Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire

jeudi 11 octobre 2007 à 21:09, par bombix

L’affaire Guy Môquet : l’exhumation par Sarkozy de la lettre du jeune militant communiste s’inscrit dans sa stratégie de récupération des emblèmes de la gauche : Blum, Jaurès, et même Gramsci ! À travers ce « roman national » fabriqué de toutes pièces, il s’agit d’abord pour l’ex-candidat de se forger une nouvelle identité. On assiste ici au recyclage d’un produit qui fut déjà impliqué dans diverses propagandes. Reste le supplice d’un homme très jeune, fauché au matin de sa vie, dont on honorerait la mémoire en ne tripatouillant pas à nouveau son histoire pour manipuler l’opinion.

Les faits

Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire
Affiche de Simo

Le 22 octobre 1941, un jeune communiste de 17 ans est fusillé par les allemands en compagnie de 26 de ses camarades dans la carrière de la Sablière, près de Chateaubriant. Qu’avait donc fait ce lycéen pour subir cette fin atroce ? Rien, ou presque. Dénoncé par deux policiers français, il avait été arrêté pour avoir distribué des tracts, alors qu’il était membre des Jeunesses communistes.

Les allemands étaient coutumiers de la prise d’otages pour sanctionner des délits impunis. Or, à partir de septembre 1941, une ordonnance dite « code des otages » enjoint l’administration militaire d’occupation, le MBF (Militärbefehlshaber in Franckreïch) de durcir sa répression et de l’orienter politiquement. Il s’agit de monter l’opinion publique contre la résistance et de la persuader que « les terroristes » sont « à la solde de Moscou et de la juiverie ».

Le 20 octobre 1941, Gilbert Brustlein, un jeune communiste, croise par hasard le lieutenant-colonel Fritz Holz, et le tue. Le « code des otages » est aussitôt appliqué. Les bourreaux, aidés des autorités françaises, choisissent presqu’exclusivement les futures victimes parmi des communistes et des syndicalistes.

Le choix du jeune militant (Guy Môquet n’était pas seul, deux autres communistes de 19 et 21 ans tomberont sous les balles allemandes dans la carrière de la Sablière) parmi les otages n’a donc rien d’un hasard. C’est une « opération de communication » destinée à l’opinion. Le message est clair : si l’on est communiste ou juif, on ne peut pas être un patriote. Et peu importe l’âge.

Or l’affaire va mal tourner pour l’occupant. Plutôt qu’un mouvement de rejet à l’égard de la jeune résistance, c’est une vague d’indignation qui secoue la population. La propagande allemande voulait présenter des monstres ; elle va fabriquer des martyrs. L’émotion est considérable. Le maréchal Pétain interdit désormais à ses préfets de participer au choix des otages. Les allemands eux-mêmes réalisent que leur action a été contre-productive. Hitler choisit de surseoir temporairement à l’exécution d’otages.

Récup’

Le PCF qui ne revendiquera pas immédiatement être à l’origine des attentats va s’appliquer très vite à « récupérer » le sacrifice des « 27 ». Tandis que les allemands voulaient démontrer que « les terroristes » ne pouvaient pas être des patriotes - parce qu’ils étaient communistes !, le PCF va au contraire valoriser le martyr des siens : la tragédie de Chateaubriant lui permet en effet de laisser entendre que seuls (ou presque) les communistes sont les vrais, les meilleurs des patriotes.

Belle occasion alors pour ses responsables de faire oublier leurs errements du début de la guerre. « Alignée » sur la position de Staline, la doctrine du Parti communiste français au commencement du conflit épouse celle de « la patrie du socialisme ». La conflagration qui déchire l’Europe est une guerre « interimpérialiste » ; en conséquence, à cette époque, et bien qu’il combatte le régime de Vichy, ses actions ne visent pas précisément l’occupant. Ce n’est qu’après l’agression hitlérienne contre l’URSS, en juin 41, qu’une nouvelle ligne, à nouveau antifasciste, commandera l’analyse et l’action du PCF.

Le souvenir de Guy Môquet alimentera durablement le martyrologe communiste. Aragon rédige à la demande de Jacques Duclos « Les Martyrs » qui sortiront aux Editions de Minuit en 1942. Plus tard, un monument sera érigé dans la carrière de la Sablière en souvenir des fusillés de Chateaubriant.

Il n’est pas question ici de minimiser le sacrifice des communistes, ou de nier leur engagement dans la résistance. Faisons simplement remarquer que l’histoire de Guy Môquet fut d’abord traitée comme une icône ; moins que l’établissement de la vérité historique, c’est une certaine imagerie légendaire qu’a voulu entretenir le PCF : celle d’un parti et de militants infaillibles, héroïques, prêts à mourir et à se surpasser pour « des lendemains qui chantent »...

