Polémique sur les tarifs de la CTB
La Compagnie des Transports de Bourges a annoncé une augmentation des tarifs d’abonnement pour les scolaires, allant de 8,88% à 13,15%. Les parents d’élèves protestent, mais la CTB fait la sourde d’oreille et profite de sa situation de monopole pour opposer une fin de non recevoir.
L’annonce par la direction de la Compagnie des Transports de Bourges de l’augmentation des tarifs pour les collégiens et lycéens a provoqué un vaste mouvement de protestation chez les parents d’élèves. L’abonnement scolaire pour les transports urbains subira une hausse de 8,88% pour ceux qui paieront en une seule fois et de 13,15% pour les personnes les moins fortunées, forcées d’opter pour un paiement échelonné. En contrepartie, la CTB inclut dans son abonnement la période estivale de juillet et août.
A l’instar de nombreux parents Didier Mujica s’indigne d’une telle augmentation : "Pour l’année passée, un collégien de Bourges devait acheter un coupon bus pour le mois de septembre (9,53 euros) et trois coupons trimestriels (28,05 euros chacun) soit un total de 93.68 euros avec des paiements répartis sur toute l ’année. Pour l’année prochaine, un seul coupon valable toute l’année pour la somme de 102 euros sera mis en vente. Et cela coûtera 4 euros supplémentaires en cas de paiement échelonné", explique-t-il.
Difficile à avaler en effet alors que l’augmentation du smic ne sera que de 2,4%. "Je n’ose croire que nos représentants municipaux à la CTB défendant les gens « d’en bas » ont sciemment voté une telle augmentation et j’ose même espérer qu’au prochain Conseil d’Administration de la CTB, ils demanderont le retour de l’ancien système d’abonnement", lance M. Mujica, faisant allusion au président du Sivotu, le sénateur-maire de Bourges, Serge Lepeltier, membre de la majorité présidentielle qui a déjà refusé la gratuité des transports en commun pour les demandeurs d’emploi.
De son côté, les responsables de la CTB font la politique de l’autruche, affirmant que les contestataires sont minoritaires. Alors que les parents d’élèves estiment que la validité de l’abonnement durant les périodes de juillet et août n’était pas indispensable, a CTB rétorque au contraire que le bus est très prisé des jeunes durant l’été.
Un simple constat sur le terrain permet de vérifier que les bus sont pourtant relativement peu fréquentés durant cette période. La CTB aménage d’ailleurs ses horaires en supprimant un bus sur deux, ce qui revient à une fréquence d’un bus toutes les quarante minutes sur chaque ligne. Lorsque l’on sait qu’une demi-heure suffit pour effectuer le trajet à pieds entre le quartier des Gibjoncs et le centre-ville, il est plus aisé de comprendre à quel point la prise en compte des mois de juillet et août dans l’abonnement proposé par la CTB ne parvient pas à compenser ou à faire oublier l’augmentation des tarifs.
Depuis le milieu des années 90, la CTB s’est lancé dans uns stratégie d’optimisation à outrance de la rentabilité des lignes urbaines, et un développement important de sa politique de communication - notamment au travers du lancement de bus au gaz non polluants - ce qui s’est traduit par une augmentation progressive des tarifs, une dégradation de plus en plus sensible de la qualité des services proposés aux citoyens berruyers et finalement, une baisse de la fréquentation des bus. La CTB aurait-elle atteint le seuil de tolérance des usagers berruyers ?