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STRATEGIES POLITIQUES

Partons à la découverte du Parti Radical

vendredi 25 novembre 2005 à 16:43, par Charles-Henry Sadien

Quasiment inconnu et inexistant dans le Département du Cher, Le Parti Radical devrait y gagner en notoriété dans les mois qui viennent, avec le retournement de veste du maire de Bourges Serge Lepeltier, mis sur la touche par ses anciens amis de l’UMP. Voici donc où Serge Lepeltier va mettre les pieds...

Le désert dans le Cher. Le Parti Radical ne dispose même pas de bureau départemental dans le Cher. En Région Centre, seuls quatre départements sur six disposent d’un bureau : l’Indre, l’Indre et Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret. Une situation qui s’explique par le fait que le haut Berry est dominé par une frange très dure de la droite et par les libéraux, à l’image des multiples tentations et tentatives d’alliances avec l’extrême droite constatées ces dernières années. Le Président Régional est Grégoire Mallein, qui, à tout juste quarante ans, est aussi Conseiller Général du Loiret et président du bureau du Parti Radical dans ce département.

Avec comme figures charismatiques les ministres Jean-Louis Borloo, François Loos et Renaud Dutreil, le Parti Radical se fond dans la majorité gouvernementale de l’UMP mais se revendique comme un parti indépendant. Un petit parti peu connu du grand public mais qui est pourtant le plus ancien parti politique de France puisque sa naissance date du Congrès de Paris des 21-23 juin 1901. Parmi les grands noms de l’histoire du parti, on peut citer Emile Combes, Georges Clémenceau, Pierre Mendès-France, Gaston Doumergue, Edouard Herriot ou encore Edouard Daladier.

Humanisme, social, laïcité. Le Parti Radical se revendique de l’héritage des radicaux de la Révolution Française aux aspirations pouvant apparaître parfois contradictoires comme la défense d’une forme de libéralisme dans un Etat fort mais aussi où se mêlaient des courants opposés entre les régionalistes et les partisans d’un centralisme rigoureux. Durant le second empire le mouvement radical fût incarné par Gambetta (un boulevard de Bourges porte son nom) s’opposant au régime autoritaire. Les idées et actions du Parti Radical sont guidées par une forme de défense de l’humanisme. Contrairement au Parti de M. Nicolas Sarkozy, le Parti Radical est attaché à la laïcité (séparation des Eglises et de l’Etat). Et pour cause : c’est lui qui est à l’origine de cette loi dont on fête cette année le centenaire.

Durant la période de l’entre-deux guerres, le radical Edouard Herriot instaurera la gratuité de l’enseignement secondaire et inventera l’expression de « Français moyen » qui correspond bien au cœur de cible du parti. En 1936, le Parti Radical adhère au Front Populaire. Durant la guerre les radicaux refusent massivement l’armistice et beaucoup se lancent dans la résistance. Jean Moulin, préfêt de Chartres est sans doute la figure la plus connue de la résistance parmi les radicaux. Après la guerre, le Parti Radical se recadre sur trois grands chantiers : la réconciliation franco-allemande, la construction européenne et la décolonisation. En 1972 le débat fait rage sur la question de l’alliance avec le Parti Communiste. Les radicaux les plus favorables à l’alliance décident de fonder le Parti Radical de Gauche.

De façon peut-être un peu caricaturale, l’idéologie du Parti Radical se résume en quelques mots : humanisme, laïcité, fibre sociale et européenne.

Un éléphant dans un magasin de porcelaine... Que vient faire Serge Lepeltier là-dedans ? Tout dépend d’abord de quel Serge il est question. Si l’on parle du Serge Lepeltier qui est arrivé à la tête de la mairie de Bourges en 1995 pour refuser de signer des certificats d’hébergements, en faisant installer partout dans la ville des fleurs de lys, et un slogan « Bourges ville souveraine », ou encore en organisant des mariages princiers à la cathédrale... le lien avec le Parti Radical est peu évident. Serge Lepeltier était alors dans le département du Cher, à la tête d’une droite extrêmement dure, entretenant des relations presque amicales avec les responsables départementaux du Front National.
Cependant, la conscience politique de Serge Lepeltier a ensuite évoluée, d’abord par opportunisme, et ensuite - on peut le supposer quand même - par conviction. Serge Lepeltier a cherché à prendre une place vacante de « monsieur environnement » au sein du RPR. Il s’est ensuite intéressé aux mouvements alter-mondialistes et au développement durable. Dans un premier temps, cela lui a énormément réussi. Au niveau local, il a réduit à néant la gauche et le Parti Communiste, très puissant dans le Cher. Au niveau national, il a réussi, lentement, difficilement mais inexorablement une ascension jusqu’au poste de Ministre de l’environnement.

