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RIFIFI A DROITE

UMP-Cher : le retour des exclus et des rebelles

lundi 6 septembre 2004 à 00:00, par Charles-Henry Sadien

La crise qui secoue depuis de longs mois l’UMP et de la droite républicaine au niveau national, n’a pas épargné Bourges et le département du Cher. Les dernières élections cantonales et régionales ont mis au grand jour d’importantes dissensions internes. Des clans se forment, des pactes secrets se scellent déjà en vue d’échéances électorales pourtant assez éloignées.

La vie politique n’a jamais été un long fleuve tranquille à droite, en particulier dans le département du Cher. Alors qu’on le croyait politiquement fini en raison de ses nombreux dérapages verbaux et de ses démêlés judiciaires, l’ancien député Franck Thomas-Richard est incontestablement ressorti grand vainqueur d’un jeu « à qui perd gagne » où Rémy Pointereau pourrait également se distinguer. Tous les frustrés et les « mis sur la touche » par l’ancien maire de Bourges Serge Lepeltier ces dernières années, semblent revenir en force, avec le « couteau entre les dents », profitant de son éloignement et de sa promotion à la tête du ministère de l’écologie et du développement durable pour sortir les crocs.

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent

Serge Lepeltier doit donc faire face à un dilemme. D’une part, il doit prouver sa fidélité indéfectible à l’égard du Président de la République, M. Jacques Chirac, afin qu’il ne soit pas accusé de « retourner sa veste ». D’autre part, il doit tenter, pour rester dans le coup, de recoller au peloton des partisans de Nicolas Sarkosy, lequel semble pour l’heure poursuivre une irrésistible ascension à la présidence de l’UMP en attendant celle plus hypothétique de la France. De son côté, Franck Thomas-Richard ne se pose plus de questions. Il est aujourd’hui déjà considéré comme la voix du ministre de l’économie dans le Cher. Un choix cohérent pour Franck Thomas-Richard, proche de Charles Pasqua, et qui a toujours été un farouche défenseur d’une droite dure, allant même jusqu’à souhaiter des accords avec le Front National. Si bien que Serge Lepeltier, qui passait il y a encore peu de temps pour une tête brûlée donnerait aujourd’hui l’impression d’être un homme modéré.

La gauche locale n’est donc pas la seule à souhaiter que Serge Lepeltier reste le plus longtemps possible ministre de l’écologie. Les exclus, les parias, les déçus de l’ancien maire de Bourges préparent sa succession et sa mise à l’écart politique. Pour eux, Serge Lepeltier incarne « la droite qui perd ». En effet, c’est lui qui a été nommé président pour liquider le RPR au profit d’une UMP à l’appétit plus gros que le ventre. C’est lui qui a distribué les cartes dans le département du Cher, lors des dernières élections régionales et cantonales. C’est lui qui porte donc lourdement la responsabilité d’un échec électoral cuisant dans le Cher, et plus particulièrement la perte du Conseil Général du Cher.

Il apparaît évident que la bataille pour la présidence de l’UMP influera directement sur le choix des nouveaux hommes forts du premier parti de droite pour les prochaines échéances électorales.

Chacun roule pour sa bosse

Cependant, si certains se montrent véhéments, d’autres avancent à couvert. Souvent adepte des déclarations provocatrices, le maire-adjoint de Bourges délégué à la culture, Philippe Gitton, s’est montré dernièrement étrangement silencieux. Aurélien Sallé, maire-adjoint de Bourges délégué aux nouvelles technologies de la communication, pourrait ne pas avoir digéré une mise à l’écart lors des dernières élections. Une situation qui pourrait le pousser à rêver d’une émancipation politique pour ne plus évoluer dans l’ombre. Alain Tanton, premier maire adjoint pourrait également avoir un os en travers de la gorge, pour ne pas avoir été désigné comme maire en remplacement de Serge Lepeltier, se faisant doubler par Rolland Chamiot, un vieil homme fatigué qui avoue n’avoir « aucune ambition » (pour lui ? pour la ville ?). Aura-t-il cette fois le cran d’aller au bout de ses idées et de ses ambitions refoulées ? Que dire également de Jean-Bernard Milliard - dont on avait presque oublié l’existence - qui s’est distingué récemment en apportant son soutient à Christine Boutin pour la présidence de l’UMP ? Quant à l’électron libéral, Jean-François Deschamp, il continue depuis des années malgré sa marginalisation, à s’exprimer sur la vie politique locale et nationale.

Pour l’heure, chacun semble avancer en solo. Mais déjà, la tendance Franck Thomas-Richard / Remy Pointereau semble se dessiner. Autour de ces deux dissidents, le gang des loosers pourrait bien être le ticket gagnant pour les prochaines échéances électorales au niveau local. Ce serait alors la fin de quatorze années de règne sans partage de Serge Lepeltier qui a toujours su jusqu’ici écarter les fortes têtes pour s’entourer d’hommes faibles et malléables afin de rester sur son trône.

Cependant, en vieux singe politique, l’ancien maire de Bourges qui a déjà annoncé sa candidature pour les prochaines municipales, a plus d’un tour dans son sac. Il a soigneusement préparé son départ pour mieux revenir. En cédant sa place à Rolland Chamiot, l’un de ses plus fidèle petit soldat, a tenté de s’épargner les crises d’égo qui auraient pu naître durant son absence. Sa stature nationale lui confère en outre une respectabilité accrue même s’il lui sera probablement reproché à gauche comme à droite de s’être servi de Bourges pour assouvir ses dévorantes ambitions. Il n’est pas certain que sa présence virtuelle dans la presse locale composée de rédacteurs dociles qui lui semblent dévoués comme des groupies de la Star Academy, puisse faire longtemps illusion…

commentaires
> UMP-Cher : le retour des exclus et des rebelles - le chat - 6 septembre 2004 à 20:34

exclus : j’ai compris pourquoi

mais rebelles à quoi à qui, ne sont ils pas tous de droite ? de ce fait ils vont dans la même direction. je n’ai lu nul part que tous les hommes cités dans cette article avaient des idées novatrices et qu’ils s’engageaient pour sortir la Villede son marasme.

alors tout compte fait il n’y a rien de nouveau : le calife veut être calife à la place du calife et le vizir veut être vizir à la place du vizir.


#1551
> UMP-Cher : le retour des exclus et des rebelles - JMP - 6 septembre 2004 à  23:21

Là, vous êtes méchante ! Bien sûr que si, il y a des rebelles à droite, des révoltés de la vie prêts à braver les lois pour leur idéal. Regardez Flaurent Pagny par exemple.

#1553 | Répond au message #1551
> UMP-Cher : le retour des exclus et des rebelles - f - 10 septembre 2004 à  09:47

ils sont exclus, donc rebelles

#1559 | Répond au message #1551