Éditorial juin 2020

Vrais masques, faux nez

dimanche 14 juin 2020 à 09:15, par Mister K

Dans le "jeu" COVID-19, nous venons de passer le niveau 2 du déconfinement. Cela signifie que les berruyers et berrichons, comme le reste des français, peuvent de nouveau fréquenter les bars et les restaurants et réaliser de nouveaux plein d’activités à condition de respecter les fameux gestes barrière. Ils peuvent désormais aussi parcourir plus de 100 kilomètres à l’intérieur de l’hexagone. Mais les gestes barrière, ce n’est pas la vraie vie, le port du masque chirurgical ou "grand public" sur la bouche et le nez qui n’est certes pas obligatoire en dehors des transports en commun, ce n’est pas le pied.

Pourtant, ce masque que beaucoup portent dans les zones à forte densité de population, on s’y est habitué. Au départ, il était bien sûr très anxiogène. Mais à force de croiser des porteurs de ces fameux masques, on s’y est habitué. Comme on s’est habitué aux militaires en arme dans les rues, aux vigiles à chaque entrée de magasin, aux caméras dans tous les coins et à plein d’autres choses pas forcément très positives pour l’évolution de notre société. Mais pour l’instant, on a l’espoir que tout cela soit provisoire et que ces masques disparaissent d’ici quelques mois, bref, que la situation se normalise...même si ce terme de normalisation peut prêter à débat.

De tout ça, il restera forcément quelque chose. Du positif certainement avec, on l’espère, quelques prises de conscience au niveau des politiques publiques de santé notamment. Les comptables feront peut-être un peu moins la loi. Mais il n’y aura certainement pas que du positif. Les lois d’exception liées à l’urgence sanitaire que l’on passe en deux coups de cuillères à pot, pour un gouvernement, ça peut donner des idées. Et d’autant plus quand le Conseil Constitutionnel indique "qu’une ordonnance qui n’a pas été ratifiée par le Parlement pourrait avoir rétroactivement force de loi une fois passé le délai d’habilitation, à la seule condition que le projet de loi de ratification de l’ordonnance ait été déposé dans le temps imparti". Voilà qui n’augure rien de bon pour notre démocratie et qui, une fois de plus, transforme les parlementaires en gentils "discutailleurs" pour la forme, pour que tout ait l’air dé-mo-cra-tique. Alors, beaucoup de ballons d’essais pendant cette période d’exception ? Télétravail, enseignement à distance, application StopCovid et autres feront certainement parler d’eux à l’avenir. Sûrement pas qu’en bien. Et pour certains, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Il vaudrait mieux que les citoyens restent vigilants.

Alors oui, on retrouve peu à peu nos libertés depuis le 11 mai et le 2 juin, libertés dont nous avons été privés depuis le 13 mars 2020, complètement ou partiellement. Une liberté avec de vrais masques mais un faux nez. Si vous souhaitez manifester actuellement, le préfet peu assez facilement interdire la manifestation pour des raisons sanitaires. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé dernièrement avec des manifestations contre les violences policières, interdites à Paris, Toulouse ou Nantes. Finalement, elles ont eu lieu, plus ou moins dans le calme et c’est tant mieux. Dénoncer le racisme, pouvoir dire que tous les citoyens doivent être traités à égalité et que la justice doit œuvrer quand des fautes sont commises par sa police comme par quiconque est bien normal dans une République dont la devise est "Liberté, Égalité, Fraternité". Et puis il va certainement y avoir quelques motifs pour manifester dans les semaines et les mois qui viennent. Car si l’épidémie de COVID-19 semble actuellement sous contrôle, la crise économique, elle, est pour l’instant hors contrôle. Le chômage explose et il faut s’attendre à ce que des entreprises peu scrupuleuses en profitent pour "restructurer" à peu de frais...si ce n’est à ceux de ses salariés.

Au niveau local, le mois de juin va d’un point de vue politique être très centré sur les élections municipales. Et oui, pas de chance pour Pascal Blanc, le premier tour des élections municipales n’était pas un gros sondage et le second tour aura lieu le 28 juin. Le week-end de la pentecôte a vu les différents candidats qualifiés négocier. Tout était possible. Si à gauche, les choses se sont passées finalement tranquillement (au moins en apparence) entre Yann Galut et Irène Félix, cela n’a pas été la même chose à droite où il a fallu l’intervention jusqu’au dernier moment de poids lourds extérieurs pour que Philippe Mousny et Pascal Blanc trouvent un accord. Et de cet accord, on peut déduire que Bourges va changer de maire car en cas de victoire de la liste de droite, c’est Philippe Mousny qui sera maire de Bourges et potentiellement Pascal Blanc à la tête de l’agglomération Bourges Plus. Tout cela était très intéressant. Cela a permis de débusquer les faux nez. Puisqu’à Bourges, nous aurons finalement un bon vieil affrontement droite/gauche. Et que dans ce contexte, LREM roule désormais officiellement pour la droite. Personne n’a jamais été dupe. Mais derrière les masques, les faux nez se révèlent aussi.


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