent arrêté a déposé une plainte au commissariat de Bourges pour coups et blessures sur son enfant. Depuis plusieurs mois, l’action de la Brigade Anti-Criminalité est dénoncée par les habitants des quartiers-nord de la ville qui se plaignent de la violence de ses actions.
Pour ce qui nous concerne, et sans porter de jugement hâtif sur le fond de l’affaire, nous pensons que ce sont ces types d’articles relevant de la faute journalistique grave (absence de pluralité des sources, pas de vérification ni de recoupement, mélange entre les faits et l’opinion du journaliste sur cette affaire), qui contribuent à entretenir un sentiment d’insécurité malsain chez les français, et qui apporte de l’eau au moulin des extrémistes de tous bords. Les faits-divers de ce type devraient être traités par de vrais professionnels et pas par des rédacteurs qui s’occupent habituellement des publi-reportages et autres articles promotionnels.