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Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller...

mercredi 28 mars 2007 à 22:36, par bombix

Emmetrop organise au Transpalette du 14 avril au 26 mai 2007 une exposition de Bernard Calet, Séjour. A lire la présentation de cette manifestation, on s’interroge sur les visées d’un certain art contemporain. Minimalistes à outrance, auto-référentes et totalement coupées du monde sensible, mais accompagnées d’une prose ésotérique quasi incompréhensible, à qui s’adressent ces productions culturelles ? Questions qu’il faut poser. Car après tout ce petit monde vit grâce aux subventions du Ministère de la culture et des collectivités territoriales. Les citoyens sont donc en droit d’interroger les artistes et les experts qui les cautionnent : que faites-vous, que dîtes-vous, et à qui ?

Emmetrop m’écrit

Samedi 23 mars. Je trouve dans ma boîte aux lettres une enveloppe en provenance d’Emmetrop [1]. À l’intérieur une grande affiche, format 40x60 cm environ. Papier glacé, épais, plutôt luxueux. Le fond est sombre. Sur l’une des faces, plus grise que noire, un texte en grosses capitales, police de caractères sombre genre « western », et un texte : DANS L’ESPACE, PERSONNE NE VOUS ENTEND JAMAIS CRIER*. L’astérisque m’intrigue. Je regarde à quoi il fait référence. Pas de renvoi. Je retourne l’affiche. Le fond est cette fois tout à fait noir. À nouveau un texte, ou plutôt deux pavés de texte, qui occupent toute la surface ainsi divisée dans le sens de la hauteur. Je lis :

«  Dans l’espace, personne ne vous entend jamais crier*. 4 expositions de Christophe Le Gac au transpalette de Bourges Mission 01 BERNARD CALET Séjour du 14 avril au 26 mai 2007 vernissage samedi 14 avril à 18h30 Usine Party à 20h30 - Gratuit - Une caravane à toit ouvrant, Une constellation de néons fluos en forme de maisons, Une grande enseigne composée de 3 lettres -ICI-, l’ensemble habite les espaces du transpallette, interroge l’idée de voyage et réinvente une poétique de l’absence.
Protocole à toutes les missions : le monde urbain semble devenu commun à tous. Comment les artistes - peintres, sculpteurs, photographes, videastes, installateurs - interrogent, utilisent, critiquent notre environnement le plus quotidien mais aussi le plus fantasmé par nous tous ?
Émotion et réflexion, réalité et fiction, narration et exploration seront quelques notions développées dans ces quatre expositions voulues comme des lignes de force, un zoom et même temps qu’une mise à distance de notre urbanité.
 »

La police de caractères utilisée fait penser aux écrans digitaux du début des années 80. La couleur verte accentue l’imitation. À l’évidence, on souhaite suggérer une sorte de prompteur numérique, un écran de machine qui crache du texte. La mise en page verticale qui implique une lecture continue du haut vers le bas renforce et achève en quelque sorte la référence à un écran d’ordinateur.

Poétique des machines imaginaires

Totalement anachronique, l’écran suggéré renvoie moins d’ailleurs à un ordinateur réel, qu’à l’idée qu’on s’en fait : l’ordinateur est une machine qui comme telle doit être fonctionnelle, efficace, et laide. Notre monde, peuplé de machines est lui aussi fonctionnel, efficace (pas toujours) et laid (hélas souvent). L’artiste contemporain parle du monde contemporain. Il doit adapter ses moyens d’expression au monde auquel il fait référence. Sa mission, dès lors, ne serait plus d’apporter un peu de beauté et de poésie dans le monde, mais de provoquer la réflexion ?

Références

Je regarde à nouveau le contenu de mon enveloppe. Mon affiche est accompagnée de deux feuillets format A4, blancs. Le premier, une longue, très longue énumération (deux pleines pages) de références concernant Bernard Calet : un choix parmi plusieurs dizaines d’expositions, d’articles de presse, de renvois bibliographiques ... en tout deux pleines pages ! Qui osera dire encore que l’État ne soutient pas la culture ? Bourse ici, prix là, commande d’une collectivité territoriale ici encore, et là ... Que dire d’un tel mécénat sinon qu’il transforme les artistes en fonctionnaires ? Je n’ai rien contre les fonctionnaires, je me demande simplement si les artistes doivent l’être. Est-ce qu’il n’y aurait pas contradiction entre la fonction critique de l’artiste telle qu’elle est annoncée (on va y revenir) et sa situation réelle dans le monde ? Quoi qu’il en soit, ces deux pleines pages de références indiquent au public que l’artiste est reconnu. Des experts ont déjà jugé à notre place la qualité de son travail et justifié les investissements de la collectivité. Avec ce feuillet intimidant on m’envoie un signe : l’artiste est habilité.

Le réel absent

J’examine à présent le second feuillet. Papier glacé, plus luxueux. Sur l’une des faces, une « image » Une caravane dessinée en traits géométriques (genre dessin technique abrégé, ceux qu’on trouve avec les modes d’emploi d’objets manufacturés à monter soi-même) vue de dessus. Elle occupe le premier tiers de la page en partant du bas. Elle se détache sur un carré de verdure séparé de sa partie supérieure. C’est la couleur verte qui me suggère le gazon d’un camping. « Carré de verdure », c’est une façon de parler : avec cet aplat vert très géométrique, on ne concède certes rien à la mimesis ...

Un petit détail retient mon attention : l’attache de la caravane. À l’évidence, ce trou percé ne ressemble en rien à une attache réelle. L’artiste s’est peut-être inspiré d’un jouet pour dessiner sa caravane ? L’objet fonctionne comme un signe, et peu importe les vraies caravanes, celles qu’on croise sur les routes où dans lesquelles on dort pendant les vacances [2].

Se détachant sur toute la partie supérieure du feuillet, vue de dessus toujours, une enseigne domine la caravane. Une structure simple en bois (du moins je l’imagine à partir de la couleur) dresse dans l’espace vide de la feuille trois lettres géantes : I C I. Un mince filet noir délimite les aplats de couleur jaune brun. La face avant des lettres est blanche. Ce blanc renforce le volume des lettres imposantes ; la même absence de texture que le fond rappelle le parti pris géométrique de la figuration. Les rondeurs du C sont cassées par une série de lignes droites. Ici, rien de naturel.

