Abus en Zones Franches ?
Les Zones Franches de Bourges seraient-elles des nids à patrons voyous et autres chasseurs d’aides publiques ? C’est en tout cas ce que laissent entendre La Nouvelle République et France 3 Centre dans leurs enquêtes respectives.
Créées il y a dix ans pour les zones urbaines difficiles de plus de 10.000 habitants, les Zones Franches fêtent en France leur dixième anniversaires. Avec un bilan mitigé ou du moins, incertain, notamment à Bourges qui comportent deux zones d’activités représentant environ 700 emplois sur le secteur Esprit 1 et 300 emplois sur le secteur Comitec pour une centaine d’entreprises. Bénéficiant de toute une panoplie d’exonérations fiscales pour les entreprises sont censées permettre l’embauche de salariés dans des zones dont le taux de chômage est élevé, avec une forte proportion de jeunes dans la population, dont une part importante sortie du système scolaire sans diplôme et un faible potentiel fiscal. Le but recherché est d’inciter les entreprises à s’implanter dans ces zones et d’embaucher. Cependant, dans les faits sur le terrain, les Zones Franches seraient assez éloignées de cet objectif initial. Patrick Senée, Directeur du développement économique et urbain de Bourges Plus a concédé qu’il n’y avait pas de véritable créations d’activités mais « une très large majorité de transferts » avec pour effet pervers d’attirer une grande quantité de cabinets médicaux en raison de l’exonération des charges, parmi lesquels on trouve le cabinet ORL de Philippe Gitton, maire-adjoint de Bourges (UMP) et celui du cardiologue Franck Thomas-Richard, ancien député du Cher (UMP). Interrogé par France 3, Patrick Senée a avoué qu’il n’y avait pas actuellement de statistiques fiables pour évaluer le nombre de créations d’emplois pour les habitants des quartiers. Cependant, au niveau national, un tiers des salariés seraient des habitants des quartiers en difficulté.
Sources : La Nouvelle République, France 3 Centre, INSEE.