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FOOTBALL / CFA

Défaite honorable du FCB contre Rennes

mardi 6 avril 2004 à 11:31, par Charles-Henry Sadien

Encore une défaite à domicile pour le FC Bourges face à Rennes (0-1). Mais depuis plusieurs semaines, le FCB ne subit plus les matchs à domicile et affiche un niveau de jeu comparable à celui d’une bonne équipe du championnat National. Voilà qui est rassurant. Pour le reste...

Disons le tout net : ceux qui avaient l’habitude de consulter régulièrement les comptes rendus des matchs du FC Bourges et qui se sont déplacés pour la première fois au Stade Jacques Rimbault pour assister à la rencontre face aux réservistes du Stade de Rennes ont dû penser que nous écrivions n’importe quoi. Quel contraste en effet avec les rencontres de début de saisons où les berruyers paraissaient techniquement limités, tactiquement au ras des pâquerettes et la plupart du temps proches du niveau zéro.

Car samedi, face à Rennes, les berruyers ont fait plus que jeu égal. Et le niveau généra était bien meilleur que celui d’un match ordinaire de CFA. Les berruyers ont fait preuve d’une volonté et d’une énergie incroyable. Et ils ne doivent leur courte défaite qu’à une erreur d’arbitrage flagrante (une main non sifflée). Un corps arbitral qui avait été jusque-là excellent, soulignons-le. L’erreur est humaine. Alors que le FCB n’a plus rien à gagner ou à perdre depuis de longues semaines dans ce championnat, les joueurs et les entraîneurs, continuent à jouer en donnant le maximum d’eux-mêmes. Rien que pour cela, ils méritent des félicitations. Car le fait qu’ils se mettent dans le rouge pour arriver au niveau de leurs adversaires démontre un évident respect du public et une détermination à défendre les couleurs de leur ville. Fabrice Brunel et César Da Costa ont été excellents. Même s’ils sont probablement déçus d’avoir loupé quelques énormes occasions, cela ne remet absolument pas en cause le match énorme qu’ils ont accomplis. D’ailleurs, à l’issu de la rencontre, on a pas entendu un seul sifflet venant des tribunes et l’on sentait une réelle compassion pour des joueurs visiblement déçus, têtes baissés, mais qui auraient dû pourtant sortir la tête haute.

Il en est tout autrement de ce qui se passe en coulisses. Il y a plusieurs semaines, nous avions été alertés par plusieurs mails, faisant état de conflit latent au sein de l’équipe dirigeante. Nous ne nous en étions pas fait le relais, pensant que cela nous dépassait un peu. Et surtout, nous ne voulions pas que l’on nous accuse de semer, ou pire, d’être à l’origine ou d’avoir provoqué la zizanie au FCB, d’autant plus que nous avons toujours exprimé nos plus grande réserves à l’égard du Président Maurice Duvernoir et notre solidarité envers son prédécesseur Arnaud Lebert.

Nos confrères de La Nouvelle République ayant eu les mêmes informations que nous ont néanmoins décidé de mettre sur la place publique les antagonismes profonds qui se tramaient depuis l’été dernier et dont nous nous étions fait l’échos par de nombreuses allusions. S’engageant dans une forme de suivisme, Le Berry Républicain s’est retrouvé alors forcé de se faire le relais de la mauvaise ambiance au sein du club alors qu’il avait jusque là relayé avec une grande naïveté le discours du président Duvernoir. Aujourd’hui, nous reconnaissons que l’attitude polémique de la presse quotidienne régionale est la bonne, car elle devrait permettre de crever un abcès purulent.

Notre silence a pu en étonner plus d’un puisque nous avons habituellement une ligne rédactionnelle assez vindicative envers le FCB. Nous reconnaissons que nous aurions dû nous y tenir. Aujourd’hui, nous confirmons donc ouvertement notre hostilité à l’égard de l’équipe de Maurice Duvernoir, qui n’a rempli aucun de ses trois objectifs annoncés en début de saison : le retour au stade du public, une équipe première en haut de classement et surtout un nouveau sponsor maillot ainsi qu’une manne de nouveaux partenaire et en conséquence le règlement du déficit du club. Nous déplorons l’attitude dictatoriale de Maurice Duvernoir qui affirme que la contestation n’est que l’oeuvre d’une minorité alors que dans les faits objectifs, il apparaissent qu’elle soit l’oeuvre d’une immense majorité. Maurice Duvernoir se comporte comme Jean-Pierre Raffarin lors de son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale qui peut se traduire ainsi : « Ce que j’ai fait est très bien, je fais ce que je veux, c’est moi le chef et je vous emmerde, vous n’êtes qu’une bande de cons qui ne comprenez rien à ce que je veux faire, je sais que j’ai raison et si vous vous me critiquez, vous êtes fautif car vous nuisez à notre image ». Nous avons toujours affirmé que Maurice Duvernoir conduisait le FCB droit dans le mur avec la bénédiction de la mairie de Bourges qui ne souhaite pas voir le FCB progresser dans la hiérarchie du football car cela l’obligerait à augmenter ses subventions alors même que les caisses de la villes sont vides.

Pour autant, nous restons attentistes par rapport aux instigateur de la rébellion, que nous ne connaissons pas et dont nous souhaiterions qu’ils soient explicites par rapport au projet crédible pour le club qu’ils disent avoir bouclé. Nous sommes bien entendu solidaires des parents des jeunes footballeurs qui manifestent pour que l’argent dédié à la formation ne soit pas détourné pour financer l’équipe première. En effet, nous avons reçu de nombreux mails depuis plusieurs années (et donc bien avant le règne tout puissant de Maurice Duvernoir), déplorant que la politique du FCB délaisse tout ce qui ne touche pas l’équipe première.

Nous sommes néanmoins prets à soutenir le club à condition que l’équipe de Maurice Duvernoir s’en aille et que la nouvelle équipe se dégage de la pression municipale. Nous continuons à penser que la place d’un club comme le FC Bourges est en Ligue 2. Et pas en CFA.