Gilets Jaunes : RIC = Arnaque ?
Le samedi après-midi dernier, le 15 décembre, y’avait du monde à la manif des Gilets Jaunes de Bourges. Mais y’avait plus qu’un seul slogan : le RIC ! Un slogan dont on avait pas beaucoup entendu parler jusque-là.
« Pour la première fois un mouvement populaire autonome s’affirme, qui unit des revendications économiques à l’exigence d’une véritable démocratie politique. Mouvement prolétarien ? Non pas. Il mêle aux ouvriers, des compagnons, des artisans, des petits boutiquiers. Ce n’est pas l’augmentation des salaires, mais la taxation, la haine des accapareurs. »
Texte extrait du livre "La Révolution française" par François Furet & Denis Richet, éditions Marabout, 1979. Les auteurs écrivent ceci pour le début de l’année 1792, au sujet des sans-culottes.
Le samedi après-midi dernier, le 15 décembre, le rendez-vous fixé par les Gilets Jaunes, c’était devant l’ex-Maison de la Culture. Dans le flot des manifestants en jaune, on pouvait même reconnaître quelques cégétistes. La manif qui parcourut les rues de la ville avait de l’allure : on était au moins 350 à 500 personnes selon les sources. Une manif joyeuse et motivée qui faisait oublier le rassemblement rachitique et déprimant de la CGT, la veille – malgré un appel "Tous en grève et en manifestation" (ce grand appel solennel n’avait rassemblé que 100 personnes devant le MEDEF).
Mais diantre ! Où étaient passées les revendications des petites gens de ce pays ? Il n’y en avait plus que pour le RIC, le RIC ! ça veut dire Référendum d’Initiative Citoyenne. Jusqu’ici, on ne peut pas dire que cette demande était la vedette des ronds-points. Ce samedi, à Bourges, y’avait même un vrai tract imprimé, si ! Sur le RIC. J’ai même pu voir, à la télé, que dans je ne sais plus quelle ville, en tête de manif Gilets Jaunes, y’avait une énorme banderole toute neuve demandant le RIC. D’un seul coup, d’un seul, y’avait plus rien d’autre.
C’est bien ou pas, le RIC ? Aucune idée, mais en lisant le tract que distribuait samedi dernier les Gilets Jaunes de Bourges, j’ai quelques inquiétudes.
Je lis : avec les référendums d’initiatives citoyennes, « plus besoin de manifester, de faire grève ou autre. […] nous n’aurions qu’à déclencher le référendum adéquat ». C’est pas un peu du foutage de gueule, que nous faire croire ça ? Plus de luttes, plus de gaz lacrymos, on s’embrasse entre bisounours. Et dans le même genre, on peut lire plus bas, une autre perle.
Je lis : « Ainsi nous devons mettre de coté les diverses revendications de toutes parts, pour nous concentrer sur l’essentiel ». L’essentiel, c’est le RIC, maintenant.
Eh bin, y’a deux ou trois semaines, si une organisation politique ou un syndicat avait osé dire aux filles et garçons de tous âges qui occupaient les ronds-points : arrêtez avec vos revendications de gueux, chut ! Demandez seulement un RIC, ça rasera gratis. Ceux qui auraient dit ça, ils auraient pris une palette dans la gueule, et ça aurait été mérité. Et avec des conseils comme ça, Macron ne serait pas venu présenter ses piètres cadeaux de Noël, avec une tête de constipé force II. Les temps changent, les gens changent.
Pour se sortir de l’explosion sociale, au mois de mai 1968, le général de Gaulle avait annoncé, dans son allocution du 24 mai, un projet de référendum, espérant ainsi noyer la hargne revendicative dans les urnes. Mais patatras, ça n’a pas suscité un gros enthousiasme. Alors il avait annoncé des élections législatives anticipées : les partis politiques de droite ou de gauche, et les syndicats avaient crié, wahouf, ouf, ça c’est bien pour calmer tout le monde.
Les temps changent, les gens changent, mais pas les astuces et promesses politiques insipides.
Je profite de votre poste, car vous avez bien comprit que le RIC est une arnaque, par contre vous n’avez pas compris qui est à la manœuvre et pourquoi cette revendication.
Comme pour toutes manipulations d’opinion, ce sont encore une fois nos médias qui sont à la maneuvre, il leur suffi de faire tourner en boucle que la revendication des gilet jaunes c’est le RIC, pour que tout le monde le croit et le reprenne en coeur.
Nos gilets jaunes sont sur des ronds points et bloque la circulation et l’économie, nos médias nous ordonne "aller donc dans les centres ville" histoire qu’on est quelques casseur à mettre sur notre 20H
Les gilets jaunes ne revendique rien et son apolitique, ils expriment juste un râle bole générale, pas de problème les médias vont trouver des revendications pour eux.
Si le RIC devait voir le jour, cela donnerait encore plus de pouvoir aux manipulateurs d’opinion, c’est à dire aux médias, ce RIC est un piège à co... et on est tombé dedans.
Je n’arrive pas à savoir de quelle lointaine planète vous arrivez, shyroki. Vous savez que le mouvement dit des Gilets jaunes est tombé en sommeil, voire même en coma ? La colère des Gilets jaunes n’a vraisemblablement pas disparu mais s’est vraisemblablement transformée en une amertume bien tartinée.
Les Gilets jaunes s’étaient faits les spécialistes des théories fumeuses : vous maintenez la tradition en pointant une nouvelle fois les médias, les médias.
Le RIC n’est pas une invention des médias. lorsque cette revendication s’est répandue comme une traînée de poudre, y’avait de quoi être surpris.
Ce ne sont pas les médias qui ont inventé cette revendication qui balayait toutes les autres. Lors de la manifestation que je rapporte sur l’Agitateur, il n’y avait plus que ça comme pancarte dans la manif. Et le tract que je reproduis n’est pas une invention des médias : il était distribué par de vrais de vrais Gilets jaunes. Et si on émettait des doutes sur la validité de ce RIC, on s’entendait répondre : « Mais alors pourquoi tu es dans la manif ? »
Les comptes facebook locaux n’affichaient que ça en exergue, sur fond jaune : le fameux RIC pour gobeurs de mouches.
A un rond-point de Vierzon, des Gilets jaunes faisaient signer une pétition pour... le RIC. Ils faisaient poireauter les automobilistes qui rechignaient à signer : un sens inné de démocratie...
Le pire, c’est qu’ensuite, en discutant avec certains Gilets jaunes, on pouvait se rendre compte qu’ils n’avaient même pas réalisé qu’ils avaient distribué avec enthousiasme un papier à la con stipulant qu’il fallait mettre les revendications de coté.
Bonjour Cyrano,
Et les gars et les filles de tous âges, y’a 2 ou 3 semaines, si on les avait appelés à soutenir la grève de ce jour de la police (à l’appel du syndicat Alliance, rejoint ensuite par FO-Police) , ils auraient foutu un coup de palette aux syndicats ? (cf l’appel à soutien du jour devant le Commisariat par les Gilets Jaunes du Cher. Y’a qu’à regarder leur facebook). Autre question : les Gilets Jaunes, ils ont soutenu des grèvistes pendant leur mouvement ? ils en soutiennent ? C’est pas ce qui manque des grèves de ci-, de-là, en ce moment, et depuis longtemps. Si on cherche bien, on les trouve. Solidarité avec les grèvistes ?
Moi j’ai cherché, j’ai pas trouvé. J’ai pas trouvé, au niveau de la France entière, d’appel à soutien des grèvistes, de boïtes en grève de la part des Gilets Jaunes. Jamais. Mais aujourd’hui j’ai trouvé celui-là, à Bourges, dans le Cher. Je ne suis pas forcément certaine que les temps changent, et les gens changent.
Sur le compte Facebook des Gilets jaunes, je n’ai pas trouvé de soutien. Je crois que y’avait juste des avis pour-contre, mais je peux avoir mal lu.
Qu’est-ce que c’est que cette histoire de grèves ? Je ne comprends pas votre remarque.
Peut-être ne parle t-on pas du même compte facebook ? Moi je parle du compte facebook " Blocage national dans le Cher". Si, il y a un appel à soutien : "soutien acte I police. RV commissariat Rte d’Orléans 17h, pour montrer notre soutien aux policiers" Hier, donc. Sur un beau drapeau bleu blanc rouge.
Vous ne comprenez pas ma remarque ? je recommence : pendant le mouvement des gilets jaunes je n’ai trouvé aucun soutien, aucun appel, de leur part à soutenir des grèvistes. Des salariés en grève quoi, qu’il soit du public ou du privé. Des grèves, il y en a toujours en France. Eparses, etc, aux 4 coins de la France. Méconnues. Puisque les médias n’en parlent pas. Sauf éventuellement dans des journaux locaux. Le mouvement des gilets jaunes n’a jamais appelé, marqué, aucune solidarité avec des grèvistes. Sauf hier, ici, dans le Cher (au moins ?) où ils appelaient à soutenir la grève des flics. (lancée par Alliance). Moi je trouve ça curieux. Bon, mais comme on n’est ni de droite, ni de gauche, apolitique, contre les corps intermédiaires, (sortez de ce corps intermédiaire !), qu’on doit maintenir l’unité à tous prix et ne pas aborder des sujets susceptibles de diviser le mouvement quand on est gilet jaune je suppose que le mot grève est interdit dans les discussions. ô combien horizontales et démocratiques. Et tellement imaginatif dans ses méthodes d’organisation. Tellement contre la chefferie. Tellement pas autoritaire dans son substrat d’origine. Tellement sans leaders. Suffit d’y croire puisqu’on nous le dit.
Quant au RIC ça faisait déjà quelques temps qu’il planait au dessus du mouvement. Voire quasiment dès le départ. Il faut partir (au moins ? ou encore avant ?) des initiateurs du mouvement. En tous cas ceux réputés comme tels médiatiquement, réseaux socialement, "internautalement". Le mouvement des gilets jaunes ne s’est jamais revendiqué comme un mouvement social, mais comme un mouvement citoyen. Logique qu’il aboutisse à une demande de referendum citoyen. Il ne faut pas s’en étonner. Ni être déçu. Mais il y a plusieurs lectures du mouvement des gilets jaunes. Chacun pouvant y mettre ses espoirs, ses scepticismes, ses lucidités (?). Quant aux récupérations politiques, n’en parlons même pas. Mais après tout, n’était-il pas politique dès le départ ? sous couvert d’apolitisme.
Autre remarque au passage : le facebook Blocage national du Cher affichait également hier soir un appel à un à une "action cafard" place Séraucourt à 20h. Pour hier soir. Ce matin, cet appel a disparu du compte facebook. C’est bien, c’est magique internet. Un peu comme le RIC. Tout se résoud de soi-même. C’est un monde idéal. Le monde idéal des Gilets Jaunes. Nos nouveaux héros des temps modernes. Avec leurs martyrs.
J’aurai titré votre article autrement : " Gilets jaunes. Arnaque ?"
Vous aurez bien compris que ce mouvement ne m’a déclenché aucune sympathie du début, au milieu et jusqu’à aujourd’hui, demain, etc.... Ce n’est pas tendance, certes : ce mouvement il faut l’aimer, sinon rien.
La Rotative, dans un article d’hier, remet en cause cette enquête sur les GJ faite par un collectif de chercheurs (à l’initiative d’un appel de chercheuses de Bordeaux, à partir du 17 novembre) qui circule sur tous les médias officiels (et j’imagine dans la gauche : syndicats, partis, mouvement gazeux). Cette enquête, non terminée, a permis de clamer sur tous les fronts que les GJ, dans ceux qui se déclarent politisés, sont en majorité de gauche. L’article de la Rotative remet en cause cette affirmation raccourcie, soit par les médias, intérêts politiques, soit par les chercheurs eux-mêmes : "L’étude sur les gilets jaunes publiée dans le journal Le Monde : une tribune politique maquillée en propos scientifique"
Avant-hier soir, Médiapart recevait sur son plateau une de ces chercheuses qui relativisait les "résultats" de l’enquête, d’une part parce qu’elle n’est pas terminée, et d’autre part parce qu’elle n’a pas pu être faite dans toute la France, faute, au départ, de suffisamment de personnes dans ce collectif. En même temps, la journaliste recevait Pricillia Ludosky, celle dont tout est parti avec ses accolytes aux forts penchants complotistes (Eric Drouet et Maxime Nicolle). Ceux qui cumulent des millions de lectures facebook des gilets jaunes. Les chefs qui affirment ne pas vouloir être leaders mais des "messagers" : rien que ça. Les constructeurs et administrateurs du site internet "La France en colère : site officiel du mouvement des gilets jaunes la source de toutes informations relatives au Mouvement dit des "Gilets Jaunes". Rien que ça.
Pricillia Ludosky échappe, elle, dans les médias à toute connivence avérée avec des milieux d’ex-droite complotistes. Une simple automobiliste en colère, auto-entrepreneuse dans la région parisienne, dont la pétition a eu le succès que l’on connait. Et qui est invitée sur tous les médias, a rencontré des membres du gouvernement, etc...et à l’initiative de l’idée de référendum. Car citoyenne dans l’âme. Et qui appelle ce week-end à un acte VI aux frontières de l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et j’en oublie peut-être, avec les GJ de ces pays. Dont pour la plupart les GJ sont principalement animés par l’extrême-droite. P. Ludosky qui, dans l’interview de Médiapart, trouve intéressante la propagande du RN et consorts sur le pacte de Marrakesh. Au nom de la liberté d’expression. Aïe. D’autres choses à dire sur cette jeune femme auréolée de respectabilité il y a en a sûrement. Sur son procédé discursif et ceux des leaders des GJ. Des chercheurs pour l’étudier ? Des journaux ? non aucun. Rien. Le néant et l’enthousiasme. La quasi unanimité.
A gauche.
En pdf, le discours de P. Ludosky le jeudi 13 décembre devant le jeu de Paume, à Versailles. C’est-à-dire 2 jours avant l’acte V.
Alors évidemment pas besoin d’être chercheur pour lire que c’est un discours de droite. Mais très franchement, je ne comprends strictement rien à ce retour à la Révolution de 1789. Et à des formes d’expression telles que : "ce mouvement appartient à tout le monde et à personne". Par exemple. En fait, le discours de P. Ludosky, notamment sur le plateau de Mediapart, n’a pas vraiment de sens. C’est un peu toujours, le tout et son contraire.
C’est très confus en fait. Alors, ça n’engage que moi, mais je pense que c’est sciemment. Ce n’est pas l’écriture d’une citoyenne ordinaire maladroite (enfin plutôt mal à gauche). C’est pensé. C’est idéologique. Mais je ne saisis pas d’où cette jeune femme peut venir ; je ne crois pas un instant qu’elle est citoyenne ordinaire, qui aurait fait une pétition qui aurait dépassé ses intentions de départ. Je pense que cette fille fait partie de quelque chose, mais je ne sais pas quoi. Un mouvement politique qui m’échappe totalement.
Elle commence son discours du jeu de paume par : " Voilà bientôt un mois que le mouvement populaire des
Gilets Jaunes secoue la France. Ce mouvement n’appartient à personne et à tout le monde. II est l’expression d’un peuple qui depuis 40 ans se sent dépossédé de tout ce qui lui permettait de croire en son avenir et en sa grandeur."
40 ans, ça fait remonter à Giscard d’Estaing. Pourquoi depuis 40 ans pile poil le peuple se sentirait dépossédé etc.... ? Veut-elle dire que c’était mieux avant Giscard ? Une fan de Pompidou ? à 33 ans. C’est quoi ce délire ????
Enfin, soit elle est formée par je ne sais quel obscur parti, courant, ou je ne sais quoi de bel et bien politique, soit elle a pris le gros melon. Ou les deux. Avec ses 2 autres stars de facebook. Parce que tout de même, appeler les gilets jaunes des autres pays à se rassembler aujourd’hui aux frontières, c’est soit être complètement mégalo, soit c’est une stratégie politique qui vient de je ne sais où. Et donc, certainement pas de ces 3 personnes uniquement. Dans lesquels les petites gens ont été priés de se reconnaître. Enfumage depuis de le départ à mon sens, que ce mouvement. C’est pas faute d’avoir essayé de comprendre pourquoi ce franc succès, mais je n’ai jamais pu. Il m’a toujours rebuté. Je l’ai toujours perçu comme un mouvement oscillant entre droite, extrême-droite, confusionnisme. Je n’ai jamais sincèrement compris que des militants de gauche s’y retrouvent. C’est identitaire, nationaliste, voire régionaliste, capitaliste, populiste. Et très manoeuvrier, pardon, manoeuvriers.
Et autoritaire : cette fille "venue de nulle part", inconnue au bataillon et les 2 "simples citoyens" qui l’accompagnent, se posent en représentants du peuple. Parce que le mouvement dit populaire des gilets jaunes" appartiendrait à tout le monde et à personne. ". Donc comme il appartient à tout le monde et à personne, eh bien, qu’à cela ne tienne, ils le décrètent le leur. Je ne sais plus où sur internet, j’ai lu que ce trio faisait en sorte qu’au sein de leur mouvement il n’y ait surtout pas d’élus par région. Ce qui leur permet de tout contrôler. Au niveau de Bourges, ou du Cher (je n’ai jamais compris pourquoi le facebook "blocage national du Cher" ne parle que de Bourges), il y a un compte-rendu récent d’une réunion de GJ locaux où des personnes s’auto-déclarent comme le noyau décisionnaire avec des personnes qu’ils choisiront eux-mêmes. C’est exactement la même démarche que P. Ludosky, E. Drouet et M. Nicolle. Lorsqu’ils ont annoncé la création de leur site internet, ils ont annoncé la couleur. Tout cela est consultable dans leurs communiqués sur ce site internet. Ils ont créé leur site juste au moment où des "Gilets jaunes libres" se démarquaient du mouvement. Bien à droite eux aussi. Bref, que des histoires de droites et d’extrêmes-droites dans ce mouvement. Des histoires de gauches et d’extrêmes-gauches , il doit bien y en avoir également mais certainement minoritaires.
Par contre, elles sont muettes. Hier, P. Ludosky rencontrait la représentante du parti indépendantiste de Catalogne, plutôt classé à gauche, l’ANC (Assamblea Nacional Catalana). Décidément pas simple à traduire. Juste pour la photo ?
"40 ans, ça fait remonter à Giscard d’Estaing. Pourquoi depuis 40 ans pile poil le peuple se sentirait dépossédé etc.... ? Veut-elle dire que c’était mieux avant Giscard ? Une fan de Pompidou ? à 33 ans. C’est quoi ce délire ????"
Le seul lien éventuel entre son discours au Jeu de Paume et ces 40 ans serait que Pompidou avait fait un réferendum en avril 1972 pour demander si les Français était pour l’intégration à l’Europe de l’Angleterre, le Danemark, l’Irlande et la Norvège.
Mais peut-être faisait-elle référence à VGE ?
Aujourd’hui, elle était donc comme promis à la frontière espagnole, au Boulou (P.O) ; reportage France 3 région où elle était interviewée.
Pas un mot sur l’automobiliste qui s’est tué cette nuit au même péage, filtré, en s’encastrant dans un camion. Si on en croit le procureur de Perpignan, la majorité des gilets jaunes qui filtraient se sont enfuis lors de cet accident. D’autres sont restés jusqu’à l’arrivée de secours avec le conducteur du camion Elle n’en dit rien. Il ne s’agit pas de la rendre responsable de cet accident comme des autres, mais cette absence de parole sur ce qui s’est passé est affligeante. Une machine de guerre cette jeune femme ? Ou, le reportage a été coupé, histoire de la discréditer ?
"Hier, P. Ludosky rencontrait la représentante du parti indépendantiste de Catalogne, plutôt classé à gauche, l’ANC (Assamblea Nacional Catalana). Décidément pas simple à traduire. Juste pour la photo ?"
L’ANC est en fait un collectif citoyen indépendantiste pété de thunes financé principalement par les entrepreneurs de Catalogne. Dans la mesure où il a l’argent, des assemblées dans toute la Catalogne il sait très bien organiser les manifestations dites "de masse", reférendums qui font l’histoire actuelle de la Catalogne.
(à grands coups de merchandising également) Cette assemblée a soutenu, soutient les Président Mas , puis Puigdemont... Bref, logique que P. Ludosky aille rencontrer une assemblée citoyenne financée par des entrepreneurs. Ca ne devrait pas trop déplaire à Macron : une assemblée issue de la société civile bourgeoise.
