Les rondeurs des frondeurs
La politique (politicienne), c’est compliqué. Mais en 2016, ça s’est encore plus compliqué en France. À l’heure de la communication généralisée et d’internet, il est de plus en plus difficile de prendre les citoyens pour des idiots. C’est encore possible mais désormais, ça se voit plus, ça se sait plus. Et forcément, cela complique le "métier" d’homme ou de femme politique. Oui, pour beaucoup, c’est un métier à plein temps et pour longtemps. À la veille des échéances de 2017, certains brouillent les cartes.
Vous avez certainement entendu parler des frondeurs. Ce sont des élus du parti socialiste qui s’opposent au gouvernement. Ils frondent donc contre François Hollande, Manuel Valls et la majorité du PS emmenée par un (mauvais) génie du nom de Jean-Christophe Cambadelis. Nous avons localement un beau spécimen de frondeur en la personne de Yann Galut. Si on remonte le temps, lors de la primaire socialiste de 2011, Yann Galut était un soutien de François Hollande. Il avait donc misé sur le bon cheval. Enfin, c’est ce qu’on aurait pu croire. Il a été élu député de la 3è circonscription du Cher. Depuis, il passe beaucoup de temps dans les médias et est devenu une des grandes gueules régulières de Radio Monté-Carlo. La consécration certainement. Il n’hésite plus à dézinguer ouvertement Hollande. Après être passé par plusieurs nuances de frondes, il est devenu ouvertement frondeur et sans nuance. Sauf que frondeur, c’est pas forcément vendeur. Et en 2017, l’étiquette PS risque d’être un peu collante. Quadrature du cercle socialiste ? Encore une histoire de calculs...
On pourrait croire que les frondeurs sont l’apanage du PS. Que nenni ! À l’UMP aussi ils ont leurs frondeurs. Personne ne l’a réellement souligné mais, en gros, tous les opposants à Nicolas Sarkozy sont des frondeurs de fait : des effrontés qui osent s’opposer au chef suprême ! En local, pas de surprise, Yves Fromion et Wladimir d’Ormesson sont les soutiens de Sarkozy. Il faut dire que d’Ormesson, officiellement de sensibilité centriste mais qui a toujours soutenu Sarkozy, n’avait pas trop le choix s’il voulait avoir le soutien de Fromion pour lui succéder dans la première et très droitière circonscription du Cher. Louis Cosyns, lui, fronde beaucoup en soutenant François Fillon. Ah ! Fillon le félon comme on dit chez Jean-Marie. Il s’était cassé les dents face à Jean-François Copé pour prendre la tête de l’UMP. Et maintenant, il veut saigner la France et les français pour créer des emplois. Le rêve ! Et Pascal Blanc, il soutient qui ? Le gars qui le soir de sa victoire à la mairie de Bourges a descendu la rue du commerce au chant de "On est chez nous !" soutien Alain Juppé, un soit-disant modéré. Contrairement aux socialistes qui n’ont plus grand chose à perdre, tous ces braves gens de l’UMP vont devoir plus ou moins arrondir les angles en fonction du prochain vainqueur de la primaire. Et plus encore si le futur vainqueur devient le prochain président de la République, lutte des places oblige.
Et oui, un frondeur, à un moment ou un autre, c’est tout en rondeur.
