Portrait subjectif des candidats à l’élection présidentielle 2017

Melon-chon brouille les cartes

mercredi 19 avril 2017 à 10:30, par Mister K

Et si le plus grand adversaire de Jean-Luc Mélenchon était Mélenchon lui-même ? C’est un peu ce que l’on se dit quand on examine le parcours d’un des quatre favoris à l’élection présidentielle 2017. Car Jean-Luc Mélenchon a une très forte tendance à marcher seul avec une logique du "qui m’aime me suive" pas très propice, de premier abord, à l’action collective. Mais visiblement, beaucoup de gens l’aiment au delà même de ses idées. Voilà qui ne risque pas de dégonfler son ego.

Une campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon, c’est d’abord et avant tout un ego-trip. Et cela atteint son paroxysme avec cette campagne présidentielle 2017. Alors qu’en 2012 il était parti avec le Front de Gauche et donc le soutien puissant du Parti Communiste Français, en 2017 il est parti tout seul. Enfin, pas tout à fait puisqu’il est parti avec la France insoumise, mouvement qui va vite être soutenu par des anciens militants du Front de Gauche. La logique est de sortir des partis traditionnels à l’image de ce qu’ont fait les militants de Podemos en Espagne. C’était une logique risquée mais à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, et quelque soit son résultat, Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari et a réalisé, de l’avis général, une très bonne campagne électorale. Le problème, c’est que Mélenchon n’est pas très loin d’être le gourou d’une secte des insoumis et il s’en alarme lui-même lors des meetings lorsque ses partisans scandent son nom. Il faut dire qu’en allant jusqu’à proposer des meetings en hologramme, il pousse de fait très loin le concept de la personnalisation.

Le premier programme de Mélenchon, c’est donc Mélenchon lui-même. Un président, à l’ancienne, un peu à l’image de Mitterrand son modèle. C’est ainsi qu’il peut ratisser large en allant chercher des voix jusqu’à droite. Pourtant, Mélenchon a bien un programme, et son programme est résolument de gauche. Cela s’appelle L’avenir en commun. Les grands axes : la sixième République, le social, l’écologie, la sortie des traités européens, l’indépendance de la France. Même s’il peut y avoir des divergences de méthode sur l’Europe ou sur l’intérêt d’une sixième République, globalement, son programme peut rassembler très largement à gauche. Pourtant, de nombreuses personnes à gauche sont très réservées sur la cas Mélenchon. Alors, qu’est ce qui cloche chez lui ?

Mélenchon semble lutter contre lui-même. Ou plutôt, il semble lutter contre ce qu’il est ou a été. Il a été membre de l’OCI et ne veut pas que les gauchistes l’interpellent. Il a été journaliste et s’en prend régulièrement aux journalistes. Il a été socialiste et semble tout faire pour mettre à bas le parti socialiste. Il a été sénateur durant 19 ans (le plus jeune sénateur de France) ainsi que Ministre et il prône "le dégagisme". Aujourd’hui, il tient à son confort et a passé l’age de voyager en classe économique, il a un patrimoine lui aussi confortable qui en terme de niveau de vie, le classe dans la catégories des français aisés. Mais Mélenchon de 2017 s’est nettement adouci par rapport à celui de 2012. N’empêche que sa personnalité, qui supporte assez difficilement la contradiction, est pour beaucoup plus qu’un frein. C’est limite un repoussoir. D’autant que cette tendance à avoir un "melon" surdimensionné n’est pas nouvelle. Alors Mélenchon est-il vraiment plus sage ou le naturel reviendra-t-il très vite au galop ?

La majorité des sympathisants de gauche semble avoir tranché si on en croit les horoscopes [1] : Mélenchon est l’homme de la situation pour 2017. C’est pour beaucoup le meilleur compromis possible. Il devient le vote utile à gauche et a ainsi largement brouillé les cartes de cette élection présidentielle 2017. C’est le second point commun qu’il a avec Macron qui lui aussi bénéficie du vote utile d’une partie de la gauche. Le premier point commun est que, comme Macron, Mélenchon ne s’appuie pas sur un parti politique mais sur un mouvement. Alors, la France insoumise est elle en marche ? Nous saurons dans quelques jours si, en 2017, la saison du Melon-chon arrive un peu en avance.

L’ensemble des candidats à l’élection présidentielle 2017 "bénéficie" d’un portrait subjectif. Il s’agit de présenter les candidats tels qu’on les voit ou qu’on se les imagine. Il n’est pas dit qu’il y ait que du faux dans ces portraits.

Par ordre de publication :

[1selon les mots de Mélenchon, comprenez les sondages


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