C’est son style.
"Des histoires de gauches et d’extrêmes-gauches , il doit bien y en avoir également mais certainement minoritaires. Par contre, elles sont muettes".
Enfin, pas toujours. Et quand elle parlent, c’est pas toujours une réussite. C’est même glauque :
Chouard, Dieudonné, Ruffin. Libération du 21/12/2018
Tiens, je croyais que c’était votre copain, le Ruffin, chère epujsv ... Y a des fois comme ça, vous devez vous sentir bien seule.
bonjour cher Moule à gauffres,
oui, en effet.
C’était mon copain, c’est vrai. Mais ça ne l’est plus depuis quelques temps. Pas que depuis cette dernière sortie.
Je me disais justement qu’en ces temps confus, plip, plop, les copains de ce genre tombent comme des fruits qui ont pourri sur l’arbre. Tout ratatinés, tout moisis, tout moches. Ruffin se défend en disant qu’il déteste pestiférer. C’est ainsi que le RIC ou RIP est arrivé aux Nuits Debouts, déjà. Avec des ateliers ci-toy-ens à refaire la Constitution pour la 6e République. Pendant le mouvement social contre la loi travail. Comme ça, ça occupait les manifestants-occupants qui ne savaient pas tellement quoi faire sous leurs marabouts. A part de la popote. Et se prendre du flash-ball et lacrymo dans la gueule. Aussi.
Chouard aussi était un peu mon copain en 2005. J’avais imprimé sa critique de la constitution européenne pour la lire et comprendre. Il avait fait un sacré boulot. Quant à son idée de reférendum citoyen j’ai toujours eu des difficultés. Et puis, en effet, Chouard a fini par avoir des relations puantes. Enfin, pas que des relations, mais des idées puantes. Et lui aussi, sous l’argument qu’il déteste pestiférer.
Dans le décodeur du Monde du 21 décembre, un portrait plus précis est fait d’E. Chouard que celui de Libé. Il est dit à un moment : "Autre mythe qu’il a repris à son compte : le fait que la loi « Pompidou-Giscard-Rothschild » de 1973 aurait créé la dette française. L’intéressé reconnaît désormais aujourd’hui que cette présentation des faits était erronée, sans remettre en cause l’interprétation qu’il en tire." Peut-être que ça répond à ma question sur le discours devant le jeu de paume de P. Ludosky qui situe la baisse du niveau de vie à 40 ans en arrière. Elle a dû lire Chouard dans le texte.
L’autre soir, j’écoutais avec attention, ou plus ou moins, un live audio qu’il y sur le facebook Blocage national dans le Cher : 2 jeunes gilets jaunes tiennent conversation tout en construisant un site internet en direct. Globalement, on s’emmerde profondément à les écouter, mais ça permet de situer ce qu’ils cherchent à diffuser comme idée. C’était quelques jours avant l’acte V. Le registre langagier du type "Rothschild détiennent la finance" "faudra prendre les armes contre eux" a parsemé un instant cette discussion provoquée par le prétexte de créer en direct un site . Dieudonné a été évoqué aussi. Soral, me semble t-il également. L’affirmation d’être patriotes également. Et j’en oublie. Ah si, il y a eu aussi cette phrase si typique de l’extrême-droite : " l’extrême-droite, on a jamais essayé !" puis d’ajouter "l’extrême-gauche non plus d’ailleurs". Des supers braves types quoi. De simples citoyens qui sont pour la liberté d’expression. Pour-que-chacun-puisse-s’exprimer, comme disait P. Ludosky sur le plateau de Mediapart à propos du "pacte de Marrakesh". Et-sans-jugement-des-uns-et-des-autres, disait-elle aussi de sa douce voix assurée de simple citoyenne. La journaliste qui l’interviewait continuait à sourire. Jaune ? Il ne faudrait pas non plus pestiférer la xenophobie acceptée par la chantre des GJ. C’est mal.
Cette interview de Mediapart se trouve également sur la Tendance Claire du NPA, ainsi introduite : "Entretien vidéo avec Priscillia Ludosky, figure des gilets jaunes, qui explique comment se sont conjuguées revendications sur le pouvoir d’achat et sur la transformation des institutions. La sociologue Léa Mestdagh commente les résultats de la première enquête d’ampleur menée sur la mobilisation." Pas claire la Tendance claire. Les soit disant explications de la figure des GJ y sont aussi brouillées et déformées que ce que la majorité de la gauche et l’extrême-gauche a (ou continue) donné comme image de ce mouvement.
Vous connaissez la formule d’August Bebel (1840-1913) : "l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles".
Et pourquoi y aurait il moins d’imbéciles aujourd’hui que du temps de l’illustre social démocrate allemand ? Et pourquoi les gens du peuple seraient-ils immunisés contre la peste d’extrême droite ? Peut-être que l’épisode Gilet Jaune aura été une occasion pour certains d’accéder à une certaine conscience politique. Il reste que nous venons d’assister à la première victoire sur la classe dominante depuis les grèves de 95. Et sans les syndicats. Ca interroge quand même.
Quelle victoire ?
Victoire, le mot est un peu fort. Disons recul. Mais vous en avez vu combien de gouvernements de droite et de gauche reculer sur la réforme néo libérale depuis 25 ans ?
Et non tout le monde n’a pas une conscience politique. Et je crains que celle des gilets jaunes soit encore très confuse. Mais d’abord ils ont dit non, et se sont organisés. Seuls, parce qu’en effet les partis politiques et les syndicats ne font plus leurs boulots depuis des lustres. C’est un bon début, et c’est bien d’abord un mouvement social. Le citoyennisme, c’est de l’enfumage a posteriori. Maintenant il y a mieux à faire que de cracher sur les GJ. Il faut parler avec eux Et bien les convaincre que les fachos sont les meilleurs alliés d’un capitalisme qui s’enfonce dans la crise.
Il n’y a eu aucun recul de la part du gouvernement sur une réforme néo-libérale. Il y a eu ce qu’on appelle "une gestion de crise". Je ne crache pas sur les gilets jaunes. Je prends de la distance, c’est différent. Par rapport au mouvement, à leurs leaders et aux convictions, cultures politiques qui le traverse, le fonde. Et non par rapport aux individus qui le compose, qui sont des anonymes. Je ne m’emballe pas. Ma conscience politique est également confuse. Celle de Ruffin également, par exemple.
Non, au départ ce n’est pas un mouvement social. Qu’il se soit transformé en mouvement social, OK. Mais en gardant le cap toujours sur son idée de départ. Donc citoyen.
Rencontrer des GJ localement, je n’ai pas eu envie : il y avait dès le début beaucoup de drapeaux bleu blanc rouge dont j’ignorais la signification : Républicain ? Nationaliste ? Faf ? La Marseillaise également. Au delà, allais-je rencontrer des entrepreneurs, petits ou moyens, qui allaient me parler de charges. De fiscalité qui les écrase, etc.... Bref, dans la mesure où je continue à identifier ce mouvement comme un mouvement de droite (avec des accidents extrêmes-droitiers, des tentatives de propagande qu’on y laisse passer puisque ce mouvement est principalement basé sur "l’apolitisme"), je ne vois pas ce que j’irai y faire. Ces personnes n’ont pas besoin de moi et je n’ai pas besoin d’elles. Que la droite manifeste, pas de soucis. Elle en a aussi le droit. Que les entrepreneurs ne soient pas contents, pas de soucis. C’est eux qui voient.
Si j’allais rencontrer des chômeurs, des salariés, qui ont des revendications sociales, ce n’est pas sur les ronds-points que j’ai envie de les rencontrer. Parce que je n’ai pas envie de filtrer des voitures pour parler social. Je ne vois pas le rapport. Et les manifs mélangeant tellement de personnes en contradiction les unes-des-autres, je ne voyais non plus ce que j’aurais fait là. Pour la caricature, je me vois mal manifester avec des abrutis qui chante la Quenelle de Dieudonné sur le chant des Partisans. Ca ne me fait pas rire. Ca me donne la gerbe. Et je n’ai pas envie de porter le gilet jaune. Je ne suis pas pour l’unité à tout prix, et ni pour l’uniforme : un uniforme ça cache des individus différents, et ça les empêche de dire ce qu’ils pensent. C’est une injonction. Et je déteste les injonctions. C’est manifestement la Marseillaise et la Quenelle, certainement minoritaire certes, qui sont les plus chantées. Ou sinon, on ne chante pas. C’est à dire qu’il n’y a pas de chants communs à part ces 2 là. Je ne sais pas pourquoi les gens chantent la Marseillaise. D’autre part, je suis syndiquée. Alors qu’ils ne veulent pas de syndicats. Alors, certes, je ne suis pas le syndicat. Et ne m’amuserais pas à vouloir le réprésenter puisque je suis juste syndiquée et non représentante du syndicat. Mais j’aurais l’impression de faire de l’entrisme quand même. Les GJ veulent leur indépendance des partis et des syndicats (qu’ils disent) eh bien, grand bien leur fasse. Je ne pense pas comme eux.
Le gouvernement a tenté de "gérer la crise". Y est-il parvenu ? Aucune idée. Je n’ai pas tout compris à ce que le gouvernement a fait ; j’ai juste compris et retenu que sur la hausse du Smic c’est la prime d’activité qui va la payer. Bon, c’est déjà assez pénible d’être petit salarié et d’aller quémander à la CAF cette prime d’activité : ô combien libérale (merci Jospin). Et qu’il y a enfumage sur la CSG aussi. Et qu’en fait ce sont les salariés eux-mêmes qui payent ces "avancées". Pour le reste, les autres revendications sociales des GJ, je n’ai toujours pas compris la liste. Je crois qu’il n’y en pas qu’une. Il y en a plusieurs qui se contredisent également.
Enfin, sur la prime d’activité : merci Jospin. On la touchait direct sur nos salaires (il me semble qu’elle avait un autre nom mais c’est la même chose, inspirée de réformes qui venaient de je ne sais plus quels pays, en tous cas très libéraux, capitalistes) , puis après c’était par les impôts. Puis Hollande qui l’a transférée à la CAF. Donc, comme plusieurs l’ont remarqué, peu de gens sur ceux qui y ont droit en font la demande. C’est tout bénef.
Parce que c’st une usine à gaz que de la demander à la CAF. Et en plus, en tant que salarié, on se demande vraiment ce qu’on va foutre à la CAF pour demander un complément de salaire. Bref, c’est l’argent public qui paye les compléments de salaires. Et pas les employeurs.
Et, c’est également un mouvement "facebookien" : après les fêtes, si vous avez du temps, le site "Affordance" explique très bien comment ça fonctionne. Plusieurs articles y traitent du sujet facebook et les GJ.
Et quelle conscience politique ?
Moi aussi ça m’interroge.
D’autant que je pense depuis toujours que n’importe qui a une conscience politique.
Mais "laquelle" a été confortée durant ce mouvement ? sur quoi repose t-elle ?
Tout à l’heure, j’ai croisé un gilet jaune égaré un dimanche (et il avait dû fêter une victoire) . Il m’a dit : " Macron, on va l’enculer". Bah, s’il veut. Mais est-ce bien suffisant ?
L’article de Joffrin en question fait des amalgames plus que douteux. Ce n’est pas pour défendre Ruffin mais quand il rend hommage à Chouard, c’est uniquement pour l’idée du RIC (que l’on peut contester mais c’est un autre sujet...). Par ailleurs, n’oublions pas que Chouard était une "star" à l’époque du TCE en 2005 et que les tenants du non lui doivent beaucoup. Bref, associer Ruffin à l’antisémitisme de Dieudonné ou Soral au motif qu’il aurait rendu hommage à Chouard sur un sujet précis est largement abusif. Ce serait un peu comme si on liait Jean-Marie Le Pen à Joffrin car ce dernier a passé des vacances sur le bateau du premier à l’age de 25 ans....
Bonjour Mister K,
L’article de Joffrin, abusif. Oui et non. Ceci dit, Joffrin doit se régaler.
Oui, j’ai évoqué dans un des posts comment Ruffin se défend. Mais malgré tout, il a passé la limite. Il est député.
Pas tenancier de boutique.
Ceci dit, le RIC, le RIP, l’assemblée constituante, la 6e république, est portée par des tas mouvances obscures.
Il n’y a pas que Chouard et la plupart des candidats à la Présidentielle qui sont pour ces "méthodes" avec des différences selon les uns les autres.
Pendant les Nuits Debouts, ces idées de referendum, d’assemblée constitutante, de nouvelle constitution, de 6e république étaient très présentes. Et elles n’étaient pas toujours portées par des individus "fréquentables". L’extrême-droite est variée et des individus totalement méconnus font parfois des apparitions, comme ça, très opportunistes. Y’avait un type, dont j’ai déjà oublié le nom, qui n’est pas dutout connu comme Soral, Dieudonné, Chouard, qui faisait son tour des Nuits Debouts avec son petit drapeau bleu blanc rouge, et ses croquenots. Encore un allumé de je ne sais quelle mouvance groupusculaire.
Non, Ruffin n’a vraiment pas choisi le bon exemple pour défendre le RIC ou RIP. Les GJ sont traversés par des propagandistes confusionnistes, et vraiment, Ruffin n’a vraiment pas assuré. Il brouille encore plus les pistes.
Je suppose qu’il y a bien d’autres personnes qui ont travaillé sur des rérendums de ce type. Ce n’est pas une idée nouvelle. Chouard n’en est certainement pas le seul porteur. Ruffin est con parfois. Ca me fait un peu du mal de le dire, je l’aimais bien ce type. Mais, il déconne à plein tube parfois.
Quand à Chouard, j’ai mis dans un des posts son portrait fait par le Monde. Ce n’est pas réjouissant. Depuis 2005, il a bien changé. Et après tout, avant 2005, on ne le connaissait pas.
Une remise au point datant de 2013, dans Fakir entre Ruffin et des Antifas, alors "seulement" journaliste et ses liens avec Chouard lié à Soral :
Extraits : " Puisqu’on proclame, comme ça, qu’Étienne Chouard serait mon « ami », je voudrais décrire nos maigres liens – non pas pour prendre mes distances, mais parce que c’est tout simplement la vérité. J’ai rencontré Étienne Chouard une fois, chez lui, à côté de Marseille, en 2009, avant le passage de Fakir en national. Une heure ensemble, une seule : avouez que ça fait un peu court pour des « amis ».
À moins que ce ne soit un coup de foudre. Ce ne le fut pas. Pourquoi ? Mon impression est confuse, mais j’avais le sentiment qu’il raisonnait trop en juriste, prenant les mots – la Constitution, sa marotte – pour les choses, ne partant pas assez du réel, des conditions effectives d’existence. Que du coup, ses propositions, le tirage au sort des élus, par exemple, intéressantes en soi, rouvrant l’imaginaire démocratique, me paraissaient plaquées, utopie voulant recréer un monde idéal en dehors du monde – alors que, à l’inverse, je pars de la gadoue où nous traînons, et de la boue dont nous sommes faits. Et puis, intervenant dans mes débats, ou aux Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence, il m’a gentiment gonflé, ramenant tout - le protectionnisme, la crise économique, la guerre des classes - à ses lubies, « tirage au sort… tirage au sort… tirage au sort… », comme une espèce de Géo Trouvetout qui aurait découvert la pierre angulaire."
[...]
"De voir que, en effet, Étienne Chouard donne des entretiens à Égalité et Réconciliation, participe à des débats publics avec les membres de ce groupe, et défend Alain Soral - « un type bien » - au nom de la liberté d’expression, voilà une ambiguïté qui, pour moi, devenait rédhibitoire.
Il fallait rendre cette position publique.
Sans pour autant blesser un homme isolé, et déjà largement attaqué."
C’est ici : Fakir Presse Info . l’ère du soupçon 10/09/2013
Depuis, des extrêmes-droites diverses et variées ont encore plus envahi le net. C’est une des forces de l’extrême- droite (dans toutes ses diversités). Ce n’est pas trop dans la rue qu’ça s’passe. Et pour en ajouter à la confusion il y a maintenant la chaine RT (Russia Today : voir Wikipédia pour voir de quoi il retourne) qui semble avoir un certain succès auprès d’internautes. Ou disant elle s’y prend bien pour avoir un certain succès. Comme l’extrême-droite. J’ignore si les GJ sont captés par RT. Je sais juste que les 2 jeunes hommes de ’Blocage dans le Cher" qui construisaient un site internet pour Bourges évoquaient cette chaîne.
Beaucoup s’offusquent du fait qu’on veut réduire les GJ à l’extrême-droite. Je crois que ce n’est le propos de "personne" à part du gouvernement à un moment. Et au début du mouvement des GJ par la plupart des syndicats et de la gauche. Puis pfffouuut, la gauche et les syndicats ont revu leurs positions quasiment du jour au lendemain : tout à coup ce mouvement était quasiment la 8e merveille du monde. On n’a plus parlé de l’extrême droite. C’était devenu un mouvement tout propre, tout beau. Puis on reparle à nouveau. Pas seulement à cause de Ruffin et des Chemises Noires de Montmartre, ce week-end dernier. Mais en garantissant que c’est un grain de poussière dans le mouvement des GJ.
C’est notamment ça qui pose question dans ce mouvement et la façon dont la gauche (partis, mouvement et syndicats, ou pas tous. Je crois que la CFDT maintient toujours une forte distance à ce mouvement) a changé son fusil d’épaule. Certains invoquent mai 68, en disant qu’en cette période, on avait l’habitude des fafs et qu’on les combattait dans la rue pour qu’ils ne pourrissent pas mai 68. Mais nous ne sommes pas en mai 68.
Et sauf erreur de ma part (je ne suis pas historienne et ne sait pas quels groupes d’extrêmes-droites existaient à l’époque, à part le GUD) je crains qu’en 2018, ils se soient démultipliés et que leurs moyens de propagandes se soient largement sophistiqués par internet. Mesurer leur impact est certainement impossible. Je suppose.
Pfffiii… Ho la, epujsv, vous n’êtes pas une paresseuse du clavier. une dizaine de messages !... J’ai bien compris que vous n’aimez que modérément le jaune – et même pas du tout ?
Je n’avais pas vu l’appel à soutenir le mouvement des policiers car effectivement, y’a deux comptes Facebook pour Bourges et le Cher. Blocage National dans le Cher et Les infos des gilets jaunes BOURGES. Mais… cet appel peut-il être considéré comme un appel reflétant un avis partagé chez les Gilets jaunes ? Il n’y a plus vraiment de décisions collectives, chacun fait son truc dans son coin. Regardez tous les commentaires qui suivent cet appel au soutient du mouvement des policiers : 9 fois sur vingt, c’est pour dire non, pas question de soutenir les policiers D’ailleurs ils n’étaient qu’un quinzaine à venir devant le commissariat (alors qu’ils étaient plus de deux cents à la manif du 15 décembre).
Ce n’est pas uniquement sur cette action que ça part dans tous les sens. Sur les deux comptes Facebook, on trouve maintenant des messages récurrents sur l’incompréhension de décisions prises sans véritable discussion préalable. Comme le remarquent amèrement de nombreux Gilets jaunes :
« tout le monde va faire à sa sauce dans son coin et le mouvement va s étouffer tout seul. »
« Moi honnêtement je n adhère pas du tout à votre façon de faire vous prenez des décisions sans demandé ce que les autres en pense »
« A qui demande t on l avis lorsqu’ un événement va être fait ???? Non parce qu’en faite j ai surtout l impression que c est 3 ou 4 personnes qui prennent des décisions sans rien demandé aux autres !!!! »
« Ici il semblerait que beaucoup de chose se décide en petit comité pensant pour tous »
Franchement, entre nous, entre quat’z’yeux, votre histoire de Gilets jaunes ne soutenant pas les grévistes, vous n’y croyez pas vous-même, j’espère ? J’en ai entendu des choses sur ce mouvement, mais là, non, je n’avais pas entendu ça. Et ils n’ont pas dénoncé non plus la perte des coquelicots ? Et le glyphosate ? Que sais-je. Là où il y avait des luttes, souvent les Gilets jaunes sont venus sympathiser et montrer activement leur soutien par leur présence : par exemple en allant voir le personnel de la base Amazon d’Aix en Provence qui était en grève. Par leur présence, et non pas par un message qu’il suffit de taper au clavier.
