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SAISON 2002-2003

Sport à Bourges : bilan globalement négatif

dimanche 25 mai 2003 à 15:52, par Charles-Henry Sadien

On dit souvent que le dynamisme d’une ville se mesure aux performances de ses équipes sportives. Cette année, Bourges serait plutôt sur une pente douce : les basketteuses ont confirmé leur léger déclin, les footballeurs sont en progression, certes, mais à un petit niveau, et les rugbymen touchent le fonds du précipice en s’écrasant à un niveau régional.

L’USB COULE A PIC. Moins d’une centaine de spectateurs par match, des joueurs à la retraites qui reprennent du service, d’autres, recrutés à l’autre bout du monde qui sont incapables de courir et qui représentent des cas pathologiques graves d’obésité, des jeunes que l’on grille en équipe première pour éviter un forfait… c’est l’USB que l’on a connu cette saison. Une équipe depuis deux saisons à l’agonie, un club moribond, des dirigeants incompétents et complètement largués par le rugby moderne. Le tableau paraît sévère. Il est franc et réaliste. Il est aussi à la hauteur de la déception de la saison qui vient d’expédier le club doyen en Division d’Honneur.

Espérons maintenant que pour l’esprit du sport, l’appel à un repêchage en Fédérale 3 ne sera pas retenu par les instances nationales du rugby. Le motif invoqué selon le club mériterait d’être repêché en raison de son statut de « grand club » serait faire injure au rugby tout entier qui prône des valeurs d’égalité. Aucun club ne devrait se prévaloir de son riche passé pour obtenir de quelconques passe-droit.

Comment en est-on arrivé à cette situation ubuesque à l’USB. On ne va pas revenir sur l’excellent dossier réalisé par nos confrères du Berry Républicain (édition du mercredi 21 mai). On peut simplement ajouter que la municipalité de Bourges, a précipité la chute du club, par sa politique sportive suiviste et gestionnaire qui consiste à accorder des subventions en fonction des résultats sportifs, prouve une fois de plus son inefficacité et sa dangerosité. Si la mairie de Châteauroux avait suivi cette logique, l’équipe de football de La Berrichonne, en proie à d’importantes difficultés financières n’aurait pas terminé 5ème du classement en Deuxième Division… mais en Division d’Honneur, comme cela s’est passé avec le FC Bourges il y a peu de temps.

En n’accompagnant pas les clubs en difficulté pour les aider à retrouver le droit chemin, et en ne prêtant « qu’aux riches », la mairie de Bourges pratique une politique de la terre brûlée fatale pour le sport de haut niveau. Cela permet certes quelques économies pour la collectivité (la municipalité étant au bord du gouffre, ce n’est pas négligeable ces temps-ci...), mais à long terme, c’est tout le sport de masse qui est menacé. Plus qu’un quart des berruyers pratiquent une activité sportive. En effet, en l’absence de « clubs locomotives », c’est toute la tradition sportive de Bourges qui risque de se perdre.

CJMBB : SECOND SOUFFLE ? Au CJMBB, c’est une saison « à tout casser » qui avait été annoncée à grand renfort de panneaux d’affichage. Et effectivement, un recrutement en conséquence avait été effectué avec pour objectif la reconquête du titre de Championnes de France. Malheureusement, la fin de saison a été entachée par de très nombreuses blessures alors que le club de Pierre Fosset était sur le point de réussir son pari. Résultat ? Une fin de saison calamiteuse avec un Final Four complètement raté et des play-off où les filles du CJMBB n’ont pu faire mieux que de faire acte de présence.