Ainsi en va t-il certainement de tous les héros ; on s’inquiète moins de ce qu’ils furent que de la façon dont leur destin peut être utile à la cause de ceux qui restent.

Recyclage

L’exhumation par Sarkozy de la lettre du jeune militant communiste s’inscrit dans sa stratégie de récupération des emblèmes de la gauche : Blum, Jaurès, et même Gramsci ! À travers ce « roman national » [1]fabriqué de toutes pièces, il s’agit pour lui, d’abord, de se forger une nouvelle identité. Homme de droite, et donc partisan, il se rêve homme d’état, « rassembleur ». Plus il est engagé dans les affaires de la Nation, et sur tous les fronts (au point que l’on s’interroge sur son hyperactivité et que l’on soupçonne quelque pathologie cachée), plus il a besoin de faire croire que, comme les institutions de la Vème République le voudraient, il demeure au-dessus de la mêlée. Il ne veut pas être à la tête d’un État-UMP : il rêve d’une France sarkozyste de part en part. Il ne veut pas la victoire de son camp : il rêve d’un seul camp, à lui dévoué, et qui servirait ses passions et ses intérêts. Toutes les eaux politiques françaises doivent s’en aller mourir dans le large fleuve sarkozyen. Pour cette grande offensive, qui désarçonne à la fois ses adversaires et ses amis d’hier, il convient de forger des mythes fondateurs.

Ainsi est instrumentalisée une nouvelle fois la mort tragique de ce gamin de 17 ans. Lorsque Sarkozy déclare [2] : « Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune communiste mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie », il nie (et il demande à l’école et aux professeurs d’histoire d’en faire autant : « Je veux ... ») la dimension proprement politique de l’engagement de Guy Môquet [3] Pourtant, c’est bien en tant que communiste que Guy Môquet se battait, et si sa lettre est singulièrement dépourvue de considérations politiques, c’est que le jeune homme savait que pour qu’elle parvienne à ses proches, il devait l’expurger de tous propos pouvant déplaire à la censure.

Citons encore : « Ma petite maman chérie ». « Ce mot d’amour que nous portons tous en nous et que nous n’avons pas dit, quand nous le pouvions, aussi souvent que nous aurions dû. Ce mot d’amour et de tendresse prononcé au seuil de la mort, je veux vous dire une chose importante, il n’est pas ridicule. Il est, pour tout être humain, simplement bouleversant. Être jeune, demeurer jeune, c’est savoir accepter d’être bouleversé par la sincérité d’un sentiment si fort ... »

Cette façon qu’a Sarkozy de privilégier les « sentiments » et les « émotions » est loin d’être innocente. Une rhétorique sirupeuse voudrait nous faire croire au mythe d’une France éternelle, fondée sur des valeurs communes – l’amour d’un fils pour sa mère - et dans laquelle, enfin, tout le monde pourrait se réconcilier. Elle n’existe que dans les discours de Sarkozy. La France réelle, c’est celle de 1941 où des hommes de droite, par haine de la gauche, ont aidé les autorités allemandes à établir la liste des suppliciés de Chateaubriant ; c’est la France de 2007, où des flics zélés viennent arrêter à la sortie des écoles des parents ou des élèves sans-papiers. Bref c’est la France des lâches et des courageux, des salauds et des justes, mais aussi (mais surtout) de la grande masse des gens portés par la houle de l’histoire et qui essaient simplement de vivre le moins mal possible. La France réelle, c’est la France hélas éternelle des privilégiés et des misérables, des dominés et des dominants qui s’affrontent dans une lutte qui semble ne jamais vouloir finir. Toute autre vision est mystificatrice.

Usages et mésusages de la mémoire

Contre les dérives de la mémoire, toujours sélective, toujours subjective, toujours déjà orientée par le désir qu’on a de réécrire le passé pour qu’il corresponde à ce que l’on croit, l’effort de l’historien est de se désengluer de cette tyrannie des sentiments et des émotions. Il travaille sur des documents. Il confronte des témoignages. Il essaie de reconstruire patiemment une vérité qu’il sait ne jamais être définitive. Il fuit les jugements de valeur, n’essayant pas de dire ce qui fut bien ou mal, mais les évènements tels qu’ils se sont passés, et le sens – toujours en question - qu’on peut leur attribuer.