Un sommet d’où il retombera très vite. Car son évolution idéologique ne s’est pas faite sans casse. Il a dû écarter de nombreux amis politiques, trop extrémistes, qui l’avaient mené à la tête de la ville de Bourges. Certains, à l’image de Franck Thomas-Richard, traînaient des casseroles beaucoup trop lourdes qui auraient pu entraver l’ascension du maire de Bourges. Aujourd’hui, ceux qui ont été éjectés sans ménagement se sont tous trouvés un objectif commun : faire tomber le « petit roi de Bourges » comme on le surnomme par ici. De plus, Serge Lepeltier, trop marqué pour son appartenance aux « Chiraquiens » s’est retrouvé totalement marginalisé à l’UMP au fur et à mesure de la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy, notamment dans le Cher.

Une stratégie qui pourrait être gagnante. Après avoir tenté brièvement mais en vain de se repositionner en s’affichant aux côtés de Nicolas Sarkozy durant le congrès des pompiers qui s’est déroulé cette année à Bourges, Serge Lepeltier a dû se rendre à l’évidence qu’il était devenu tricard au sein de l’UMP. Pour sortir de l’impasse, il a rejoint le Parti Radical dont la ligne se rapproche le plus de ses idées du moment. Pour l’instant, rien n’indique que sa stratégie sera gagnante. Serge Lepeltier apparaît en effet bien seul au Parti Radical du Cher face à la frange libérale de l’UMP plus puissante que jamais dans ce département. Serge Lepeltier va devoir se trouver de nouveaux amis et créer de nouvelles alliances pour retrouver un peu d’influence.

En parallèle, la gauche locale, déjà mal en point, risque de beaucoup « morfler » face au repositionnement de Serge Lepeltier et ce cette « guerre des droites » à l’horizon des prochaines élections municipales. Car entre un programme de gauche et un autre très à droite avec une ligne Sarkozyste particulièrement agressive, Serge Lepeltier pourrait bien grappiller des voix tant à droite qu’à gauche, autours d’un programme alternatif plus pragmatique et plus « doux ». Et là, on pourrait dire qu’il s’agit d’un coup de maître. D’ici là, il y aura quand même de l’eau qui passera sous les ponts...

commentaires
Quel événement a incité le parti radical à adhrérer au front populaire ? - 12 décembre 2007 à 14:27

J’ai étudié la formation du front populaire en histoire et je me demande quel événement a poussé le parti radical à adhérer au front populaire en 1936 alors qu’il n’y était pas très favorable au début. Merci de me répondre.


#9136
Stratégie de Lepeltier - 29 novembre 2005 à 16:41

La strarégie de Lepeltier est la même que celle de Chirac, beaucoup de belles paroles, promesses démagogique etc...... pour se faire réelire et après on fait tout le contraire. Rappelons-nous de la "Fracture sociale"..

Ou sont-ils les politiciens sincères (J’allais dire honnêtes) ???? Rien d’étonnant que l’on voisine les 50% d’abstentions.....

Attention ! il y a danger !!! Dangereux dans certains qu’il veulent se faire élire à la Présidentielle. Et je ne parle pas de lepen.....

Il faut se révéiller avant qu’il ne soit trop tard.


#3292
Partons à la découverte du Parti Radical - 29 novembre 2005 à 11:59

Peut-être autant mettre en ligne l’adresse de leur site internet (mais c’est vous qui voyez l’Agitateur si ce serait en faire la pub) et comme ça on verrait directement que le gouvernement actuel fait bien passer les idées du parti radical valoisien.
Perso, je ne vois pas différence avec l’UMP et Sarkozy.
Mais la droite a ses nuances subtiles qui doivent m’échapper : les uns sont partisans du racisme en répendant l’idée que la polygamie des sauvages africains qui mangent leurs femmes est responsable des feux de banlieues, et les autres que les délinquants de couleurs sont des animaux.
Vraiment des tendances pareilles montrent que nous avons affaire à des personnes hautement éclairées par les lumières de l’Occident.