Dommage, car sur le papier, les grandes filles de Bourges avaient les moyens de leurs ambitions. Elles rétrogradent aujourd’hui à la troisième place de la hiérarchie nationale. Mais ce relatif échec devrait être salvateur, puisqu’un nouveau projet sur trois ans a été mis en place par l’équipe dirigeante, qui ne sera pas basé sur un recrutement à outrance comme cela a été fait à Bourges jusqu’à présent mais sur une véritable politique de formation. L’argent jouant désormais un rôle de plus en plus important dans le basket féminin, le club de Bourges n’a de toute évidence plus les moyens de rivaliser sur ce terrain et se retrouve forcé de se repositionner en club formateur pour tirer son épingle du jeu.

Rien n’indique que le CJMBB redeviendra à coup sûr le premier club européen de basket féminin, mais il se prémunie de toute évidence contre une chute spectaculaire (et inévitable si le club avait continué dans la même voie) comme ont pu la connaître des clubs comme Challes ou Clermont-Ferrand.

C’est donc une équipe totalement nouvelle, qui défendra les couleurs de Bourges dans un esprit peut-être un peu plus sain, avec moins de mercenaires et davantage de vraies compétitrices dans la lignée de Yannick Souvré, qui a annoncé la fin de sa carrière mais qui doit demeurer LE modèle pour les futures héritières du prestigieux palmarès du CJMBB.

FCB : VALEUR MONTANTE. Le FC. Bourges aurait lui aussi pu faire beaucoup mieux qu’une honorable place en milieu de classement du championnat de CFA. Hélas, la dynamique du club a été freinée au cours de l’hiver par le limogeage absurde du président Arnaud Lebert. Car ce FCB là avait bien les moyens de se mêler à la course pour la montée. Au regard de la fin de saison tonitruante des coéquipiers de Eric Lestrade, on se dit même qu’une sélection en barrages pour l’ascension aurait pu permettre de façon fracassante l’obtention de son billet pour l’étage supérieur.

Souvent brillants à l’extérieur, les berruyers n’ont que rarement fait preuve d’une supériorité évidente à domicile (à part face à Pontivy, Limoges, Vannes et peut-être une ou deux autres équipes). On peut également reprocher à l’entraîneur Pavlé Vostanic de ne pas avoir cherché à utiliser tout le potentiel de l’équipe. Des joueurs comme Dubroca (mal utilisé), N’Gambeket (mal utilisé), Rodriguez (quasiment pas utilisé), et surtout le prometteur Vierzonnais Diop (qui n’a que trop rarement été titulaire), auraient pu apporter un nouveau souffle dans les périodes de difficulté, notamment à domicile.

Au niveau des satisfactions, on notera évidemment la défense de luxe à ce niveau, avec Moulin, Di Bernardo, Sassier, Bengriba et Belradjaa pour soutenir le gardien Ménage, qui est sans doute l’un des meilleurs du CFA, tous groupes confondus. Au milieu de terrain, Eric Lestrade qui a annoncé la fin de sa carrière, a toujours été d’une grande régularité avec un volume de jeu énorme. Il aurait peu aisément faire une voire deux ou trois saisons supplémentaires. Mais, l’homme, d’une rare intégrité a préféré arrêter en pleine possession de ses moyens plutôt que de risquer une forme de lassitude avec une saison de trop. Autre hommage indispensable : celui que l’on doit à Fabrice Brunel. L’ancien attaquant de Salbris n’est pas un joueurs qui bénéficie de beaucoup de facilités. Pourtant, sa grande combativité, et son travail énorme, ont fait de lui aujourd’hui un joueur indispensable à l’équipe. Si tous les joueurs avaient eu cette mentalité, le FCB aurait probablement gagné sa place en National « les doigts dans le nez » !

Toujours est-il que malgré quelques turbulences, le FCB semble sur la bonne voie. En conservant l’essentiel de son effectif et en recrutant deux ou trois pointures de bon niveau D2 ou National, le FCB devrait avoir les moyens de participer à la compétition pour la montée l’année prochaine. En attendant, on croise sincèrement les doigts pour nos amis tourangeaux qui disputent les barrages, et qui mériteraient mille fois de se retrouver en National en août prochain.