Vous écrivez : « Quant au RIC ça faisait déjà quelques temps qu’il planait au dessus du mouvement. Voire quasiment dès le départ. » Mais ce RIC apparut soudainement comme un ectoplasme ne fait pas l’unanimité chez les Gilets jaunes. Y’a qu’à lire les messages sur les comptes Facebook :
« GRAND COUP DE GUEULLE : Vous avez oublié le 17 novembre et pourquoi ont c’est tous retrouvé dans la rue avec nos Gilets Jaunes ??? Il y en a que pour le RIC maintenant !!! Notre premier combat était contre les taxes et notre pouvoir d’achat. Aujourd’hui vous trouvez que c’est mieux ??? »
« Le RIC pour ma par je sais pas j ai un peu peur qu en le créant ça profite à la Macronie et qu à eu seul donc vaut mieux se battre contre le pouvoir d achat et voir après »
« Je suis d accord avec Gilles a la base on se battait ppur la suppression et la diminution des taxes maintenant nous sommes engagés dans un combat qui nois dépasse...le RIC tout le monde ne parle que de ça mais combien savent en quoi ça consiste »
« Départ des gj ; justice sociale et justice fiscale, on en est bien loin.... un RIC, on rentre en politique ?! »
Non, ça ne planait pas au dessus du mouvement. Regardez les rétrospectives diffusées en ce moment : rien sur ce satané RIC depuis le début du mouvement, rien. Et depuis le 17 novembre, jusqu’à y’a dix jours, l’écrasante majorité des Gilets jaunes ignorait ces trois lettres. Souvenez vous des interviews sur les ronds-points, des présences sur les plateaux télé : rien, rien, rien. On peut interpréter et tordre la réalité selon ses envies, mais faut-il encore avoir des éléments qui soutiennent la thèse.
Vous proposez un autre titre : « J’aurai titré votre article autrement : Gilets jaunes. Arnaque ? » Arnaque de quoi ? Pour la première fois depuis bien longtemps, bien, bien longtemps, on a enfin un semblant de mouvement social. Ça commence par une broutille fiscale : le carburant et ses taxes injustes. Ça commence par un appel à une unique journée de blocage, le 17 novembre (car au départ, y’avait que le 17 novembre prévu sur la calendrier). Et ce ne fut pas une unique journée, et les taxes carburant vont être dépassées par la demande sur notre niveau de vie : la saloperie qu’est le prélèvement CSG sur les retraites, les SMIC de misère, etc. Pendant quelques semaines, on a pu lire, entendre, voir des gens parler de leur misère sociale, un happening social. On a pu voir des gens déterminés, supporter la pluie, le froid, accrochés à leurs demandes. Des jeunes, des vieux, des professions diverses, et beaucoup de femmes, oui, une présence féminine très forte et qui ne faisait pas de la figuration.
Et le gouvernement a reculé, bon gré, mal gré. Chère epujsv, vous pouvez toujours tourner, retourner, chercher des mots, ça ne change pas la réalité : le gouvernement a reculé. Bon sang, reprenez les déclarations d’Edouard Philippe depuis le 17 novembre, et finalement il a mangé son chapeau. Vous appelez ça "gestion de crise", oui, la crise a été gérée… en reculant. Et en mai 68, la gestion de crise donnant un salaire minimum augmenté de 30%. C’est un peu chipotage au mieux, ou mauvaise foi au pire que jouer ainsi sur les mots.
Et même si y’a vague entourloupe, même si finalement, ça ne fera pas tant que ça, mais depuis plus de dix ans, depuis vingt ans, je ne sais pas, tous les syndicats, tous, ces boulets n’ont même pas été foutu d’obtenir ça – et encore, on ne parle pas des effets collatéraux de la mobilisation avec les primes décidées par les grosses entreprises.
"Franchement, entre nous, entre quat’z’yeux, votre histoire de Gilets jaunes ne soutenant pas les grévistes, vous n’y croyez pas vous-même, j’espère ? "
Si, j’y crois. Je ne suis pas facebookée Cyrano (je suis d’une autre périphérie). Les seuls facebooks auxquels je peux accéder, sont ceux rendus publics. Et j’en suis infiniment désolée, mais ceux de La France en Colère (Drouet et compagnie), celui de Fly Rider, celui Facebook blocage du Cher, 1 facebook sur Vierzon qui s’appelle je sais plus comment, 1 facebook d’Aubigny, je n’ai jamais vu aucune marque qui montrent que des GJ soient allés vers des grèvistes. Je vois des mecs à des ronds-points, je vois des images de je sais pas quoi, etc... Et dans les journaux, je n’ai jamais vu d’articles portant sur ce genre d’actions des GJ. Mais les journaux, ce sont les journaux.... (et je ne regarde pas les journaux les télés).
Ah oui, le gouvernement a eu la trouille. Et continue à l’avoir. Ca, c’est sûr. Mais je n’ai toujours pas compris la trouille de quoi. Et pour quoi (quels sont les buts de ce mouvement). Pourquoi a t-il plus peur des GJ que des syndicats ? Les GJ sont majoritairement pacifiques, comme les syndicats. Ils font des manifs, comme les syndicats. Ils ne bloquent pas les outils de travail. Bon, mais ils ont réussi à bloquer quand même de l’économie en ralentissant les voitures et les camions. Qu’est-ce qui a fait reculer le gouvernement au juste ? Qu’est-ce qui l’a impressionné ? Il a les moyens avec ses blindés, ses machins de robocopes d’empêcher les manifestations dites sauvages : je veux dire celles qui ne sont pas prévues de tel endroit à tel endroit. Alors, je m’interroge toujours : de quoi a t-il la trouille dans ce mouvement ? qu’est-ce qui l’impressionne plus que dans des manifs ordinaires ? Est-ce le nombre ? Le temps peut-être. Oui le temps. La durée. Bon, mais à part ça, sincèrement, je ne vois pas ce qui peut faire flipper un gouvernement qui a tous les moyens de répressions, de la suite dans les idées, face à un mouvement qui ne sait pas ce qu’il veut.
"Et ils n’ont pas dénoncé non plus la perte des coquelicots ? Et le glyphosate ? Que sais-je. Là où il y avait des luttes, souvent les Gilets jaunes sont venus sympathiser et montrer activement leur soutien par leur présence : par exemple en allant voir le personnel de la base Amazon d’Aix en Provence qui était en grève. Par leur présence, et non pas par un message qu’il suffit de taper au clavier."
Ca non plus Cyrano, je ne l’ai pas vu. Je ne dis que vous inventez. Non, bien sûr. Mais en tous les cas, je crois que ce n’est pas connu en dehors de la "sphère" des Gilets jaunes. Tout comme les revendications. Les Gilets jaunes quand ils manifestent, n’ont pas de pancartes, mais des drapeaux nationaux ou régionaux. Ou alors, c’est en effet complètement déformé par les médias. Mais bon, je crois comprendre à force qu’il y a plusieurs "sphères" dans les GJ. Et que tout se diffuse uniquement sur facebook.
"J’ai bien compris que vous n’aimez que modérément le jaune – et même pas du tout ?"
Non, j’aime pas le jaune, c’est vrai. Et je crois qu’il est impossible de transformer un mouvement de droite en un mouvement de gauche. Alors, OK, c’est en partie réussi puisqu’il y a eu de très légères avancées pour des salariés. Mais les syndicats n’y seraient-ils pas pour quelque chose également ? Macron a "géré la crise" : avant il avait rencontré des corps intermédiaires tant décriés par les GJ. N’aurait t-il pas eu quelques conseils syndicaux pour "détendre" un peu l’atmosphère dans quelques secteurs ? et chez quelques smicards ? Ce serait bien leurs pattes, non ? "Gérer la crise" je crois que c’est ce qui est employé comme expression et comme "process" dans les entreprises quand ça commence à être chaud entre les employés et la direction. Pour des motifs divers et variés. Enfin, en tous cas, la police a eu de l’augmentation et ce n’est pour rien.
C’est un message clair de la part du gouvernement (et du syndicat qui a initié la journée de "grève" des policiers). Et le message est également clair pour le reste de la Fonction publique qui n’a pas bénéficié des "largesses" de sieur Macron. Bon, j’imagine que personne n’est particulièrement déçu dans la mesure où personne ne s’attend à des miracles. Le GJ n’est pas un magicien. Et il y a GJ et GJ.
"Ça commence par un appel à une unique journée de blocage, le 17 novembre (car au départ, y’avait que le 17 novembre prévu sur la calendrier)"
Cyrano, la veille du 17 novembre, Pricillia Ludosky était invitée sur le plateau deRegards(cette fille est décidément invitée à gauche). Elle dit plusieurs choses "étonnantes".
Quand le journaliste lui demande si cette journée ne risque pas de mélanger des personnes venues d’horizons diverses, notamment "des militants de RN" dit-il, elle répond que s’ils viennent en militants ils ne sont pas invités mais que s’ils viennent en tant que citoyens pas de problème. Comment par la magie de la citoyenneté un militant RN devient inoffensif. C’est simple le monde enchanté de P. Ludosky. C’est bisou bisou au nom de la colère.
Il lui demande également qui est ce "nous" qui appelle au 17 novembre. Elle répond : " c’est moi et les représentants de la manifestation et moi pour le contenu de la de la pétition." Et moi et moi et moi....
Il lui demande : "qui sont ces représentants de la manifestation ? " Elle répond le nom d’une association qui reste inaudible dont elle précise qu’elle n’est pas présente dans toutes les localités mais pour l’organisation à Paris, si.
Avant il lui a demandé : "Le 17, c’est la grande journée de mobilisation, c’est quoi la suite ? " Elle répond : " Alors la suite ce sont des métiers qui se greffent au mouvement, ça prouve bien que ça ne touche pas que l’automobiliste : des agriculteurs, des routiers, des personnes qui travaillent dans le service à la personne,...et ça prolongera le mouvement". Très spontané le mouvement.
Il lui demande ensuite : " Et dans la suite, il pourrait y avoir des perspectives électorales, puisque vous êtes la société civile, je ne sais pas, dans le cadre des européennes, des municipales ? " Elle répond : " alors pourquoi pas, puisque nous sommes une voix citoyenne qui compte, si on a la possibilité de faire en sorte qu’elle compte au sein des assemblées, oui, effectivement ce serait très très bien". Cyrano, c’est pour ça que je vous disais que le RIC était cousu de fil blanc, depuis le départ. Elle parle d’Assemblées. Assemblée Citoyenne ?
Pricillia Ludosky soumet 4 revendications au vote des GJ (Le Parisien du 6 décembre) : "pour ou contre la création d’une Assemblée citoyenne ?"
Ce n’est pas moi qui tord les faits, déforme à coups de mots et de mots le "formidable" mouvement des gilets jaunes, Cyrano. C’est lui qui est dans des tas de mots dont on il est impossible de comprendre quels sont les faits liés aux mots utilisés et ce qu’ils écrivent comme phrases, comme récit, comme actes politiques et sociaux. Et comme perspectives. Et comme origine. Je réitère que cette jeune femme est très organisée mais qu’elle n’est bien sûr pas seule. Par contre, je ne comprends toujours pas d’où elle vient politiquement. Tout le début de l’interview consiste à dire qu’elle est du terrain, que chacun peut se reconnaître en elle, que les partis c’est pourri, que pour rien au monde elle ne rencontrerait aucun parti parce que ce sont tous des intéressés, etc... Oui, certes. On ne peut être que d’accord avec ça. Mais soit on y retrouve la prose de l’extrême-droite soit on y retrouve la prose de France Insoumise. J’aurais tendance à penser qu’elle vient plus d’une mouvance d’extrême-droite. Mais dans la citoyenneté, tous les chats sont gris. Jaunes, pardon. (et je viens seulement de remarquer qu’elle ne porte jamais le gilet jaune lors de ses allocutions. Bon, sur un plateau journal, pourquoi pas, mais même lorsqu’elle a lu le discours qui se veut "du jeu de paume" (allez, soyons fous) et lorsqu’elle est interviewée dehors par certaines chaînes. Cette fille est beaucoup trop énigmatique pour être vraie. Pour qui roule t-elle ?
Hmmm : elle n’est peut-être pas d’extrême-droite, mais tout simplement de droite. Petite patronne. Le début du mouvement venait de là, et il a fini là où il a commencé. Les "avancées" n’impliquent pas le patronat. Ou très peu. Les "avancées" pour des salariés sont de droite. Point barre. Et donc de gauche. Ce n’est pas un mouvement ni droite-ni gauche, c’est un mouvement de droite et de gauche. Et pas sans les syndicats. C’est avec les syndicats des salariés et du patronat. Donc oui, gilets jaunes, arnaque.
Enfin, syndicats et gauche dans l’état où ils en sont. Le mouvement des gilets jaunes se retrouve contre un mur. Le même que celui qui prévaut depuis je ne sais combien d’années, très longtemps certainement pour les salariés notamment. Parce qu’il est "tout simplement" une réplique de ce qui est dominant : une gauche qui fait de la politique de droite avec les syndicats. Ce n’est pas parce qu’il y a des images de violence, qui est réelle, qui parcourent les médias et internet qu’il est révolutionnaire. Il n’est pas révolutionnaire parce qu’il n’a pas les moyens de l’être. Il n’ a même pas les moyens d’être progressiste. Alors, si ce mouvement ne s’arrête pas, où va t-il aller ? On n’est pas en 1789.
Si, c’est bel et bien une extrême-droite qui dirige le mouvement des gilets jaunes, seulement je n’ai pas les connaissances suffisantes pour identifier laquelle. De fil en aiguille, je suis tombée sur le facebook qui se veut le média des gilets jaunes. Il s’appelle "Vécu Gilets jaunes", il est récent. Le 26 décembre il y a une interview de Pricillia Ludowsky par l’animateur de ce facebbok, appelé Gabin. La conversation de ces 2 personnages peut sembler "anodine". Mais elle ne l’est pas dutout. C’est une conversation de 2 personnes d’extrême-droite, c’est certain.
Mais pas celle dont on a l’habitude à la télévision ou dans les journaux. Ce n’est pas du RN. C’est autre chose, de plus habile, groupusculaire, basé sur l’anonymat des 2 personnes, sur leur "ordinarité", "Gabin, Pricillia", et qui correspond à une mouvance. Je le répète, je n’ai pas les connaissance suffisamment précises pour et le démontrer et le identifier. Je sais juste que fut un temps, quand Egalité et Réconciliation, le Cercle des Volontaires, Riposte Laïque ont commencé à émerger de l’internet, j’en regardais. Pour essayer de comprendre comment ces outils de propagande d’extrêmes-droite fonctionnent. Mais il y a des choses qu’on comprend et qu’on ne sait pas expliquer. Et après tout, ce n’est pas mon boulot. Ce serait normalement à la gauche, l’extrême gauche qui participent à ce mouvement, avec ses outils intellectuels et antifascites de l’expliquer. Cet échange entre ce Gabin et P. Ludowsky sent l’Egalité Réconciliation, la Riposte Laïque, etc.... Pourquoi pas le GUD, le Bastion Social, aussi. Le Nationalisme Révolutionnaire quoi, ou quelque chose d’approchant. Quelque chose comme ça. Alors normalement, dans les analyses des spécialistes des extrêmes-droites, tous ces groupuscules sont inoffensifs de part leur minorité et leurs éparpillements façon puzzle. Mais n’empêche que c’est ce genre d’individus là qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes. Evidemment ça fait mal. A mon sens, on les a aider à enclencher le mouvement. . Qui, quoi, aucune idée.
Il serait souhaitable que la gauche et l’extrême-gauche se penchent très sérieusement sur la question.
Si moi j’ai compris dans cette vidéo sur ce facebook "vécu gilets jaunes", les autres vidéos où P. Ludowsky est passée (Regards, Médiapart) où son langage est suspect, des gens bien plus aguerris que moi à ce genre de construction langagière et idéologique l’ont forcément remarqué aussi. Donc pourquoi ce silence ? Nous sommes indéniablement dans un contexte rouge-brun. Bravo à toute la gauche, l’extrême gauche qui ferme sa gueule.Qui insiste sur le fait que ce mouvement est très disparate et serait quasiment de gauche, où l’extrême droite serait très minoritaire. Peut-être qu’elle l’est (?) mais en tous les cas, l’origine du mouvement est d’êxtrême-droite. Rouge-brune. Ca n’a certainement pas échappé au gouvernement non plus. Mais au fond, ça doit bien lui servir aussi. Ce mouvement est décidément un mouvement idéal : une ronde où gouvernement, gauche, extrême-gauche, extrême-droite se donnent la main, tout en prétendant s’opposer. Les gens qui se sont impliqués dans ce mouvement, les vrais lambdas, sauront apprécier la merde dans laquelle ils ont été utilisés. 10 morts. Et je ne sais combien de blessés et d’arrestations. Et une très grande couverture médiatique dont a disposé ce mouvement dès le début. Ce qui les a fait connaître avant même qu’il ne commence et soit rejoint. Et globalement plébiscité. A quelques exceptions près.
Si, c’est bel et bien une extrême-droite qui dirige le mouvement des gilets jaunes, seulement je n’ai pas les connaissances suffisantes pour identifier laquelle. De fil en aiguille, je suis tombée sur le facebook qui se veut le média des gilets jaunes. Il s’appelle "Vécu Gilets jaunes", il est récent. Le 26 décembre il y a une interview de Pricillia Ludowsky par l’animateur de ce facebbok, appelé Gabin. La conversation de ces 2 personnages peut sembler "anodine". Mais elle ne l’est pas dutout. C’est une conversation de 2 personnes d’extrême-droite, c’est certain.
Mais pas celle dont on a l’habitude à la télévision ou dans les journaux. Ce n’est pas du RN. C’est autre chose, de plus habile, groupusculaire, basé sur l’anonymat des 2 personnes, sur leur "ordinarité", "Gabin, Pricillia", et qui correspond à une mouvance. Je le répète, je n’ai pas les connaissance suffisamment précises pour et le démontrer et le identifier. Je sais juste que fut un temps, quand Egalité et Réconciliation, le Cercle des Volontaires, Riposte Laïque ont commencé à émerger de l’internet, j’en regardais. Pour essayer de comprendre comment ces outils de propagande d’extrêmes-droite fonctionnent. Mais il y a des choses qu’on comprend et qu’on ne sait pas expliquer. Et après tout, ce n’est pas mon boulot. Ce serait normalement à la gauche, l’extrême gauche qui participent à ce mouvement, avec ses outils intellectuels et antifascites de l’expliquer. Cet échange entre ce Gabin et P. Ludowsky sent l’Egalité Réconciliation, la Riposte Laïque, etc.... Pourquoi pas le GUD, le Bastion Social, aussi. Le Nationalisme Révolutionnaire quoi, ou quelque chose d’approchant. Quelque chose comme ça. Alors normalement, dans les analyses des spécialistes des extrêmes-droites, tous ces groupuscules sont inoffensifs de part leur minorité et leurs éparpillements façon puzzle. Mais n’empêche que c’est ce genre d’individus là qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes. Evidemment ça fait mal. A mon sens, on les a aider à enclencher le mouvement. . Qui, quoi, aucune idée.
Il serait souhaitable que la gauche et l’extrême-gauche se penchent très sérieusement sur la question.
Si moi j’ai compris dans cette vidéo sur ce facebook "vécu gilets jaunes", les autres vidéos où P. Ludowsky est passée (Regards, Médiapart) où son langage est suspect, des gens bien plus aguerris que moi à ce genre de construction langagière et idéologique l’ont forcément remarqué aussi. Donc pourquoi ce silence ? Nous sommes indéniablement dans un contexte rouge-brun. Bravo à toute la gauche, l’extrême gauche qui ferme sa gueule.Qui insiste sur le fait que ce mouvement est très disparate et serait quasiment de gauche, où l’extrême droite serait très minoritaire. Peut-être qu’elle l’est (?) mais en tous les cas, l’origine du mouvement est d’êxtrême-droite. Rouge-brune. Ca n’a certainement pas échappé au gouvernement non plus. Mais au fond, ça doit bien lui servir aussi. Ce mouvement est décidément un mouvement idéal : une ronde où gouvernement, gauche, extrême-gauche, extrême-droite se donnent la main, tout en prétendant s’opposer. Les gens qui se sont impliqués dans ce mouvement, les vrais lambdas, sauront apprécier la merde dans laquelle ils ont été utilisés. 10 morts. Et je ne sais combien de blessés et d’arrestations. Et une très grande couverture médiatique dont a disposé ce mouvement dès le début. Ce qui les a fait connaître avant même qu’il ne commence et soit rejoint. Et quasi unaniment plébiscité.