A cet égard, la tentative de Sarkozy de mobiliser l’école et l’histoire à son profit pour nourrir sa propre mythologie est critiquable au plus haut point. Et tous les démocrates, avec les défenseurs de la vérité, devraient s’y opposer avec la plus grande fermeté.

Il est regrettable que le Parti communiste [4]
, après un moment d’hésitation, ait finalement décidé de s’associer à cette commémoration orientée. Le profit qu’il peut en tirer est maigre au regard de la démission politique et intellectuelle qu’il cautionne. Mais les vieux réflexes ont décidément la vie dure.

C’est finalement à Guy Môquet qu’il serait bon de penser le 22 octobre pendant cette mascarade. Au militant communiste qui voulait changer le monde, et à l’adolescent espiègle qui draguait les filles [5] dans le camp où il attendait la mort. On pensera à cet être jeune, vivant, faisant l’histoire autant qu’il la subissait, qui n’avait certes pas mérité de mourir, et dont on honorerait la mémoire en ne tripatouillant pas à nouveau son histoire pour manipuler l’opinion.

[1J’emprunte l’expression à Jean-Pierre Azéma, spécialiste incontesté de la seconde guerre mondiale, et qui a signé dans le magazine l’Histoire du mois de septembre 2007 un article fort riche Guy Môquet, Sarkozy et le roman familial auquel je renvoie le lecteur pour complément d’information. Le roman national n’est pas sans faire penser au roman familial cher à Freud. Les êtres humains, comme les sociétés, ont besoin d’images pour se constituer, ou plutôt s’instituer. L’histoire (dont nous n’oublierons pas que l’étymologie renvoie à la notion d’image) joue sans conteste, en particulier en France, cette fonction identitaire. Si l’Etat est dans son rôle lorsqu’il mobilise l’histoire pour forger une image de la Nation dans laquelle la population essaiera de se reconnaître et de s’identifier, à travers cérémonies et commémorations par exemple, en revanche il n’appartient pas à l’école et surtout pas aux historiens de métier d’alimenter par leur travaux (qui ne devraient être habités que par le souci d’établir la vérité) les mythologies successives qui serviront l’idéologie politique de tel ou tel clan. C’est à cette confusion que l’on assiste avec l’affaire Guy Môquet. C’est elle qu’il faut dénoncer.

[2Discours d’investiture, 16 mai 2007

[3Comme le note avec justesse Raymond Morvan : La note de service du ministre de l’Education nationale porte pour titre « 22 OCTOBRE : COMMÉMORATION DU SOUVENIR DE GUY MÔQUET ET DE SES 26 COMPAGNONS FUSILLÉS » La substitution au mot « camarades », inscrit dans toute l’histoire du mouvement ouvrier, du mot « compagnons » renvoyant à la tradition gaulliste, n’est évidemment pas fortuite. M. Darcos, ministre et professeur agrégé de lettres classiques ne peut l’ignorer... mais les exigences de l’opération politique sont évidemment plus fortes que la rigueur sémantique...

[4cf. Lettre Hebdo n°309, septembre 2007 : Nous proposons de nous inscrire pleinement dans cet événement, ne boudant pas le fait de voir un jeune militant communiste honoré. Et nous proposons de nous montrer offensifs en participant, partout ou cela est possible, à des débats autour de cette lecture, mais aussi en prenant nos propres initiatives et en menant une forte bataille politique d’idées face à l’instrumentalisation opérée par Nicolas Sarkozy, particulièrement sur sa conception de l’“ identité française ”.

[5Guy Môquet a écrit plusieurs lettres avant son exécution. Dans la dernière, il ne s’adresse ni à la Patrie, ni à sa maman, mais à sa petite amie, Odette Leclan dont il s’était épris en captivité. « Nous sommes courageux » écrit-il. « Ce que je regrette, c’est de n’avoir pas eu ce que tu m’as promis . » Un baiser ?

commentaires
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 9 novembre 2007 à 07:16

Sur le site du CNDP, un dossier très riche sur Guy Môquet.

Une intervention sans ambiguïtés de François Marcot, professeur à l’Université de Franche-Comté, Les raisons de l’exécution. François Marcot est spécialiste de l’histoire de la résistance. Il a dirigé dernièrement un Dictionnaire historique de la Résistance.

Une page enfin sur Henri Fertet, dont j’ai parlé dans un post du forum.

Bonne lecture,


#8630
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 27 octobre 2007 à 19:50

Bon il fallait bien s’en douter, si cette initiative avait été prise par un président de gauche, ça serait passé comme une lettre à la poste.

