EDITORIAL MAI 2000

Le Printemps de Bourges vu sous l’angle des caniveaux de la ville.

lundi 1er mai 2000 à 00:00, par Charles-Henry Sadien

En voilà une curiosité ! Depuis la création du journal en 1997, nous n’avions jamais réalisé un numéro spécial sur le Printemps de Bourges, contrairement à ce que qui avait été fait pour les festivals de Saint Malo, Nevers ou Thiers.

En fait, cela nous trottait dans la tête depuis le Printemps 1999 qui avait opéré à un salvateur revirement artistique en boudant les artistes « vus à la télé » au profit d’une programmation plus aventureuse sans pour autant être ultra pointue.

Le Printemps de Bourges vu sous l'angle des caniveaux de la ville.

Que l’on ne s’y trompe pas cependant : nous sommes bien loin de la programmation avant-gardiste des Transmusicales de Rennes. La presse locale s’est évertuée à retranscrire le discours de Daniel Colling selon lequel le PdB serait un laboratoire des musique actuelles, qui débroussaillerait le terrain pour dénicher les talents de demain. Cela fait tout de même quelque peu « tarte à la crème » pour le mélomane de base ! Parce que les groupes présents au PdB sont bien des valeurs sûres déjà connus d’un public certes jeune, mais pas hyper branché ! Pas de véritable surprises, mais de bons groupes que Bourges à su attirer dans sa toile.

Entre-nous, on peut dire que ce n’est pas plus mal que le Printemps reste un festival populaire. On sait que le grand public a toujours constitué le fonds de commerce du Printemps de Bourges. Son grand mérite est de susciter l’intérêt de monsieur tout le monde sur des expressions musicales qui n’ont généralement pas droit de cité sur les radios commerciales ou les télévisions. En programmant des groupes et artistes comme Dionysos, L’Orchestre National de Barbès, Katerine ou Day One, le Printemps de Bourges permet d’élever le niveau musical du français moyens en lui montrant qu’il y a une vie après Céline Dion.

Et puis, il y a tout de même les fameuses « Découvertes du Printemps de Bourges ». Le niveau y est souvent très élevé, et l’on ne regrette alors qu’une chose : que les groupes aient seulement trente minutes pour s’exprimer. Malgré tous les reproches (légitimes) qu’il est possible de formuler à l’encontre du PdB, force est de constater que c’est le seul grand festival en France qui permette à ces formations de jouer dans de bonnes conditions devant un public très large, et de nombreux professionnels.

Voilà pourquoi, en gros, nous avons eu envie de faire pour la première fois un numéro entièrement consacré au PdB. Mais là encore, il n’était pas question d’aborder le sujet sous un angle traditionnel. Nous aurions pu en effet vous parler des gros spectacles à deux cent balles la place, mais nous avons préféré vous parler de tout ce qui est en marge, car cela correspond sans doute beaucoup mieux à l’esprit d’un canard comme L’Agitateur. Rassurez-vous, nous aurons dans les prochaines semaines bien des occasions de vous dégoter des interviews de Venus ou de Arno. Et puis si vous ne tenez pas en place, vous pouvez consulter Les Inrocks qui font cela très bien...

Ce qui nous tenait vraiment à coeur cette année, c’était de vous faire découvrir la vraie vie des vrais festivaliers loin des grosses machineries et des grandes salles, des stands VIP, cocktails, loges et autres mondanités.

Alors voilà : c’est l’histoire de types très ordinaires, un peu blasés après avoir assisté à des dizaines de concerts dans toute la France et écouté des disques à ne plus savoir quoi en faire, qui se retrouvent à Bourges en quête d’autre chose mais loin des sentiers battus par le Printemps... tout en y jetant un oeil distrait de temps en temps. Ouf ! Après avoir rencontré des flics, des dealers, des vieux berrichons anti-PdB, des allumés, et tutti quanti, voici le résultat de nos investigations et informations imbibées d’alcools et de produits illicites, glanées dans les bars et dans les milieux souterrains de Bourges...