Affaire Transagra : début du procès au pénal
Après huit ans d’instruction, le procès au pénal de Bernard Edme, président du Conseil d’Administration de Agri-Cher et Gilles Briollet ancien directeur de la filiale Transagra, poursuivis pour abus de confiance et escroquerie a débuté cette semaine au Tribunal Correctionnel de Bourges.
En 1996, la coopérative agricole avait été placée en cessation de paiement avec un passif de 800 millions de francs. Gilles Briollet, ancien responsable d’une « société internationale cotée en bourse » avait été recruté en 1989 pour développer les activités de Agri-Cher, formant le groupe Transagra - ancien sponsor principal de l’équipe de Basket féminin de Bourges - dont il était le Directeur Général. Il lui est reproché aujourd’hui des avenants à son contrat qui lui auraient permis de percevoir 3,2 millions de francs en 1993, 4,225 millions de francs en 1995 et 160.000 francs en 1996, en plus de son salaire mensuel de « 92.000 francs sur treize mois ». Ses démissions lui assuraient « le jackpot », selon les propos de l’avocat des agriculteurs constitués en partie civile. Au cours du procès, Gilles Briollet, combatif, est apparu comme un homme avide de pouvoir et d’argent, manipulateur et noyant habilement les questions du tribunal « dans un flot de détails », selon le quotidien local Le Berry Républicain. Gilles Briollet, placé sous contrôle judiciaire depuis 1997, comparaissait libre après avoir effectué six mois de prison et versé une caution de 2,5 millions de francs. A l’inverse, Bernard Edme, président du Conseil d’Administration de Agri-Cher, lui aussi poursuivi pour abus de confiance et escroquerie, s’est retranché derrière ses troubles de mémoire et de vigilance établis par expertise médicale pour se présenter en victime du cannibalisme financier de Gilles Briollet. Lors de la procédure civile, Gilles Briollet et Bernard Edme avaient été condamnés solidairement à une amende de 150 millions de Francs. Gilles Briollet a déjà déclaré qu’il n’avait plus aucune autre ressource que la retraite de son épouse et « quelques revenus immobiliers ». Dans un éditorial, Eric Porte dresse dans le « B.R », le tableau « d’administrateurs trompés ou aveuglés, comme peuvent l’être les membres d’une secte ; une gestion opaque, en petit comité ; des systèmes de contrôle inefficaces, un président réduit à un simple rôle de marionnette, un directeur obsédé par sa carrière et considéré par tous comme le véritable dirigeant (…) ». Il souligne par ailleurs que, selon un rapport, Agri-Cher était en situation de cessation de paiement dès 1990. « La fuite en avant aurait donc duré six ans, couverte en toute connaissance de cause par les banques et les pouvoirs publics ».
Sources : Le Berry Républicain, La Nouvelle République, France 3 Centre.