Nous avons des profs en France qui sont politisés et même téléguidés, je me rappelle d’un prof de français que j’avais en seconde, il nous faisait l’apologie de Mitterrand, voulait qu’on lise Libération, nous expliquait qu’avant 1981 c’était l’obscurantisme... Et ce n’était pas le seul donc je sais de quoi je parle.

Ils voudraient que nos chers bambins se forgent des idées par eux-même, mais bien sûr il faut que ces idées collent à leur conception politique. Effectivement à part en primaire oû j’avais à faire avec des instits vieille école qui nous enseignaient un certain patriotisme, par la suite c’était le néant voire carrément anti-patriote. Et j’ai 35 ans, j’imagine que les choses ne se sont guère arrangées.

Je ne sais que penser de la lettre de Môquet, mais si elle éveille un certain sentiment patriote (pas nationaliste ne confondons pas) ce ne peut être que bénéfique pour des gamins qui sont devenus extrêmement matérialistes, et dont le seul sujet de conversation est de savoir qui va gagner la starac ou quel jean’s de marque ils vont bien pouvoir faire acheter à leurs parents...


#8487
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mister K - 27 octobre 2007 à  21:34

Bon, je précise, je ne suis pas prof., je n’ai rien à voir de près ou de loin avec l’éducation nationale...
J’ai deux réflexions simples à propos de l’initiative de Sarkozy avec le lettre de Guy Moquet :
- le Président de la République ne devrait pas intervenir directement dans les programmes de l’éducation nationale. Qu’il soit de gauche, de droite, du milieu ou de mars.
- si cette lettre avait été lue dans le cadre d’un cours d’histoire autour de la seconde guerre mondiale, cela aurait pu avoir un sens. Là, cela pouvait être dans le cadre d’un cours de sport... histoire d’imiter Bernard Laporte peut-être ? En tout cas, ce n’était pas bien sérieux.

Sinon, j’ai eu pas mal de profs. qui n’étaient, de toute évidence, pas à gauche... donc, il ne faut pas généraliser. De plus, si l’on en croit les sondages sortis des urnes après le second tour des élections présidentielles 2007, un nombre non négligeable de profs ont voté Sarkozy. Bref, il faut arrêter de tout caricaturer.

je me rappelle d’un prof de français que j’avais en seconde, il nous faisait l’apologie de Mitterrand, voulait qu’on lise Libération

De mon coté, je me souviens d’une prof qui nous avait fait acheter toutes sortes de journaux (BR, NR, Figaro, Libé, Le Monde etc...) dans le but de comparer la traitement d’une même information selon les journaux. L’objectif, c’était de nous permettre d’être capable de garder un oeil critique sur l’information que l’on nous propose. Pour info, j’ai 35 ans... Maintenant que j’ai un peu d’expérience, je sais que votre contribution est une caricature de ce que pense un militant de droite moyen : les profs sont tous des gauchistes qui formatent les élèves à la pensée de gauche. Cela marche tellement que l’on va avoir droit à 17 années continues de présidence de droite ;-)

#8490 | Répond au message #8487
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 28 octobre 2007 à  18:52

Dans le milieu social, associatif, éducatif, étatique, la tendance est plutot de gauche c’est un fait, pas une caricature. C’est du réel, du concret. Et c’est plutot normal....

La valeur des sondages.....10 000 pékins interrogés sur 32 millions de votants ??? Une indication pas plus.
Remember Le Pen 2002.

Le bon prof, quelque soit sa tendance, comme tu dis, est de permettre à ces élèves d’être capable de garder un oeil critique sur l’information que l’on nous propose. Ca c’est pro.

Le mauvais prof impose ses opinions : je me souviens d’une prof (agrégé) d’histoire :"L’homme souffrait, avait la vie dure, et a donc inventer Jésus pour se consoler"
Bon ma famille et moi-meme n’est pas dans le catho, mais quand meme, ca choque !!

C’est comme les chasseurs, y’a le bon chasseur, il chasse et le mauvais chasseur il chasse maiissss c’est pas un bon chasseur.

La polémique sur Môquet est ridicule.
Honorer cette personne ,que l’idée soit venu d’un Martien, d’un gauchiste ou d’un lapin bleu, j’applaudis des 2 mains sans arrières pensées.
Car ce pays a davantage besoin de se réunir que de se diviser, au-delà des petits interets politiciens.

#8493 | Répond au message #8490
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mister K - 28 octobre 2007 à  21:34

La polémique sur Môquet est ridicule. Honorer cette personne ,que l’idée soit venu d’un Martien, d’un gauchiste ou d’un lapin bleu, j’applaudis des 2 mains sans arrières pensées.

