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ECONOMIE / SOCIAL

A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emplois

jeudi 10 avril 2003 à 17:43, par Charles-Henry Sadien

Ce sont des sentiments mélangeant colère, incertitude du lendemain et résignation qui ont accompagné l’annonce de la suppression de 233 emplois sur le site de Bourges de Giat-Industrie, visant à rendre cette entreprise « rentable et compétitive » d’ici 2006, d’après sa direction nationale. L’heure est à la mobilisation des salariés et syndicats, qui entendent, selon leurs propos « refuser l’inacceptable ».

Giat industries a présenté son sixième plan « de restructuration » aboutissant à 3750 suppressions d’emplois, dont 233 sur le site de Bourges, spécialisé en systèmes d’armes et de munitions, et composé de bureaux d’études. Selon le site officiel de Giat (www.giat-industries.fr), « ce projet vise à pérenniser l’entreprise en lui conférant une dimension, une compétitivité et une réactivité adaptées à l’armement terrestre ».

En 2002, Giat Industries représentait 777millions d’euros de chiffre d’affaire et 2360 millions d’euros de carnet de commandes. (Source Giat Industrie)

Le PDG Luc Vigneron a expliqué ces mesures drastiques au niveau de l’emploi, par des « pertes financières dues à la surcapacité chronique de l’entreprise », mais aussi par l’achèvement du programme de construction des chars Leclerc, alors qu’aucune nouvelle commande de la France et de l’Arabie Saoudite ne serait à espérer à court ou moyen terme. Les restrictions budgétaires du gouvernement pour la défense et plus particulièrement pour l’armée de terre ont été également mis en cause.

Pour sa part, Michèle Alliot Marie, ministre de la défense, a déclaré, selon les propos rapportés par l’AFP, que le personnel serait « reclassé », les fonctionnaires se voyant proposer un poste au ministère de la défense tandis que les ouvriers sous décret devraient recevoir « plusieurs solutions de reclassement parmi lesquelles deux dans la Fonction publique, dont une au ministère de la Défense ».

Au plan national, Giat-Industrie passera de 6262 salariés à 2500. A Bourges, les effectifs qui étaient encore de 2160 salariés en 1988 devraient être réduits à 576.

Les maires des villes des différents sites concernés ont presque unanimement condamné ce plan de restructuration bien qu’ils soient pour la plupart de la même famille politique que le gouvernement (UMP). Seul le maire de Bourges Serge Lepeltier (UMP) a tenu des propos contradictoires dans les colonnes du journal local Le Berry Républicain, craignant d’abord qu’il s’agisse d’un « remède de cheval » qui « risquait de tuer le malade », mais ajoutant aussi qu’il considérait cela comme « la seule solution viable actuellement » et comme « une véritable stratégie industrielle qui portera à terme ses fruits ».

Par voie de presse, les salariés du site berruyers ont fait part de leur désarroi. « En 1989, nous étions à 17000 salariés, on passe à 3000. On était un groupe, on est en train de devenir un PME ! », déplore l’un d’entre-eux dans La Nouvelle République du Centre-Ouest où l’on peut lire également qu’un ingénieur d’étude de l’entreprise fustige le gouvernement accusé de se comporter « en actionnaire », mais aussi l’Europe : « on nous parle d’Europe alors qu’il n’y a pas de cohésion politique. Giat est isolée en Europe. Tout le reste de l’industrie de l’armement est sous tutelle américaine. »

Cette nouvelle vague de licenciement touche à nouveau durement l’économie de Bourges et du département du Cher avec notamment les plans sociaux de Labelle et Matra, et avant le transfert de l’imprimerie du Berry républicain à Clermont-Ferrand, suite à des changements stratégiques du groupe Centre-France qui entend standardiser davantage l’information pour les quotidiens qu’elle possède, comme l’a rappelé le député communiste Jean-Claude Sandrier dans un communiqué de presse… partiellement censuré par le journal concerné.

