Dépassé par la réalité.
Ces derniers jours, pour cause d’activités parallèles intenses, je me suis retrouvé totalement déconnecté de la vraie vie des vrais gens normaux. Pas facile, l’atterrissage.
Parce que si, entre-nous, je n’ai strictement rien à battre de savoir qui a gagné le Tournoi de Roland Garros, ou d’entendre des discours fleuves sur la fatigue des champions du monde qui voudraient bien un régime fiscal spécial pour les footballeurs, parce que quand même, en France, c’est pas normal que les footeux gagnent moins de millions qu’ailleurs ; j’ai cependant conscience d’être passé à côté de quelques trucs importants.
Des poulets nourris aux carcasses de vaches pourries avec, en guise de sauce, de l’huile de moteur de bagnoles des pays de l’est, ça, c’est rigolo. Car dans le même temps, ça fait toujours moins de victimes que le tabagisme. Je me demande bien alors ce qu’ils mettent dans les cigarettes, pour voir des gens obligés de se faire greffer un larynx numérique dans l’anus, ou un poumon à base phallus de macaques et d’intestins de poules mouillées soigneusement imbriqués dans l’oreille.
Non, franchement, tout ça, j’ai du mal à y croire. Je suis même persuadé qu’il s’agit d’un vaste complot international d’écologistes fous qui provoquent eux même des catastrophes écologistes afin d’obtenir les faveurs des électeurs et arriver au pouvoir pour mettre en place une dictature écologiste. Les pollueurs se retrouveraient emfermer dans des camps comme dans les périodes les plus sombres de notre histoire et seraient enterrés vivants pour faire de l’engrais.
Qu’est ce qui ne nous dit pas que Jacques Chirac est un dangereux écologiste intégristes dont les derniers essais nucléaires à Mururoa on servi à concevoir les cigarettes du siècle futur, avec la bénédiction des communistes qui auront pour but, d’exterminer incognito la race humaine ? Débarrassées des humains qui polluent la planète, les poules pourraient ensuite se nourrir de cadavres humains et laisser les vaches reposer en paix dans de vastes et somptueux cimetières équipés de distributeurs automatiques de Coca Cola et disposant d’accès gratuits à internet.
L’écologie, c’est ce qui donne aux bourgeois une raisons de se révolter. Nous, on a le chômage, la galères, les flics qui assassinnent nos potes et dont les dossiers sont classés sans suite. Eux, ils s’emmerdent. Et c’est important de se révolter, on se sent probablement moins vieux.
Désolé, donc, mais au risque de ne pas être à la mode, je ne suis pas écologiste. Pire, la nature me fait peur. Je me sent bien mieux au milieu des HLM de mon quartier que perdu dans la forêt, avec les moustiques, les guêpes et toutes sortes de sales bestiolles toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Je me sent bien mieux après avoir vidé un tube de colle qu’après avoir mis mon nez dans une de ces choses avec des pétales qui donnent des allergies.
Alors les écolos, je les met sur le même plan que les témoins de Jéhovah, les Mormons, les moralisateurs précoces, les flics, les curés et tout ces types qui ne font que polluer notre cerveau. Et je bois du Coca Cola. Essentiellement depuis que j’ai appris que ça donnait la chiasse. Mais vous savez que je suis très porté sur la chose...
Bon, il est temps que les vacances arrivent. J’ai tendance à ne plus raconter n’importe quoi, ce qui, me connaissant est un signe de fatigue mentale particulièrement inquiétant. Bonnes vacances, donc. Puisqu’en été, la France pique un bon gros sommeil et qu’il ne faut pas la déranger. Je souhaite tout de même que de hauts dignitaires de l’OTAN ou de l’ONU nous préparent un beau petit spectacle cet été. Un truc sympa comme une guerre contre un méchant dictateur, une explosion de centrale nucléaire ou une catastrophe humanitaire. J’espère que l’on verra aux Etats Unis deux ou trois gamins de douze ans faire sauter leur collège et tirer sur tout ce qui bouge. Ou qu’un tueur en série bien médiatique animera nos chaudes journée. Pour bien faire, il faudrait un violeur d’embryons humains morts.
La lutte contre la pédophilie, c’est comme les tubes de l’été, ça ne distrait qu’un moment. Et dans nos sociétés capitalistes où tout va très vite, il faut innover pour rester au sommet. Mais il faut bien l’admettre, on a atteint un tel degré d’horreur humaine qu’il va désormais être de plus en plus difficile d’être inventif dans ce domaine. Il faudra bien pourtant faire quelque chose. Parce qu’autrement, comment voulez-vous que les gens qui n’ont pas la chance de partir en vacances s’amusent ?
On attend donc avec impatience dans les foyers, les usines d’armement ou les bureaux de chefs d’Etat de pays démocratique, un nouveau Saddam Hussein ou un nouveau Milosevic.
Autrefois, les gens se défoulaient sur les « hommes éléphant », ou les « femme à barbes », sur les places publiques. C’est dire si, dans la nature humaine, avoir un ennemi, un type plus con ou plus moche que soi, est un repère important.
J’espère qu’à la lecture de cet amère constat sur la condition humaine, vous avez été pris d’une irrésistible envie de vous suicider. Car, voyez-vous, je dispose justement d’un stock d’armes relativement conséquent dérobé à la base d’Avord. Et je vend tout cela à des prix très attractifs. Vous pourrez vous faire sauter le caisson en toute liberté. Finalement, il n’y a pas plus écologiste que moi.