Le murmure des arbres
Le 9 novembre, nous fêtions les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Ceux qui ont vécu cette chute se souviennent certainement du sentiment de soulagement de voir ce mur tomber après les 28 années de honte qu’il suscitait pour l’espèce humaine.
Malheureusement, et la presse l’a souligné, depuis 1989 de multiples murs se sont dressés et ne suscitent pourtant pas le même émoi que le mur de Berlin. Des murs physiques bien sûr qui matérialisent le plus souvent des murs plus virtuels, des murs économiques et sociaux entre riches et pauvres, des murs religieux, culturels ou politiques. Bref, en 2019, on en vient parfois à regretter, pour certains aspects, le monde des années 80.
Heureusement il y a parfois des bonnes nouvelles comme cette initiative africaine lancée officiellement en 2007, The Great Green Wall autrement dit, la Grande Muraille Verte qui consiste à relier, au sud du Sahara et du Sahel, Dakar à Djibouti via une bande de 15 km de large d’arbres, de végétations, de cultures. Alors, l’idée est certainement critiquable, son efficacité par forcément évidente, sa mise en œuvre difficile. Mais pour une fois que la construction d’un mur s’avère potentiellement positive, et source d’espoir, il serait dommage de la passer sous silence.
Depuis la destruction de ce que l’on appelle désormais l’ancienne Maison de la Culture, Bourges a aussi son mur. Un mur symbole du fiasco de la gestion du dossier de rénovation de ce bâtiment qui n’est plus qu’une ruine mais dont on conserve la façade classée aux monuments historiques. Alors bien sûr, aucun rapport entre ce mur de la Maison de la Culture et celui de Berlin. Mais ce bout de mur, symbole d’un fiasco collectif mêlant la municipalité de Bourges et l’État, il faut le cacher, l’agrémenter. Et comme à Berlin en son temps, depuis 2017, ce sont des artistes qui s’en chargent régulièrement sous le contrôle de la DRAC. On en est à la 16è œuvre en place. C’est donc un mal pour un bien. On ne sait pas combien de temps cela durera vu que personne ne sait ce que va devenir ce lieu. Et ce n’est pas l’achèvement de la nouvelle Maison de la Culture prévu désormais en 2021 qui y mettra fin, même s’il a mis fin aux murmures d’un certain nombre d’arbres de Séraucourt.