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RENTREE SOCIALE

Mobilisation syndicale générale

vendredi 30 septembre 2005 à 12:22, par Charles-Henry Sadien

Le Parti Communiste à Bourges parle d’une mobilisation unitaire sans précédent depuis trente ans. Le 4 octobre 2005, la rentrée sociale risque d’être chaude pour le Gouvernement de Dominique de Villepin qui, si l’on en juge la mobilisation de la plupart des syndicats, ne semble pas avoir réussi son pari des « cent jours » pour « redonner confiance aux français ». Petit tour d’horizon des revendications syndicales.

Mobilisation syndicale générale

CFE-CGC. Le propret syndicat des cadres, ingénieurs, techniciens, agents de maîtrise et force de vente, n’est pas content du tout. Il publie un dossier spécial pour justifier de sa mobilisation, parlant de « recul social sans précédent » concernant le Contrat Nouvel Embauche. La CFE-CGC dénonce le « détricotage du droit du travail », l’extension des dérogations à la loi sur les 35 heures et la dégradation des condition de rémunération des heures supplémentaires avec les « forfaits en jours », la loi Fillon du 4 ami 2004 réformant le dialogue social se transformant en « chantage à l’emploi », la loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005 « suicidaire pour l’emploi du salarié », l’ordonnance du 2 août 2005, « une date maudite pour le droit du travail français (...) qui exclut du décompte des effectifs les salariés de moins de 26 ans qui permet aux entreprises de 35 salariés d’embaucher sept jeunes sans avoir à mettre en place un comité d’Entreprise (...) quand ils sont jeunes, les salariés ne comptent pour rien, quand ils sont âgés, les entreprises s’en délestent ! » En conclusion, la CFE-CGC, décidément très en colère, édite un document sarcastique sur la « Grande braderie estivale, jusqu’à liquidation totale du Code du Travail » où l’on peut lire «  Pour baisser le chômage, le gouvernement solde le travail des jeunes de moins de 18 ans, les dimanches, la nuit et les jours fériés, brade les licenciements économiques qui ne sont plus contestables, liquide les jeunes de moins de 26 ans dans l’entreprise, double votre temps de travail pour le même salaire, temps de déplacement offert ! »

CGT. La Confédération Générale du Travail, se félicitant de l’unité syndicale a mis en ligne un tract commun, ce qui... n’est pas commun. Elle appelle, dans un communiqué du 29 septembre 2005 à « poursuive et amplifier la participation aux arrêts de travail et aux manifestations du 4 octobre » et estime « nécessaire que cette mobilisation trouve d’importants prolongements. » La CGT présume par avance du succès de cette journée destinée à « marquer la vie politique et sociale de notre pays ». Selon elle, « plutôt que de pratiquer une fuite en avant dans la répression policière ou les sanctions disciplinaires, le gouvernement et le patronat feraient bien mieux d’accepter l’ouverture de négociations sur les revendications qui s’expriment. » Dans l’esprit de la CGT, la journée du 4 octobre 2005 n’est qu’un début qui doit lui servir de base pour « définir, compléter ou préciser », ses revendications.

FORCE OUVRIERE. Du côté des amis de Marc Blondel, chacun se réuni autour d’un slogan simple mais éloquent : « Plus de salaire, moins de précaires ». Force Ouvrière appelle à une grève massive le 4 octobre « et plus si pas d’affinités ». Le syndicat dresse un panel de ce qui ne va pas : licenciements (« dictature de la profitabilité »), le pouvoir d’achat (« les salaires de la honte »), la débandade à la SNCF (vieillissement des installations, suppression de lignes...), la politique de lutte contre le chômage (qui est une chasse aux chomeurs davantage qu’une politique en faveur de l’emploi), les hôpitaux « sous pression », la crise du logement, le projet de « déréglementation » du service public, pris au niveau Européen, le retour incognito de la directive Bolkestein, dont le Président de la République Française, Jacques Chirac avait assuré qu’elle était définitivement morte et enterrée... Bref, il y a de quoi ratisser large.

