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Se mobiliser et reconstruire l’espoir

lundi 22 avril 2002 à 15:58, par Communiqué de presse

Communiqué de l’Union syndicale G10 solidaires

Se mobiliser et reconstruire l’espoir

Au lendemain du 1er tour des élections présidentielles, le constat est accablant. Le Pen avec 17 % des voix sera présent au second tour : l’extrême droite est donc en situation de postuler à la direction du pays. Ceux qui
ont basé cette campagne sur l¹insécurité et la peur portent une lourde responsabilité : ils ont offert un boulevard à l¹extrême droite qui a fait de cette question son fonds de commerce depuis des années.
Le Pen est un ennemi de la démocratie. Ce multimillionnaire a pour projet économique l¹ultra-libéralisme et pour seul projet politique la haine, la
xénophobie, le racisme, la misogynie, l¹homophobie ; il ne peut prétendre en aucun cas défendre le monde du travail ! Face à ce danger, l’Union syndicale-G10 Solidaires appelle à faire barrage à l¹extrême droite et à tout faire pour que le score de Le Pen soit le plus bas possible au soir du deuxième tour.

Mais au-delà de ces constats, il nous faut réfléchir sur les raisons profondes de cette situation. Les politiques libérales menées par les gouvernements successifs, l’absence de projet politique socialement ambitieux, la banalisation du discours du Front national tout cela conduit à une désaffection profonde de l’électorat populaire vis-à-vis de la classe politique traditionnelle. Le refus de s’attaquer à la mondialisation libérale, l¹acceptation de la logique du profit, l’incapacité et le refus du gouvernement de s’opposer aux plans de licenciement, le développement de la précarité, de la misèreStout cela explique la montée de l’abstention, le désarroi d¹un électorat, face à l¹autisme des forces de gauche traditionnelles.

Sur les grands dossiers, les programmes de Lionel Jospin et de Jacques Chirac présentaient trop de convergences pour permettre une mobilisation de l’électorat populaire. Le candidat Lionel Jospin prétendait vouloir défendre les services publics, tout en voulant ouvrir le capital d¹EDF et il a accepté, avec Jacques Chirac, l’accélération du processus de libéralisation de l’énergie ; il disait vouloir défendre la retraite par répartition et la retraite à 60 ans, or il entendait développer la capitalisation et a accepté
avec Jacques Chirac, lors du sommet de Barcelone, l’augmentation de 5 années de l’âge de départ à la retraite.

Dans cette situation, il nous faut reconstruire l¹espoir. Cela suppose de s’opposer au programme politique de la droite et de Jacques Chirac, qui
reprend à son compte bon nombre de propositions antisociales du Medef . Mais cela implique aussi de rompre avec les orientations social-libérales qui ont
prévalu dans la gauche. Il appartient maintenant au mouvement syndical, à l¹ensemble des mouvements sociaux, de préparer les mobilisations futures à la fois pour défendre les droits des salariés, des chômeurs et des précaires et à la fois pour faire émerger des alternatives à cette politique.

L’heure est à la mobilisation massive pour s’opposer aux menaces de l’extrême droite. L’Union syndicale-G10 Solidaires sera partie prenante de toutes les initiatives s’inscrivant dans ce combat. Elle appelle d’ores et déjà tous ses adhérents et militants, tous les salariés, tous les citoyens attachés à la démocratie, à se mobiliser ; en particulier, le 1er mai doit
être une journée de puissantes manifestations contre l¹extrême droite et pour nos revendications.