Macron, le gouvernement a ignoré ce mouvement dit "populaire" depuis le début, jusqu’à ce qu’il fasse son discours du 10 décembre. Ce gouvernement avait certainement identifié depuis le départ qu’il est d’origine d’extrême-droite. Il a tout intérêt à le laisser pourrir sur la durée afin que ça finisse par se voir. Donc, il accorde les maigres augmentations à une maigre partie des salariés et retraités. (et les trucs sur le carburant et l’énergie). C’est une réponse "de bonne guerre" à des revendications disparates et confuses de ce mouvement qui a été entre-temps rejoint par des militants de gauche et extrême-gauches afin de le faire pencher du côté gauche. Faisant ainsi croire à la possibilité de lendemains qui chantent au son de la Marseillaise et sous le drapeau bleu blanc rouge, à partir d’un mouvement lancé par des extrêmes-droites. Belle escroquerie. Bilan : Macron ne contrarie en rien l’extrême-droite puisque ses réponses ne vont pas chercher l’argent dans le patronat mais juste chez les salariés. Et la gauche et l’extrême-gauche déclarent contradictoirement que c’est un recul du gouvernement qui aurait eu peur de ce formidâble mouvement mais que les réponses sont insatisfaisantes. Et ne contrarie en rien l’extrême-droite non plus, puisqu’elle se tait sur sa présence et ses capacités à agiter un mouvement. A le lancer dans le cas présent. Macron, le gouvernement, utilise ses moyens de répressions ; tout le monde est content : la gauche et l’extrême-gauche parce que ça leur fait des victimes du peuple qui se soulève "pour la justice sociale et l’égalité", l’extrême-droite parce que ça fait monter toujours d’un cran les moyens répressifs : un vrai climat de peur est installé. Gagné. Et Macron et le gouvernement peut continuer tranquillement à faire ce qu’il à faire. La gauche et l’extrême-gauche continue de militer auprès de l’extrême-droite sur les ronds-points, dans la rue, pour des lendemains qui chantent. Tout en daignant de temps en temps s’offusquer du spectacle extrême-droitier de certains courants et expliquer aux GJ qui sont venus se mettre dans cette galère que l’extrême-droite est la meilleure alliée du capitalisme. Mais ne leur précisant pas qu’elle est également sa meilleure alliée. Ceci dit, les GJ ne sont certainement tous non plus des cancres politiques et l’auront très bien compris. Et choisissent de s’en foutre. Et c’est ainsi qu’à Bourges on a une super manif pour le RIC où GJ lambdas, militants de gauches, quenelliers de circonstances défilent dans la joie et la bonne humeur, à l’acte V. Et diable, le RIC est là : " oh là là, qu’est ce que c’est encore que cet endormeur de lutte sociale ? On n’avait pas vu le "Chouardisme" arriver. Parce qu’à gauche et à l’extrême-gauche, on est des grands naïfs. Même pas on a remarqué que P. Ludowsky est d’extrême-droite. On est mal renseignés. On sait pas c’est quoi ce mouvement inédit. Ah, non, on sait pas. Mais alors, c’est porteur, hein, oh que c’est porteur d’expériences collectives et sensationnelles. " Et encore plus fort, comme la gauche et l’extrême-gauche n’ont jamais cherché, juré-craché, à récupérer le mouvement, ont laissé le mouvement s’organiser de lui-même avec la super spontanéité et l’intelligence des participants, eh bien, inutile de se justifier sur sa collaboration avec les initiateurs politiques du mouvement, comme P. Ludosky par exemple. On y était mais on y était pas. Alors, on a rien à dire. Mais peut-être qu’après tout, on va continuer à les soutenir pour de futurs actes 8,9,10,11 etc.... Ca ne nous dérange pas, parce qu’ils sont minoritaires." Et le pays vit arriver des petits troupeaux de rats qui remontaient des égouts.
Autre chose : P. Ludowsky dans le facebook public " vécu gilets jaunes", dans son interview du 26 décembre, déclare qu’elle a laissé en suspend sa boite de cosmétique depuis plus de 6 mois pour le mouvement. De quoi vit-elle ? Fly Rider, dans une de ses vidéos, sur son propre facebook public, déclare ne pas travailler non plus, pour le mouvement, et vivre d’aides des uns et des autres. Eric Drouet, travaillerait donc puisqu’on le voit dans son camion. Mais son employeur lui accorderait des arrangements pour lui libérer du temps pour ce mouvement. Comment se fait-il que ça n’interroge personne ? Dans la vraie vie, quand on se consacre à un mouvement social, sauf si on est du haut du gratin politique et syndical, l’employeur ne laisse pas de temps comme ça pour se libérer (sauf sur décharges réglementées) ; dans la vraie vie, quand on organise ou participe à un mouvement social, on ne peut pas se permettre d’abandonner son boulot. Ou alors c’est qu’on est en grève. Et au mieux des caisses de solidarités sont organisées.
Ceci dit, si on lit les proses des facebooks de ces leaders niant l’être, on remarque que des idées similaires s’organisent ou prétendent le faire : des pots communs d’internet sont présentés pour la solidarité envers des personnes hospitalisées suite à une manifestation violente, pour soutenir des frais de justice, le mouvement en lui-même etc.... Ils ont également pondu un manuel à destination des manifestants pour expliquer comment se défendre de la police, des arrestations, les recours juridiques, etc...
Ces obscurs leaders et initiateurs du mouvement calquent leurs méthodes sur des méthodes de toute organisation politique et syndicale lors d’un mouvement social dur. Et leur leader Eric Drouet a été arrêté à 2 reprises. Il sera jugé je ne sais plus quand : ils ont leur leader "injustement" arrêté et d’autres personnes inconnues qui font l’objet de poursuites judiciaires. Ainsi, ils peuvent se prétendre d’ une ligne d’opposants politiques et considérés comme tels par le gouvernement. C’est un récit qu’ils construisent. Une storytelling qui se raconte au fur et à mesure. Mais certainement pas improvisée. Elle veut faire croire à une situation d’urgence immédiate à se défendre. Ils crééent leur propre mythologie. Comme le fait de faire un discours devant le jeu de paume et d’utiliser à la fin de ce discours les mêmes termes que les députés du tiers état en 1793. Il est évident qu’il s’agit de bouffons, certes. Mais une grande place leur est accordée dans les médias. et pas que dans les médias crétins. Médiapart, par exemple, journal petit bourgeois intellectuel de gauche, sombre de plus en plus, non pas dans le rouge-brun, mais dans le vide sidéral de ces 3 clowns qui ont réussi à créer un mouvement rejoint et adulé par les gauches, dont leurs extrêmes. Ainsi que la sympathie de la part de la population. Comment se fait-il qu’aucun journal, responsable politique, syndical, personnalité culturelle, ne s’intéressent à ces 3 guignols qui ne travaillent pas ou "à temps partiel" et animent principalement les GJ. Quelle merde ont-ils dans les yeux ? ou quel regard veulent-ils qu’on ait sur ce mouvement ? Le spectacle qu’on nous en donne. Et, j’ose espérer que la fin de ce film est imminente et que l’épidémie de jaunisse se résorbe. Mais elle mériterait de plus amples explications de la part du monde journalistique, politique, syndical, intellectuel : qui en sont les auteurs, scénaristes, interprètes, figurants, dialoguistes, producteurs, financeurs, etc...? Pas trop la peine d’y croire. Le spectacle va continuer.
Plutôt que de produire des élucubrations et de la théorisation délirante a posteriori derrière votre ordinateur, vous feriez mieux d’aller rencontrer les gens in situ pour leur demander ce qu’ils font et pourquoi.
Détestant me faire lobotomiser, je ne vois pas pourquoi j’irai en lobotomiser d’autres ou assister aux tristes conséquences de ce que j’ai tenté d’expliquer tout au long de ces posts. Quelque chose puait depuis le départ de ce mouvement, et j’ai encore un nez.
« Pas d’enquête, pas de droit à la parole. Vous n’avez pas fait d’enquête sur un problème, et on vous prive du droit d’en parler. Est-ce trop brutal ? Non, pas du tout. Du moment que vous ignorez le fond du problème, faute de vous être enquis de son état actuel et de son historique, vous n’en sauriez dire que des sottises. Et les sottises, chacun le sait, ne sont pas faites pour résoudre les problèmes. »
"Mais remuez-vous un peu ! Allez faire un tour dans les secteurs et les localités qui sont de votre ressort et faites comme Confucius qui« posait des questions sur tout » (1) ! Si peu de capacité que vous ayez, vous saurez alors résoudre les problèmes ; car s’il est vrai qu’en sortant de chez vous, vous avez la tê te vide, il n’en sera plus de même à votre retour : votre cerveau sera muni de tous les matériaux nécessaires à la solution des problèmes, qui se trouveront ainsi résolus. Est-il toujours nécessaire de sortir de chez vous ? Pas forcément. Vous pouvez convoquer à une réunion d’information des
personnes bien renseignées pour remonter à l’origine de ce que vous appelez un problème difficile et pour vous éclairer sur son état actuel ; ; il vous sera alors facile de résoudre ce problème difficile. L’enquête est comparable à une longue gestation, et la solution d’un problème au jour de la délivrance. Enquêter sur un problème, c’est le résoudre."
Mao Zedong Contre le culte du livre 1930
En 1941, il écrira : "je persiste au contraire à soutenir qu’à moins d’avoir enquêté on ne peut prétendre au droit à la parole. Il en est beaucoup qui, « à peine descendus de leur char », s’égosillent, prononcent des harangues, distribuent leurs avis, critiquant ceci, blâmant cela ; en fait sur dix d’entre eux, dix vont au-devant d’un échec. Car leurs discours, leurs critiques, qui ne se fondent sur aucune enquête minutieuse, ne sont que bavardages"
Faites vous plaisir.
"Comme le fait de faire un discours devant le jeu de paume et d’utiliser à la fin de ce discours les mêmes termes que les députés du tiers état en 1793". 1789, pas 1793.
Le spectacle continue : "Mélenchon exprime sa fascination pour E. Drouett" Huffington Post 01/01/19
epujsv, demain samedi, vous allez pouvoir voir les arnaqueurs de près... :)
Bonjour Cyrano,
Il me tarde.
Et puis y’a convergences des luttes. C’est chouette.
Je ne saisis toujours pas ce que sont politiquement E. Drouet, M. Nicolle et P. Ludosky. La semaine dernière j’ai regardé le discours prononcé par M. Nicolle à Paris, sur le facebook de Gabin je sais plus comment, le Remi Buisine des Gilets Jaunes, (sur ce facebook "vécu, le média du gilet jaune). Alors ça doit venir de moi, mais j’avais l’impression de regarder une remise de quenelles d’or de Dieudonné. M. Nicolle qui met l’ambiance style " si je saute, c’est que je suis gilet jaune, si je saute pas c’est que je le suis pas, yep, yep !"+ 1 homme qui prend la voix de Stalone pour faire blague+ un homme affirmant avoir fait de la politique dans le temps, connaître par coeur les arcanes de la République, des ministères leur donne sa carte de je ne sais quoi, donne son nom, se pose en bienfaiteur, en aidant + 1 béret bleu et sa barette de médailles. Vraiment, ça ressemble à ce que j’ai pu voir des tristes remises de quenelles d’or : des gens tous aussi zarbis les uns que les autres, représentant on ne sait quoi au juste, et qui disent des choses parfaitement incompréhensibles. Des espèces de personnages qui peuvent faire penser à des films de Mocky. Ce sont donc M. Nicolle et P. Ludosky qui viennent demain à Bourges : alors, non merci. Sans moi.
Ensuite, je suis bien sincèrement désolée (et très choquée) que les gilets jaunes se prennent une violence policière pour le coup inédite- me semble t-il en France -(mai 68 c’était pire ?) : je ne leur ai jamais souhaité ça. Mais je n’ai toujours pas de sympathie pour ce mouvement. (et non pour des personnes inconnues qui le composent).
J’ai donc suivi la manif via les live des facebook "Vécu, le media du gilet jaune", "Fly Rider" et "Blocage national du Cher" : en dehors du fait qu’elle s’est majoritairement passée pacifiquement (ce sur quoi je n’avais aucun doute), et minoritairement pas pacifiquement (ce sur quoi je n’avais aucun doute) le nom d’Etienne Chouard continue à être diffusé par un ou deux de ces live (Vécu, le Média et/ou sur celui de Fly Rider). Il va à Toulon la semaine prochaine. Une quenelle a été chantée par des animateurs de Blocage national dans le Cher en virant des journalistes de BMFTV de la Place Séraucourt, agressivement oralement. Pub est faite pour la chaîne RT. La CGT s’est faite insultée par un ou 2 manifestants avenue de la République (au moment où c’était chaud avec les CRS) . M. Nicolle en fin de manif place Séraucourt parle pour les petits commerçants. P. Ludosky dit toujours la même chose lorsqu’elle est interviewée par un de ces petits médias intra GJ.
Quelque chose que je n’avais jamais remarqué jusque-là sur le Facebook Vécu, le média Gilets Jaunes : c’est leur premier post, tout en haut, du 3 janvier, qui renvoie sur un site qui s’appelle : "Militants Gilets Jaunes" fait le 20 novembre et renvoie au RIP (c’est-à-dire le RIC du RN) et des revendications GJ pro commerce.
Bref, je fais toujours les mêmes constats qui tournent en boucle. Le jour où ce mouvement prendra une configuration que j’estime de gauche, je ne sais pas à quel acte on en sera. Des GJ de Commentry dans la Meuse font des appels aux autres GJ pour le 26 janvier : ceux là on l’air de gauche, libertaires. Mais ils refusent d’aborder les sujets qui divisent au sein de leur assemblée populaire telle que l’immigration. Pour ne pas se fâcher avec les électeurs RN qui sont au sein de leur assemblée. Tout comme des militants écologistes ne doivent pas parler de leur militantisme contre Bure.
En parlant de Libertaires, il y a un compte-rendu dans le Monde Libertaire, d’une AG de GJ du Loiret le 4 janvier. Ce compte-rendu a le mérite d’être clair. Extraits :
"Derniers mots sur les accusations de beaufisme, racisme, antisémitisme, etc. utilisés entre autres par le gouvernement pour dénigrer le mouvement. On ne peut pas bien sûr ignorer la présence active des militants et sympathisants du RN au sein du mouvement des gilets jaunes ; c’est un fait. Pour être plus catégorique, il faudrait consulter le travail des géographes qui analysent les cartes du vote FN et celles de la mobilisation des Gilets Jaunes"
"De façon intéressante – et peut-être symétrique – on peut noter un autre grand absent dans l’imaginaire convoqué pendant les discussions de cette AG, c’est le capitalisme et l’idéologie néolibérale qui le soutient. Les innombrables critiques ou invectives se focalisent sur les personnes, essentiellement les acteurs politiques les plus visibles – le président, son gouvernement, la « représentation » – mais on voit peu apparaître les commanditaires et pas du tout l’idéologie, soit parce que le moment n’est pas théorique, ou par manque d’une solide culture politique, soit plutôt parce qu’une telle critique, nécessairement radicale risquerait de promouvoir au sein du mouvement une image « gauchiste », voire extrême-gauchiste. Une bonne partie de l’assemblée ne s’y reconnaîtrait probablement pas, en particulier la frange des artisans, petits entrepreneurs et employés du care ou du tertiaire qui fournit au mouvement une partie substantielle de ses acteurs. On peut interpréter ce double silence très présent au sein du débat par le fait que tant l’extrême-droite que l’extrême-gauche ou les libertaires retiennent leur parole, afin de ne pas nuire à leur intégration dans un mouvement qui ne les accueillerait pas en tant que tels. Ils se réservent pour accompagner, le moment venu et dans l’action concrète, la mutation en cours d’une révolte sociale en contestation politique, un instant disponible pour basculer et prendre telle ou telle orientation. "
"Une dernière remarque... malgré quelques appels minoritaires à l’armée pour « mettre de l’ordre » dans le pays, le refus fondamental et ancré dans la durée d’une verticalité, qui priverait à nouveau les nofaces de visage et de voix les novox, est une problématique peut-être inédite pour la récupération du mouvement à court terme par une extrême-droite dont le culte du chef est une, si cela n’est la, valeur fondamentale."
Voir Le Monde Libertaire du 4 janvier.
Sur la manif d’hier à Bourges, quelque chose que je n’avais pas vu dans les live : en fait,une dizaine de manifestants sur la Place Séraucourt chantaient la quenelle, au début. C’est relaté dans un article de Médiapart d’hier. Et je crois le Berry Republicain. Autre chose que j’ai entendu dans un des live, dans la foule des manifestants pacifiques, mais très minoritaire, une seule petite voix : " L’Italie, avec nous". + autre chose qu’a relevé le journaliste de Médiapart, l’affiche en devanture du Chateau d’eau : "RF : République française ; RF : Rothschild Family », + dans les manifestants, un drapeau royaliste.
Eh puis sinon, toujours cette Marseillaise et ce bleu blanc rouge, en drapeaux ou peints sur les visages.
+ rappel des 3 revendications de La France en Colère (E. Drouet. M. Nicolle, P. Ludosky) : baisse des indemnités des parlementaires, baisse de la TVA pour les produits de 1ere nécessité, et introduction du RIC dans la Constitution. Mediapart relève que les revendications notées sur les cahiers de doléances sont donc principalement fiscalistes. La CGT au niveau du Centre Val de Loire avait appelé à rejoindre cette manifestation parce que les revendications des GJ rejoignent les leurs. Ah bon. Depuis quand les syndicats demandent-ils la baisse des indemnités parlementaires, la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité et le RIC ?
+ le camion qui transportait le coq et le groupe de musique avait une banderole : "en route vers la 6e République". Ce que n’ont pas filmé les live des petits médias facebook intra GJ.
+ pour contester les chiffres du Ministère de l’intérieur les GJ sur leurs facebook s’en réfèrent à un syndicat de police qui a toutes les allures d’un syndicat d’extrême-droite : France Police.
+ à Paris, hier, parmi le service d’ordre dont s’est doté la France en Colère, un militant d’extrême-droite a été repéré. Voir le Huffington Post d’aujourd’hui. Ce dont se garde bien de relayer le facebook de la France en Colère, celui de Fly Rider, celui de Vécu, le Média des Gilets jaunes, le Twitter de P. Ludosky, Blocage National du Cher, etc... Et à gauche non plus. Des incidents en marge, hein. A force, la marge, ça fait beaucoup depuis le début du mouvement.
Bonjour epujsv, une vidéo qui devrait vous intéresser : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1833&v=at_Ml0Zutfk
bonjour je sais pas qui, oui, je sais Eric Hazan... je n’ai pas regardé la vidéo. Mais je connais la position de Eric Hazan depuis le début de ce mouvement. Avec laquelle je ne suis pas dutout d’accord.
Extra. Vous avez une opinion sur les Gilets Jaunes sans vous donner la peine d’aller les rencontrer. Et vous avez une opinion sur Eric Hazan sans faire l’effort de l’écouter.
"les ennemis de mes ennemis ne sont pas mes amis, mais un peu quand même". C’est ça que je connais d’Eric Hazan sur le mouvement des gilets jaunes. Et ça me suffit. Ensuite, je ne connais pas ce monsieur. Ou très vaguement.
Peut-être la gauche et l’extrême gauche ont trouvé leur divinité dans le mouvement des GJ. En tous cas, ça y ressemble. C’est fou cette façon d’en parler. Comme s’il fallait absolument aller rencontrer quelque chose qui est tombé du ciel, qui serait de l’ordre de l’idéal. Comme si, quand on allait rentrer dans ce périmètre jaune fluo, il allait m’arriver quelque chose d’extraordinaire. Une révélation. Un truc que j’aurais jamais compris. Et je ressortirais de cette expérience avec des supers pouvoirs. Je pourrais m’envoler, me libérer, courir à 100 kms/h. Je deviendrais une sorte de Goldorak, de super Jamie, de Wonder Woman, de Watoo Watoo. (On a les références qu’on peut). Enfile ton gilet joooone, et tu pourras aller sur Mars. ou Jupiter.
"En immersion numérique avec les gilets jaunes" article de la Fondation Jean Jaurès du 14/01/2018
On y apprend notamment, sans que ce soit une révélation non plus, que M. Nicolle a eu le like facile pour Marine Le Pen ces dernières années sur son facebook. Enfin, ce n’est pas non plus un scoop. C’est une précision avérée.