CFTC. La Confédération Française des Travailleurs Chrétiens est aussi de la partie et, comme les autres syndicats appelle « l’ensemble des salariés du public et du privé, des petites aux grandes entreprises, les demandeurs d’emploi, et les retraités à une journée nationale d’actions et de mobilisation. Mais la CFTC, plus modérée, n’a pas lancé de mots d’ordres chocs, se contentant de publier l’appel unitaire des principaux syndicats français. Sur son site internet, la CFTC préfère jouer un rôle pédagogique en rappelant la législation sur le droit de grève. Malgré tout, timidement, la CFTC trouve quelques motifs d’insatisfaction à travers des variables comptables et statistiques : le salaire des fonctionnaires d’Etat en baisse, les accidents mortels du travail en hausse...

CFDT. Tout comme la CFTC, la Confédération Française Démocratique du Travail ne s’adonne pas à une prose abondante concernant la journée du 4 octobre 2005. Elle rappelle la situation du « chômage massif persistant, pouvoir d’achat en baisse, précarisation de l’emploi avec la mise en place du contrat nouvelles embauches, négociations difficiles sur l’emploi des seniors et la pénibilité au travail... » en espérant que la journée unitaire du 4 octobre 2005 permettra de peser sur les choix du patronat et du gouvernements. La CFDT stigmatise tout particulièrement le Contrat Nouvelle Embauche que le Premier Ministre Dominique de Villepin met en avant comme le remède miracle au chômage. La CFDT estime plutôt qu’il s’agit là d’un outil supplémentaire de précarisation du travail, rappelant que les deux tiers des offres d’emploi proposées par l’ANPE concernent des contrats de moins de six mois. Viennent ensuite les problèmes de salaires et d’évolution de carrière, le problème de l’emploi des personnes en fin de carrière et la négociation « UNEDIC ».

SOLIDAIRES 18. Toujours très en forme, l’Union Syndicale Solidaires 18 appelle les salariés, les chômeurs et les retraités à participer à la journée de grève interprofessionelle du 4 octobre 2005, souhaitant qu’elle soit « le point de départ d’un processus de mobilisation de grande ampleur, dans la perspective d’une grève générale reconductible permettant de faire céder le gouvernement. » L’Union Syndicale Solidaires 18 estime que « le gouvernement Villepin a porté de nouveaux coups aux salariés : contrat nouvelle embauche, mesures fiscales favorables aux couches les plus aisées, remise en cause de la progressivité de l’impôt, sanctions contre les chômeurs, modification des seuils sociaux, poursuite des privatisations et aggravation des attaques contre les services publics. » Solidaires 18 dénonce en outre un pouvoir d’achat des salariés « en stagnation voire en diminution. »

Enfin, de son côté le Parti Communiste de Bourges, ne cache pas sa satisfaction face à l’organisation de cette manifestation unitaire, « une unité sans précédent depuis trente ans ! ». Les amis du député communiste du Cher Jean-Claude Sandrier rappellent la situation particulièrement alarmante à Bourges et dans le département : baisse démographique, fermetures de services publics, licenciements à GIAT, MBDA, menaces chez Michelin... Requinqué, le PCF de Bourges devrait même profiter de cette manifestation pour lancer une campagne de recrutement en distribuant un tract avec un bulletin de soutien ou d’adhésion qu’il faut renvoyer au siège du parti.

Voici les horaires et lieux pour les manifestations prévues dans le Cher à l’occasion de cette journée du 4 octobre 2005 :

 Bourges : 10h30, Place Séraucourt
 Vierzon : 10h30, Forum de la République
 St-Amand : 10h30, Place Carrée
 St Florent : 10h30, Place de la République
 La Guerche : 10h30, Place du Général de Gaulle