Le Procès d’un grand rêve
Hier [1], il nous était donné d’assister à la première lecture théâtralisée du Procès d’un grand rêve au sein du Palais Jacques Coeur.
Décidément, Georges Buisson administrateur du lieu, ne manque pas d’idées pour faire revivre les murs vénérables de la Grand Maison. Ainsi donc, sur son initiative et en partenariat avec l’association Double-Coeur, une centaine de personnes a pu assister à la représentation du procès des principaux accusés de l’insurrection du 15 mai 1848, sur le lieu même de l’événement. Evelyne Loew, fut chargée d’écrire le texte de cette lecture après avoir effectué d’abondantes recherches dans les archives de l’époque.
Les faits :
Le 15 mai 1848, les révolutionnaires Armand Barbès, Auguste Blanqui, François Vincent Raspail et l’ouvrier Albert, suivis d’une foule de 50 000 personnes, investissent le palais Bourbon où siège l’Assemblée nationale. La manifestation, qui à l’origine est initiée pour demander une intervention française en Pologne, tourne au coup d’Etat. Le gouvernement reprendra le dessus et arrêtera les leaders. C’est la défaite du camp ouvrier et socialiste. [2]
Le 7 mars 1849 au palais Jacques Coeur à Bourges, une juridiction d’exception - une Haute Cour de justice créée pour la circonstance – juge les meneurs. Barbès et Blanqui pour ne parler que des plus connus, sont mis en accusation et lourdement condamnés.
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Le rêve :
Du procès véritable, la lecture ne donnera que quelques éléments tirés des archives fouillées par l’auteur. Evelyne Loew imagine essentiellement ce qu’aurait pu être les dialogues puisque les accusés restèrent enfermés dans le mutisme le plus total pendant toute cette période. Mais ces phrases rêvées font renaître un discours bien réel. Celui de l’idéal républicain de 1848 , idéal de fraternité sociale de justice décapité - lors de ce procès - par les forces conservatrices au pouvoir qui lorgnent alors du côté du bonapartisme...
Les acteurs :
La pièce fait entendre la voix des principaux accusés : Blanqui, Raspail et Flotte, ainsi que celle des témoins : Vidocq et Lamartine, convoqués au procès. L’interprétation des lecteurs, issus de différentes compagnies de théâtre amateur de Bourges, est à la fois sensible, drôle et émouvante.
Hormis une lecture remarquable et l’ambiance particulière liée au fait d’être sur les lieux de ce moment d’Histoire, c’est le texte qui étonne de par son actualité. Evelyne Loew l’explique bien : “Apparaîtront dans les débats les grandes questions qui se posent de nouveau en 2007, les grands problèmes d’organisation sociale qui sont bien loin d’être résolus : comment empêcher, ou du moins contenir, l’injustice et la prédation, comment instaurer un droit au travail et un droit du travail, comment assurer pour chacun, où qu’il soit dans le monde, les droits de l’homme et du citoyen ?...” [4]
D’autres lectures de cette pièce se tiendront au palais Jacques Coeur les samedi 15, dimanche 16 et lundi 17 septembre 2007 à 20h30. Entrée gratuite mais réservation obligatoire au 02.48.24.06.87
[1] le 15/09/2007
[2] source : site l’Internaute Histoire
[3] source : Evelyne Loew, Brochure de présentation du Procès d’un grand rêve
[4] source : Evelyne Loew, Brochure de présentation du Procès d’un grand rêve