Que dit cette image ? Une idée d’enseigne surplombe une idée [3]de caravane ; Ici, rien de présent. Le réel s’est absenté. Et c’est bien normal. Le propre d’un signe n’est-il pas de représenter une chose absente ?

Signe toujours

Ai-je tout vu ? Au bord du gazon, la signature de l’artiste, Bernard Calet, précédée du signe « copyright » ...

Dans l’espace, personne ne vous entend jamais crier*.

Dans l’espace, personne ne vous entend jamais crier*. Tel est donc le titre des 4 expositions. Et toujours rien concernant l’astérisque. De quel espace parle t-on ? Si c’est l’espace des mathématiciens, personne ne vous entend jamais crier en effet, tout simplement parce qu’il n’y a personne, dans l’espace des mathématiciens ! Ni pour crier, ni pour entendre. Si c’est l’espace infini dont le silence éternel effrayait Pascal, on peut toujours se rassurer et se dire qu’il est quand même bien lointain, et presque aussi irréel qu’un décor de science-fiction. S’agit-il alors de l’espace urbain, puisqu’il y est fait référence plusieurs fois dans le texte ? Alors pourquoi ne pas écrire « Dans l’espace urbain, personne ne vous entend jamais crier ? » Où parle t-on simplement de l’espace, comme ce qui est opposé au lieu. Cette opposition conceptuelle est par exemple signalée par Christian Godin : « Que l’on compare une ville ancienne, de plan carré ou circulaire, groupée autour de sa haute cathédrale, avec les villes nouvelles, sans centre [note : sinon les centres commerciaux qui précisément, ne sont pas des centres.] et l’on aura une image approchée du monde objectif et symbolique dans lequel l’homme vit aujourd’hui. Les espaces [note : voir la prolifération de ce terme dans les domaines culturels et commercial] ont significativement remplacé les lieux. [4] » Ce thème de l’espace abstrait, épure blessante parce que sans vie, opposé au lieu qu’on habite, peut faire penser aussi aux recherches de Mircea Eliade. Dans Le monde, la cité, la maison, l’historien des religions écrit : « Le fait de s’établir où que ce soit, qu’il s’agisse de fonder un village ou de bâtir une maison, constitue une décision grave car l’existence même de l’homme en dépend ... On ne change pas d’habitation à la légère, parce qu’il n’est pas facile de changer de monde. La maison n’est pas un objet, « une machine à habiter » ; elle est l’univers que l’homme se construit en imitant la création exemplaire des dieux - la cosmogonie [5]. » Alors, Bernard Calet mettrait-il en scène avec cette caravane, cette « machine à habiter » déshumanisante dont nous parle Eliade ? Nous parlerait-il de la désacralisation de l’univers nouveau des hommes, de ces villes que l’on occupe, ou l’on circule mais que l’on n’habite plus ? [6]

Glose et commentaires

Qui peut comprendre d’emblée le sens de ce qui tente de s’exprimer là ? Je continue mon exploration : au dos de l’image, on peut lire un commentaire de Sébastien Pluot, intitulé « Dys-location [7]En note, on apprend que « location » veut dire « endroit » en anglais. « Ce néologisme signifierait une perturbation de la localisation. » La langue française n’étant pas assez riche semble-t-il, le commentateur recourt à un néologisme fabriqué à partir de la langue de Shakespeare pour parler d’une « perturbation de la localisation ». Vieille astuce. « Pourquoi citez-vous cet auteur en grec ? » , disait Voltaire. « Il faut bien parler de ce que l’on ne comprend pas dans la langue qu’on entend le moins. », répondait le cruel ironiste. Les critiques d’art contemporain évoquent donc ce qu’ils sont censés comprendre dans une langue que personne n’entend ... puisqu’elle n’est pas parlée ! Les poètes n’ont ils pas tous les droits ? Les poètes oui, mais les critiques ? Le rôle du commentaire n’est-il pas de faire accéder à l’oeuvre ? N’est-il pas là comme une médiation, au risque peut-être de la simplification ? À lire la prose de Pluot, rien n’est moins sûr.

Première partie du texte : Pluot rappelle un contexte et pose quelques jalons dans l’histoire de l’art contemporain, dont les trente dernières années pourraient être caractérisées par un éloignement ou une perte du référent. Le travail de Calet s’inscrirait dans ce processus : « Lorsqu’il constitue un paysage modelisé en néon sur la base d’une grille rationnelle (« Fluo » 2003), un territoire composé à partir d’un matériau industriel issu d’une image satellite ou un relief, en trois dimensions, édité à partir d’une information numérique en filiaire (« Panorama », 2003), le référent n’est plus le territoire réel mais une modélisation virtuelle. » Qu’est-ce à dire sinon que l’art est devenu auto-référent ? Qu’il ne parle plus que de lui ? Et le réel, qu’est il devenu dans tout cela ? Perdu dans les limbes des « modélisations virtuelles » ? Par un effet de contamination (mot à la mode lui aussi) le texte du critique a tendance lui aussi à proliférer, à ne plus se référer à cela dont il doit rendre compte (en l’occurrence le travail de Bernard Calet), mais à foisonner, les mots appelant les mots, et ne se référant plus qu’à eux-mêmes. Je ne suis pas sûr par exemple que cette phrase « C’est à partir de cette nouvelle configuration dans laquelle la relation indexale demeure flottante que Bernard Calet produit des phénomènes dyslexiques, non pas relatifs au langage mais à une autre forme d’organisation, celle se situant au sein de la relation entre le sujet et son environnement. » dise vraiment quelque chose.

Dans un seconde partie, l’exposition du Transpallette est plus précisément évoquée. Dans un style toujours aussi gongorique, le critique décrit la perte des repères que traduirait le travail de Calet, sans oublier lui-même de se référer cette fois aux autorités intellectuelles - écrivains et philosophes - pour autoriser son discours, quitte à devenir abscons : «  Le « Ici et maintenant » garantissant la valeur auratique de l’objet selon Benjamin prend la forme d’un objet qui manifeste sa présence et délivre un message mais qui est saisi dans ce paradoxe d’être à la fois stable et amovible. »

Je suis désolé d’être un peu terre à terre, mais une caravane n’est pas « amovible », elle est mobile [8]et il n’y a aucun paradoxe là-dedans !

Qui parle et à qui ?

Qui parle et à qui ? Telle est la question qui me vient en reposant ce texte que j’ai lu trois fois attentivement pour essayer d’en percer le sens. Une chose est sûre. Il n’y a à peu près personne qui va le lire jusqu’au bout. Alors, à quoi bon ?