Sur le site internet de la CGT-Giat (www.cgt-giat.fr), le ton est alarmiste : il est question d’un « véritable massacre », le plan présenté par M. Vigneron y est qualifié « d’assassin ». Le syndicat lance un appel aux salariés qui « doivent hausser le ton et multiplier les actions en direction des politiques et des directions de centres. » Le 16 avril, les salariés sont appelés à manifester à Paris « pour interpeller le gouvernement ».

commentaires
A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emplois - 21 août 2009 à 14:56

bonjour, comment des salariés qui gagnent leur vie en fabriquant des armes qui sont vendues dans le monde entier et qui participent aux massacres des populations peuvent qualifier de "véritable massacre" leur plan de restructuration !!!! Là où ils ne se trompe pas, c’est quand ils qualifient leur patron "d’assassin". Je me souviens d’un autre mouvement de grève de cette même entreprise lors du premier bombardement américain de la deuxième guerre en IRAK qui a fait des milliers de victimes civiles. Si l’on me répond que l’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs, changez de régime !!!


#23577
> A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emp - Romaric - 5 mai 2003 à 16:41

Je trouve ces réactions lamentables. Derrière les employés, il y a des familles avec des enfants qui n’ont pas à subir la bêtise des adultes.

Ceux qui réagissent comme cela n’ont jamais dû connaitre le chômage. Moi je l’ai vécu 2 ans et maintenant je travaille avec des demandeurs d’emploi. Je ne le souhaite à personne, même pas à mon pire ennemi.

Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout et supprimer les agriculteurs parce que certains polluent, les ouvriers de l’automobile parce qu’il y a des accidents et ceux de l’industrie pétrolière à cause des marées noires.

Ce genre de propos explique quelques déroutes électorales et laisse présager du bon temps pour ce qui s’appelait la Solidarité ! Si on tue l’emploi dans une ville, on tue TOUTE la ville. La démolition est régionale, il nous reste à devenir des indiens et à attendre les visiteurs. On pourra toujours mendier quelques euros aux visiteurs puisque nous n’aurons plus d’autre travail.


#966
> > A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 e - 6 mai 2003 à  12:09

Ce qui est peut-être encore plus lamentable, c’est la réaction des élus qui ont été aux abonés absents lorsque les salariés de GIAT les ont conviés a une rencontre-débat. Lepeltier (UMP), Fromion (UMP) et Sandrier (PCF !!) se sont tous défilés, et tous pour de "bonnes" raisons ! ça, c’est vraiment scandaleux !

#967 | Répond au message #966
> A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emp - Patrick - 27 avril 2003 à 10:29

Salut,

Et bien je vais vous le dire, moi je ne vais pas pleureur pour des mecs qui fabriquent des engins de morts, même en prenant en compte le réalisme économique qui dit si n’est pas nous c’est les autres qui le feront. Je préfèrerais crever la dalle, laver et faire des ménages que de participer au génocide humain perpétuel de notre planète.

Je les hais.


#956
> > A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 e - 30 mai 2003 à  23:46

je trouve la réaction de certain interlocuteur Lamentable et pitoyable je ne sais pa si vous vous rendez compte que l’augmentation du nombre de chômeur entraine l’augmentation des cotisations pour les actifs occupés il ne faut pas rire du malheur des autres car on ne sait pas de ce que sera fait demain à bon entendeur salut !!!!
quelque soit le poste qu’occupe un salarié le chômage n’est pas une situation facile à vivre ceux qui l’ont connu le savent.
et il n’est pas interdit pour personne il peux frapper à votre porte n’importe quand le plus difficile c’est d’y faire face !!!!!
et quand on a une famille et une augmentation croissante du chômage ainsi que peu de qualifications ou d’expérience proffessionelle on est dans le GALERE.

#1008 | Répond au message #956
> A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emp - 20 décembre 2006 à  01:56

moi à ta place je parlerai pas comme ça à des gars qui fabrique des tanks !

#6071 | Répond au message #956
> A Bourges, Giat Industries sera amputée de 233 emp - 15 avril 2003 à 18:18

Le probleme du Giat est simple : ils fabriquent des produits, et essaient ENSUITE de les vendre.
Bref, ils font tout à l’envers.

Une anecdote : j’ai eu à travailler pour un produit imaginé par des tetes d’oeuf du Giat à Bourges : le MACPED (une mine anti-char "intelligente"). Ca a occupé des dizaines d’ingénieurs et de techniciens en France, Allemagne et en Angleterre (produit en coopération européenne, lol)pendant des années.

Résultat, apres de centaines de millions de francs du contribuable dépensés en pure perte, le projet a été enterré parcequ’il n’interessait personne (pas de clients quoi)

Je finis par me dire que les employes du Giat nous couteraient moins cher aux Assedic à vie, qu’a bricoler dans leur coin sans le controle de personne...


#935