Final Four à Bourges : l’enfer des françaises
L’équipe de Valenciennes a perdu son titre de Championne d’Europe aux dépens de l’impressionnante équipe russe d’Ekaterinburg (80-82). Le CJMBB, privé de quatre joueuses essentielles a dû se contenter d’un rôle de figuration, s’inclinant lourdement face à Brno (93-54) lors de la « petite finale » pour la troisième place. Pas de sentimentalisme à Bourges : l’entraîneur Olivier Hirsch a appris son limogeage quelques minutes après ce match traumatisant pour toute la cité de Jacques Coeur.
BOURGES. Mines fatalistes vendredi et catastrophées dimanche. Les supporters berruyers n’en croient pas leurs yeux. Celles qui restaient dans leur coeur les reines de l’Europe ont été méconnaissables alors même qu’elles évoluaient dans l’antre de leurs exploits au Palais des Sports du Prado. Pas rancunier, le très connaisseur public berruyer s’inquiète surtout de la santé de « sa » Yannick Souvré, dont il est dit qu’elle disputait son dernier match Européen. En larmes, la bouillonnante capitaine tango à l’accent du sud, mais totalement dévouée à la cause berruyère, aurait mérité un plus beau cadeau d’adieu. Et c’est surtout pour cela que Bourges « en a gros sur la patate ».
Car finalement, le fiasco du CJMBB ne portera pas à conséquence. Les structures du club sont solides, les dirigeants sont sérieux et ont la tête sur les épaules, alors que l’équipe, quoi qu’on en dise reste l’une des toutes meilleures d’Europe. La régularité est probablement son plus bel atout, ce qui lui vaut la récompense d’être qualifié d’office en Euroligue pour les trois prochaines saisons.
Après avoir obtenu dans la douleur leur place pour ce Final Four 2003, les berruyères se sont d’abord inclinées lourdement vendredi en demi-finale face à leurs plus grandes rivales de Valenciennes (57-89), avant d’exploser à nouveau face aux Tchèques de Brno (93-54). Cependant les filles de Bourges ont des circonstances atténuantes : parmi le cinq majeur, quatre joueuses avaient dû déclarer forfait, et la cinquième, Yannick Souvré était fortement handicapée par d’insoutenables douleurs au dos. Pourtant jamais il n’a été observé sur le parquet un manque de combativité.
Mais cela n’a pas empêché Olivier Hirsch d’être limogé en fin de match. 2003 devait être une année de reconquête. Elle aura été finalement celle de la confirmation d’un début de déclin. Réputé discret, sérieux et travailleur, l’entraîneur berruyer aurait lui aussi sans doute mérité un départ plus glorieux après avoir été à l’origine de deux titres de Champion de France, deux trophées du tournois de la fédération et trois participations au Final Four dont un titre de Champion d’Europe.
Les Valenciennoises, tenantes du titre, s’en sortent un peu mieux. Après avoir confirmé leur évidente suprématie nationale face à Bourges, elles ont su rivaliser avec l’équipe d’Ekaterinburg (80-82), construite un peu artificiellement en une saison et composée de quelques-unes des meilleures joueuses du monde. Equipe de mercenaires ? Affirmer cela serait de toute évidence injuste tant les individualités ont su se fondre dans un collectif pour offrir au public un basket de très haut niveau. Et c’est le grand mérite du staff technique russe d’avoir réussi ce pari. Car les exemples d’équipes de « stars » incapables de produire un jeu attrayant et efficace ne manquent pas dans de nombreux sports.
A ce sujet, on regrettera les propos déplacés de la presse locale, prise en flagrant délit de « sale gueule », pour avoir minimisé le mérite des nouvelles championnes d’Europe en pointant du doigt leur « puissance financière pas très clair si l’on se réfère à ce qui ce passe dans d’autres sports en Russie ». Des propos gratuits, sans doute infondés et diffamatoires, certes dictés par la passion et l’amertume, mais qui dénotent un manque de professionnalisme et de sportivité de la part des petits localiers berruyers. Les nombreux russophiles de Bourges apprécieront.
Ce sera bien là, la seule mauvaise note à attribuer à ce Final Four 2003 où toutes les équipes et leurs supporters ont montré quelques unes des valeurs positives du sport en première ligne desquelles on notera l’esprit de solidarité et le goût de l’effort. Dans ces conditions, la défaite comme la victoire relèvent de l’anecdote.