Éditorial février 2020

Municipales, retour en politique ?

mardi 11 février 2020 à 09:07, par Mister K

La République en Marche au pouvoir, le ni gauche-ni droite de façade, 2017 a été la victoire du désarmement politique. Depuis, tous les partis politiques rament, gauche et droite compris. Les élections municipales ne semblent pas pouvoir remettre en selle les enjeux politiques au sens noble du terme. La tentative du ministre de l’Intérieur Castaner de noyer la couleur politique des maires ayant échouée, retoquée par le conseil d’État, la politique va t-elle reprendre du poil de la bête pour ces municipales ?

Le démarrage poussif de la campagne de ces élections municipales 2020 ne semble pas pousser à l’optimisme, d’autant que les citoyens français semblent de moins en moins intéressés par la politique. Pourtant, aucun choix de gestion n’est totalement neutre. La réforme des retraites qui devait favoriser l’égalité de traitement entre les français s’avère finalement beaucoup moins égalitaire qu’annoncée, générant des gagnants et des perdants...comme d’habitude. Et les perdants, comme d’habitude, ce sera le plus grand nombre, et ce en toute logique : c’est sur la masse que les leviers économiques sont les plus efficaces. Et la masse, ce sont les français modestes ou moyens, pas les plus favorisés.

Est-ce que la réforme des retraites et son traitement par le gouvernement, le passage en force, va réveiller les citoyens français ? Rien n’est moins sûr. Pourtant, il y aurait de quoi sanctionner tous ceux qui de près ou de loin, soutiennent Macron et le gouvernement d’Édouard Philippe. Car l’escroquerie intellectuelle est énorme. Comment croire que des décisions seraient ni de droite ni de gauche alors que de toute évidence, ces décisions sont animées par des valeurs de droite ou de gauche ? Prenons l’exemple, un peu caricatural il faut le dire, de la décision de LREM de ne pas soutenir un amendement d’un député LR qui proposait de passer de 5 à 12 jours les congés de deuil suite au décès d’un enfant : quelle était la motivation des députés LREM ? Ne pas faire payer les entreprises. Était-ce une décision de droite ou de gauche ? De toute évidence, c’était plutôt une décision que l’on pourrait classer à droite au premier abord. Pourtant gauche et droite, y compris le MEDEF, étaient pour...simplement pour des considérations humaines. Mais LREM avait anticipé à tort les réactions des chefs d’entreprise et décidé d’arbitrer dans ce qu’il croyait être leur sens. C’était bien une décision politique, elle n’était absolument pas neutre.

Est-ce que les décisions des maires sont neutres politiquement ? Cela arrive assez souvent que des décisions municipales fassent l’unanimité. Dans de nombreux cas, l’intérêt général est indiscutable et du coup, il y a assez peu de discussions entre droite et gauche. Cela concerne souvent les budgets de fonctionnement qui représentent la plus grande part du budget. Pourtant, la différence se fait souvent sur les budgets d’investissement qui, certes, représentent la plus petite part des budgets municipaux mais qui font souvent toute la différence à la fin.

Si on prend l’exemple de Bourges, la construction de la nouvelle Maison de la Culture est forcément un énorme poste du budget de la ville. Ce qui signifie que de nombreux autres investissements ont été repoussés à plus tard faute de budget suffisant. C’est alors un choix politique fort qui fait forcément des perdants. Ce choix était-il un choix d’intérêt général ? On peut le penser. Mais on peut aussi le contester avec des arguments tout aussi valides. C’est là que la politique intervient : on décide que la Maison de la Culture, l’institution et le bâtiment qui l’abrite, est plus important pour Bourges que d’autres sujets ou d’autres structures. C’est un choix. Et ce choix est politique au sens où il impacte la vie de la cité.

Alors, Pascal Blanc, le maire de Bourges, soutenu désormais par LREM est-il un gentil maire centriste, c’est à dire neutre politiquement ? Certainement pas. Tout le long de son mandat, il a pris des décisions ou des positions de droite. La droite qui est tout de même la base de son électorat il ne faut pas l’oublier. Si Bourges n’a pas développé plus les transports en commun ou n’a pas favorisé les piétons ou le vélo par exemple, c’est parce que notre maire est piloté par un logiciel de droite qui favorise la voiture. S’il a favorisé l’installation de grandes surfaces à la périphérie de la ville, c’est parce qu’il était motivé par des considérations plus économiques qu’écologiques. S’il a fermé des équipements comme la piscine Robinson par exemple, c’est que là encore, les préoccupations budgétaires prenaient le dessus sur la vie et le bien être des Berruyers. S’il a augmenté les impôts ou qu’il est devenu président de Bourges Plus alors qu’il avait promis de ne pas le faire, c’est parce qu’il a fait à un moment, de la politique au mauvais sens du terme, et qu’il a fait des promesses avant tout pour être élu.

Tout cela est bien la preuve qu’il faut toujours se méfier des gens qui veulent s’affranchir des barrières politiques et qui naviguent dans le sens du vent. Au final, ce sont toujours les citoyens qui sont les cocus de ces girouettes opportunistes.


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