Depuis hier, par la presse, on a donc appris que P. Ludosky se séparait d’Eric Drouet. La raison principale invoquée est une dispute sur le nom "La France en Colère" : E. Drouet ne veut plus que ce nom soit utilisé par d’autres (c’est lui qui en est à l’origine avec son facebook, mais avec 3 points d’exclamation pour le sien) en arguant ses démêlés avec la justice. P. Ludosky et M. Nicolle maintiennent malgré tout le facebook "La France en colère" (sans point d’exclamation) et le site internet. Elle demande d’ailleurs ce jour à Blocage national du Cher qu’un sondage soit fait : "Êtes vous satisfait du rapprochement effectué avec la France en colère ( Priscilla et fly ) dans le but d’être coordonnées au niveau national que ce soit pour les actions et revendications ? "
La fin de "L’immersion numérique avec les gilets jaunes" expliquent que les facebooks sont donc devenus avec ce mouvement un formidable réservoir à profils politiques réutilisables à tout moment par des candidats potentiels : "Le contrôle et l’accès aux données des électeurs sont donc devenus un aspect absolument essentiel des campagnes électorales modernes. Le mouvement 5 étoiles et sa plateforme internet Rousseau en est un autre exemple éloquent [par rapport à Trump]... C’est en se basant sur les données qu’il pouvait récolter des visiteurs du site qu’il a déterminé sa ligne politique et choisi ses candidats à l’investiture. En proposant aux gilets jaunes d’utiliser cette plateforme comme il vient de le faire, Luigi di Maio, soucieux de destabiliser Macron ne s’y est pas trompé : il sait que s’ils en ont l’ambition, les gilets jaunes pourraient avoir les moyens de s’installer sur la durée dans le paysage politique français" Et donc, la fondation Jean Jaurès ajoute : "S’ils sont pour l’instant refusé son offre pour rester indépendants il faut noter tout de même qu’ils ont créé leur site "La France en Colère : le site officiel des gilets jaunes" indispensable préalable à une future structuration."
On comprend mieux alors pourquoi E. Drouet et P. Ludosky se disputent l’appellation. Il semble donc que ce soit P. Ludosky qui gagne la bataille.
Sinon, aujourd’hui, sur le fcbk Blocage National du Cher : une publication issue tout droit de la planète confusionniste, extrême-droite, etc ... : une sorte de "conférence" de Pierre Jovanovic (un habitué d’Egalité et Réconciliation, etc...) émanant d’un site "nos.medias.fr" qui cumulent des vidéos de RT, TV Libertés (fondée par un ex MNR puis Bloc Identitaire,) et autres chaÏnes du même acabit . Sauf erreur de ma part, sur ce facebook, c’est leur première publication publique appartenant à ce répertoire.
A noter qu’ils ont finalisé leur site internet annoncé au mois de décembre dernier : Le Cher en colère. fr.
Comme de bien entendu.
Un bon article de Libé du 16/01/2018 : "Le "confusionnisme" est-il le nouveau rouge-brun ? suivi d’une itw de Pascal Ory, historien : "le mot essentiel, c’est extrême".
Quid du gouvernement qui s’est toujours revendiqué de droite et de gauche ?
Par contre, le 13/01/19 Libération publiait un article sur Gabin Formont, l’administrateur du facebook "Vécu, le média des gilets jaunes" : "Gabin Formont le cri du peuple". Article totalement emballé par le jeune homme et son discours.
Le lendemain même, Libé publiait un article qui faisait état d’une dispute entre ce jeune homme et un ou plusieurs administrateurs du facebook. Ceux-là quittaient le facebook pour vivre d’autres aventures tout en dénonçant des attitudes de G.Formont. Ils avaient créé un site sur lequel renvoie l’article de Libé : vécugiletjaune.fr. Je suis allée sur ce site : il y avait des enregistrements audio de ce qu’a pu dire en off ce jeune homme à propos de blessés et autres circonstances. C’était ma foi assez convaincant. Ce petit ange n’est pas l’ange décrit dans l’article de la veille. Loin de là. Ce site est désormais inopérant, mais renvoie tout de même sur le site que j’avais fini par remarquer en première publication du facebook "Vécu" : gilets-jaunes-militants.fr qui est un site absolument obscure et sentant l’extrême-droite à plein nez. Il donc disparu du facebook de G. Formont suite à leurs embrouilles.
A noter que c’est exactement le même jour que P. Ludosky et E. Drouet ont acté leurs divergences sans pour autant les expliquer à leurs fans. A noter également qu’il s’agit encore là d’embrouilles sur un nom internet "vécu gilets jaunes". Et qu’ils ont les mêmes façons de régler leurs comptes. Cela a certes un côté "télé-réalité" affligeant, style Loft Story : mais je crois que c’est tout bonnement volontaire de leurs parts. Histoires à rebondissements suivis par leurs gilets jaunes addicts. De surcroït, on ne peut pas dire qu’ils fassent une grande place à la solidarité entre compagnons de "lutte" : P. Ludosky casse on ne peut plus celui qu’elle déclarait comme ami sur le plateau de Médiapart, E. Drouet. Affirme avoir des choses à révéler sur lui ultérieurement. Et les anciens amis de G. Formont ont montré un visage disons assez détestable du jeune homme qui a réussi lui aussi à être médiatisé. Quelle clique ! quel cri du peuple. Quelle liberté guidant le peuple.
Non. Très mauvais article. Sur le confusionnisme, la première des exigences est d’être clair. Tout est mélangé, rien n’est expliqué, et c’est plein d’erreurs factuelles et conceptuelles. Une petite crotte quoi. Mais à quoi s’attendre d’autre de la part de Libération et des ses propriétaires ? ...
Et ce mec écrit comme d’autres se torchent. Pouvez vous expliquer cette phrase : "avec le référendum d’initiative citoyenne (RIC), Chouard prétend fournir un outil pour favoriser l’émancipation sociale mais participe simultanément à un phénomène antagoniste qui conduit à un glissement stratégique vers l’extrême droite confinant à la théorie du complot." On regrette Kanapa comme Torquemada de la bien pensance. Ca avait plus de gueule.
"On regrette Kanapa comme Torquemada de la bien pensance". Waouh, ça a de la gueule. Impressionnant.
Le journaliste de Libé écrit entièrement : "Là est le cœur du confusionnisme : avec le référendum d’initiative citoyenne (RIC), Chouard prétend fournir un outil pour favoriser l’émancipation sociale mais participe simultanément à un phénomène antagoniste qui conduit à un glissement stratégique vers l’extrême droite confinant à la théorie du complot. Dans ce cas, le confusionnisme serait, en quelque sorte, un conspirationnisme amélioré. Quand dans le conspirationnisme pur tout ou presque est inventé pour satisfaire la vision d’un monde fantasmé, le confusionnisme colle aux revendications démocratiques ultralégitimes et incontestables, citant à l’occasion les grands noms de la pensée."
Vous êtes pas mal dans le genre. Avec votre Kanapa, nous voilà donc en Corée du Nord et du Sud. Passionnant.
Kanapa. Fallait aller le chercher celui-là. Ce n’est certes pas un grand nom de la pensée. Vous êtes un invité régulier de la chaîne RT et compagnie ? Vous devriez, c’est votre place.
Non, nous sommes à Paris, à la fin de la guerre. Jean Kanapa, qui avait été l’élève de Sartre, et que Sartre avait même aidé matériellement, avait été désigné par le PCF, dont il était adhérent, pour pourfendre l’existentialisme dans la revue La nouvelle critique. Cela a valu des échanges mémorables de violence et de mauvaise foi entre le stalinien pur sucre qu’était Kanapa et l’auteur de l’Etre et le Néant.
Je ne vois pas le rapport avec RT.
En tout cas je constate que vous êtes incapable d’expliquer la phrase que j’ai citée. Donc vous passez à l’insulte. Tellement plus facile ...
Le journaliste explique que le RIC qui est un processus fondamentalement démocratique ne résout pas les inégalités sociales alors que Chouard le prétend. Et qu’ainsi, en utilisant ce RIC en prétendant qu’il résoudra les inégalités, il favorise les visées politiques et sociales de l’extrême-droite et tout particulièrement de celles qui entretiennent des théories du complot. Je vous accorde que sa phrase n’est pas forcément bien tournée, mais c’est ainsi que je le comprends. Je n’y suis pour rien si Libération est ce qu’il est aujourd’hui et si la presse en générale est ce qu’elle est. Si les préoccupations actuelles tournent autour de ce confusionnisme, complotisme, extremes-droites. Je suis dans ce temps là. Je ne l’ai pas choisi. Et d’ailleurs, très franchement, si je pouvais ne pas être là, ça m’arrangerait. Le mouvement gilet jaune est révélateur de bien des choses en effet. J’ai choisi de m’intéresser "un instant" à l’aspect de ce que ça fait lorsque des inconnus sortent de l’anonymat et deviennent des célébrités qui parlent au nom du peuple. Je fais ce que je peux, avec les outils, dont le journal Libération, qui sont à ma portée. Je comprends que ça ne vous convienne pas si vous êtes d’une époque où vous avez pu lire des échanges entre Sartre et ce Kanapa dans Libération qui devaient en effet être d’un autre niveau. Pour tout vous dire, ces mots "confusionnisme" "complotisme" m’emmerdent, mais je reconnais que je ne vois pas comment dénommer tout ce que pratiquent ce qu’on appelle la "fachosphère". Si confusion il y a, c’est qu’elle existe bel et bien. Et il n’y a certainement pas de meilleure époque que d’autres : je ne dis pas que j’aurais préféré vivre avant, ni après. Je dis juste, que j’essaye de faire avec "mon temps" et que je le trouve infâme. Bon, une fois qu’on a dit ça, ça ne fait pas avancer le schmilblick. Mais le mouvement gilet jaune ne m’incite pas à y voir plus clair et à voire une quelconque avancée en rien.
La seule chose qui m’a fait sourire, ce sont les petits avions en papier que Cyrano "vient " de mettre en image dans son nouvel article. C’est bien la première fois que je souris en regardant "quelque chose" des gilets jaunes.
Et je ne vous ai pas insulté.
"J’ai choisi de m’intéresser "un instant" à l’aspect de ce que ça fait lorsque des inconnus sortent de l’anonymat et deviennent des célébrités qui parlent au nom du peuple" . Et des pompes à essence.
Sur son twitter, P. Ludosky, hier (le 20 janvier 2019) introduit "La question du jour" de France Culture - Les leaders des gilets jaunes sont-ils réellement apolitiques ? (18/01/19) qui porte sur l’analyse de la Fondation Jean Jaurès- par cette phrase : " Militez mais ne vous montrez pas. Portez la parole, mais...."
Elle ne figure quasiment pas dans l’immersion numérique de la Fondation Jean Jaurès, sinon comme pétionnaire. Elle n’y est pas considérée comme leader. Incroyable. Et Aude Lancelin, dans le Média, se lançant dans la critique de l’immersion de la fondation Jean Jaurès pour voler au secours de M. Nicolle et E. Drouet (et bien sûr affirmer qu’il s’agit d’un coup minable du PS) , prétend que si elle n’y figure quasiment pas, c’est parce que c’est une femme et que l’auteur de cette immersion serait donc misogyne.
Médiapart, dans un de ses récents articles critique égalememt l’immersion de la Fondation Jean Jaurès, et affirme que le portrait qui y fait de P. Ludosky est celui d’une femme ordinairement de gauche. Non plus. C’est faux. Elle n’y fait l’objet d’aucune analyse, sinon le trajet de sa pétition. Mais à aucun moment l’auteur ne dit qu’elle est de gauche et ne le sous-entend même pas. Est-ce une façon pour Médiapart de se rassurer en espérant qu’ils avaient fait bel et bien venir une femme ordinairement de gauche et non portée sur l’extrême-droite comme ses (ex) accolyte(s) ?
P. Ludosky est épargnée par les enquêtes des médias et demeure en effet insituable : et la question, est pourquoi ? "Parce qu’elle milite mais ne se montre pas, porte la parole, mais.... " ? En tous cas, elle fait son petit bonhomme de chemin bien tranquillement. Aucune enquête n’est faite sur qui écrit leurs discours depuis le début du mouvement, qui les conseille, qui a travaillé sur ce qu’elle a présenté au Cese, qui est le noyau dont ils se sont entourés, etc... Les enquêtes ne sont ciblées que sur ceux qui sont visibles (et il ne fallait pas non plus être sorti de St Cyr pour constater que M. Nicolle et E. Drouet ont des penchants d’extrême-droite) dans les aspects de ce mouvement). Tandis que P. Ludosky représenterait la clarté par ses propos et ses démarches puisque personne ne s’attarde sur elle. Elle passe à travers toutes les mailles du filet. Alors qu’en plus, elle n’est pas porteuse des revendications sociales des gilets jaunes. Enfin, son groupe, son noyau inconnu, n’est pas porteur des revendications sociales des gilets jaunes. P. Ludosky toujours nimbée de mystère et à la parole toujours mystérieuse. Mais le but de ce mouvement étant qu’on y voit surtout absolument pas clair et qu’il n’y ai jamais de réponses , mais uniquement des questions, toujours des questions, rien que des questions, jamais de réponses, toujours du peut-être que. Tout étant basé sur cette stratégie, la question perpétuelle, le mystère perpétuel. Et s’affirmant comme transparent. Un comble....
En fait, la gestion de ce mouvement ressemble incroyablement à de la gestion d’entreprise, de la RH. Où des gens agissent ensemble sous couvert de démocratie, d’inédit, de nouveauté, de changements, d’autogestion, afin d’améliorer au sein de l’entreprise x la productivité, faisant passer à la trappe toutes revendications et améliorations sociales, (en se défaisant des corps intermédiaires ), en impliquant donc les salariés dans la refléxion du but à atteindre : la mobilisation de tous. Où on leur fait croire que c’est eux qui décident et qu’ils n’auraient donc pas de leader, puisque démocratie directe. Les personnes s’impliquent, tournent, tournent, tournent autour d’activités qui seraient donc les sources de l’amélioration, du but à atteindre. On demande à tous d’être consensuels. Surtout jamais de dissensus. Pour cela, perdre un peu de soi, de ses idées, et coller au format demandé. Imposé. Des questions, toujours des questions, sans réponses, tant qu’on a pas atteint le but. Et le but, comme il n’est pas atteignable et finalement pas clair, car caché, les salariés font et ce qu’ils font augmentent la productivité. Ils sont devenus esclaves de l’ignorance, de l’obscurité, de l’indéterminable. Mais performants sur la durée.
"En fait, la gestion de ce mouvement ressemble incroyablement à de la gestion d’entreprise, de la RH" Ou à une façon de conduire une secte. Au début du mouvement, P. Ludosky disait être "messagère". E. Chouard dans une de ses itw sur une chaîne d’internet d’il y a quelques années parle de "message" pour le RIC. Il parle même de contagion. "Nous essayons de porter le message, la contagion". Référence à ce qu’il appelle "ses gentils virus". C’est-à-dire des personnes qui le suivent et font de la propagande pour le RIC. Et si P. Ludosky venait de la secte Chouard ? si elle était depuis le départ "un gentil virus" ? Mais aucun rapport, à priori, avec le prix du carburant. En tous cas, la page la France en Colère annonce pour le jeudi 24 janvier, à Paris, une conférence-débat avec le grand gourou et "avec des acteurs des gilets jaunes" (sic). Organisée par "Le collectif des jardiniers de la constitution". P. Ludosky s’y joindra. "Suite à un tirage au sort pour écrire la constitution les personnes s’engagent à se rencontrer le temps d’un week-end à Paris, courant mars, pour commencer ce travail d’écriture de la constitution de notre 1ère démocratie et de le poursuivre sur une plateforme et le restituer 2 semaines plus tard."
Eh hop ! Emballé, c’est pesé. Tout le monde est d’accord avec eux, c’est bien connu. Merci grand Mahavischnu de la 1ere démocratie qui n’a jamais organisé aucun débat contradictoire avec personne sur son RIC depuis qu’il essaie de le propager et dans lequel il peut se contempler. Ca commence bien ! Aux Nuits debouts à Bourges, lorsqu’il a s’agit de faire la même blague citoyenne, ils étaient quatre autour d’une table de camping.
"Sur son twitter, P. Ludosky, hier (le 20 janvier 2019) introduit "La question du jour" de France Culture - Les leaders des gilets jaunes sont-ils réellement apolitiques ? (18/01/19) qui porte sur l’analyse de la Fondation Jean Jaurès- par cette phrase : " Militez mais ne vous montrez pas. Portez la parole, mais...."
Sans blaguer, ce twitt aujourd’hui a disparu de son twitter (c’était du 19 ou 20 janvier). Peut-être l’a t-elle retiré d’elle-même ou sur des conseils qui lui ont suggéré que ça pouvait semer...la confusion.
Par contre, elle twitt aujourd’hui à on ne sait qui : "moi d’extrême-droite". Un smiley se marrant. Puis ajoute : " c’est ma droite qui va t’être extrême". Un cours de démocratie directe ?
Sinon, ce que j’ignorais c’est qu’E. Chouard avait appelé à voter UPR aux présidentielles. Je ne saisis pas qui est E. Chouard pour appeler qui que ce soit à voter pour untel ou pour untel. Aux dernières nouvelles il est enseignant. Il n’est pas élu. Encore un cours de démocratie directe ?
Sur son site internet il avait relayé le discours au jeu de paume déclamée par la dame. Et il insistait pour qu’il soit relayé en intégralité avec des passages surlignés en jaune, car les médias ne l’avaient pas retranscrit intégralement selon lui. Très attentif Monsieur Chouard à ce texte qui pourtant n’avait rien à voir avec lui ? Ah, peut-être que si alors. Peut-être que oui. Peut-être que non. Mystère !
Pour le coup, c’est vous qu’on va taxer de complotisme. Une petite brochure bien faite sur le mouvement des gilets jaunes, par le collectif Lieux Communs. Voir : https://collectiflieuxcommuns.fr/IMG/pdf/brochgiletsjaunes24.pdf
Sur l’accusation, fondatrice chez epujsv d’être un mouvement d’extrême droite :
"Pourtant, rien ne permet de qualifier ainsi le mouvement des « gilets jaunes » : ni sa composition, ni ses slogans, ni ses symboles, ni ses pratiques, ni son histoire, ni ses revendications… Ni même les incidents exceptionnels et isolés, montés en épingle à dessein, ni la présence de quelques groupuscules, et pas plus le profil des « porteparole » éphémères et vaguement autoproclamés. Et encore moins leur sang-froid à peine croyable face aux agressions verbales et physiques des automobilistes, où les « minorités visibles » sont loin d’être absentes.
Par contre, il est évident que ce mouvement réintroduit massivement la question sociale et ses revendications de justice et d’égalité pour tous à l’intérieur d’un cadre national, compris comme seul espace existant où peut s’étayer aujourd’hui une solidarité effective, une souveraineté collective et une identité commune. Ces positions contrarient frontalement toutes les politiques menées depuis trente ou quarante ans, qui visaient à diviser les luttes sociales en conflits de corporations et de lobbies, et à scinder les populations en communautés mises en concurrence. Les « gilets jaunes » sont donc une critique implacable et en acte du modèle « multiculturel », c’est-à-dire de la gestion ethno-religieuse de la société qui s’est imposée sans jamais avoir été discutée. Ils annoncent la fin de la complaisance médiatique, politique, judiciaire, et du financement massif, sous couvert de « diversité », du séparatisme musulman, du racisme communautaire, de la délinquance et de la néo-immigration massive, qui poussait à tous les amalgames et à la partition du pays puisqu’en regard, la « France profonde » et populaire restait invisible, systématiquement qualifiée de « moisie », « nauséabonde », raciste, arriérée, homophobe, illettrée, etc. Elle prend la parole aujourd’hui."
Toute la brochure est intéressante, même ce qui est discutable.