L’idée est venue d’un Président de la République dont le rôle officiel n’est pas de dicter le contenu des programmes... Si cela avait été inscrit au programme de façon plus traditionnelle, cela n’aurait posé vraisemblablement aucun problème (et n’aurait pas fait l’objet d’un campagne médiatique orchestrée...).

Car ce pays a davantage besoin de se réunir que de se diviser, au-delà des petits interets politiciens.

Justement, à partir du moment où il y a une intervention du Président de la République, il y a une intervention d’un homme politique dans un cadre politique...

Le bon prof, quelque soit sa tendance, comme tu dis, est de permettre à ces élèves d’être capable de garder un oeil critique sur l’information que l’on nous propose. Ca c’est pro.

Ben justement, un "pro" comme tu dis, peut légitimement se poser la question du cadre pédagogique de la lecture de la fameuse lettre et décider qu’il n’est pas adapté.

#8495 | Répond au message #8493
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 25 octobre 2007 à 10:58

En complément d’information, toujours sur France Culture, écouter l’émission"La fabrique de l’histoire" du 22 octobre 2007. (cliquer pour écouter) Cette émission, à la différence de la précédente, est axée sur des témoignages. La problématique qui s’en dégage, c’est la "concurrence" entre les victimes de Nantes, et celles de Chateaubriant. La publicité faite autour des fusillés de Chateaubriant par le PCF a porté ombrage aux fusillés de Nantes, et à ceux du Mont Valérien. Mais il n’y a pas que cela : tandis que les héritiers des fusillés de Chateaubriant insistent sur l’idée de sacrifice et le patriotisme des victimes, les familles des fusillés de Nantes en veulent encore au PCF d’avoir commandité les attentats.

On écoutera avec attention le témoignage de Gilbert Brustlein, l’auteur de l’attentat qui a couté la vie au colonel allemand. Celui-ci déclare «  Ils (les responsables du PCF) ont tout d’abord voulu faire croire que moi, j’étais un illuminé (...) que j’avais agi par ma propre initiative (...) mais en réalité, c’est des coups de mains qui ont été organisé par la direction du Parti Communiste (...) il (le Parti) prend en charge les fusillés, mais ne reconnaît pas sa responsabilité dans l’action de Nantes. » Mieux. On demandera à Brustlein de se suicider. « J’ai rendez-vous à ce moment-là avec Fabien, rue Vitruve à Paris ». Fabien demande à Brustlein de se rendre dans un café fréquenté par des allemands dans le XVIIIème arrondissement et de se faire sauter en kamikaze en proclamant qu’il est l’auteur de l’attentat de Nantes. Ce qu’il ne fera pas. Il s’enfuira.

La reconnaissance du rôle du PCF dans les attentats de Nantes attendra le 20 aout 1950 (article paru dans l’Humanité). Puis il faudra encore deux ans pour qu’un journal communiste de la région nantaise assume cette responsabilité ...

Très belle émission. Outre les témoignages des familles, des survivants, des acteurs de cette période, l’émission est ponctuée de lettres de condamnés, extrêmement émouvantes. À l’opposé d’un traitement simplificateur et manipulatoire, on perçoit toutes les difficultés, toutes les résistances qui demeurent pour appréhender cette période tragique de notre histoire, alors que palpite encore, chez les survivants et leur descendants, dans leur chair, la douleur térébrante qui les habite depuis 60 ans.


#8448
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 23 octobre 2007 à 20:13

Je conseille vivement l’écoute de l’émission de France Culture, Du grain à moudre, diffusée le 22.10.2007, avec pour thème : La double OPA sur Guy Moquet avec Olivier Wieviorka. Historien Professeur à l’Ecole Normale supérieure de Cachan, Frank Liaigre. Historien, Henry Rousso. Chercheur de l’institut du Temps Présent. (cliquer sur le lien pour écouter)

« J’ai l’impression qu’il y a un manque d’information, c’est pas possible (...) d’une certaine manière, on va commémorer la résistance avec un jeune garçon qui n’a pas résisté à l’occupant avant d’être arrêté et qui plus est portait des tracts qui véhiculaient des valeurs aux antipodes de celles de la résistance » (F.Liaigre)
Tout le début de l’émission sur l’attitude du Parti Communiste à l’égard de l’Allemagne nazie est très intéressante. « La doctrine du PC qui s’était aligné sur Moscou se résume en : "Cette guerre est une guerre injuste, interimpérialiste, une guerre de bourgeois qui ne concerne en rien la classe ouvrière" ... les militants qui ne collent pas à la ligne seront dénoncés comme renégats, comme des traitres au parti et à la classe ouvrière, certains seront exécutés en temps voulu lorsque le PC sera rentré en lutte armée. »

Enfin, on y réfléchit sur l’idée de commémoration, et sur la place de l’idée de jeunesse dans la propagande sarkozyenne...


