Éditorial Septembre 2018

Des compositions

mardi 4 septembre 2018 à 10:00, par Mister K

Pour ceux qui l’auraient déjà oublié, vous êtes nombreux, la France est championne du monde de football 2018. Mais voilà, c’est fini. En cette rentrée scolaire, on pourrait parler des compositions dont le terme lui même n’est plus utilisé depuis belle lurette. Car oui, les français vont encore devoir composer avec divers éléments pas vraiment réjouissants.

Celui qui a dû beaucoup composer depuis plus d’un an, c’est le désormais ancien ministre de l’écologie, Nicolas Hulot. Comme tous les ministres de l’écologie avant lui. Et comme le prochain certainement. Sauf que maintenant, ce sont les français et les habitants de la planète qui vont devoir composer avec les effets du réchauffement climatique que l’on touche de plus en plus du doigt. De la théorie pas vraiment prise au sérieux à la pratique qui va nous poser de sérieux problèmes. Une chose est certaine, un seul homme, un seul pays ne peut pas détenir la solution concernant l’écologie. Le départ de Hulot est dans ce contexte objectivement un élément mineur. Mais psychologiquement, en France, c’est un élément marquant. Le départ de Hulot, première grosse faille dans le dispositif Macron, c’est l’aveu que la politique écologique de Macron est bidon. Tout le monde l’a bien compris, Macron et ses sbires privilégient le monde des affaires. Et ceux qui gagnent actuellement beaucoup d’argent en polluant ne sont pas prêts à en gagner moins. Ce qui est privilégié, c’est clairement l’intérêt individuel d’une minorité face aux intérêts de la majorité. Le scandale de l’amiante en France, c’était déjà ça. On doit appeler ça le capitalisme, ce n’est pas nouveau. Et Macron protège avant tout les intérêts des capitalistes qui comme leur nom l’indique, engrangent tandis que les autres, le plus grand nombre, restent sur la paille. Alors le départ de Hulot signe t-il le début de la décomposition du système Macron ? Le temps le dira. Mais avec les réformes qui s’annoncent, Macron n’est pas forcément bien parti.

Alors, il parait que les français sont en fait des gaulois réfractaires au changement. Ils serait plus juste de dire que les français qui ne sont pas gaulois sont contre les régressions sociales. Après s’en être pris beaucoup aux travailleurs, on s’en prend désormais beaucoup aux retraités. Enfin une attaque contre le capitalisme puisque objectivement les retraités sont des rentiers ? Pas vraiment et même bien au contraire ! Après la suppression de l’indexation des retraites sur l’inflation, c’est la réforme des retraites qui va générer une régression pour tous les futurs retraités. En effet, la fameuse retraite à points, annoncée plus juste avec la même règle pour tout le monde sera plus juste, oui. Mais tout le monde y perdra puisque au lieu de calculer la retraite sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires, les 25 meilleures années pour les salariés du privé, elle sera mécaniquement calculée pour tous sur toute une vie de travail. C’est plus juste. Mais tout le monde y perdra [1]. D’autant que la valeur du point sera variable...et risque de varier ou pas en fonction des conjonctures économiques. Il faut donc s’attendre à des retraites diminuées voire très diminuées avec cette réforme. Ce qui va faire inévitablement le bonheur des systèmes privés de retraite par capitalisation. Tout le monde n’y perdra pas, soyez en certains ! Mais c’est la porte ouverte à la décomposition du système de retraite tel qu’on l’a connu depuis 1945. Et oui, c’est objectivement une régression. Et oui, il serait logique que les français y soient réfractaires. Il serait même logique que cela provoque une révolte.

Des compositions
Mimile a bien préparé sa rentrée !

Alors, est-ce que les berruyers ou plus largement les berrichons vont se révolter en cette rentrée 2018 ? Bouh ! Ce serait surprenant. Tranquille-Mimile le berrichon. Pascal Blanc peut dormir sur ses deux oreilles et continuer tranquillement à faire de la promotion de MBDA sur son compte twitter en même temps qu’il tente de caser Jean-Louis Borloo en ministre de l’écologie auprès du premier ministre Édouard Philippe. Notre nouvel écologiste d’opérette, Pascal Blanc, est pénard. Il n’a plus vraiment d’opposants à Bourges alors il peut s’occuper du mouvent radical ou de la future élection européenne avant de commencer à s’occuper de sa propre réélection en 2020. Car l’opposition dans le Cher comme ailleurs est en décomposition avancée. Et cela fait longtemps que berruyers et berrichons ont appris à composer avec les différentes régressions qu’on leur a fait subir. En plus des températures assez chaudes cet été, ils ont dû subir cette année, après la fermeture définitive de la piscine Robinson en 2015, la fermeture de la piscine des Gibjoncs au mois d’août...logique, non ? De toute façon, les Gibjoncs, ce sont les pauvres qui ne peuvent pas partir en vacances. Et comme ils ne votent pas, on s’en tape velu, hein Pascal ? Comme à la Chancellerie, on va leur faire une petite rénovation urbaine, ça sera bien mieux après, quand tout le monde sera parti, hein Pascal ? Mais après, il ne faudra pas se plaindre que les services publics en pleine décomposition dans les quartiers soient de moins en moins présents, hein Pascal ?

Allez, tous à vos compositions...et qu’on entende les mouches voler !

[1sauf les vrais rentiers, ceux qui dépendent des résultats financiers de l’économie


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