Qui disait sur ce site de l’Agitateur que le non à la constitution européenne avait forcément une forte proportion de nons racistes ?

Et bien quand on lit ce qu’on lit sur le site de parti radical valoisien qui a la fibre "européenne et sociale" on voit bien que c ’est le oui qui est porteur des thèses racistes.
Alors Fromion, Thomas-Richard, Lepeltier, Sarkozy, Borloo, Villepin et compagnie , qu’ils se tirent dans les pattes tant qu’ils peuvent, on s’en fout et on le sait... Ce qui est grave, très grave, ce sont les idées qu’ils répandent... qui ont la m^me odeur que celles de Lepen.

Merci, l’Agitateur , pour les infos sur les connivences entre le FN, les aristocrates, et les UMP locaux toutes "tendances" confondues.

On est mal barrés.


#3291
Partons à la découverte du Parti Radical - 1er juin 2006 à  15:02

Pour voir des propos racistes sur le site du Parti Radical, il faut, soit être de très mauvaise foi, soit s’être trompé de site. Le terme "radical" renvoie au 19ème siècle, il servait alors de substitut au mot "Républicain", interdit par la monarchie de juillet.
Les radicaux sont tous sauf racistes.
En revanche, des discours comme le vôtre, remplis d’amalgame et de contre-vérités, aussi agressifs qu’haineux, aussi populistes que peu renseignés, sont souvent l’apanage des extrêmes.

#4444 | Répond au message #3291
Partons à la découverte du Parti Radical - 27 novembre 2005 à 12:08

Rappelons aussi que l’adhésion du parti radical au Front populaire fut de courte durée et qu’il le fit tomber. Rappelons aussi que le radical Daladier, alors Président du Conseil, signa les accords de Munich en septembre 1938, autorisant Hitler à annexer une région de Tchécoslovaquie : les Sudètes.


#3274
Partons à la découverte du Parti Radical - 27 novembre 2005 à  13:30

C’est un peu plus complexe que cela.

#3275 | Répond au message #3274
Partons à la découverte du Parti Radical - 27 novembre 2005 à  16:31

C’est à dire..

#3277 | Répond au message #3275
Partons à la découverte du Parti Radical - 27 novembre 2005 à  19:53

C’est à dire que les communistes ont un peu aidé la chute du front populaire et que les anglais ont un peu aidé la signature de munich. Daladier avait bien conscience qu’il avait fait une connerie (cf. "les cons, s’ils savaient !" à la descente d’avion) mais il n’en porte pas l’entière responsabilité. Et là, je résume encore, c’est encore beaucoup plus complexe que ça. Ce que l’on peut dire pour apporter un élément d’information supplémentaire, c’est que la grande spécialité du parti radical entre les deux guerres était de commencer les législatures dans une coalition et de les finir dans une autre. Un peu girouette quoi ! Là dessus, Lepeltier est complètement en phase avec l’histoire du parti radical.
En fait, il faut distinguer quatre périodes pour les radicaux : 1870-1918 ;1918-1940(je passe sur la période de l’occupation où le meilleur et le pire peuvent être trouvés dans tous les partis) ;1945-1972 ;1972-Aujourd’hui.

#3278 | Répond au message #3277
Partons à la découverte du Parti Radical - 27 novembre 2005 à  23:45

Ma réponse à l’article de JMP avait simplement pour but de préciser qu’entre l’adhésion au Front populaire et la Résistance, il y avait eu quelques événements historiques dans lesquels les radicaux avaient joué un rôle. Sur le Front populaire, je ne crois pas que les critiques et le comportement du PCF soient de même nature que ceux du parti radical : le premier me semble avoir été fidèle à l’esprit du Front populaire (en plaidant la cause de l’Espagne républicaine, en lui apportant une aide matérielle et humaine quand le gouvernement prônait la neutralité dans le conflit ; de même que le PCF a combattu la pause dans les réformes dès 1937) ; les radicaux ont cédé aux sirènes de la droite et ont changé d’alliance électorale, pour remettre en cause les réformes sociales comme les 40h. En cela oui je suis d’accord avec vous, l’opportunisme du parti radical est une réalité.

