Archives
URBANISME

Renouvellement urbain : les locataires mécontents

lundi 28 février 2005 à 15:51, par Charles-Henry Sadien

Au cours de l’Assemblée Générale de l’Union Amicale des locataires HLM de Bourges (UAL), un fort mécontentement à l’égard du plan de renouvellement urbain se serait exprimé, rapporte Le Berry Républicain.

Parmi les nombreux reproches formulés par les locataires, celui des conditions de relogement semble particulièrement sensible. Le rédacteur Barthélemy Sanson rapporte ainsi le témoignage d’une habitante qui verra son loyer augmenter de cent euros. De nombreux locataires, dont les revenus sont souvent modestes, auraient finalement fait le choix de quitter la ville, faute de moyens. « A la rentrée, cinq classes vont fermer, sans compter les commerces. La mairie de Bourges est surprise car depuis 2000, la ville a perdu 5000 habitants. Ils sont partis d’eux-mêmes pour aller vivre en dehors de la ville », déclare M. Patrick Georges, vice-président de l’UAL. Par ailleurs, M. Christian Birbet, représentant des locataires de la rue Théophile-Gautier a mis en doûte la viabilité d’un plan qui vise à construire six pavillons HLM sur une surface de neuf cent mètres carrés, qu’il juge « trop petite pour y vivre ». Pour le Président de l’UAL, M. Lucien David, « la mixité sociale va disparaître, on va vers une ségrégation sociale avec l’augmentation du prix des loyers. On est très loin de la cohésion sociale dont nous parlait le gouvernement ». Lucien David estime en outre qu’il y a « un problème de fond car on nous a mis devant le devoir accompli. On nous a parlé de concertation mais on est plutôt déconcerté car il y a eu une information avec des tas de réunions, mais il n’y a pas eu de discussions et de négociations ».

Quelques jours plus tôt, un journaliste du Berry Républicain, Etienne Protard, s’était fait le relais, dans un article très intéressant, d’inquiétudes similaires concernant la destruction du quartier Avaricum en centre-ville. Il avait cependant évoqué un « climat de terreur » de la part des locataires qui refusaient de s’exprimer ou qui le faisaient sous couvert d’anonymat « par peur de sanctions ou de représailles ».

Source : Le Berry Républicain.