Bémol : Y a quand même de drôle de gugus chez les gilets jaunes : https://www.huffingtonpost.fr/2019/01/18/un-combattant-du-donbass-dans-le-service-dordre-des-gilets-jaunes_a_23645055/
Pincettes,
Non, je n’accuse pas ce mouvement d’être entièrement d’extrêmes-droites, j’ai constaté (pas toute seule, mais à l’aide de médias) où elles apparaissent distinctement. Parfois oui, elles apparaissent distinctement, parfois non. Mais il y a parfois tout de même des signes reconnaissables. Je n’irai par exemple pas me promener dans ce collectif "lieux-communs" dont vous venez faire la publicité. Quelques lignes suffisent dans le sommaire du document que vous avez mis en lien. Et votre rhétorique. Situer de quelle extrême-droite il s’agit, alors là, j’en suis bien incapable.
Dire de quelqu’un, ou d’un groupe, qu’il est d’extrême-droite, ce n’est pas une accusation. C’est un constat basé sur les signes, codes, etc... qui appartiennent à l’idéologie de l’extrême-droite, ou des extrêmes-droites.
Et, bizarrement, l’extrême-droite n’assume pas d’être d’extrême-droite. Ou des extrêmes-droites n’assument pas d’être d’extrême-droite. Ou plus exactement ne se présentent pas comme étant d’extrême-droite.
Sur le mouvement des GJ (dont je partage certaines des revendications qui en émanent mais qui ne sont pas nouvelles) : avant que de me lancer à l’aveuglette dans une ou des manifestations, ronds-points, ... je cherche à comprendre par quoi est traversé ce mouvement et où sont les leaders. C’est la moindre des questions à se poser avant que de se lancer dans tout acte manifestant, revendicatif, etc... pour savoir comment on va se situer dedans si on décide d’y aller, ou pour savoir si on ne va pas y participer. Et jusque-là, avant les gilets jaunes, tout acte manifestant que j’ai connu de près ou de loin avait des leaders ou porte-paroles, organisations bien identifiées, car ils se sont toujours présentés. C’est quelque chose que j’apprécie. Je dois certainement être vieille France, ou de l’ancien monde, voire très conservateur, mais il me plait quand une organisation ou des personnes déclinent leurs appartenances politiques ou syndicales lorsqu’il s’agit d’inviter à participer à un mouvement social. Je trouve que c’est le minimum de la bienséance que l’on puisse faire. Et pareillement lorsqu’on m’annonce qu’on veut prendre le pouvoir, ou "me" représenter, j’aime bien savoir de quelle organisation il s’agit et de quelles personnes. Ca m’intéresse. C’est idiot, n’est-ce pas.
Sur P. Ludosky je ne fais qu’émettre des doutes. En effet, rien ne me permet de la situer à l’extrême-droite. Mais rien ne permet de la situer quelque part. Et à mon sens, c’est très embêtant, puisque cette personne est très présente en haut du mouvement. Comme je l’ai dit dans je ne sais quel message, elle est au moins à droite : parce que pour lire ce qu’elle a lu devant le jeu de paume, il faut être au moins située à droite. Un citoyen ordinaire de gauche et ordinairement de gauche, sans même avoir lu Marx dans le texte, n’aurait jamais accepté de lire un discours pareil. Et en plus au nom du peuple. Alors là, c’était quand même la meilleure. C’est de l’imposture. Au même titre que ses 2 comparses qui l’accompagnaient également ce jour là, devant le jeu de paume.
Ce qui fonde principalement le mouvement des GJ, c’est l’absence d’identités politiques clairement définies qui y est revendiquée. Certains prétendent que c’est justement l’absence d’identités politiques qui en fait tout son intérêt, son identité politique spécifique et son caractère progressiste voire révolutionnaire : ce serait alors le peuple. Or, le mouvement des GJ est très minoritaire par rapport au nombre de la population. Ce n’est pas le peuple. C’est un ensemble de personnes, de citoyens qui s’opposent au gouvernement de la façon, des façons, dont ils estiment que c’est jusque- là la meilleure façon, les meilleures façons de s’y opposer : sans étiquettes politiques, syndicales apparentes et cherchant le consensus à l’intérieur du mouvement pour ensuite, si j’ai bien compris, vouloir faire appliquer ses propres buts décidés consensuellement à l’intérieur du jaune à l’ensemble du peuple, et sans qu’il n’y ait de personnalités politiques particulières et clairement définies qui ressortent de ce processus : des monsieurs et madames tout le monde qui trouveront les solutions pour tout le monde. Dans toutes les matières. J’ai déjà entendu ça quelque part.
Lieux communs est un collectif libertaire. Des libertaires plutôt intelligents et cultivés. Espèce rare. Vous avez bien tort de ne pas vouloir lire leur travail, ils apportent des éléments de réponses aux questions que vous posez. En bonne stalinienne, continuez à trier vos lectures et vous sources, de façon à renforcer vos préjugés qui vous rassurent. L’important n’étant pas d’y voir clair, mais de continuer à dormir tranquille sur ses petites certitudes, n’est-ce pas ?
Oui, j’ai vu qu’il y a de la récupération "du" discours libertaire dedans. Mais il y a des éléments "d’analyses" très tordus dedans qui font que ce n’est crédible et que ça penche nettement vers l’ex. droite.
Alors, me taxer de stalinienne, c’est le sous-entendu que j’ai fini par comprendre tout au long de ces posts apparaissant sous les pseudos " pelle à tarte", "moule à gâteau", etc...Cuisine empoisonnée.
Nous nous inscrivons donc dans des siècles de luttes collectives qui ont secouées les sociétés mondiales et d’où proviennent nos libertés actuelles aujourd’hui menacées. Ce mouvement historique porte en lui la critique des pouvoirs, la liberté d’expression, l’égalité des droits : il a pour origine les villes européennes du XIIe siècles, a éclaté dans la Renaissance, fut incarné par les Lumières et la révolution française avant le mouvement ouvrier et ses conquêtes inestimables, s’est répandu par les conflits de décolonisation, et fut enfin mené à un point inégalé par les combats des femmes, des jeunes, des minorités et des écologistes.
https://collectiflieuxcommuns.fr/?Ce-que-nous-avons-a-dire
Vraiment d’extrême droite comme discours. Continuez dans votre délire et votre paranoïa à dire n’importe quoi. C’est le charme du web, les gens comme vous qui monopolisent les forums.
Concernant la manif du 12/01/19, lors des différents discours d’introduction devant le Chateau d’eau, il y a eu un discours local par un jeune homme glorifiant un instant l’histoire d’Avaricum : l’histoire des gaulois etc... et la prétendue identité d’origine des berruyers.. . Je me rappelle qu’il existait il y a quelques années un site internet nommé Avaricum porté par des Identitaires du coin. Voilà, j’avais oublié de préciser ça sur la manif à Bourges de la semaine dernière. Dans la série jaune "Nos amis les fafs".
Quant aux Gilets jaunes de Commercy, réputés Libertaires, je viens d’aller sur leur facebook : leur première publication renvoie sur une chaine appelée TV Gilets Jaunes. Et les principales vidéos qu’on peut voir sont des émissions de la chaine RT !
Gilets jaunes de Commercy encensés également par la gauche et l’extrême gauche. Pour leur démocratie directe. RT, la chaîne à Poutine, où se relaie le tout et le n’importe quoi en matière de désinformation. Peut-être pire que BFMTV.
Et aller, ça continue.... Je savais la gauche dans un mauvais état, mais à ce point là, je n’en avais pas conscience.
Au moins, le Mouvement des Gilets Jaunes m’aura permis une certaine clairevoyance. Heureusement je ne suis pas cardiaque, mais à ce train là, je vais le devenir.
epujsv, tout ce que vous écrivez sur les Gilets jaunes ne parle pas des Gilets jaunes.
Depuis le samedi 17 novembre, vous auriez pu pourtant y réfléchir, mais non : vous n’essayez de comprendre qu’avec les positions de leaders auto-proclamés ou en regardant internet. Et tout ça, mixé dans une moulinette complotiste. Laissez donc cette façon de faire aux bobos semi-paupérisés.
Quittez donc votre marquage à la culotte de "leaders", les articles de Médiapart ou autre, et venez aux manifs ?
Tout ce que vous avez écrit (et je n’en lis que des petits bouts, puisque vous restez sur les mêmes sujets) ne fait que reprendre la position des médias d’avant le 17 novembre - qui voyaient l’extrême-droite partout (y compris les gauchistes).
Heureusement, et c’est vraiment drôle ! (mais si vous allez rire) dans ce maelstrom de bêtises d’avant le 17 novembre, j’ai gardé un article. C’était quelques jours avant le 17, le 14 novembre 2018. C’est ce que j’avais lu de plus intelligent. Y’a aucun mot à changer. C’est là que vous allez rire : devinez dans quel journal c’était ?
Bonjour Cyrano,
je ne vois pas de l’extrême-droite partout. Je la vois là où elle est distingable et distinguée.
J’ai pris ce mouvement bien tard. Peu avant le 17 novembre, je n’étais absolument pas au courant qu’il allait y avoir quelque chose : comme quoi, je ne suis pas branchée sur les médias meanstream perpétuellement. Et encore moins sur facebook. Dans mon entourage proche, on me parlait de grève générale à partir du 17 novembre. Je ne comprenais strictement rien à ce qu’on me racontait. Peu après le 17 novembre, j’entendais parler de ces gilets jaunes, de ces ronds-points, etc.... Je n’en avais rien à faire.
Je ne me rappelle plus quand j’ai commencé à m’intéresser à la question. Courant décembre, vers la moitié, je crois. Et justement, je n’ai pas voulu gober ce qui était raconté dans les journaux écrits. (je ne regarde pas les infos télé). J’ai compris que ce mouvement fonctionnait par facebook, alors me voilà à la recherche de facebook publics, locaux, nationaux, pour lire ce que ces GJ avaient à raconter. Et google m’a très vite envoyée sur Fly Rider et La France en colère (!!!) et j’écoutais ces trentenaires faire leur live. Et lisait tout bien ce qui apparait en publications, les vidéos, les commentaires, etc... Alors d’un seul coup d’un seul, j’ai été projetée dans facebook (que je n’utilise pas habituellement) et dans ce monde giletjaunesque et bleublancrougesque, avec des Marianne qui pleurent ou les seins à l’air, etc, des bonnets frigiens, des gaulois, des gauloises (brunes aussi, ça fait tousser) etc.... Une sorte de plongée dans la 3e dimension. Le délire que ces publications facebook et tous ces facebook accessibles publiquement issus de gilets jaunes divers et variés.
Je ne sais pas si vous avez vu l’article du Berry d’aujourd’hui (en papier) qui explique les appels locaux pour ce week-end sur Blocage national du Cher : "nous n’appelons pas, c’en est d’autres qui appellent, mais on le dit quand même sans appeler, parce que les autres c’est pas nous, et puis eux c’est la france en colère du cher, non, le cher en colère, nous c’est blocage national du cher. C’est ce que je lis depuis le début où j’ai pris le mouvement en cours que ce soit localement ou dans d’autres facebooks. Je n’ai plus aucune motivation pour les cortèges syndicaux en rang serré, heures et dates fixes, etc.... Mais les labyrinthes des gilets jaunes ne m’inspirent pas plus. Désolée. Je n’accroche pas. Je dirais même que je décroche total. Et que je vais reprendre le cours d’avant les GJ. Quand il y aura un nouveau calendrier, faites-moi signe que je me mette à la page.
Alors, epujsv, vous êtes allée défiler avec les "foulards rouges" ?
Bonsoir Cyrano,
je viens ne pas vous parler des gilets jaunes, comme d’habitude. Vous savez, P. Ludosky et M. Nicolle. Comme promis j’ai décroché, mais même quand on décroche, eh bien, on ne sait par quelle force tellurique, le gilet jaune sort de la boîte à gants et vient vous raconter ce qui arrive à ses camarades. Alors comme ça, il y a eu "tentative d’assassinat politique" selon l’une (quand l’un d’entre eux a été atteint à l’oeil qu’il va perdre, le week-end dernier, mais ce n’est pas le premier) et selon l’autre, dans 2 semaines il demande "l’asile constitutionnel". Vous vous rappelez ce que j’écrivais fin décembre ?
"Ces obscurs leaders et initiateurs du mouvement calquent leurs méthodes sur des méthodes de toute organisation politique et syndicale lors d’un mouvement social dur. Et leur leader Eric Drouet a été arrêté à 2 reprises. Il sera jugé je ne sais plus quand : ils ont leur leader "injustement" arrêté et d’autres personnes inconnues qui font l’objet de poursuites judiciaires. Ainsi, ils peuvent se prétendre d’ une ligne d’opposants politiques et considérés comme tels par le gouvernement. C’est un récit qu’ils construisent. Une storytelling qui se raconte au fur et à mesure. Mais certainement pas improvisée. Elle veut faire croire à une situation d’urgence immédiate à se défendre. Ils crééent leur propre mythologie."
J’ai donc appris aussi qu’une partie du grand débat est organisée sur C8, chez Hanouna. Ca m’a fait repenser à quelque chose. Courant décembre (avant votre article), lors de ma plongée dans les ténèbres des gilets jaunes ("qui réfléchissent la nuit" ; elle n’est pas de moi), j’ai donc écouté 2 gilets jaunes locaux construire en live audio le site internet " le Cher en colère" (sur le facebook "Blocage national du Cher"). Parmi les quelques échanges retenus que j’ai cités approximativement plus haut (en décembre), il y eu aussi celui-là : l’un des 2 jeunes hommes mentionnait qu’il avait été contacté par Mounir Mahjoubi afin qu’ils restent en contact, à propos d’organisation de débats au niveau local. Je trouvais ça très curieux qu’un quidam du Cher soit contacté par M. Mahjoubi himself, Secrétaire d’État auprès du Ministère de l’Économie, du Ministère de l’Action publique et également chargé du numérique. Le jeune homme expliquera un peu plus tard dans leur conversation qu’il l’avait rencontré sur le plateau de C8. En effet, manifestement ce jeune est passé à la TV lui aussi lors des débuts du mouvement, et il explique que c’est là que M. Mahjoubi était venu le voir pour qu’ils restent en contact. Si j’ai bien compris, M. Mahjoubi ne passait pas à la télé, ne faisait pas partie de l’émission, mais attendaient les GJ qui passaient sur cette chaine dans l’émission d’Hanouna et les branchaient. C’est pour ça que je n’ai pas été étonné que le gouvernement fasse le show du grand débat chez Hanouna.
Vous voyez Cyrano, on parle bien de la même chose tous les deux, des gilets jaunes. Mais on n’a pas choisi les mêmes points de vues.
Ah, oh ben mince alors. J’apprends à l’instant qu’E. Drouet a trouve que le meilleur débat qu’il y ait eu, c’est celui de C8 :
" Le seul vrai débat qu’on a vu pour l’instant c’est ce qui s’est passé vendredi dernier sur C8 sur une chaîne privée. C’est pour l’instant, à notre avis le meilleur débat qu’il y a eu parce qu’il y avait la secrétaire d’État "
....
"il y avait des chefs d’entreprise, il y avait un peu de tous les corps de métier. C’est selon moi dans ce sens là qu’il faut faire les débats."
E. Drouet, n’est-ce pas celui qui appelait à la grève générale la semaine dernière ? pour le 5 février. E. Drouet, il est qui pour appeler à la grève générale ? il est syndicaliste ? ben non, puisque les gilets jaunes sont anti-syndicats. Ah ? tiens, un autre qui appelle à la grève générale. Un avocat cette fois. Un dénommé François Boulo, de Normandie. C’est qui, lui ? Un nouveau personnage en jaune fluo : "Est-ce que le président de la République a un cœur qui bat ? Des oreilles qui entendent notre détresse ? On ne peut pas gouverner contre le peuple. Il faut revenir aux urnes. Pour le contraindre, nous n’avons qu’une stratégie : la grève générale illimitée. " Voir Basta du 30 janvier.
Dans Le Media du 27 janvier, ce jeune avocat en droit du travail (que je découvre seulement et qui fait donc partie des coqueluches médiatiques des GJ), mandaté médias des GJ de Rouen, a lancé son appel à la grève générale illimitée à partir du 5. Il appelle (enfin, il dit "nous appelons" mais on ne sait pas de qui il parle au juste : des gilets jaunes de Rouen ?)les salariés, les intérimaires (ce ne serait pas des salariés alors ?) fonctionnaires, étudiants, lycéens, chômeurs, retraités, commerçants, agriculteurs, professions libérales, artistes, intellectuels et chefs d’entreprises à se mobiliser pour construire la grève générale et illimitée à compter du 5 février.
Des chefs d’entreprises en grève générale et illimitée ???? C’est la première fois de ma vie que je vois que des chefs d’entreprises sont appelés à se mettre en grève. Et d’autant plus à la grève générale et illimitée. Quelque chose m’échappe. J’ai dû rater un truc à un moment. J’avais cru comprendre qu’un chef d’entreprise n’est pas par définition salarié, donc qu’il n’est pas en grève, lorsqu’il cesse de travailler. Ce sont les salariés qui sont en grève envers un employeur. Et d’ailleurs, idem pour les professions libérales, les commerçants, les artisans : ces personnes sont à leur compte, et elles ne sont pas en grève lorsqu’elles arrêtent de travailler. Quant aux artistes et aux intellectuels, il peuvent très bien êtres des salariés ou à leurs comptes. Ils font soit partie des salariés, soit des professions libérales. Voire ils peuvent être chefs d’entreprises.
Cet appel est très curieux. Décidément, les Gilets jaunes plus ou moins connus sont des personnes insaisissables ainsi que leurs propos et discours. Ils ont vraiment l’art de tout mélanger.
Autre chose dans son discours : avant que de citer le nombre de blessés parmi les gilets jaunes (d’où sort-il ce chiffre, d’ailleurs ? qui est en mesure de dénombrer le nombre de gilets jaunes blessés gravement et "légèrement" aux cours des manifestations, il commence d’abord par donner le nombre de blessés dans la gendarmerie. D’où sort-il ce chiffre ? Il semble qu’il y ait une hiérarchie dans son discours même s’il parle bien des mutilations chez les manifestants. Il utilise beaucoup ce terme : "nos". Par exemple : "nos gendarmes".
Et il n’appelle que les français : "Nous appelons les citoyens français".
Par contre, il explique bien que l’initiative de cet appel au 5 février vient d’abord de la CGt (mais seulement pour une journée interprofessionnelle) et que de cette journée, il en appelle donc à la grève générale et illimitée. E. Drouet, lui, n’avait pas daigné indiquer que l’appel au 5 février vient d’abord de la CGT. Solidaires appelle également à cette journée et à débattre d’une grève générale reconductible. Et sauf erreur de ma part, les syndicats, quand bien même ils appellent à la grève générale (ce qui fait toujours un flop, le gouvernement peut être tranquille de ce côté là) ce n’est pour retourner aux urnes. Contrairement à l’appel de cet avocat , sortant de nulle part, à priori : mais on peut toujours se poser la question. Une fois de plus. C’est peut-être même recommandé.
Autre chose : il parle des services publics. Pour lui, il y en 4 seulement : la santé, l’éducation, la police, la justice.
Dans cet ordre hiérarchique.
Ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que la grève n’est pas affaire de statuts, mais signifie l’arrêt volontaire de travailler. Quiconque travaille peut faire grève, s’il arrête de travailler pour des motifs politiques ou sociaux (pas s’il arrête de bosser pour partir en vacances). Donc oui, les travailleurs indépendants, les petits patrons peuvent faire grève. Voilà. Vous venez de découvrir que le monde du travail est plus large que le monde des salariés. Si tous les salariés sont des travailleurs (enfin, en théorie), tous les travailleurs ne sont pas des salariés. Et c’est plutôt une bonne chose que les travailleurs salariés et les travailleurs non salariés se rencontrent, non ? Vous pensiez que le couvreur du coin, le chauffeur de taxi, le bistrotier à l’angle de la rue (s’il en reste ...), ou le transporteur à son compte étaient d’affreux capitalistes ? Même chez Lutte Ouvrière, on ne raisonne plus comme ça. ;-) Maintenant c’est vrai que cette classe sociale intermédiaire a eu plutôt tendance à identifier ses intérêts et ceux de la bourgeoisie. Mais avec le déclassement en cours, et le sentiment justifié qu’ils sont et resteront les grands perdants de la nouvelle partie qui se joue dans la mondialisation, ces alliances sont remises en cause. C’est l’un des enseignements du mouvement des gilets jaunes. Maintenant c’est aussi la petite bourgeoisie qui a été le fourrier du fascisme. Il faut le savoir aussi.
