SNCF : le Cher touché par les suppressions de lignes
L’annonce par la direction de la SNCF de supprimer des trains Corail de la ligne Lyon-Nantes déclarée « ultra-déficitaire » au même titre que deux autres lignes, est un nouveau coup dur pour les villes de Bourges et Vierzon qui traversent une crise économique sans précédent depuis une dizaine d’années.
C’est au plein couur de l’été que la SNCF a confirmé son intention de supprimer 10 trains par jour sur les lignes Quimper-Toulouse, Lyon-Nantes et Caen-Le Mans-Tours, d’ici la fin de l’année 2005. D’après la compagnie ferroviaire, ces trois lignes représenteraient un déficit de 20 millions d’euros par an, sur un déficit global de 124 millions d’euros par ans pour ses 25 lignes interrégionales.
La ligne Lyon-Nantes qui passe notamment par Bourges est depuis deux ans menacée de suppression. L’influence du maire de Bourges ancien ministre du gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin semble avoir été totalement inefficace. Dans la torpeur de l’été, les réactions ont été pour l’heure assez confidentielles dans le Cher. Seuls les syndicats semblent avoir exprimé leur désapprobation, les élus du département du Cher brillant dans leur immense majorité par leur silence. D’après Le Nouvel Observateur, une première action de sensibilisation s’est déroulée le 8 août à l’initiative des Présidents des Régions de Basse-Normandie, des Pays de la Loire et du Centre, en gare du Mans. Selon eux, 500.000 voyageurs par an pourraient être lésées si le projet se concrétisait.
La question des transports ferroviaires risque bien de devenir un nouveau champ de bataille entre les Régions (majoritairement à gauche) et l’Etat (ultra-conservateur). Ainsi, selon L’Humanité, le Ministre des Transports, Dominique Perben, couvrirait la SNCF : « ce sont bien les décisions politiques du gouvernement qui dictent à la SNCF une politique d’abandon et de démantèlement de ses missions de service public », estime le quotidien communiste. Pour Le Figaro, la SNCF refuserait « d’assumer seule les pertes des trains Corail ». Selon les syndicats cette vision des choses relèverait d’un « chantage » de la SNCF qui voudrait que les Régions assument les déficits sur ces lignes.
Pour sa part, Le directeur général de la SNCF, Guillaume Pépy, s’est justifié sur France 2 en déclarant que « service public ne rime pas avec déficit ». Une argumentation à laquelle L’Humanité répond en rappelant que si les lignes interrégionales Corail sont déficitaires, cela n’a pas empêché la SNCF de passer entre 2003 et 2004 de 11 millions à 323 millions d’euros de bénéfices (source : rapport annuel de la SNCF).
Sources : Le Berry Républicain, Libération, L’Humanité, Le Nouvel Observateur, Le Figaro, France 2.