A quoi bon un art aussi insulaire ? À quoi bon un art produit par une toute petite minorité pour une petite minorité ? À quoi bon un art difficile qui ne prend pas la peine de s’expliquer, donc de communiquer, puisque les commentaires qui l’accompagnent sont encore plus obscurs que ce qu’ils sont censés éclairer ?

Un peu de poésie ?

Je ne doute pas de la sincérité de l’artiste. Je lui accorde même du crédit. J’admets la pertinence de son propos. Le problème de la perte des repères, du reflux des lieux habités et de la prolifération des espaces industriels inhumains mérite sans doute un regard et un traitement spécifique propre. Mais pourquoi l’art contemporain est-il si codé ? Pourquoi est-il inappréhendable sans une masse de discours qui le justifient ? Enfin, sur le fond, est-il vrai que l’univers des hommes, même urbain, soit réduit à ces espaces sans vie ? Ne reste t-il pas des occasions pour interroger ce qu’il demeure de la nature, le monde changeant des apparences ? N’y a t-il plus de place pour un art qui se référerait au monde sensible, celui dans lequel on vit ? Est-ce trop demander aux artistes que d’abandonner un peu cette intellectualité dévorante pour réinjecter un peu de poésie dans un monde qui en manque tant ? Que gagne t-on à peindre ainsi du gris sur du gris ?

La fonction de l’artiste est d’être critique, me répondra t-on peut-être. Est-ce si sûr ? Et qui est atteint par cette critique, au juste ? Et est-ce que cela change quoi que ce soit dans le destin et la vie des gens ?

La réalité telle que je la vois est plutôt celle-là : perdus dans ces espaces a-centrés que sont devenues beaucoup de villes modernes (pourtant Bourges, et pas seulement la vieille ville serrée autour de sa cathédrale, ainsi que beaucoup de villes grandes et moyennes en Europe, renvoient-elles à ce concept de l’univers urbain ?), nos contemporains, en fait d’art, s’abreuvent presque exclusivement des images trafiquées de la publicité et des rêves opiacés du cinéma hollywoodien.

Ainsi va la schizophrénie d’un monde divisé. Une toute petite minorité : artistes, écrivains, intellectuels « pensent » et « créent » (ou le croient) mais ne parle qu’à elle-même tandis que l’immense majorité des gens travaille, consomme et ne les entend pas.

Tout va bien cependant. Les collectivités continuent à financer un art devenu confidentiel, et le 14 avril, l’Usine Party, gratuite, battra son plein au Transpalette.

Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller...
ICI
Prospectus pour la présentation de l’exposition de Bernard Calet, Séjour, du 14 avril au 29 mai 2007, au Transpalette de Bourges.
Dans l’espace, personne ne vous entend jamais crier*.
Détail du document de présentation

[1Je tiens à préciser pour que les choses soient très claires que ce texte ne renvoie pas au travail de Bernard Calet que je n’ai pas vu, mais à la présentation qu’en fait Emmetrop. Moins au travail de l’artiste donc qu’à ce que ses promoteurs en montrent et surtout en disent.

[2Considérant l’objet réel, pris dans un entrelacs d’intentions et de significations comme toutes les choses du monde des hommes, le cinéaste Ken Loach, dans Sweet Sixteen (2002), propose une toute autre vision de cet objet étrange qu’est la caravane ou le mobil-home. Il y concentre les rêves d’évasion d’un adolescent perdu d’une cité ouvrière anglaise. Foyer dérisoire, refuge, dernier espoir de renouer un lien avec une nature salvatrice, la « caravane » de Ken Loach est avant tout pétrie d’humanité. Sa destruction précipitera le jeune homme dans le crime et le désespoir.

[3On sait que le mot idée vient de la philosophie de Platon (Vème siècle avant J.C.), et de sa théorie des idées. Notre monde sensible n’est que la doublure d’un monde des essences, seul « réellement réel » comme dit Platon, ou Idées. Une des origines de cette notion d’Idée est sans doute l’observation par Platon de l’activité des artisans qui imaginent en esprit un objet technique avant de le réaliser. L’opposition de l’existence sensible, changeante, soumise à la temporalité et d’un monde des essences fixe, inaltérable - ce dualisme si caractéristique de la métaphysique occidentale - a sans doute pour origine (non pas unique naturellement) l’activité technique de l’homme. Aujourd’hui, dans un monde dominé par la technique et peuplé d’objets industriels, ce monde des Idées nous est devenu plus naturel, si j’ose dire, que la nature elle-même, qui s’éloigne chaque jour un peu plus de notre horizon. Faut-il pour cela identifier l’univers des hommes à l’ensemble de nos productions techniques, comme le suggèrent beaucoup d’artistes contemporains. On pourrait bien, à l’issue de cette opération, ne saisir qu’un fantôme de réalité et un monde usiné, standardisé, vidé de sa vie. Contre ce nihilisme, l’art convoque et provoque notre sensibilité. L’intellectualité débridée se heurte à ce que Merleau-Ponty appelait la chair du monde. Dans quel ville, même la plus grise, ne peut-on voir le ciel est ses couleurs changeantes ? Les nuages qui passent là-bas, les merveilleux nuages qui sont autant de visages ou de paysages.

[4Christan Godin, La totalité, Prologue, p. 30-31, Champ Vallon 1997

[5Mircea Eliade, Le monde, la cité, la maison, in Occultisme, sorcellerie et modes culturelles, Gallimard 1976

