Une plume à votre disposition
Auteur d’un recueil de poèmes « Interdit aux plus de seize ans » ainsi que d’une trilogie « A la croisée des chemins » dont le premier volet « La Haine par en dessous » sortira mi-janvier 2005 (ed. du Manuscrit), Isabelle Ménétrier, résidente du Cher, a choisi de mettre sa passion et son talent de l’écriture au service des autres. Profession : écrivain public. Question autour d’un métier que l’on croyait tombé en désuétude.
Le métier d’écrivain public était tombé en désuétude. A quoi attribuez-vous ce retour en grâce ?
Isabelle Ménétrier : Des jeunes quittent l’école en sachant à peine lire et écrire. Ils s’imaginent qu’en ce monde de l’image, ils se débrouilleront sans lecture ni écriture. Mais la « vraie vie » les rattrape dès qu’il s’agit de trouver un emploi : présentation d’un CV accompagné d’une lettre de motivation rédigée sans fautes... Premier écueil !
Pourquoi avoir choisi cette activité ? Parvenez-vous à en vivre correctement ?
Isabelle Ménétrier : J’ai choisi ce secteur d’activité parce que j’aime écrire, que mon cursus scolaire me ramène infailliblement à l’écrit et qu’en vingt ans, j’ai été secrétaire, dans l’administratif et le médical, avant de tout plaquer parce que professionnellement, j’aspirais à devenir mon propre patron. Je peux dire que je réussis à en vivre car je me suis constitué une clientèle petit à petit par le bouche à oreille, fidélisée par un savoir-faire et une écoute indispensables.
Dans le Cher, combien êtes-vous à faire ce travail ?
Isabelle Ménétrier : Sur l’annuaire, une seule personne référencée. Plus un écrivain public au niveau de la Mairie. Nous sommes donc trois à priori pour la ville de Bourges. Quelles sont les personnes qui sollicitent vos services ? Des gens qui veulent mettre en page leur autobiographie à transmettre au niveau familial, des écrivains désireux de présenter correctement un manuscrit avant de tenter l’aventure de l’édition, des chômeurs ayant quitté l’école depuis un certain temps et ne sachant plus comment établir un CV, des entreprises où la secrétaire tombe malade inopinément, etc...
Percevez-vous dans notre société un recul de l’écrit, notamment chez les jeunes, adeptes du langage SMS qui normalise une forme d’expression dérivée de l’illettrisme ?
Isabelle Ménétrier : Malheureusement oui ! Les jeunes ne savent plus rédiger, ils ne maîtrisent ni l’orthographe ni les concordances de temps, ils ne respectent plus le sacro-saint plan d’une rédaction de base : introduction, développement, conclusion. Et quand, en plus, ils composent des phrases illisibles en phonétique, ils finissent par faire une confusion entre le langage sms et le langage écrit. Dramatique ! ! !
A l’avenir, sera-t-il encore utile de savoir lire et écrire, a part pour remplir son bulletin de participation à la Star’ac ?
Isabelle Ménétrier : J’ose l’espérer ! et je le crois ! On disait, à ses grands débuts, qu’Internet tuerait l’industrie du livre. Non ! En fait, les vrais lecteurs aiment tenir un vrai bouquin entre leurs mains, allongés sur un lit ou un canapé. Essayer donc de savourer un roman assis devant votre écran d’ordinateur ou en parcourant les pages A4 imprimées depuis votre salon ! Non, le plaisir n’y est pas... Et je crois que pour les véritables amoureux des mots, lire et écrire s’avèrera instinctivement indispensable, comme ce le fut pour moi dès mon CP ! Pour les autres, s’ils ne ressentent pas le besoin ni l’envie, alors une fois rempli le bulletin de participation à la Star’Ac, pour le reste, ils en appelleront à des écrivains publics !
« Interdit aux moins de seize ans », de Isabelle Ménétrier. Disponible contre 5 euros auprès de l’Association La Plume - 9/11 rue de l’Abbé Moreux - 18000 Bourges.
Site web : http://monsite.wanadoo.fr/isabelle-menetrier/index.jhtml