Je n’ai pas affirmé que Daladier portait l’entière responsabilité de la signature de Munich ; il n’empêche qu’il a signé (lucidement je vous l’accorde)contribuant à l’isolement de l’URSS, que beaucoup de la droite aux radicaux, craignaient plus que l’Allemagne nazie.

Enfin, je trouve un peu rapide de dire que "le meilleur et le pire peuvent être trouvés dans tous les partis" lors de l’Occupation. Ce nivellement est pratique mais tendancieux.

#3279 | Répond au message #3278
Partons à la découverte du Parti Radical - loup gris - 28 novembre 2005 à  18:12

Les accords de Munich en 1938 n’ont pas isolé l’URSS un peu plus, l’URSS n’était pas isolée car la France avait signée avec elle le 2 mai 1935 à Prague un traité d’assistance mutuelle. Ce traité a été dénoncé lors de la signature du pacte germano soviétique le 23 août 1939. Vous connaissez la suite.

Cordialement

#3282 | Répond au message #3279
Partons à la découverte du Parti Radical - 28 novembre 2005 à  23:17

Dire que l’URSS n’atait pas isolée en 1939 parce que la France avait signé un pacte avec elle en 1935, montre que Loup gris ignore qu’en diplomatie, les choses changent très rapidement. C’est incoyable de voir que la vision de ce pacte soit ainsi figée alors que la connaissance de l’histoire diplomatique progresse et apporte un éclairage nouveau sur cette question, ô combien idéologique pour certains. Je vous renvoie à l’excellent article d’Annie Lacrois Riz dans le Monde diplomatique sur cette question.

#3287 | Répond au message #3282
Partons à la découverte du Parti Radical - Jean-Michel Pinon - 28 novembre 2005 à  09:56

Je trouve vos contributions à tous très intéressantes. Cet article est bien entendu un résumé de l’histoire du parti, au point d’être parfois trop synthétique... d’autant plus que je ne suis pas un fin connaisseur de cette formation politique qui n’avait ces dernières années aucun poids dans le département du Cher. J’ai ajouté quelques mots sur la scission de 1972. J’aurais pu également aborder l’union autour de Jaurès, détailler davantage les clivages entre les radicaux de droite et les radicaux de gauche, la modernisation de la pensée radicale dans les années 30 (appelé "le mouvement jeunes turcs") etc... Libre à vous de nous éclairer de vos connaissances dans ce forum... !

#3280 | Répond au message #3274
Quel événement a insité le parti radical à adhérer au front populaire ? - 8 décembre 2007 à  14:43

J’ai étudié la formation du front populaire en histoire et je me demande quel événement a poussé le parti radical à adhérer au front populaire en 1936 alors qu’il n’y était pas très favorable au début. Merci de me répondre.

#9085 | Répond au message #3274
Partons à la découverte du Parti Radical - 26 novembre 2005 à 18:38

Vous avez bien fait de rappeler l’implication des radicaux dans la
Résistance.

Mais si j’ai bonne mémoire, n’en déplaise à Cyrano, S Lepeltier a été élu maire de Bourges en 1995 et non en 1997.

Concernant le parti radical, celui-ci a éclaté en 2 lors du "programme commun" de 1972. L’aile gauche emmenée par Robert Fabre a rejoint F Mitterand, par contre l’aile droite refusant de s’allié aux communistes a pris le nom de radicaux "valoisien", pour se démarquer des radicaux de "gauche". Donc notre maire aurait rejoint les valoisiens ?

Cordialement


#3272
Partons à la découverte du Parti Radical - Mister K - 26 novembre 2005 à  19:41

Bien vu pour l’erreur de date sur la première élection de Serge Lepeltier à la mairie de Bourges ; ce n’est effectivement pas 1997, mais bien 1995. L’erreur est corrigée.
Merci de votre vigilance.

#3273 | Répond au message #3272
Partons à la découverte du Parti Radical - le tablier - 8 janvier 2006 à  12:13

Absolument, les autres on les connait !

les radicaux de gauche avaient réussi à présenter un candidat en 98 au Conseil Général du Cher, fort sympathique, mais qui était très jeune et qui a dû partir à Orléans. Le Loiret comptait un peu sur lui pour ouvrir une antenne dans le Cher, mais ils ont dû se rendre à l’évidence : à moins d’une énorme figure, locale et nationale, c’est quasiment infaisable. Au Conseil Général du Cher, il y a actuellement Pierre Rabineau, élu de Vailly/Sauldre apparenté de gauche, dont on dit qu’il est radical. C’est possible, c’est quelqu’un de calme et discret, qui monte rarement au créneau, sauf sur les questions de laïcité et de démocratie participative, on va dire ça comme ça, ce qui tendrait à démontrer qu’il est effectivement davantage de cette famille idéologique.