[6cf. également un essai récent de Frédéric Neyrat : « Ici le Monde », politique de la finitude pour une époque éco-technique. On peut y lire : « La « ville générique » indique le devenir de nos villes, celui que construisent Rem Koolhaas et ses dignes héritiers, et que figurent déjà Lagos, Houston, Détroit, ou, en Chine, le Pearl River Delta. La « ville générique » est une « substance » urbaine proliférante, sans limite, centre ou périphérie, qui répète à l’infini le même « module » structurel, selon une logique « fractale » où s’identifient la ville, une Grande Surface, un micro-ordinateur, un logiciel, un logo, un vêtement etc. La ville générique est amnésique, surgie de nulle part et susceptible d’y retourner si le Capital l’exige. Moins un artefact de civilisation qu’une « boîte de vitesses » qui réagit aux injonctions de consommations : le modèle de la « ville générique » est l’aéroport, son habitant est le « touriste », son activité principale le shopping. Disons-le clairement : la ville générique n’est pas une ville, et ce qui la met en forme ne relève ni de la sculpture ni de l’architecture : le « junkspace », selon l’expression de Rem Koolhaas, que produit le Capital relève d’une « architecture-bordel » où la ville n’est plus l’institution d’un lieu mais la production d’une substance urbaine jetable. » Et Neyrat d’ajouter, ce qui rejoint précisément notre propos : « Ces simulacres urbains ne peuvent être aisément épinglés au régime de l’image, de la représentation, et de l’art : mieux vaut en effet parler de simulacres, ou de « simulacres de simulations », pour reprendre cette expression de Baudrillard. L’image a toujours été pensée comme espace de relations, de médiations, entre des instances supposées séparées (sensible/intelligible, sujet/objet, moi/autrui etc.). L’image est cette tension entre un rien, une non-chose et une surprésence, qu’une tradition occidentale a pu traduire par le vocable d’idole. »

[7cf. Christian Godin, déjà cité, toujours prompt à épingler les nouveaux conformismes, même « postmodernes » : « Les sans, les dé, le non ont envahi le champ lexical de la pensée , et de la société. Les dif- et les dis- ont remplacé les con- et les syn- . Plus rien ne sympathise, tout diffère ; il n’y a plus de consensus : partout du dissensus ! »

[8À ce propos, notons que les gens en véritable errance, les « sans domiciles fixe » n’ont pas de « domiciles mobiles » non plus ! Au bord du canal Saint-Martin, en hiver, on dort dans des tentes, pas dans des caravanes de petits bourgeois.

commentaires
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 21 septembre 2008 à 12:50

En matière d’art contemporain, il y a aussi des oeuvres qui sortent des tripes et ne sont pas de vaines spéculations de circonvolutons cérébrales plus que fumeuses....
A ce titre, visitez le site de Delphine Portier (atelier sur Châteauneuf sur Cher).
Vous n’êtes même pas obligé d’apprécier !


Voir en ligne : Delphine Portier artiste peintre-sculpteur
#14032
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - Remillond - 21 avril 2009 à  13:51

Je suis méfiant à l’égard de ce qui sort des tripes. c’est souvent nauséabond !

#22924 | Répond au message #14032
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - Morgane Grosdidier de Matons - 2 juin 2007 à 15:12

Quel soulagement de voir mon trouble partagé !
Vous demandez aux artistes et aux critiques de renoncer à leur "intellectualité galopante". Je ne vois dans leurs élucubrations aucune intellectualité, malgré tout le poids péjoratif qu’impose le suffixe au radical, mais juste un snobisme exalté et masturbatoire, et une vacuité intersidérale, dépourvue en effet de poésie et de réelle recherche d’intelligence, de profondeur.

Une fois ma licence de physique obtenue, j’ai nourri la lubie d’entrer à l’école des Beaux-Arts de Bourges (en ignorant bêtement que cette dernière reniait l’art classique), pensant que cela m’ouvrirait des portes et m’accorderait enfin le temps de me consacrer entièrement à mes projets artistiques. J’ai été infiniment déçue : les épreuves théoriques, d’une part, sont bidons. Une épreuve théorique d’anglais de 30 minutes niveau 3eme, une épreuve de théorie de l’art qui m’a amenée à exposer ma conception de l’art, aux antipodes de la conception contemporaine, puis une épreuve plastique de deux heures à l’issue de laquelle le travail réalisé n’est même pas ramassé, ni même regardé. Ce travail sera présenté l’après-midi au jury lors de l’entretien... Alors que ces dix minutes, réduites à six pour la plupart des candidats, devaient servir à présenter intégralement notre dossier. Dossier que l’école n’avait pas demandé au préalable, le jury ignorait donc tout de notre travail. J’avais prévu de commenter mes toiles, expliquer la cohérence globale de mes oeuvres, expliquer mes inspirations scientifiques et mythologiques... Que nenni ! Le jury a repris ma dissertation du matin et m’a amenée à avouer que l’art contemporain me posait quelques difficultés... Je n’ai pas eu le temps de me défendre, j’ai été immédiatement congédiée. Quand j’ai quitté la salle, la dame du jury m’ayant interrogée présentait une moue sombre, comme si je l’avais insultée personnellement.

Voilà, en fin de compte, sur quoi ils vous sélectionnent : votre docilité lors d’un entretien d’à peine six minutes. Il me semble presque inutile de préciser que j’ai été recalée.

Ils méprisent la recherche esthétique si elle ne caresse pas les propensions naturelles à rebrousse-poils, ils méprisent la volonté de faire passer un vrai message, de se faire comprendre tout simplement.

Suite à cette déception, j’ai esquissé mes positions par rapport à l’art contemporain sur un blog, parallèlement à mon site internet qui lui contient à peu près tout ce qu’il faut pour saisir ma conception de l’art. Si l’on refuse de considérer mes productions pour ce qu’elles sont, s’il faut que je les situe absolument par rapport au courant dominant, alors soit !

Je me permets de donner les adresses correspondantes :
Le site : http://www.enfants-avalon.com

Le blog : ci-dessous
(les articles concernant l’arrogance de l’art contemporain, ou sa velléité de contrarier la beauté naturelle, sont dans la section "Art&Art")


Voir en ligne : L’arrogance du contemporain : Art & Art
#7691
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 2 juin 2007 à  18:52