Une analyse marxiste "old school" sur un site mao où on ne lit pas que des sottises : la petite bourgeoisie et la crise générale du capitalisme. Mélenchon, Attac, les décroissants, les zadistes, les gilets jaunes ... and so on Tout le monde en prend pour son grade ! Trop drôle.
Bonjour Bombix,
"ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que la grève n’est pas affaire de statuts"
Exact : je ne le comprends pas. Selon moi la grève est un droit des salariés, et uniquement des salariés. Et uniquement un droit défini dans le code du travail et la Constitution.
Le chef d’entreprise, l’artisan, le commerçant, comme il n’a pas de patron, lorsqu’il s’arrête de travailler il n’utilise pas un droit. Il le décide, c’est tout. Il fait ce qu’il veut, et comme il veut. Oui, ce sont des capitalistes parce qu’ils détiennent le capital. Ou disons un capital. Après, c’est pas forcément un gros capital, certes. Mais ça peut en être un aussi. Un gros capital. Ou disons pas dégueulasse. Et, chefs d’entreprises, commerçants, artisans et salariés se rencontrent tous les jours. Les uns employant les autres.
" Maintenant c’est vrai que cette classe sociale intermédiaire a eu plutôt tendance à identifier ses intérêts et ceux de la bourgeoisie Et pour cause.
Mais avec le déclassement en cours, et le sentiment justifié qu’ils sont et resteront les grands perdants de la nouvelle partie qui se joue dans la mondialisation, ces alliances sont remises en cause. C’est l’un des enseignements du mouvement des gilets jaunes."
Je n’y crois pas. Si pour x raisons, ça allait à nouveau mieux pour eux, ces petits, moyens, moyens- gros patrons déclassés, l’alliance reprendrait bien. Et d’ailleurs je ne suis pas certaine que l’alliance soit rompue. Dans le mouvement des gilets jaunes et en dehors. C’est culturel. Et économique.
"Vous venez de découvrir que le monde du travail est plus large que le monde des salariés. et que" tous les travailleurs ne sont pas des salariés me prenez pas non plus pour la dernière des connes. Merci. Ce serait gentil. J’apprécierais. ;-)
"Vous pensiez que le couvreur du coin, le chauffeur de taxi, le bistrotier à l’angle de la rue (s’il en reste ...), ou le transporteur à son compte étaient d’affreux capitalistes ?" Oui, et je le pense toujours.
Je ne crois pas au roman que présentent le mouvement des GJ et ses thuriféraires.
Alors, à partir du 5 février, l’An 01 ?
Donc, à vous suivre un cadre sup qui émarge à 7 000 euros par mois n’est pas un capitaliste, parce qu’il est un salarié, et un travailleur indépendant qui se dégage à peine un SMIC est un capitaliste parce qu’il est ... indépendant justement ? Et ne parlons pas de certains paysans qui n’arrivent même pas à se dégager un SMIC. Ou de ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler en étant certains qu’à la fin du mois, ils n’auront pas gagné de l’argent, mais grignoté davantage le patrimoine qui leur reste (comme le personnage mis en scène par Michel Houellebecq dans son dernier roman. L’agriculture française faisant l’objet dit le romancier "d’un gigantesque plan social" qui ne dit pas son nom.)
Un capital, et le capital, ce n’est pas la même chose. A partir d’un certain seuil, il y a un saut qualitatif. Marx montre justement qu’on ne peut pas parler de capitalisme avant ce stade qu’il appelle "l’accumulation primitive" (qui se fait le plus souvent dans la violence, par l’expropriation des petits indépendants, justement, ou la prédation du bien commun, comme dans l’épisode des enclosures en Angleterre au XVIIème siècle. En Inde, on coupera les mains des tisserands pour que l’industrie de Sa Majesté n’ait plus de concurrents, etc.)
Les sommes en argent doivent atteindre une masse critique pour que la machine puisse se mettre en branle. Ce qui permet de différencier l’économie de marché du capitalisme. Il y a eu depuis des millénaires des marchands. Le capitalisme a trois siècles.
Bref, il faudrait sortir de l’ouvriérisme un peu limité dans lequel vous semblez vous enfermer. Macron est le fonctionnaire de sa Majesté le Capital. Le monde du travail, salarié ou indépendant, est en train d’en prendre conscience. C’est plutôt une bonne nouvelle.
La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes [ ...] Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés.
On dirait que ça a été écrit hier ...
"Donc, à vous suivre un cadre sup qui émarge à 7 000 euros par mois n’est pas un capitaliste, parce qu’il est un salarié, et un travailleur indépendant qui se dégage à peine un SMIC est un capitaliste parce qu’il est ... indépendant justement ? Et ne parlons pas de certains paysans qui n’arrivent même pas à se dégager un SMIC. Ou de ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler en étant certains qu’à la fin du mois, ils n’auront pas gagné de l’argent, mais grignoté davantage le patrimoine qui leur reste "
1) En effet, un salarié n’est pas un capitaliste de par le fait qu’il travaille pour quelqu’un qui détient un capital.
Mais, ce salarié qui émarge à 7000 euros par mois bénéficie des avantages du capitalisme de son entreprise, capitaliste. Il est content. Ensuite, il devient certainement un capitaliste parce que son salaire lui permet d’employer à son tour une femme de ménage, une nourrice, un jardinier, etc... parce que son fric il l’aura mis dans un porte-feuille d’actions. Et il enverra ses enfants dans une école capitaliste. Donc, oui, il est capitaliste de par sa situation sociale mais pas par sa situation de salarié. Il est éjectable à tout moment de sa boite capitaliste. Il est autant vulnérable qu’un prolo à ce niveau là. Il vend sa force de travail et quand le capital décide qu’il n’en a plus rien à foutre de la force de travail de ce salarié, il le jette comme une merde.
2) Pour ce qui est des professions libérales, agriculteurs, chefs d’entreprises, etc... dont vous expliquez les difficultés dont je suis bien consciente, rassurez-vous, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ils sont devenus aussi pauvres et qu’ils bossent pour des clous. Je ne suis pas dans leurs comptabilité, fiscalité, etc... Et je suis donc dans l’incapacité de comprendre la réalité (non de leurs existences difficiles et épuisantes) pratique et concrète qu’ils perdent des sous à travailler. Je n’y connais strictement rien en compta, bénéfices, TVa etc... Mais je les crois. Je ne doute pas de la sincérité des indépendants en difficultés, voire grandes difficultés. Mais oui, si, ce sont des capitalistes malgré tout. Des capitalistes pauvres. Appauvris pour des raisons que je ne saisis pas intellectuellement et comptablement et fiscalement.
A partir du 5 février, collectivisation des moyens de production et à bas la propriété, parce que c’est c’est le vol ?
Je viens de lire le lien que vous avez mis : eh bien, je crois bien que c’est complètement ce que je pense du mouvement des GJ et de ses encenseurs. En mieux dit. Mieux expliqué. Mieux conscientisé. Par contre, là, où je suis larguée, c’est sur leur "Démocratie populaire". Bon, ce sont des stals revendiqués. . C’est peut-être pas non plus le truc que je préfère dans la vie. Mais , oui, je suis d’accord avec eux pour leurs explications. Depuis le moment où je l’ai pris en cours, je perçois ce mouvement comme ça. Et ça me gonfle qu’on veuille "m" ’ imposer une vision sensationnelle du truc. Je me suis toujours demandée si ce qui m’agace le plus, c’est ce mouvement en lui-même, ou ceux qui ce sont raccrochés à la charrette et qui veulent faire passer des vessies pour des lanternes. syndicats, partis, mouvement, de gauche. Mais par contre, j’en tire des enseignements que je n’avais pas forcément vraiment compris avant ce mouvement. Je ne pensais pas, pour certains de ces syndicats, qu’ils pouvaient aller jusque-là dans l’opportunisme que décrit bien l’article des marxistes-maoistes-staliniens. Là aussi, c’est bien la façon dont je l’ai, je crois, comprise.
Et quel bourrage de crânes que développe ce mouvement dans son intérieur et en dehors de lui. C’est impressionnant. Je crois que de ma petite vie je n’ai jamais vu un mouvement social qui a engendré à gauche autant de recherche de martèlement visant à l’unanimité générale. Et selon laquelle toute opposition ou ne serait-ce que critiques à ce mouvement serait en conséquence du camp des réactionnaires.
Pour revenir sur le sujet du droit de grève (qui n’est pas une liberté, mais un droit constitutionnel et du code du travail qui permet aux salariés et uniquement aux salariés de ne plus vendre leur force de travail à leur chef d’entreprise à un moment donné) il est probable que je dramatise. Mais le fait qu’un quidam tel que cet avocat qui invoque et appelle à la grève les chefs d’entreprise, commerçants, etc.... -ce qui est un oxymore- pourrait permettre que le droit de grève perde de toute sa signification réelle à l’avantage du patronat. Bon, je ne suis vraiment pas une spécialiste des Constitutions et je connais à peine celle sous laquelle la Ve République est. Mais je me rappelle que Gérard Filoche avait bien expliqué il y a maintenant bien des années, et je ne sais plus à quelle occasion, le risque que cela représente quand le patronat s’empare de la Constitution, dans un pays, quel qu’il soit : et dès qu’il s’en empare, c’est qu’on est dans le fascisme. Et le texte de ce jeune avocat, me pose donc un problème dans la mesure où il dénature le droit de grève. Il est avocat du droit du travail. Pour qui ? pour les prolétaires ou pour les patrons ?
Bon, ce sont des stals revendiqués.
Euh, pas vraiment. Le qualificatif "stal" est péjoratif. Ce sont des maoïstes, — ce qu’il en reste. Ils ont un parti politique constitué. Ils ne doivent pas être très nombreux. Je consulte ce site assez régulièrement. J’ai l’impression qu’il n’y a qu’un seul rédacteur. Lorsqu’on a bien intégré d’où ils parlent, où d’où il parle, il y a souvent des interventions ou des analyses intéressantes. Toujours appuyées sur une culture historique indéniable. J’étais sûr que ça vous intéresserait. ;-) Bonne soirée.
"En tant que communistes disciples de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao Zedong, nous savons que le Mouvement Communiste International a développé la forme de la démocratie populaire comme période intermédiaire entre la phase de pourrissement du capitalisme avancé et le socialisme."
C’est eux qui le disent dans l’article que vous m’avez présenté.
Disciples de Mao et Staline, ça fait toujours froid dans le dos. Question pourrissement, ils sont également bien placés pour le savoir.
Comme c’est enthousiasmant à Bourges. Comme ça donne envie de se joindre au mouvement en se mettant en grève. On sent de suite la puissance qu’aura cette journée qui pour résumer aurait le sens de "ne plus perdre sa vie à ne pas la gagner".
CGT et FSU qui appellent à la grève, manif. Sans assemblée générale.
Gilets jaunes "Le Cher en colère" (qui je présume est le principal groupe de gilets jaunes sur Bourges) qui relaie l’appel de la CGT, en marchant sur des oeufs, ne voulant pas contrarier les antis-syndicats de leurs membres : " Il n’est pas question ici de vouloir rallier à tout prix le mouvement aux syndicats. Nous savons que certains veulent se joindre à eux pour de multiples raisons, donc nous relayons l’information pour ceux qui sont intéressés. Voici donc un rappel des lieux et horaires de rassemblement de la CGT le 5 Février "
Bientôt 4 mois de manifs et de soit disant horizontalité et expérimentations dans ce mouvement, pour un résultat pareil. Et des syndicats qui ne changent pas leurs bonnes vieilles habitudes. Que d’enseignements tirés de part et d’autre. Et quelles transparences de la part de chacun d’eux. Ils se sont rencontrés dernièrement, mais queudal. On ne sait pas ce qu’ils se sont racontés.
Aller, plutôt ne pas perdre ma journée à ne rien gagner et à avoir le sentiment d’être pris pour un imbécile de salarié de la part et des gilets jaunes et des syndicats. Le mélange des deux est explosif. En fait, je ne vois pas pourquoi les gilets jaunes sont anti-syndicats : ils sont pareils.
Les gilets jaunes de Bourges sont-ils principalement des petits entrepreneurs, commerçants, etc... ? On n’ en sait strictement rien. Ils ne disent rien sur la principale souche économique et sociale directrice de leur organisation
locale. Mais bon, vu leur facebook, leur site, il est disons très probable qu’il s’agisse principalement de petits commerçants, etc...
Quatre mois que ça ne ressort de nulle part sur la petite ville de Bourges : 4 mois qu’on ne sait pas qui sont ces personnes qui activent les gilets jaunes de Bourges. M’enfin, comment peut-on imaginer 2 secondes qu’un groupe qui se dit citoyen aussi obscur puisse donner envie à qui que ce soit de les retrouver. Quel est donc ce chantage suggéré : " si vous voulez savoir qui on est, venez nous voir sur notre terrain". Sur les facebooks "blocage national du cher" et maintenant celui de " le cher en colère" (qui manifestement prend le relai) il y a parfois des noms de personnes. Que je ne connais pas pour ma part. Et je ne les retiens pas car en soi, ça ne m’intéresse pas dans la mesure où je ne sais pas ce que font ces personnes et pourquoi ils font ce qu’ils font sur Bourges. Cette culture du secret est hallucinante. Inacceptable.
Le 5 février aurait pu permettre au cours d’une assemblée générale de gilets jaunes et de non gilets jaunes grèvistes qu’on se rencontre. Dans les manifs, on ne se rencontre pas. On défile, c’est tout. Une ag permet les discussions. Et de voir ce qu’on peut faire ensemble ou pas. Le choix a donc été fait par les gilets jaunes du Cher, de Bourges et les syndicats que l’on ne se rencontre pas. Eh bien, c’est qu’on ne devait pas se rencontrer depuis le départ. Alors pourquoi faire tout ce pataquès depuis 4 mois ? L’initiative de l’AG aurait pu être lancée par les gilets jaunes du Cher, ou de Bourges. Se réclamant indépendants des syndicats, ils auraient pu le faire. Mais non. Donc, c’est qu’ils n’y ont pas leurs intérêts. Quels sont donc leurs intérêts ? Qui sont-ils ?
Des intérêts de boutiquiers. Ce qui les rapproche des centrales syndicales. Le 5 février, les salariés sont donc invités à leur mariage. Mais juste au vin d’honneur.
Ah. J’avais râté un truc sur le site internet de "Le Cher en colère" : ils expliquent plus ou moins leur rencontre avec la CGT et la FSU le 1 février. Extrait :
"Au-delà de cet appel nous avons pu échanger sur le mouvement des gilets jaunes, puisque à l’énoncé des revendications, nous reconnaissions également les nôtres.
Autre sujet commun, les assemblées citoyennes, pour eux, comme pour nous, la clef du problème peut se trouver au sein de celles-ci."
Voilà. C’est la clef. En effet, ça doit ouvrir des portes, une sorte de passe général pour des personnes précises ouvrant sur des lieux précis mais totalement inconnus des non-"initiés". Peut-être bien les municipales, tiens.
Aller, au revoir gilets jaunes de bourges, du cher, de la colère, très grooooossssse colère, en détresse, vraiment en détresse, pauvres comme Job. Et au revoir syndicats de Bourges et du Cher.
"La citoyenneté, c’est la consécration de l’homme abstrait, notion en totale adéquation avec l’abstraction qu’est la valeur d’échange. Le citoyen se réduit à l’homme séparé de lui-même et des autres humains dans un monde où, de façon générale, la séparation atteint des sommets jamais égalés ; et la politique, telle qu’elle s’est constituée au cours de la Révolution française par et pour la bourgeoisie, avec ses spécialistes, acte cette séparation, celle-ci ne devant se parachever que plus tard. Réduire les luttes au politique comme le fait Schoeller, et la gauche du capital avec ses initiatives telles que Nuit Debout, consiste à ramener les luttes dont les causes s’ancrent dans la réalité matérielle et dans la conscience de ce réel, à de l’abstrait. Leur but est d’étouffer les colères suscitées par des conditions d’existence insupportables, de casser toute velléité de révolte de la part des exploités pour mieux les encadrer. Ainsi, le citoyen a remplacé le « prolétaire », exit la lutte des classes."
Un peuple et son roi Un déni de la lutte de classe
Quant à François Boulo, l’avocat de Rouen, qui appelle à la grève générale illimitée pour retourner aux urnes, c’est un sympathisant de France Insoumise. Voir le twitter du journaliste Vincent Glad. Ce qui n’a rien d’étonnant.
Du Cher en Colère, aujourd’hui :
"Appel aux citoyens avec ou sans gilet jaune du Cher pour la grève générale du 05/02/2019 rdv place seraucourt à 9h45.Comme chacun le sait, la CGT et la FSU organisent également un rassemblement au même endroit, lors de la marche nous nous trouverons en queue de cortège."
La marche funèbre ? la marche militaire ? la marche des rois mages ? ....
Donc en fait, quand on est citoyen, on marche. Et quand on est salariés en grève on manifeste. Quand on est gilets jaunes on est citoyens, donc on marche, en queue de cortège de la manifestation. Pour marcher, mais pas manifester. Ca doit pas être tous les jours facile d’être gilets jaunes et salariés. Hop, je suis là... Hop maintenant je suis là. Là je marche, là je manifeste. Pas pareil . Et si je me divisais en 2 ? alors, où en suis-je ? que suis-je ? pourquoi-je ? j’avais commencé un truc, et puis j’ai oublié. Que devins-je ? erre-je ? tourne-je ? saute-je ? que revendique-je ? qu’appelle-je ? où suis-je ?
Hier, je n’avais pas percuté la formulation de la phrase : "Appel aux citoyens etc..." En dehors du fait que les GJ de Bourges appellent désormais une manifestation, une marche. Est-ce finalement en rapport avec la loi liberticide sur le droit de manifester ? Question.
Mais ce que je n’avais pas compris dans leur formulation, c’est qu’en fait, ils disaient que eux aussi, organisaient aujourd’hui au même endroit, même heure que les syndicats un rassemblement. Je crois que je n’aurais jamais pensé à ça. Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse tourner les choses de cette façon qui veut signifier que comme par le plus grand des hasards, les gilets jaunes de Bourges appelaient place Séraucourt et que oh là là, les syndicats aussi. Fichtre, quelle surprise ! quel heureux hasard. Alors,tiens, si on faisait un truc ensemble. Oh ! puis c’est marrant, c’est la même date. Le 5 février. Ou, plus sérieusement, signifier un rapport de force envers les syndicats. Qui finalement n’a pas pris puisque de toutes façons ce sont les syndicats qui sont à l’origine de l’appel du 5 février. Et je voudrais pas dire, mais bon, la place Séraucourt c’st un petit peu depuis toujours que c’est le lieu de départ d’une manif syndicale. Et puis je réalise aussi, qu’ils appelaient des citoyens à la grève générale. On appelle pas des citoyens à la grève générale. Le droit de grève est fondé sur des préavis de grève que seuls des syndicats ou des salariés peuvent déposer avec revendications. Mais personne n’a le droit en tant que citoyen d’appeler d’autres citoyens à la grève. Quelle soit générale ou non.
Alors moi, mon inquiétude persistante envers les gilets jaunes, c’est qu’à force de tout tordre, où nous emmènent-ils tous ? Le début du mouvement des gilets jaunes a donc consisté à organiser des manifestations non déclarées, etc.... Où en sommes nous ? Une loi de plus liberticide envers les manifestations, manifestants, citoyens, luttes sociales. Alors évidemment on va me traiter de pauvre réac qui ne comprend rien à rien. Que la loi, c’est Castaner qui l’a voulue etc... Certes. Mais malgré tout, peut-être faudrait-il réfléchir, revenir sur ce qui a fini par provoquer cette loi. Qui d’ailleurs ne doit pas du tout contrarier le gouvernement que de la promulguer. Et est-ce réellement au nom d’une lutte sociale que les gilets jaunes n’ont pas respecté la liberté de manifester ? non. Ils n’ont jamais prononcé le mot de "lutte sociale". C’est citoyen..... Pour un RIC. Tout ça pour un RIC...et pour la démission de Macron.
