Le mal Aimé.
Jusqu’ici tout va bien, comme dirait Mathieu Crasse aux vitres. Le P.S.G. n’a pas été sacré champion de France. C’était mon voeu le plus cher. C’est le R.C. Lens qui a gagné. Il parait qu’au foot, un club qui a un budget de moins de deux-cent-cinquante millions est considéré comme un petit club. Je suis donc très heureux qu’un petit Poucet comme le R.C. Lens, avec son misérable budget de quatre-vingt-quinze millions de francs, soit venu à bout d’un club qui défend les couleuvres de la peste Tibérique, et ou pullule un véritable repère de néo-nazis.
Place donc à la coupe du monde. Mieux vaut parler de cela que du furoncle qui me gratte le pénis, de mes chaussettes qui puent de l’entre-jambe, de ma soupe aux scarabées et aux morpions, ou de futilités comme le chômage, la torture dans les commissariats, ou les bains de boue en Italie. Non, le sujet qui passionne, qui divise la France entière, qui fait parler les muets, qui fait regretter aux sourds de ne pas être muets, et aux aveugles de ne pas être sourds c’est le cas Aimé Jacquet. Pas la « corsification » de Paris, ou le bouquin de Mazarine, non, c’est le cas Aimé Jacquet. Ah ! Le pauvre Aimé Jacquet ! Il en a entendu des vertes et des pas mûres. Il y a peut-être là un délit de salle gueule. Avec sa tête de premier de la classe, (malgré son C.A.P de tourneur) il n’inspire pas vraiment le respect. Et puis, il ne passe pas bien à la télé. Dans l’ère de communication où nous vivons, la forme est souvent bien plus importante que le fond. Regardez les Bill Clinton, Chirac et compagnie : leur programmes politique sont aussi copieux que l’assiette qu’une SDF éthiopienne, et pourtant, ils sont présidents de leurs pays respectifs. Aimé Jacquet lui, est maladroit comme Mister Bean, idiot comme Forest Gump, et aussi peu crédible dans son rôle d’entraîneur, que Bernard Tapie dans le rôle d’un honnête-homme. Même si sur le papier son bilan est plutôt positif avec seulement trois défaites, les multiples prestations insipides de l’équipe de mercenaires dont il a la charge, ne plaident pas en sa faveur. Il ne nous fait pas rêver, Aimé. C’est un peu le Juppé ou le Balladur du football. De toutes façons, ce n’est pas Jacquet qui me dégoûte. Après tout, il est simple (ses détracteurs disent simplet) et surtout honnête, ce qui est rare dans le monde pourri du foot. Non, ce qui me dérange, c’est la coupe du monde de football. Pour une fois, je veux bien me ranger du côté de la ménagère de moins de cinquante ans. Durant un mois, ce sera la fête des businessmen et de quelques footballeurs (qui sont aussi des businessmen) mais certainement pas du football. À part quelques privilégiés quelques pistonnés(c’est très français), les vrais amoureux du ballon rond (comment peux-t-on ?) devront se contenter de bouffer du foot coca cola - mac Donald’s à la télévision ! Entre deux spots publicitaires la jeunesse pourra toujours rêver... Le pire, c’est qu’il y a des centaines de bénévoles qui travailleront pour la coupe du monde pendant que les financiers ramasseront le fric. Cette coupe du monde en France aurait pu être un grand événement populaire, au lieu de cela, sous l’égide de Michel Platini, le De Villier du foot, ce sera une tribune ragoûtante du libéralisme sauvage. Le sport dans tout ça ? Bof... on va voir des joueurs qui se roulent par terre dès qu’ils se font un peu tirer le maillot. Pas très réjouissant. Bon, j’avoue que j’aime bien quand même Bernard Diomède qui est la fierté de Bourges et du Cher. Quant à Bernard Lama et Fabien Barthes, je les trouve aussi plutôt sympa, mais pour des raisons un peu fumeuses.