Merci de nous communiquer ce témoignage. Néanmoins, je voudrais préciser que mon intention en écrivant cet article n’était pas de rejeter en bloc l’art contemporain, mais d’interroger ce qu’en disent ceux qui le pratiquent. J’ai écrit dans la note 1 : « Je tiens à préciser que ce texte ne renvoie pas au travail de Bernard Calet que je n’ai pas vu, mais à la présentation qu’en fait Emmetrop. Moins au travail de l’artiste donc qu’à ce que ses promoteurs en montrent et surtout en disent. » pour que les choses soient claires. Elles ne le furent pas, si j’en juge par les réactions que cet article a suscitées.
J’avais été particulièrement intrigué par les deux pages de références accompagnant la présentation de cette expo ; au fond on disait : voyez comme c’est bien, la preuve, telle ville, telle institution ont commandé un travail à l’artiste ou l’ont présenté. Ce n’était pas une présentation à mon sens, mais une intimidation. Le recours à l’argument d’autorité. Ensuite, ce qui m’a fait également réagir, c’est le charabia du soi-disant critique qui présentait l’expo. Aucun souci pédagogique ; et finalement à bien lire le texte, une certaine fumisterie dans le propos. Non pas un texte difficile parce que le propos articule des choses complexes, mais une fausse profondeur et un langage très embrouillé pour cacher le vide. Ces deux "indices" me permettaient d’interroger alors une certaine pratique sociale autour de l’art dit "contemporain". Je ne porte de jugement a priori sur aucune forme d’art. J’ai conscience qu’on ne peut pas faire de la peinture en 2007 comme on en faisait en 1860. Je respecte la liberté des artistes. Mais l’arrogance et la phraséologie fumeuse n’est pas pour moi le signe de la valeur ; il se trouve de plus que cette pratique sociale de l’art contemporain est aussi possible par les subsides de l’Etat ou des collectivités territoriales. En tant que citoyen qui paie mes impôts, j’ai le droit d’interroger les responsables de l’usage qu’on fait de l’argent public. Comme les politiques s’en remettent au jugement des "experts", et que les "experts" sont désignés par les "artistes", tout ce petit monde tourne en rond, s’autoproclame, s’autocoopte ; le courrier d’Emmetrop que j’ai commenté n’a été qu’une occasion de formuler des questions que je me pose depuis longtemps sur ces pratiques. Pour résumer donc je n’ai rien contre l’art contemporain, mais je pose des questions (peut être dérangeantes pour certains, mais tant pis) sur ce que je nomme son "insularité", sur le fait qu’il soit coupé à ce point du sens commun, qu’il soit devenu l’affaire d’un tout petit nombre de gens hyperspécialisés et dont les pratiques (ce qu’on peut en voir en tous cas) autorisent peut-être des escroqueries intellectuelles assez géantes. Je tiens à préciser que je n’ai rien inventé, et qu’il y a un certain nombre de personnes, d’ailleurs plus qualifiées que moi, qui depuis quelque temps secoue l’arbre assez vigoureusement pour s’assurer qu’il porte bien des fruits ...
Pour en revenir à votre propre expérience, il y a d’autres écoles d’art que l’école de Bourges, et certaines correspondent certainement au genre que vous pratiquez, par exemple l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs ; mais je ne suis pas un spécialiste, donc je ne voudrais pas dire de bêtises, il faut vous renseigner vous-même.

#7692 | Répond au message #7691
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 2 juin 2007 à  19:11

n’était pas de rejeter en bloc l’art contemporain, mais d’interroger ce qu’en disent ceux qui le pratiquent

Encore une fois, un certain art contemporain (et qui se reconnaît justement à cela qu’il ne s’avance jamais sans être accompagné d’un monceau de discours pour le justifier, surtout d’ailleurs si ce dont il prétend rendre compte est affirmé "ineffable" ;-) D’ailleurs il est assez significatif qu’on juge la capacité d’un élève à suivre les formations dispensées dans certaines écoles d’art, dont celle de Bourges selon votre témoignage, selon sa compétence à produire un texte. Il est jugé au moins autant sur sa capacité supposée à dire qu’à faire. Je suis peut-être béotien, mais je trouve cela paradoxal ). Il serait absurde de parler de l’art contemporain comme cela en bloc, tellement le champ est vaste.

#7693 | Répond au message #7692
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 31 mars 2007 à 14:45

Cher Bombix, ci-joint une réflexion sur le lieu que décrivez :
« L’Arlésienne de la Friche » ou Comment emmurer toutes les révoltes des anciens Alternatifs ?"

« L’Arlésienne de la Friche » ou Comment castrer toutes les révoltes des anciens Alternatifs... », ce pourrait être le mauvais scénario d’un film non officiel retraçant les tribulations d’ex-punks engagées menées par le bout de nez par le Pouvoir avec des promesses de travaux pharaoniques... Depuis que la très officielle F.O.L. (Fédération des Œuvres Laïques) a rejoint la Friche de Bourges, les légitimes ardeurs révoltées des anciens Alternatifs se sont définitivement calmées... Il est vrai que son chargé de la culture, toujours calme, toujours consensuel (il est sans aucun doute l’outil de réconciliation entre la mafia du PDB et la Friche puisque son rôle au sein de ce Festival est notoirement connu depuis des années...), toujours ami avec tout le monde, toujours réconciliateur... a systématiquement refusé de s’engager pour une quelconque cause pouvant « fâcher » la F.O.L. avec toutes instances et officines du Pouvoir berrichon... Certes, n’oublions pas l’engagement historique de la FOL avec la Gauche et ses combats toujours généralistes du type « Ligue des droits de l’Homme », combats rassemblant à peu près tout le monde si l’on excepte l’extrême droite...et encore. Ainsi comme il le déclare dans la presse locale, notre bon représentant FOL déclare : « Il faudrait que les travaux de la Friche soient terminés avant 2010, car après il y a les travaux de la Maison de la Culture » et de conclure par un superbe et hypocrite : « La Friche va rester encore en friche un bout de temps » !!!! ça pourrait nous rassurer du moins si l’oublie que promesses de travaux ont systématiquement été repoussées depuis.... au moins 2002 !!!! Sans évoquer les projets avec un célèbre architecte jetés aux oubliettes, rappelons quand même qu’on nous avait annoncé à grands renforts municipaux que les travaux de la Friche devaient commencer durant le PDB, soit en Avril... Aujourd’hui, on leur annonce que ça va débuter en Juin. Juste un détail qui n’aura échappé à personne : Juin, ça veut dire Après les élections et je n’ose imaginer ce que pourrait être l’état de la culture après la victoire tant souhaitée d’un certain candidat porté par les nombreux soutiens de Droite que compte désormais cette friche bien calmée. Cela dit, à travers ces déclarations de la FOL, on lit mieux ce qui a conduit cette friche à la désertion de tout engagement. D’abord, ce représentant de la FOL aurait quand même pu parler à la presse du scandale des minables 5000 Euros accordées chichement par la Ville de Bourges à l’association El Qantara, association tout aussi importante que la Friche, du moins si l’on pense qu’il faut encore de la culture dans les quartiers Nords de la ville...Non... pas un mot sur ce fait scandaleux, et à la Friche, on préfère signaler que la première tranche de travaux (il doit y en avoir 3) s’élèvera à 850.000 Euros et encore, « hors taxe » !!!! En comparaison de la ridicule somme allouée à El Qantara , cette précision relève de l’obscénité !!!. Bonjour la solidarité entre associations culturelles !!! La FOL aurait pu jouer ce rôle...du moins si elle n’avait pas eu pour seul objectif de faire taire cette Friche en la raisonnant, en la faisait « devenir adulte », « en la responsabilisant et ce, après tant d’années de lutte légitime contre les « Barons de la culture ». « Il n’est plus temps de lutter », « Il faut composer avec les pouvoirs en place », « Il faut accepter l’hégémonie du PDB...et donc, il faut travailler avec ce Festival ».. Disons le nettement : nous ne sommes pas plus opposés aux travaux d’amélioration de la Friche que nous ne sommes pour la disparition du PDB...Mais ces promesses de travaux sans cesse reportés par les pouvoirs en place relève d’une stratégie simple et efficace : faire taire les pratiques culturelles alternatives qui firent les beaux jours de la Friche de Bourges. Le représentant de la FOL insiste : « La friche sera encore longtemps une Friche »...Pourquoi tant vouloir faire croire que depuis ces promesses de travaux, la Friche reste une Friche...Non : la Friche n’est plus une friche culturelle puisqu’elle s’est vidée de sa substance initiale qui reposait sur la représentation de toutes les révoltes, de toutes les émergences rejetées par les Pouvoirs politiques, de toutes les cultures batardes , emprisonnées, stigmatisées par les culs-terreux de toute cette région !! Non mais, qu’espère ce lisse représentant de la FOL ? Transformer la Friche pour en faire une version LIGHT ??? Crois-t-il sincèrement qu’en collaborant en permanence avec les institutions, cela garantira la pérennité de ce qui fut le seul espoir dune Alternative culturelle à Bourges ? Cet homme connaît trop bien le Magnat du PDB et les Politiques pour ne pas savoir qu’ à terme, ces collusions contre-nature entre la Friche et cette énorme mafia ne peuvent conduire qu’à la récupération définitive de la Friche par les institutions... Mais ça, à la FOL, on y est depuis longtemps habitués.


