Avaricum : du plomb dans l’aile
Roland Chamiot va-t-il se transformer en girouette et les habitants du quartier Avaricum en pigeons ? Toujours est-il que le maire de Bourges par intérim a annoncé que le projet de rénovation du quartier Avaricum serait remis à plat en raison d’un manque de financement, rapportent Le Berry Républicain et La Nouvelle République.
Le premier magistrat de la ville a expliqué qu’aucun des trois groupements d’entreprises n’avait rempli les charges fixées par l’appel d’offre. Craignant des recours juridiques, la municipalité a fait le choix en urgence (ce sujet ne figure pas au programme du Conseil Municipal du Vendredi 17 mars 2005), de lancer un nouvel appel d’offre. Il semblerait que le financement du projet ne soit pas assuré au niveau de « l’équilibre financier entre les espaces publics et les espaces privés ». La construction d’un parking de 1000 places ne serait pas viable selon les entreprises privées qui seraient chargées d’exploiter les lieux, alors que paradoxalement les berruyers se plaignent d’un manque de parking en Centre-ville. Pour éviter un déficit d’exploitation, les entreprises privées auraient demandées à la ville de prendre en charge tout ou partie du coût de ce parking. Une demande qui a fait réagir le journaliste du Berry Républicain, Eric Porte, qui, dans son analyse dénonce un privatisation du projet Avaricum avec de l’argent public. « On confie l’avenir de tout un périmètre où se trouvent des immeubles gérés par l’office municipal HLM, au secteur privé », écrit-il. Et de poursuivre : « sur une opération d’une telle ampleur, qualifiée de structurante, on peut s’étonner qu’une collectivité laisse tout au privé, qui plus est, dans le cadre d’un plan de renouvellement urbain censé assurer la mixité sociale (les locataires modestes pourront-ils vraiment se payer un logement dans le futur Avaricum ?). Paradoxe : la ville pourrait, d’une manière ou d’une autre intervenirdans ce dossier... à la demande du privé. »Le projet Avaricum pourrait être retardé de six mois.
Sources : Le Berry Républicain, La Nouvelle République.