#8429
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 24 octobre 2007 à  12:01

Oui, c’est très interessant le début de l’emission sur l’attitude du PC à l’égard de l’allemagne nazie. Et ce qui est très très très interessant aussi (dans la suite de l’emission) c’est cette espèce de perplexité de toutes ces personnes présentes à l’emission qui se demandent " mais pourquoi le President de la République veut-il cette commémoration ". Et une de ces personnes, je ne me rappelle plus laquelle, qui pense que Henri Guenot et Sarkozy se sont mal informés sur Guy Môquet.... Quel ingénu ce monsieur...

#8433 | Répond au message #8429
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 24 octobre 2007 à  17:13

Henri GUAINO, pardon.

#8438 | Répond au message #8433
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Philippe BENSAC - 24 octobre 2007 à  15:18

Mon cher BOMBIX,

attention à la mauvaise foi et à la posture de l’apprenti sorcier.

Car en cherchant à combattre la proposition de SARKOZY, ce qui est respectable, vous passez de la dénonciation de la récupération d’un symbole appartenant à la gauche (voir votre chapitre récup’)à la redécouverte de la collusion entre les communistes et les nazis jusqu’à ce que les projets "impérialistes" ne se heurtent, comme d’ailleurs à l’époque Napoléonienne mais avec la France en lieu et place de l’Allemagne et des moyens de destruction massive sans commune mesure.
Je ne compare pas pour autant HITLER et NAPOLEON, le Code Civil français de 1806 et "mein kampkf".

Alors, je réagis lorsqu’à bout d’arguments pour descendre en flamme l’initiative républicaine de SARKOZY et pour avoir le dernier mot "enseignant", vous donnez dans l’amalgame historique dont vous dénoncez par ailleurs l’utilisation par certains prêcheurs nauséabonds autrement dénommés révisionnistes.

Quitte à me répéter, sans en rajouter puérilement, je crois que la proposition de lecture commentée de SARKOZY qui n’a, à aucun moment, revêtu un caractère impératif, signifie la transmission par identification de valeurs universelles à la jeunesse, actrice du futur d’un peuple (ensemble d’individus liés culturellement et socialement résidant dans un territoire déterminé). Qu’au surplus, peu importe l’engagement politique du sujet, dès lors qu’il a été la victime innocente d’une barbarie.

Mitterrand s’est bien plus fourvoyé que le jeune Guy Môquet à cette époque en étant récompensé de la Francisque de Vichy, et demeure tout de même la référence socialiste moderne majeure, peut être pour vous aussi, mon cher BOMBIX.

Vous vous méfiez de l’information sur INTERNET, je me méfie de tous les professionnels de la réthorique, y compris dans les média officiels.

Avec tout mon respect,

Philippe BENSAC

#8434 | Répond au message #8429
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 24 octobre 2007 à  16:03

Je ne comprends pas bien le procès en manipulation dont je suis l’objet. De quel amalgame révisionniste suis-je soupçonné ? Vous savez que le mot révisionniste a un sens précis : il signifie de manière générale la négation des crimes de guerre nazis. Y a t-il quoi que ce soit de cet ordre dans ce que j’ai écrit ? L’alignement du PCF sur la russie soviétique, son retournement après l’agression hitlérienne sont des faits connus. GM n’était pas un "résistant" quand il a été arrêté ; il était un militant communiste appartenant à un parti qui luttait certes contre le régime de Vichy, mais pas contre l’occupant allemand. Les historiens sont formels là-dessus, il n’y a pas de discussion. Ecouter l’émission de FC, très instructive là-dessus.

Qu’au surplus, peu importe l’engagement politique du sujet, dès lors qu’il a été la victime innocente d’une barbarie.

Non justement, il importe l’engagement politique de GM. Comme il importe qu’il appelât ses compagnons d’infortune "camarades", et non "compagnons", dénomination qui renvoie à la tradition gaulliste (très honorable, ce n’est pas le débat) ; voilà une petite manipulation sémantique de Darcos tout à fait significative. Maintenant que Sarko veuille l’oublier, on comprend pourquoi ; que son Ministre transforme l’école en lieu de transmission d’une mythologie bancale, on doit trouver à redire. Et puis au fond du fond, il faut se méfier de l’idéologie victimaire. On honore bien plus GM et voyant en lui un combattant, qu’en le réduisant à une victime. Combattant d’une cause ambigüe. Combattant au sein d’une formation politique héritière de toutes les luttes d’émancipation et qui cautionnera une entreprise totalitaire qui a sur la conscience autant de morts que l’Allemagne nazie. Combattant de ... 17 ans.