#6941
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 21 septembre 2008 à  18:46

vous parlez des "anciens alternatifs" en parlant de la friche.mais la friche ce n’est pas emetrop ! il y a d’autres personnes, comme le cirque ,qui n’ont rien à voir avec le pdb. il ne faut pas tout confondre.

#14033 | Répond au message #6941
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 30 mars 2007 à 01:42

Bravo Bombix : ci-joint 2 petites choses en complément de votre éclairante analyse : 1. Comme vous le notez si bien, l’artiste est bardé d’aides subventionnelles très officielles ; or, rappelons-le : le lieu où cet artiste "expose" se veut le lieu de l’art marginal, engagé et même... ALTERNATIF. On peut donc comprendre l’étonnement de Bombix qui n’a peut-être pas compris que ce lieu a totalement été récupéré par l’état, le pouvoir et la municipalité qui se servent de ses gentils ex-punks pour nous faire croire à la démocratie de notre bon Roi...Un état de fait plus grave qu’il n’y paraît, car en matière d’art et de musiques actuelles, cette association capte gros de subventions et de plus est devenue "Référente" : en clair, tous nouveaux groupes de la marge, tout artiste ayant une approche originale... est obliégée de passer par cette structure s’ils veut être aidé ou reconnu, ce qui, reconnaissons-le, est plus une manière de l’art officiel néo-pompier que celle d’alternatifs...
2. Concernant les présupposés de cette exposition, signalons que pour une soit disant "approche contemporaine", ils ne datent pas vraiment d’hier car ils se contentent de réactualiser des concepts d’urbanisme peut-être justes mais usés jusqu’à la corde, soit pour résumer : "une critique de la banalisation de l’urbanisme contemporain". Le paradoxe, c’est que ces artistes ne savent même pas qu’ils empruntent les pas de théoriciens tels Mumford, urbanistes du dix-neuvième siècle, qui refusaient la modernité architecturale au nom de cette même "banalisation"...Bref, qu’ils aient raison ou tort en matière d’urbanisme, les propos de ces contemporains rejoignent des théories très conservatrices sur la ville...ce qui, on en conviendra, est assez amusant et cocasse puisque l’expo a lieu dans un site qui se dit à la pointe de la modernité post-post-post-post-...moderne. Mais, finalement, c’est peut-être ça l’art contemporain du XIXème siècle : une forme d’amnésie aculturelle qui fait qu’on croit présenter une attaque novatrice contre l’urbanisme établi (alors qu’elle date de plus d’un siècle et demi !!!) dans un lieu qui se veut alternatif (alors qu’il est le plus subventionné et le plus reconnu par l’état !!!)... A quand la renaissance d’une vraie alternative à Bourges ? Difficile à espérer dans la mesure où cette association capte tout, bouffe tout et étouffe toutes les volontés de créations susceptibles de leur échapper... L’article de Bombix représente tout de même un réel espoir car il évident qu’ il échappe à la stratégie habituelle d’emmetrop qui a toujours imposé un verbiage indigeste et incompréhensible ayant pour fonction unique de faire croire à nous, pauvres berruyers, que "nous n’y connaissons rien en art" et que si l’on est contre, "on est tous des fascistes qui manifestent la haine de l’art contemporainc !". Une manoeuvre grotesque et de moins en moins efficace. Après le superbe article de JMP "L’eau ça mouille", cette critique de Bombix doit sonner le réveil des vrais amoureux de l’art et de la culture libérés des odeurs de Préfecture, de Bourses d’Etat et de subventions affligeantes !


#6933
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 30 mars 2007 à  10:47

Ne constatez- vous pas qu’on est en train d’utiliser le mot "alternative" dès qu’on veut critiquer les actes de ceux qui nous posent problème et faire croire qu’on va proposer quelquechose. A force de lire ce mot dans beaucoup de médias, d’orientations politiques, je ne sais plus ce qu’il veut dire. On ne dit plus "il faudrait ça à la place de ci, ou en plus de ci,....". On dit, il faut une "alternative". Moi, ce mot me donne envie de bailler.... N’est t-il pas devenu un espace ou personne ne nous entend crier.... ? Je ne pense pas que vous soyiez fascite, et je ne suis pas d’Emmetrop, mais je ne vois pas comment on peut être contre leurs expos. On peut ne pas aimer, critiquer, pas de problème, mais être contre...
Vous croyez pas qu’il y a pas de l’energie perdue à être contre l’art présenté par Emmetrop pour plut^t être contre des obscenités contemporaines ?

