Et vous, toujours là ?
Flash spécial. L’Agitateur est toujours en activité et il ne coûte rien à la collectivité, contrairement au guignol terrifiant qui est exposé derrière l’ancien hôpital de Bourges.
Oui, c’est vrai, l’Agitateur a tourné au ralenti en novembre. Mais pour ce qui est de la vitrine légale seulement. Nous ne nous endormons pas sur nos lauriers. Car en coulisses nous sommes très occupés ce qui explique le ralentissement de l’activité rédactionnelle. Mais nous sommes toujours bien présents ; certains s’en réjouiront, d’autres continueront à planter des aiguilles sur leur poupée vaudoue en espérant que nous finissions par disparaître du paysage. L’absence de consensualisme est évidement essentiel à la vitalité d’un site comme le notre où un mauvais article est un article qui ne susciterait aucune réaction.
Ceci dit, il faut souligner que la profusion de sites d’information berruyère rend moins indispensable L’Agitateur. Entre le site para municipal Bourges.infos, celui plus pragmatique de Bourges 2008.info, ou encore le mystérieux Bourges 2008.com, sans oublier les versions webs de notre presse quotidienne régionale, le choix est vaste. Nous avons, très longtemps, été bien seuls sur la toile. Ce n’est que depuis quelques mois que d’autres sites ont vus le jour, avec notamment l’apparition de blogs de personnalités politiques.
Il y a évidement lieu de se réjouir du fait que nous n’ayons plus le monopole de l’info sur le net. Si chaque berruyer pouvait être un média à lui tout seul, cela signifierait que nous aurions gagné un de nos objectifs qui est l’implication citoyenne des habitants de Bourges dans la vie de leur cité.
Nous nous réjouissons également qu’il y ait - enfin - une prise de conscience généralisée, y compris du côté de la majorité municipale de droite (longtemps perdue dans un discours d’autosatisfaction illusoire et dangereux), sur les difficultés de notre ville, alors que nous avons tiré la sonnette d’alarme il y a dix ans et que nous avons martelé jusqu’à aujourd’hui cet appel à une prise de conscience pragmatique. Nous y sommes parvenus. Charge à chacun désormais, à son niveau et selon ses moyens d’avoir des idées pour nous sortir de la mouise, et, éventuellement pour ceux qui le peuvent (nos élus, nos entrepreneurs, nos responsables associatifs, nos mécènes...) de passer à l’action.
Que des propos soient maladroits, qu’ils soient absurdes ou pertinents, que nous soyons d’accord ou pas, peu importe. L’important est de ne pas laisser le monopole de la parole à quelques élus et notables locaux ou quelques journalistes professionnels ronronnants, qui veulent faire la pluie et le beau temps dans notre ville et qui ne sont pas plus intelligents que nous.
Pour notre part, nous prendrons toujours un malin plaisir à écrire des tartines de pages, alors la mode sur le net et sur d’autres supports, incite aux papiers synthétiques, parfois même aux slogans publicitaires. Pourquoi faire court quand on peut faire long ? Prenons le temps de développer nos réflexions, plutôt que de nous enfermer dans un formalisme creux. En ce sens, notre démarche populaire est éminemment élitiste. Lire l’Agitateur n’est pas forcément une chose aisée. Nous bannissons le journalisme miroir, nous ne parlons pas obligatoirement de ce qui intéresse la majorité des berruyers, nous ne publions pas d’horoscopes ou de petites annonces, ni d’agenda culturel avec la prochaine foire aux cochons ou l’élection de Miss Berry (ce qui revient à peu près à la même chose), nous ne relayons que très peu l’information institutionnelle comme la Biennale d’Art Contemporain, qui est devenue, depuis sa municipalisation, une vaste et coûteuse opération de communication et de marketing politique. Faisons œuvre de charité, laissons tout cela aux vrais professionnels de la presse quotidienne régionale qui a besoin de cela pour maintenir les quelques emplois qu’elle est parvenue à préserver.
Le développement de l’internet nous a permis d’avoir, avec le temps, un nombre considérable, inespéré et en augmentation constante, de lecteurs chaque jour. C’est très bien. Ce qui est encore mieux, c’est que l’on observe que le nombre de contributions des internautes est également en augmentation, à la fois dans les forums, mais aussi dans les propositions d’articles. Plus intéressant encore : la qualité des contribution est en très net progrès. Il n’est donc peut-être pas si loin le temps où je pourrais « passer la main » sans que la pérennité du site n’en soit remise en cause, car je me sens un peu comme une sorte de Guy Roux du web.
Je profite donc de cet espace pour remercier les récents rédacteurs qui ont enrichi l’Agitateur de leurs articles, tout spécialement Bombix et Julien Bernichon, pour ce mois-ci. J’encourage les autres internautes lecteurs de l’Agitateur à passer à leur tour à l’action en devenant des animateurs de notre vénérable mais encore vigoureux (sans substances illicites ni autres artifices virilisants, il convient de le noter !) webzine, si passionnément détesté ou adulé.