Mitterrand s’est bien plus fourvoyé que le jeune Guy Môquet à cette époque en étant récompensé de la Francisque de Vichy, et demeure tout de même la référence socialiste moderne majeure, peut être pour vous aussi, mon cher BOMBIX.

Excusez-moi, mais là vous êtes vraiment hors-sujet. On ne discute pas de l’histoire interlope de Mitterrand pour l’instant. Restons dans le fil. C’est vous qui dénoncez les professionnels de la rhétorique ? N’utilisez pas leurs ficelles les plus grosses ! ...

Mais bien cordialement toujours tout de même,

#8436 | Répond au message #8434
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 24 octobre 2007 à  17:11

Je n’accepte évidemment pas le terrain que vous avez choisi pour cette joute intellectuelle et ne suis donc pas "hors sujet" mais simplement "dans mon sujet" qui recoupe globalement le vôtre en éclairant vos écrits sous un autre angle, résistant de la sorte au rapport dominant/dominé, enseignant/élève, bref sachant/ignorant que vous instillez.

Dès le départ, je défends une liberté, celle d’un élu du peuple de proposer une réflexion commune à une jeune génération fort éloignée de la problématique de l’oppression et des totalitarismes, hyper consommatrice, hédoniste, manquant d’ambition individuelle et de volontarisme collectif.

Vous dites Guy Môquet, mauvaise pioche ! Alors proposez un nom, une icône digne de l’Idée d’engagement, d’amnégation, d’innocence, de victime expiatoire.

Je me ferai un plaisir de le détruire par l’évocation de faits historiques rapportés, connotés, interprétés donc déformés. Chacun sait que la Vérité ne peut être absolue, sauf à ce qu’elle soit érigée comme telle par les dicteurs de conscience.
A ce compte là, la société n’a plus rien à enseigner, sinon que de douter de tout (ce qui, au demeurant, constitue la vraie liberté mais je touche là à ma sensibilié anar).

Concernant le révisionnisme, révision d’une orthoxie dominante (je suis juriste et apprécie que l’on revise quelques procès), (et non le négationnisme), je ne vous accusais évidemment pas d’une telle dérive quant à l’holocauste qui, pour le coup est "hors sujet", mais je m’insurge contre cette faculté d’une partie des intellectuels à brûler les idoles qu’ils ont eux-mêmes fabriquées, un révisionnisme historique en forme de marketing du contrepied.

En conclusion, j’espère que des débats comme le nôtre ont pu exister en classe grâce à la propo de SARKO, et c’est bien la vertu première que je souhaite faire reconnaître à cette initiative.

APPRENDRE A DEBATTRE EN SE RESPECTANT.

GARDER UNE DISTANCE SUFFISANTE FACE AUX "SACHANTS".

AU FOND, ETRE PHILOSOPHE, COMME VOUS ?

Post scriptum (pour éviter les ambiguités) : la réthorique est un outil que nous partageons, donc pas de souci dès lors qu’il reste au service de la bonne foi, ce dont je ne doute pas, vous concernant.

#8437 | Répond au message #8436
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 24 octobre 2007 à  17:35

Je ne réponds pas à la place de Bombix. Je veux juste vous dire que ce n’est pas vrai, vous n’êtes pas de sensibilité anar, Frédéric Bastiat n’est pas" anar". Ou anarchiste de droite, si l’on veut. Mais comme vous le savez, il y les anachistes de droite et les anars de gauche, qui n’ont pas dutout le même projet de société. Ne me renvoyez pas à l’article de Monsieur Pinon, sur vous, je le connais. ...Libertaire-Sarkozyste. Moi, je suis de moins en moins con qu’avant.... grâce auX "sachants....". Je me rappelle que vous ne voulez pas être libertarien. Que vous dites que c’est des fachos. OK. Je vous crois de bonne foi, sur ce coup là. Mais le cercle Frédéric Bastiat renvoie à des renvois. Aller, un peu de cours de franc parler : quand on dit "anar" c’est de gauche. Quand on dit "libertaire" c’est de gauche. Ensuite, le spécialiste des anarchistes de droite, c’est vous. Alors comment on dit ?

#8439 | Répond au message #8437
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 25 octobre 2007 à  11:14

Homme libre et actif qui ne s’est jamais caché derrière des pseudos pour affirmer sa pensée et qui défie tous les jours les leaders de son propre camp (voir ma dernière contribution sur mon BLOG au sujet des tests ADN).