#6934 | Répond au message #6933
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 30 mars 2007 à  20:00

Absolument... sauf si ces expositions captent toutes les aides officielles (impôts, etc..)ce qui en soit n’est pas un problème : je préfère que ces impôts servent à entretenir la légende de ce lieu plutôt qu’à construire un énième cuirassier armé jusqu’aux dents. MAIS : si cette forme d’art sert à l’Etat pour singer un immense sens de la démocratie et qu’en plus ces expositions privent la plupart des artistes contemporains de tous soutiens, là, ça change tout, non ? Cela dit, qu’une association fondée par des punks devienne un lieu référent pour tous les pouvoirs politiques en place, après tout, encore une fois : pourquoi pas ? Mais pourquoi dans ce cas, cette association tient absolument à revendiquer ce statut de "batards de la culture", de "véritables alternatifs", de "minorités sexuelles", etc...Prenons un autre exemple issu de cette association. Voici quelque temps, elle organise un petit festival regroupant des films célébrant l’homosexualité en se décrivant comme un "festival qui remet en cause notre société"...Sauf que l’événement se déroule dans un lieu extrêmement symbolique du pouvoir de l’Etat très officielle (la Maison de la culture) ; sauf que, d’autre part, les esthétiques homosexuelles sont depuis quelques temps heureusement reconnues, y compris sur la TV avec une chaîne bien connue...Sauf que, enfin, on peut se demander si créer un festival des esthétiques homosexuelles ne relève pas d’un acte communautariste risquant d’aboutir à un effet tout contraire...d’abord, pcque cela prend en otage une communauté qui d’ailleurs n’existe pas vraiment (et fort heureusment, je pense)et ensuite pcque un tel festival relance la problèmatique de "sexuer" l’art. Existe-t-il une esthétique homosexuelle ? Y at-il une "écriture homosexuelle" ? J’espère que non car cela pourrait raviver des souvenirs tragiques tels que les écrits des Nazis concernant la "spécificité des pratiques et de la pensée homosexuelles" et l’on sait où cela a pu conduire. Bref, que le terme "alternatif" ne recouvre plus aucune signification, évidemment ; qu’une association, totalement reconnue par le pouvoir en place, se déclare "paragon" de l’Alternative, cela s’appelle : servir d’alibi pour des élus pas vraiment démocrates...

#6937 | Répond au message #6934
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 2 avril 2007 à  10:11

oui, je vois ce que vous voulez dire... moi aussi desfois je me pose ces questions. Après, sur les subventions, je ne sais pas pourquoi c’est Emmetrop qui en touche le plus. Peut-être parce que plus de personnels salariés que les autres, entre autres. Mais je n’y connais rien en subventions, je ne sais pas quels sont les critères de répartition entre les assos, les centres culturels.... et les différentes sources de subventions en fonction de la structure subventionnée : Etat, région, département, municipalité... (?????)

#6947 | Répond au message #6937
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 29 mars 2007 à 14:22

Heureusement, des artistes contemporains, il y en a plein, des plus ou moins financés, des plus ou moins inspirés, certes. Mais certains nous font rêver, parfois même réfléchir à travers des oeuvres non dénuées de poésie. Certains oeuvrent sans trop de blabla, s’expriment par leur art, sans mot, pour notre plus grand bonheur.


#6927
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 29 mars 2007 à 11:16

AAAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhh ! je crie là. Vous m’entendez ? LA CARAVANE N’EST PLUS UN ESPACE MOBILE PETIT BOURGEOIS. Elle est devenue immobile. C’est un voyage mobile dans l’exclusion. Et, concernant l’article critique d’art qui présente l’expo, je suis d’accord avec vous, je m’en suis senti exclu. Rien pané. Les 5 premières lignes m’ont d’emblée découragé. Mais peut-être qu’ en voyant les pièces on comprend mieux qu’avec 10000 lignes ? Il ne faut pas se laisser impressionner par les multiples auto-références, absconneries parfois, des présentations critiques ,sinon l’art contemporain on va jamais le voir, on se dit " Je vais rien comprendre, je vais pas aimer" car les textes sont en général rebutants. Alors, il faire confiance à sa propre sensibilité....et peut-être qu’on peut découvrir que l’art contemporain ne s’adresse pas qu’à un entre-sois.
Par contre desfois, c’est vrai, ça fait comme quand on sort chez Mc Couic,
on a encore faim 1 heure après. Bon, mais c’est vrai que dans notre chère ville aux panneaux munipublicitaires qui bougent !!, on a les deux êtr^mes : l’art réfrégidaire et la culture à mimile. En tous cas, votre texte vient à point à nommé, on se sent mieux quand on l’a lu.


#6925
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 29 mars 2007 à  11:43

euh, j’ai voulu dire "voyage immobile"... , le trajet de la salle à manger à la chambre, étant rendu à 0cm.

#6926 | Répond au message #6925
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 18 mai 2007 à  11:26

Vous êtes-vous confronté aux oeuvres ?
La véritable expérience pour juger de la pertinence d’une exposition n’est-elle pas dans le face à face à l’oeuvre ?

#7481 | Répond au message #6925
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 18 mai 2007 à  12:15

Lisez la note 1.

Par ailleurs, ayant reçu une très copieuse lettre d’insultes de la part de l’organisateur de cette expo, je n’ai guère eu envie de m’y rendre.

La "communication" autour de cet évènement (qui est l’objet précis de mon commentaire, car je considére que la position selon laquelle une oeuvre peut être saisie en elle-même en dehors du discours qui l’accompagne, surtout dans l’art contemporain, est une naïveté) et la réception de sa critique m’a suffit.

Par ailleurs, votre vocabulaire "se confronter à l’oeuvre" dans un "face à face" me fait un peu sourire. Si on désacralisait un peu tout ça, non ?

Cordial.

#7482 | Répond au message #7481
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - Jean-Michel Pinon - 18 mai 2007 à  14:53

Insultes et menaces sont monnaie courante avec cet organisateur.

