FCB : la mairie sur le banc des accusés
Ce n’est sans doute que le début d’une longue polémique. Alors que le FC. Bourges aurait dû être repris par un homme d’affaire Orléanais, les dirigeants accusent presque ouvertement la mairie d’avoir fait capoter l’opération « d’une manière ou d’une autre ».
Que s’est-il réellement passé au FC. Bourges ? A cette question, la justice ne devrait pas pouvoir répondre dans la mesure où le club qui devrait être placé en liquidation judiciaire n’aura alors plus d’existence juridique. Une situation qui fait au moins un heureux : Maurice Duvernoir, l’ancien président responsable de 240.000 euros de dette n’aura pas s’expliquer devant la justice, de même que la mairie de Bourges qui l’a soutenu jusqu’au bout de façon plus ou moins voilée et qui a laissé se dilapider des sommes considérables d’argent public. En attendant, la mairie de Bourges est cependant seule, dans la presse locale, au centre d’une vive polémique quant à la gestion de la crise. Désormais libres de s’exprimer, Pierrick Goblet, président par intérim et Pascal Dupuis, entraîneur de l’équipe première dénoncent très clairement l’attitude de la mairie de Bourges accusée d’avoir cherché à précipiter la chute du club. Dans les colonnes du Berry Républicain, Pascal Dupuis dénonce les contacts sans concertation avec la Berrichonne de Châteauroux « à haut niveau » (Serge Lepeltier, Ministre de l’environnement et ancien maire de Bourges est intervenu auprès de Michel Denizot pour gérer l’après dépôt de bilan). « Tous ceux que le FCB intéresse encore (...) comprendrons qu’au bout de nos efforts, nous nous sentons trahis », explique Pierrick Goblet. Selon ce dernier et selon l’avis général des observateurs du milieu du sport à Bourges, la mairie serait intervenue pour décourager le repreneur Orléanais Fousse de sauver le club. « Son offre était sincère. M. Fousse et Jacky Lemée (une figure sportive du football orléanais) ne nous ont jamais menti ! Ils souhaitaient sincèrement sortir le FCB de l’ornière, au moins jusqu’à la fin de la saison ! ». M. Fousse avait en effet déclaré accepter de verser chaque mois 12.000 euros au FCB pour équilibrer les comptes et respecter ainsi le plan de règlement des dettes contractées par l’équipe dirigeante précédente, à hauteur de près de 240.000 euros. Le lendemain, il prenait contact avec le trésorier du FCB pour lui indiquer qu’il lui faisait parvenir un premier chèque et quelques heures plus tard, il se rétractait avec embarras, en affirmant avoir subi des « pressions extérieures », sans en préciser la nature et l’origine. Réagissant très tardivement, Jean-Michel Guérineau (PCF), vice-président du Conseil Régional et Conseiller municipal d’opposition à Bourges a tenu des propos très durs à l’égard de la mairie de Bourges : « En 1995, à son arrivée, M. Lepeltier avait annoncé qu’on allait voir ce qu’on allait voir et qu’avec lui le FCB allait briller. Pour démarrer, il a fait déposer le bilan au club (dépôt de bilan que la DNCG avait qualifié de politique). Dix ans plus tard, on a vu. Le constat est désastreux : trois dépôt de bilan. Non seulement le FCB n’a pas brillé, mais il a été enfoncé financièrement et sportivement. Le véritable problème est celui de la volonté municipale dans le domaine du football à Bourges. Depuis dix ans, cette volonté n’existe plus. Comme dans bien d’autres domaines, c’est l’ambition pour Bourges qui manque à cette équipe municipale ». Pour sa part, Jean-Claude Sandrier, ancien maire de Bourges et Député du Cher a déclaré au cours d’une allocution que le « Bourges Plus Fort » de Serge Lepeltier « s’est transformé dans les faits en gestion du déclin de Bourges ». La chute du FCB s’expliquerait selon lui par « un manque d’ambition et de suivi envers un des sports des plus populaires ». Dans un article moins polémique, la Nouvelle République retrace l’histoire d’un club fondé en 1966 qui a obtenu un titre de champion de France de quatrième division et quatre dépôts de bilan : 1978 - premier club français à déposer le bilan - puis sous la gestion d’une ville UMP gérée par Serge Lepeltier, actuel ministre de l’environnement, où ce club para-municipal a dû déposer le bilan trois fois : en 1997 (600.000 euros de déficit), en 1998 (1,5 millions d’euros de déficit - liquidation judiciaire pour « repartir sur des bases saines dixit Serge Lepeltier) et en 2005, où le club a accusé un trou de 240.000 euros de déficit du fait de la gestion désastreuse d’un proche de la mairie de Bourges, Maurice Duvernoir. Un record national qu’il sera sans doute difficile d’égaler...
Sources : Le Berry Républicain, La Nouvelle République.