Allah superstar
Comme nous, vous avez dû subir les assauts marketing des fameux "livres de la rentrée", puis celui des prix littéraires. En cette période de ramadan, nous avons décidé de vous parler de Allah superstar de Yassir Benmiloud, plus connu sous le nom d’Y.B., livre qui pose une question sérieuse sous une forme rigolote : peut-on rire de tout et avec qui ?
Tout d’abord un constat, ce livre ne respecte rien ni personne, sauf Allah et Djamel Debbouze. Les thèmes abordés sont très divers, mais tournent tous plus ou moins autour de l’islam en France, l’intégration, les banlieues, le racisme... bref, tout ce à quoi un jeune d’origine difficile peut-être amené à être confronté dans le société française des années 2000.
Y.B. plante son personnage principal, Kamel Hassani, au milieu d’un décor réel, la banlieue d’Evry avec son Franprix, ses habitants d’origine parfois difficile et d’un décor plus virtuel composé par les médias et le show-biz (dont Star Ac’ est l’emblème...) et de l’image que ceux-ci renvoient de Ben Laden, des attentats du 11 Septembre 2001 etc...
Et Kamel fait un mixte de tout ça, et en déduit que lui aussi doit devenir célèbre ((...) passe la Star Ac’ d’abord, après seulement on verra pour le bac (...) et décide de monter un spectacle comique à base de sketchs inspirés de la marionnette des Guignols de l’info de Ben Laden, avec une tchatche à la Djamel Debbouze. Y.B. peut remercier Canal + ancienne formule...
Tout le livre, est écrit dans un français parlé, où se mélange allégrement des expressions du bled ou des banlieues, le phrasé Rap, les grosses vannes, le tout se nourrissant très largement des images d’épinal de la société française actuelle. Et pour le coup, tout le monde en prend pour son grade. Sans pour autant donner de leçons, le "stand-up" de Y.B. pose de nombreuses questions et donne matière à réflexions.
Au final, il serait exagéré de prétendre que ce livre est incontournable en cette fin d’année 2003. Mais sa lecture vous fera passer un bon moment, vous fera rire d’une actualité et de problèmes pas très drôles à travers le miroir déformant de Kamel Léon, finalement assez inspiré de celui des médias et du show-bizz.
Allah superstar, Y.B., éd. Grasset, 263 pages, 17 Euros.