Couvre-feu : réactions
Dans un communiqué commun transmis à notre rédaction le 8 novembre en soirée, plusieurs organisations parmi lesquelles La Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, Le Syndicat des avocats de France ou encore le Parti Communiste Français, on exprimé leur hostilité au recours sur décision du Premier Ministre, à la loi du 3 avril 1955 instaurant une mesure de couvre-feu dans les quartiers de certaines villes de France pour les mineurs.
D’après les auteurs du communiqué cette mesure serait « déjà de l’ordre d’une logique de guerre », rappelant que « même en mai 1968, alors que la situation était bien plus dramatique, aucune loi d’exception n’avait été utilisée par les pouvoirs publics ». Reconnaissant la nécessité de stopper les violences dans les banlieues les auteurs du communiqué s’interrogent sur la réelle opportunité d’avoir recours à une législation d’exception héritée de la période coloniale. En effet, cette loi avait été adoptée afin de tenter de rétablir le calme durant la guerre d’Algérie. « Les banlieues n’ont pas besoin d’état d’exception : elles ont besoin, désespérément, de justice, de respect et d’égalité. » Dans un second communiqué, l’Union Syndicale Solidaires du Cher explique les actuels mouvements de violence par « un développement de la pauvreté, du chômage, la précarisation sociale généralisée mais aussi les discriminations » Elle stigmatise le « démantèlement des services publics, l’asphyxie financière et le mépris des associations de terrain » ainsi que l’abandon de la politique de prévention. « Les affrontements de jeunes avec la police sont l’expression d’une rage et d’un désespoir face à une société qui ne leur fait aucune place. » L’Union Syndicale Solidaires du Cher dénonce les provocations du Ministre de l’Intérieur, M. Nicolas Sarkozy « démagogiques, électoralistes et populistes ». D’après L’Union Syndicale Solidaires la réponse aux violences actuelles passe par « l’égalité d’accès aux droits fondamentaux (emplois, logement, éducation, santé, transports, culture), le rétablissement et l’augmentation des crédits destinés aux associations de terrain et aux politiques de prévention ainsi que l’arrêt des politiques de criminalisation des populations défavorisées, des populations immigrées, et des jeunes des quartiers populaires. »
Sources : agitateur.org.
– Communiqué de presse du 8 novembre 2005 à 20h24 de : Alternative Citoyenne, ATMF, CEDETIM, Comité des sans-logis, CRLDHT, Fédération syndicale unitaire, Ligue communiste révolutionnaire, Ligue des droits de l’Homme, MRAP, Parti communiste français, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, Union syndicale Solidaires, Les Verts.
– Communiqué de presse du 7 novembre 2005 à 23h00 de : Union Syndicale Solidaires du Cher.