Sur le droit de grève, idem. Maintenant, les GJ décrètent qu’ils appellent à la grève des citoyens. Ca veut dire quoi citoyens ? Ca veut dire rien dans le cadre du droit du travail. C’est le néant. Comme je le rappelais plus haut en échangeant avec Bombix qui se moquait de moi parce que je m’interrogeais sur le fait que l’avocat de Rouen appelle des chefs d’entreprise à la grève (générale et illimitée), merde alors, ce putain de droit de grève, il signifie quelque chose de réel et très important : c’est le fait que le salarié est un subordonné de l’employeur, donc du chef d’entreprise. Et qu’il lui vend sa force de travail. Et qu’à un moment, il peut arrêter de la lui vendre momentanément en se mettant en grève. Mais en aucun cas, un chef d’entreprise n’est en grève. Puisqu’il possède l’outil de production. Enfin, zut, c’est quand même le B.A BA, du rapport salariat/patronat. (et non ouvrièriste). Alors, qu’est-ce que c’est que ces citoyens jaunes qui appellent d’autres citoyens à la grève ? qu’est-ce qu’ils veulent ? qu’est-ce qu’ils cherchent à déformer dans le droit de grève et son sens essentiel ? qu’est ce qu’ils voudraient qu’on ait encore moins droit ? qui sont-ils ? sans déconner, c’est qui tous ces GJ ? de quoi s’inspirent-ils ? où vont-ils chercher toutes ces déformations de ce qui est ? pour les transcender en quelque chose qui n’existe pas et qui nous retombe tous sur la gueule ?
C’est incroyable. Les éléments de langage des GJ sont hallucinants. En fait, quand il y a une table, pour eux ce n’est pas une table. C’est certainement une planche avec 4 pieds Et encore. Je n’en suis pas certaine. Mais il n’y a pas qu’à Bourges qu’ils ont des des éléments de langages similaires. Sur Toulouse aussi. Sur le facebook, il y a des phrases types et quasi systématiques dès qu’ils relaient l’info d’une manifestation en dehors de la leur : "
"(nous ne sommes pas organisateurs, nous relayons l’appel de citoyens, ceci n’est pas une incitation à y participer. Aucun appel à la haine ni à la violence dans nos communiqués)" Et encore aujourd’hui, pour un blocage de rond-point : "‼️Blocage des camions péage de Toulouse Nord‼️ NB : Nous ne sommes pas organisateurs, nous relayons l’appel de citoyens. Ceci n’est pas une incitation à y participer. Aucun appel à la violence ni à la haine dans nos communiqués."
Et puis, ceux de Commercy - qui commencent à être autant connus que M. Nicolle, Drouet, etc.... et qui représenteraient la face gauche des GJ de par leurs assemblées populaires exemplaires, (au même titre que Toulouse et Marseille représenteraient la face gauche des GJ), suite leur appel à l’assemblée des assemblée- disaient dernièrement sur une des émissions d’Aude Lancelin qu’ils ne font jamais de politique. En balayant la question d’un revers de la main et comme si la question était saugrenue.
Bref, tout ça pour dire que le langage des gilets jaunes et leurs modes de représentations ne serait-ce que de l’évidence est toujours décalée. Toujours transformée. Ce doit être très difficile de discuter avec quelqu’un qui porte un gilet jaune. Je pense que j’aurais l’impression de parler avec quelqu’un qui est sous effet d’une secte.
Où on appelle plus un chat un chat. Sauf quand ça les arrange, ils reviennent à certaines réalités. Mais en transforment une autre immédiatement. Par exemple, au début du mouvement on parlait de blocage, mais ça voulait juste dire "blocage des ronds-points". Puis ils ont parlé de blocage de l’économie. Mais sans faire grève. Parce que le mot était banni. Grève était bannie de l’idéologie des GJ. Ca faisait trop rouge, trop à gauche, trop syndicats. Ils ont fini par adopter l’idée (3 mois quand même....) mais ils ne peuvent pas s’empêcher de transformer ce que ça signifie réellement, concrètement, légalement, historiquement, socialement, politiquement.
Ce sont de drôles de citoyens que ces GJ. Et ils se renferment sur eux mêmes. C’est un cercle dans lequel on ne rentre pas comme ça, et avec qui on échange pas comme ça. C’est opaque. C’est comme une nouvelle mouvance politique à laquelle il faut adhérer si on veut participer. Maintenant, dans la population, il faut compter avec une nouvelle sorte de personnes : les Gilets Jaunes. C’est hallucinant quand on y pense non ? on ne sait toujours pas ce que c’est. Une structure ? Ca y ressemble de plus en plus. Puisque pour revenir à leur phrase d’introduction à la journée d’aujourd’hui à Bourges, ils venaient eux aussi place Séraucourt en tant que structure autonome et appelante par rapport à l’appel à la grève d’aujourd’hui. Voire concurrente des syndicats. Je n’avais pas saisi la portée de leur phrase et la portée de leur appel à la grève d’aujourd’hui vis-à-vis des syndicats. Du syndicalisme. Je crois que je viens de comprendre un peu. Le Berry d’aujourd’hui, cite un GJ du Cher : " On est venu parce que finalement, nous partageons les mêmes revendications. Mais nous sommes derrière parce que la mentalité est un peu différente, chez les "gilets jaunes" et chez les syndicats. »
Mentalité un peu différente ? Est-ce vraiment uniquement de mentalité dont il veut parler. Mais peut-être que chez les GJ on dit "mentalité" à la place du mot "idées". ? ou peut-être à la place du mot "histoire". Ou à la place du mot " pratique ?" "méthode ?" "obligations" ? "réalités" ?
Et pour revenir à des chefs d’entreprises, artisans, commerçants, professions libérales, etc...qui sont dans la panade financière et qui peinent à joindre les deux bouts à cause du capital et de la répartition des richesses ; après tout, eux aussi ont des syndicats : le Medef, la CPME, syndicats des artisans, etc... Pourquoi donc un petit avocat de Normandie, quand bien même il porte un gilet jaune, se substiturait-il à ces structures censées défendre ceux qu’ils représentent. D’ailleurs Maxime Nicolle, dans cette même émission du Média, avec Aude Lancelin et les GJ de Commercy, tenait vraiment à rappeler que le mouvement des GJ n’est surtout pas ouvrier, parce que tout de même, il y a des chefs d’entreprises dedans. Faudrait quand même pas tout mélanger !
Ensuite, à l’intérieur des GJ il y a peut-être une autre réalité : hormis les leaders qui ne leur racontent que des conneries, il y a certainement des gens salariés, des petits salariés, des employés, des ouvriers, des techniciens, dans des toutes petites structures de travail, qui n’ont aucune connaissance de leurs droits. Qui n’ont aucune connaissance de ce qu’est la base salariat/patronat. Sauf en la vivant tous les jours. Bien sûr. Il ne s’agit pas du tout de les prendre pour des ignares, mais ça c’est une réalité, je présume. Du coup, ces personnes, comme toutes personnes qui n’est pas instruite sur ses droits, etc...pensent comme leur patron. Elles n’ont qu’une culture patronale et pas de salarié. Parce qu’elles n’ont que ça comme modèles. Rien ne vient faire "barrage" entre elles et leurs patrons. Qui quand bien même ce ne serait pass un Thénardier, pense comme un patron. Et donc emploie comme un patron. Sans garde-fous. Sans syndicats. Ils ont bien des défauts les syndicats, mais on n’est bien contents de les trouver parfois. Et j’imagine qu’à l’intérieur des GJ, au lieu de les faire déambuler tous les samedis pour la démission de Macron, ce qui serait plus intéressant pour eux, c’est d’avoir connaissances de leur droits en tant que salariés dans telle petite structure. Ou que les syndicats, développent des droits que des salariés n’ont pas, parce qu’ils sont dans des toutes petites entreprises. Ou des droits qu’ils ne connaissent pas. Bref, en fait, des "choses" qui net font pas de bruit.
Dans les rares témoignages de travailleurs gilets jaunes que j’ai vu à la TV qui décrivaient leurs situation difficiles, je n’ai jamais entendu aucune plainte sur un employeur quelconque. C’est curieux, parce que dans la vraie vie, oui, il y a Macron, Castaner, etc... et tous ceux qui les ont précédés et ceux qui leur succéderont,, mais les conflits sociaux principaux des salariés sont en général avec l’employeur, ou les employeurs. Durant le mouvement des GJ, on n’entend absolument plus parler de conflits sociaux au sein d’entreprises. Déjà, qu’on en entendait peu parler médiatiquement.... On n’entend plus parler de chômage, de licenciements. D’ailleurs ça ne fait curieusement par partie des revendications des GJ. C’est très bizarre. On nous dit qu’il y a des chômeurs dans les GJ mais il n’y aucune revendication pour l’abolition du chômage. Ou disons pour la création d’emplois. Et pour arrêter les licenciements économiques.
En fait, le mouvement des GJ a comme un côté adoucissant entre salariés, chômeurs et patronat. Comme s’il y avait une égalité entre le patronat et les salariés et chômeurs. Que la seule inégalité résiderait entre Macron, les institutions et "le peuple". C’est quand même bien pour ça que ça a quelque chose d’extrême-droite ce mouvement. Non ?
Et cet avocat (qui like France Insoumise dans son facebook) quand il appelle à la grève les chefs d’entreprises et les salariés, il créé l’idée d’égalité entre les salariés et les chefs d’entreprises. Ce qui est une idée d’extrême-droite. FI a t-elle réussi elle aussi à annihiler totalement dans ses programmes que je n’ai pas lus, l’inégalité qu’il y a de fait entre le salariat et le patronat. Et aurait réussi la prouesse à prétendre à leur égalité. Probable.
En fait, en France, on ne pense que GJ, on n’arrête pas de nous rebattre les oreilles avec ça, ils font du bruit, c’est ce qu’ils veulent, qu’on ne parle que d’eux, toujours eux, tout est centré sur eux, tous les week-ends. . Je présume que la grève d’aujourd’hui a fait beaucoup moins de bruit, que tout le monde s’en fout.
Bon, comme d’habitude. Mais quand bien même les GJ subissent une violence policière extrême, représentent en effet une colère, des inégalités, etc... sans vouloir nier leur importance, les raisons qui sont comme on dit "légitimes", sans même parler de récupération par l’extrême-droite, ou de manipulation par l’extrême-droite, il y a intrinsèquement à ce mouvement, quelque chose d’extrême-droite. Comme si au fond il n’avait effectivement pas besoin d’elle (s) pour en être une émanation.
La page facebook "Le Cher en colère" a changé d’avis : elle n’est plus publique, il faut être inscrit sur facebook pour pouvoir la consulter. La dernière fois que je l’ai consultée, hier après-midi, elle annonçait avoir atteint son objectif : l’organisation d’une assemblée citoyenne, je ne sais plus où dans le Cher, et je ne sais plus quand. Il faut croire que cet objectif atteint, cela méritait que la page ne fonctionne plus qu’à l’intérieur de facebook.
Quel rapport ? aucune idée. C’est de la logistique.
Et François Boulo, le likeur FI, avocat du droit du travail, mandaté médias des GJ de Rouen qui accordait hier une interview à Sputnik news, un des rendez-vous préférés des fafs, pour affirmer que " Les gilets jaunes construisent les conditions de la grève générale".
Et Maxime Nicolle qui est allé en Italie ces derniers jours, qui appelait aujourd’hui à rejoindre "le peuple italien".
Et le problème, c’est qu’on s’habitue depuis 3 mois à ce genre d’ambiguités. Le mouvement gilet jaune, à l’aide de la gauche syndicale et de partis, mouvements, matraque ce genre de positions tranquillement sans que personne ne semble trouver à y redire. Or, l’annonce d’une construction de la grève générale sur sputnik news, cela a un sens. C’est un choix de la part de ce François Boulo que d’être allé sur cette chaîne : "Je vais sur une chaîne d’infos d’extrême-droite pour annoncer que les GJ construisent la grève générale".
Ce n’est peut-être pas vrai. L’ensemble des GJ ne construit peut-être pas la grève générale. Mais ce GJ n’hésite pas à cultiver l’ambiguité de cette position que d’aller le dire sur une chaine d’extrême-droite. La grève générale est communément plutôt vue comme une idée de gauche, socialiste. Et l’extrême-droite contre. Mais qui sait ? En tous cas, ce GJ, souhaite montrer qu’il est tout à fait possible d’annoncer la construction d’une grève générale sur un site d’information d’extrême-droite. Sans que cela ne suscite aucune réaction. Et ce sont même des militants de gauche qui relaient cette information. Je l’ai trouvée dans un forum des blogs de Médiapart. Le militant de gauche est tout à fait satisfait de la prestation de F. Boulo sur Sputnik news. Génialissime. Bravissimo !
Ce François Boulo me rappelle quelque chose d’assez récent au moment de la loi travail. Dans ses éléments de langages. Donc, j’y reviens : il appelle donc chef d’entreprises et salariés à la grève générale illimitée. Plus haut, j’ai donc "expliqué" (alors que c’est une évidence) que les chefs d’entreprise n’ont rien à voir par définition avec le fait d’être grèvistes. Le 9 mars 2016, lorsque des syndicalistes appelaient à des rassemblements, voire grève générale, (je ne me rappelle plus) contre la loi travail, Marine Le Pen qui n’appelaient certes pas à la grève générale avait appelé " chefs d’entreprises et salariés sur l’urgence absolue de défaire le carcan destructeur de l’Union européenne ".
Par contre, un mouvement d’extrême-droite confusionniste qui n’a pas fait long feu, mais qui s’est certainement recyclé, le Mouvement du 14 juillet (qui appelait à un putch le 14 juillet 2015) appelait à la grève générale durant le mouvement social contre la loi El Khomri. C’est dans cet article d’un site qui s’appelle " Socialisme libertaire", sous une photo de ce groupuscule : " Saurez-vous les reconnaître ? « Grève générale », A cerclé… Et pourtant : derrière la banderole orange, les guignols du Mouvement du 14 Juillet et la petite bande de Bohort Mignolet, alias Bohort le Belge."
Alors François Boulo n’est certainement pas de ce groupuscule mort, et Marine Le Pen n’appelle pas à la grève générale dans le contexte actuel. Mais comme quoi, le confusionnisme, l’extrême-droite peut très bien se lancer dans des appels à la grève générale : j’ai cherché si historiquement cela s’est déjà produit, je n’ai pas trouvé. Mais cela ne veut rien dire. Et quand bien même ce ne se serait jamais produit historiquement, l’extrême-droite a évolué ces derniers temps vers des pratiques appartenant jusque-là à la gauche. De plus ce Monsieur Boulo va clamer son appel sur des chaines complotistes, extrêmes-droitières telles que Sputnik et RT. Et Il like la FI sur Facebook.
L’idée de grève générale est normalement pré-révolutionnaire socialiste : c’est théoriquement une des phases préalables et nécessaires à la prise du pouvoir par les travailleurs ayant renversé le capitalisme et les institutions bourgeoises et sociales démocrates. Ce Monsieur Boulo n’a rien d’un socialiste pure jus. Et son appel à la grève générale illimitée est dans le but de retourner aux urnes directement. Quand bien même il like FI, ce qui ne mange pas de pain, son souhait réel est-il que ce soit FI qui sortirait victorieuse de sa grève générale ou Marine Le Pen ? Ou n’importe qui pourvu que Macron dégage. Et construire la grève générale avec n’importe qui ne semble pas l’embarrasser. Pas plus que des militants de gauche ne semblent pas embarrassés d’appeler à la grève générale avec n’importe qui. Et pas plus embarrassés par le fait que le terme de grève générale ne soit galvaudé. Enfin, ce n’est pas qu’un terme, c’est un sens concret et historiquement à gauche. Quels résultats et quelles conséquences quand des contre-révolutionnaires s’en emparent ? Aucune idée. Sinon, la fuite de la grève générale par des personnes telles que moi (dont tout le monde se fout je suis bien d’accord) , qui l’ont pourtant scandée et voulue dans des manifs et grèves passées. Mais jamais je ne rejoindrai un mouvement syndical appelant à la grève générale qui lui même rejoindrait un mouvement "citoyen" qui appelle à la grève générale chefs d’entreprises, salariés et fonctionnaires. Un mouvement syndical qui rejoindrait donc un mouvement réactionnaire. Quand bien même ce mouvement syndical serait issu de la base syndicale et non de la bureaucratie. C’est une réflexion autour de ce qui se passe actuellement, et de mon "moi" on s’en fout complètement en soi. Bien évidemment. Alors même si cet appel à la grève générale ne prend pas au final, c’est malgré tout, un symptôme politique du présent.
Les gilets jaunes ont un système langagier très particulier : il nivelle tout. Tout est égal à tout. Alors qu’ils se battent contre des inégalités. Je viens de voir que le facebook "Le Cher en Colère" vient de réapparaître en page publique. Avec une 1ere publication qui dit que désormais : "Afin que les choses ne dégénèrent plus, nous avons modifié les conditions de cette page : Tout propos à caractère raciste, homophobe, ou haineux se verra supprimé. Il en va de même pour les attaques personnelles, elles seront supprimées avec un rappel à l’ordre qui, s’il ne suffit pas, se terminera par un ban de la page. N’y voyez pas là de la censure, seulement une règle de base afin que les discussions soient constructives et respectueuses. Nos avis peuvent être différents mais doivent inciter à la discussion et non à la violence." J’ignore les propos racistes, homophobes, haineux qu’il y a pu avoir sur cette page, mais il leur a quand même fallu 3 mois pour instaurer cette règle. Ce qui signifie qu’ils ont accepté avant. Et ils précisent, pour qui ne l’aurait pas compris, que ce n’est pas de la censure. Cela fait même l’objet de lois. Mais ils ne le précisent pas. Trois mois pour aboutir au fait qu’interdire les propos racistes, homophobes, haineux, ce n’est pas de la censure. Ce qui signifie qu’il y avait une base de départ du mouvement qui acceptait. Oui, ça s’est vu, puisqu’ils n’ont jamais condamné les manifestations racistes qui se sont déroulés au sein de leur mouvement. Un des exemples des processus langagiers, donc concepteurs, de tout niveler, de rendre toute chose égale. Mais au moins, sur ce point, ils ont avancé. Seulement, ils ont avancé sur un point qui est socialement et juridiquement existant depuis longtemps. Donc ces citoyens avaient du retard sur ce qui constitue la citoyenneté depuis longtemps. Des citoyens rétrogradant la citoyenneté.
Et les idéologies d’extrêmes-droites ne sont pas nécessairement uniquement fondée sur le racisme, la xénophobie, l’homophobie. L’extrême-droite a plus d’un tour dans son sac.
" Donc ces citoyens avaient du retard sur ce qui constitue la citoyenneté depuis longtemps. Des citoyens rétrogradant la citoyenneté." Que la gauche s’emploie, s’obstine à présenter en globalité, en toute mauvaise foi, comme une avant-garde.
Sur la publication du Cher en colère quant à sa prise de position (enfin !) sur le racisme, la xénophobie, l’homophobie, il n’y a pas l’antisémitisme. Attention, loin de moi l’idée de dire que le Cher en colère est antisémite. Je suppose qu’ils intègrent l’antisémitisme au racisme en général. Mais l’antisémitisme a une histoire particulière. De plus, lorsque tous les gilets jaunes sont venus à Bourges lors de l’acte je ne sais plus combien, il y avait une bannière officiellement gilets jaunes devant le Château d’eau : « République française et Rothschild Family » Personne n’avait relevé officiellement à Bourges. Ni le Berry Républicain, ni l’Agitateur (qui ne l’avait certainement pas vue), ni les hommes et femmes politiques locaux, partis, mouvements, associations, et ni les Gilets jaunes d’ici ou d’ailleurs qui sont venus. Rien sur cette bannière, qui était en devanture du point d’accueil et de discours des GJ. Le silence radio.
L’auteur d’unblog de Médiapart revient ce jour sur l’antisémitisme et les gilets jaunes, la gauche, sans affirmer qu’ils le sont intégralement. Bourges y est évoqué.
Ah, ok : le texte de la publication du Cher en colère bannissant sexisme, homophobie, racisme vient très probablement desGJ de Commercy. Lors de la rencontre des Assemblées.
Aujourd’hui y’avait manif à Chateauroux....Y’a même des Lefebvristes gilets jaunes !
Voir l’article de la Nouvelle République du 02/02/2019.
"Sur le mail Saint-Gildas, plusieurs orateurs se succèdent au micro. Vers 13 h, un prêtre en soutane, se revendiquant du mouvement intégriste catholique lefebvriste, a pris la parole. "Je suis le représentant de Dieu, c’est surtout l’amour qui manque à notre société", a-t-il déclaré. C’est alors qu’une épaisse fumée est subitement sortie de la sono. Un signe ? Non, un faux contact rapidement réparé." + photo de la soutane phosphorescente.
C’est greffe générale.
