Éditorial Mars 2018

La routine du train-train

mercredi 7 mars 2018 à 13:15, par Mister K

"Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras". Nos élus locaux qui se sont succédés depuis 2008 devraient réfléchir à ce proverbe. À l’époque, un débat opposait les tenants d’une amélioration de la ligne existante Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) aux vrais modernes et visionnaires qui eux ne juraient que par la ligne TGV connue désormais sous le nom de POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon). En 2008, le TGV, c’était dans la poche selon l’ancien maire de Bourges Serge Lepeltier. Résultat, en 2018, on a ni POCL ni POLT : un gel du projet POCL a été annoncé pour au moins 10 ans...avec une relance potentielle du projet de rénovation du POLT. Mais ça ne semble pas décourager nos élus locaux qui préfèrent semble-t-il avoir un TGV en 2040 qu’une ligne correcte plus rapidement Dans l’histoire, on a perdu au minimum 10 ans. Merci à tous nos élus pour cette efficacité remarquable.

Notre actualité ferrée locale ne semble de plus pas peser bien lourd dans le contexte national. Selon le premier ministre Édouard Philippe, la SNCF serait au bord du gouffre. Dans ces conditions, croire à un POCL dont le coût est estimé à 14 milliards d’Euros, c’est quand même croire au Père Noël. Macron et son premier ministre continuent de dérouler leur routine libérale, en commençant par toucher le statut des cheminots "pour sauver la SNCF". Il n’y a pas besoin d’être génial pour comprendre que les effets d’une telle mesure, si effet il y a, ne pourront se constater que d’ici 20 ans au bas mot. Pour sauver réellement la SNCF à court terme, ce sont forcément les lignes dites déficitaires qui devraient être rapidement touchées...malgré l’annonce du gouvernement, on peut s’attendre à cela d’ici très peu de temps. Là, c’est bien le service public ferroviaire qui sera remis en cause sur toute la France. Le Berry, avec sa faible densité de population et son économie fragile devrait être touché d’une façon ou d’une autre. C’est notre train-train habituel qui nous tue. Peu à peu, les services publics désertent des territoires déjà en difficulté. L’état et les politiques publiques sont en cause. Mais nos élus locaux les aident bien. Que penser par exemple de la réhabilitation de la Chancellerie à Bourges ? La Chancellerie vit-elle mieux ou est-elle morte ? Que penser de la réhabilitation des Gibjoncs sur le même modèle ? On recommence les conneries ? La Poste a déjà anticipé en prévoyant de fermer le bureau de poste des Gibjoncs comme elle ferme de nombreux bureaux dans toute la France. Notre train-train, c’est l’engrenage. Moins de population, moins de services publics, moins de services publics, moins de population.

En mars 2018, on risque de beaucoup entendre parler de la SNCF et des cheminots. Les services publics sont en jeu. Car après la SNCF, à qui le tour ? Il est encore temps de sortir de notre train-train avant qu’il ne soit trop tard. Dans le contexte d’une économie toujours plus libérale, les plus forts s’en sortent, les autres meurent. Et Bourges, le Cher, le Berry ne font pas partie des plus forts.


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