Et puis il y a Vierzon maintenant, en ce qui concerne le radicalisme. On ne sait plus quel radicalisme est hébergé à Vierzon, d’ailleurs, et ce n’est pas une perfidie : pour le savoir, il va falloir attendre la montée en charge des prochaines périodes électorales. Vierzon, c’est toujours très compliqué (ça, c’est une perfidie !).

Le parti radical valoisien a été secoué par un petit scandale dans le Cher il y a 5 ou 6 ans, quand l’un de ses pontes (et même le chef si mes souvenirs sont exacts), ancien président de la CCI, a eu quelques violents démêlés avec la justice, qui l’ont conduit à sortir par la petite porte, menottes aux poignets.

Il est donc probable que Lepeltier ait été admis à redorer le blason des valoisiens, qui en a bien besoin. Il ne serait pas impossible qu’il soit admis à redorer celui des radicaux de gauche, même si c’est nettement moins probable, pour deux raisons majeures.

La première, c’est qu’en rétablissant des liens qu’il a déjà eus avec un certain nombre d’entre eux, il aiderait ainsi le PS à chasser définitivement Rousseau de Vierzon sans passer par les communistes. Le PS ne peut pas le faire tout seul à Vierzon. Du coup, tout le monde y trouverait son compte, plus ou moins.

La deuxième, c’est qu’il se débarasserait dans le même temps de son étiquette de politicien, celle qu’il a acquise à force de ténacité pour grimper jusque dans les hautes sphères. C’est bien pour des carrières nationales, mais les places sont chères et squattées. Comme Lepeltier a été ministre sur un créneau qui ne mange pas de pain (c’est un constat, ce n’est pas un jugement) il ne semble pas qu’il ait d’autre occasion de sitôt, et il est donc nécessaire pour lui d’envisager un repli en toute quiétude, dans le genre maire de Bourges pour le restant de ses jours. Ne riez pas, c’est dur de redevenir vicomte quand on a été prince. Et pour ça, il ne faut pas "faire de politique".

Cette idée débile traverse toutes les couches de la société, et on la voit souvent transparaître dans les lignes de l’agitateur, sous des formes diverses et variées (tous pourris, tous malhonnêtes, tous vendus, ne votons plus, etc...). C’est l’un des travers modernes de nos sociétés occidentales, mais il faudrait faire une thèse dessus, donc pas aujourd’hui. Mais peut-être que Bibi-fricotin voudra bien nous la faire ?

L’étude dese arcanes du pouvoir n’est pas une fin en soi, elle aide surtout à ne pas être naïf. Qu’est-ce que ça peut nous faire que nos élus soient des hommes avec des passions ? Au fond, c’est ce qu’on leur demande, ils sont tels que les électeurs les veulent, n’oublions jamais cela. Quand des déséquilibres se produisent, chacun a sa part. l’abstention aussi.

Bien sûr, il est indispensable de ne pas piocher dans la caisse, mais ce n’est pas la seule condition pour exercer la responsabilité publique. Ce n’est que la condition de base. Et quand on ne la remplit pas, il y a l’arsenal juridique nécessaire pour vous mettre en taule ou vous laminer politiquement.

Il y a davantage, avoir des idées, de service à la citoyenneté de préférence, et ne pas se contenter de faire des DVD. Allez voir dans la boutique d’à côté, celle où se souhaite la bonne année.

C’est pour cela que l’aventure Lepeltier est intéressante, un peu comme celle de Rousseau à Vierzon. Remarquez, il y en a partout. Citez maurice Leroy aux communistes du Cher, ils vont faire la gueule. Evidemment, l’ancien dir-cab des villes communistes, rédacteur de l’Huma, qui devient président du conseil général du Loir-et-Cher sous l’étiquette RPR, puis UDF, ça les fait pas marrer. Moi si !

Qui est-ce qui parlait d’union sacrée dans le bistrot voisin ? Ben voyez, ça existe...

Allez, bye.

#3493 | Répond au message #3272