#7488 | Répond au message #7482
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 4 juin 2007 à  10:49

C’est ce que j’ai écrit. Je m’exprime mal ou quoi ? Sauf que je n’emploierais pas le mot de "confrontation" à une oeuvre . Dire au spectateur qu’il va se retrouver confronter à une oeuvre, c’est peu engageant.... Et ça revèle, à mon sens, comme un volonté de créer d’emblée un fossé entre les spectateurs et l’oeuvre. Personnellement , je ne me confronte qu’à des emmerdes, à l’autorité... L’art ne me confronte pas à lui, sauf s’il se veut autoritaire. Je n’ai pas de reférence à citer, mais je crois que "l’art est en chaque personne. " Sauf, que notre société ne le veut pas. (et que personne ne vienne me dire que notre Prez nazional veut justement lutter contre cette tendance en "favorisant les arts plastiques à l’école" ( on sait très bien qu’il fait exactement le contraire, en supprimant les postes de prof d’art plastique., musique, théâtre..). Et attention, je ne dis pas que chacun peut être un artiste. Non, bien sûr. Mais nous avons tous "la corde " pour le recevoir . "AAAAAAAAAAh"

#7706 | Répond au message #7481
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 4 juin 2007 à  11:15

C’est ce que j’ai écrit. Je m’exprime mal ou quoi ?

Votre message n’est pas très compréhensible. Il est vivement recommandé d’utiliser un pseudonyme fixe (ou votre nom réel si vous le souhaitez) afin que les lecteurs puissent suivre le fil des messages. Donc veuillez préciser à quoi et à qui vous faites allusion. Merci.

#7707 | Répond au message #7706
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 4 juin 2007 à  15:14

Je répondais à l’anonyme qui demandait " vous êtes vous confrontés aux oeuvres" en dessous de ma vieille intervention "AAAAAAAaaaaa la caravane n’est plus un espace petit bourgeois "(seul élément de votre article avec lequel je n’étais pas d’accord, et je voulais aussi montrer que le titre de l’oeuvre était suffisamment explicite pour qu’on comprenne ce que l’artiste voulait aborder comme sujet social . ). Et je tiens à préciser que dans mon dernier post il n’y avait aucune allusion. Juste une réponse claire ,je crois , quand on sait à quel post je réponds.
Quant au pseudo fixe, je refuse. Cordialement.

#7709 | Répond au message #7707
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 4 juin 2007 à  15:22

Ok. Cette fois j’ai compris. Mais si vous utilisiez un pseudo, le second message aurait été inutile. Qu’est-ce qui vous dérange au juste dans l’utilisation d’un pseudo (si la question n’est pas indiscrète) ?

#7710 | Répond au message #7709
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 4 juin 2007 à  17:02

A vrai dire je ne sais pas vraiment. En fait, vous, Mister K et JMP avez raison, pour le suivi sous un article je ferai "l’effort "de mettre toujours le meme pseudo. C’est plus lisible. Après, avoir toujours le m^me pseudo dans tout l’Agitateur, quelque chose me dérange (pour moi seulement). C’est comme si je me créais un e identité espéciale agitateur, une identité publique (m^me pseudonymée à un niveau très local) , et pour faire ça, il faut être sûr de soi ou en avoir l’habitude.
Et anonyme de chez anonyme dans la vie, je (et bien d’autres internautes je crois) c’est quasi flippant de décliner sa pensée (m^me succintement) , son avis, son enervement après d’autres internautes (m^me succintement) sur un site public. Et m^me il m’a fallu un certain temps avant d’intervenir. C’était l’angoisse !!! Et je suppose que ça fait ça à beaucoup de gens qui lisent sans intervenir, car prendre la parole ce n’est pas évident pour tout le monde. On a peur d’être cons, tout simplement. Mais des pseudos comme vous, Mister K, Requin Marteau, Xuedob, Tourterelle des Bois, BW, et j’en oublie et des vrais nom comme JMP et Socialisme et un peu de sérieux (dont j’ai déjà oublié le vrai nom ), osez, et c’est certainement encourageant pour d’autres. Enfin, m^me si ça se trouve pour vous tous c’est naturel, et c’est tant mieux.
(Et aussi il y a le fait d’écrire, qui n’est finalement pas si aisé pour beaucoup de personnes.) Mais peut-être je ferai un article pour l’Agitateur où on se demandera "Du yacht à la caravane, quelles vacances allons-nous prendre ? "

#7716 | Répond au message #7710
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - bombix - 4 juin 2007 à  17:39

L’essentiel c’est que vous participiez. Si le fait de rester « anonyme de chez anonyme » peut vous rassurer, tant mieux. Maintenant, oui, il y a certainement dans le public des forums des gens qui ont plus l’habitude de la prise de parole (et la difficulté est encore augmentée par le passage à l’écrit) ; c’est inévitable. Je ne sais pas ce qu’en diront les autres, mais dans mon cas personnel, ce n’est pas très difficile ; le fait de s’imposer une identité sur les forums a en tous cas l’intérêt, pour moi, de me responsabiliser dans ce que j’écris. J’essaie d’être « le moins con » possible, même si je sais que, parfois, j’ai laissé passer des conneries. Pas d’ailleurs toujours forcément dans ce qui est écrit (parfois quand même ;-) ), que dans la manière, dans l’occasion. Parfois il vaut mieux se taire, et la bêtise peut aussi se manifester en dépit du fait qu’on dit des choses vraies, ou tout du moins pas absurdes, qui ont du sens je veux dire. La vérité c’est quand même plus compliqué.

Je crois aussi que l’intérêt des forums, c’est que puissent s’exprimer « les anonymes » comme vous dites, les gens qui n’osent jamais prendre la parole (pour des raisons multiples qui ne sont pas que psychologiques, ou à mettre en rapport avec leur niveau de formation, leur aisance à manipuler le langage, etc.), en assumant un pseudo justement. Que risque t-on, au fond, même sur le terrain de l’amour propre ? Et puis, c’est le jeu. Il y a un petit risque, mais c’est pour ça que c’est intéressant. ;-)

#7717 | Répond au message #7716
Art contemporain : là où personne ne nous entend jamais bâiller... - 4 juin 2007 à  18:03

meme en restant anonyme, j’essaie aussi d’être le moins con possible, voire pas dutout. Je ne me repose pas sur mon anonymat pour dire n’importe quoi.
Mais bon, à travailler. Oui ben l’amour propre, m^me anonyme, il est bien touché parfois. Pas de blème. Je refléchirai au risque interessant. Cordialement.

#7718 | Répond au message #7717