Ce qui sépare un anar de droite et un anar de gauche, c’est que le premier est constructiviste et le second nihiliste. Je suis sûr que vous savez ce que je veux dire, chèr(e) ingénu(e).

A vous, je vous lis avec attention...

Philippe BENSAC

#8449 | Répond au message #8439
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 25 octobre 2007 à  12:47

Ca, je vous reconnais de ne pas vous planquer derrière un pseudo en tant qu’homme politique. Je ne savais que vous défiiez tous les jours les leaders de votre propre camp. Il est vrai que je ne vais pas sur votre blog. Ah... sinon, je ne sais pas précisément ce que sont le constructivisme et le nihilisme (ce sont des notions philosophiques je suppose très poussée ). Mais bon, les racines de ces 2 mots sont claires, et vous voyez, je trouve ça trop facile de dire que l’un est pour la construction et l’autre pour une forme d’anéantissement. Je ne sais si j’aurais tenu le débat, car c’est très compliqué, mais, de sensibilité de gauche, je n’aurais même pas osé dire qu’un anarchiste de droite était nihiliste. Parce que ça coupe court au débat. C’est trop facile de dire que le camp opposé est pour RIEN. Les uns comme les autres sont pour une construction, pour l’existence (à travers un idéal différent) d’une politique, d’une forme de société, de la position de l’individu dans cette société.,de l’exercice de pouvoirs, des modes de productions. Bon et si on simplifie, mais sans erreur je crois, l’anar de droite est capitaliste, avant tout capitaliste, très capitaliste, et l’anar de gauche, ben je sais pas, c’est plus compliqué : il -elle n’est pas capitaliste, pas dutout capitaliste, (ce en quoi je ne vois pas ce que ça fait de lui, elle, un-e "nihiliste" ) , il n’est pas communiste non plus, donc pas socialiste, Donc vous allez me dire, comme il-elle n’est pas ça ceci cela, il-elle est donc nihiliste. Ben non, parce que il- elle est convaincu-e que les Hommes ont besoin les uns des autres pour construire une société égalitaire (donc communiste en ce sens, oui), et qu’au contraire de l’anar de droite (qui n’est pas pour une société égalitaire, c’est le cadet de ses soucis ) , ce n’est pas par la seule force de l’individu livré à lui-même et donc se construisant sur la fameuse "résilience" , sa proprété privée, qu’il parvient à se construire, et à construire cette société idéale mais par l’échange. La seule chose qu’ils aient en commun, les de droite et les de gauche, c’est qu’ils veulent pas d’Etat, et encore je crois bien que les de droite, le veulent quand même , mais seulement régalien... (ah ! quel bonheur ! )
J’ai pas pour habitude de dire cordialement à un sarkozyste, alors je vous dirais, seulement,
Socialement, (cela dit je ne vous considère pas vous, individu comme un ennemi, mais oui, le parti auquel vous adhérez, le bonhomme que vous défendez, oui, c’est "mon ennemi", mais rassurez-vous, je ne lui veux aucun mal.....)

#8451 | Répond au message #8449
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe Bensac - 25 octobre 2007 à  14:14

Merci de cette réponse. Là, nous nous comprenons et j’ajoute qu’au travers de ces échanges nous démontrons que nous nous respectons (en tout cas j’en ai le sentiment). Ah si, juste un petit rectificatif. Je suis libéral mais pas capitaliste (libéral = pour la concurrence systématique et loyale et pour la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux // capitaliste = pour les monopoles ou les ententes et la concentration des capitaux).

Dans ce cadre, je poursuis mon engagement pour essayer de replacer BOURGES, le CHER et le BERRY dans une meilleure perspective d’avenir en jouant avec les véritables règles concurrentielles telles qu’ingéniosité, esprit d’équipe et détermination.

Bref de façon constructive pour la communauté locale.

#8454 | Répond au message #8451
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 26 octobre 2007 à  11:52

Oui, bien sûr, je vous respecte. Quant aux différences entre libéral et capitaliste, ça m’étonnera toujours... Je dirais m^me que je ne vois pas la différence, même si vous avez tenté de me l’expliquer, avec votre bonne foi à vous. D’autres ont essayé de me l’expliquer aussi, mais désolée ça ne veut pas rentrer (!). Et je crois bien que ça ne rentrera jamais, parce que je pense que c’est une entourloupe cette soit disant différence. "Libéral" au sens économique bien sûr. (sinon, je sais ce que veut dire libéral au sens politique, et au sens du respect de la liberté pensée de chacun).

#8459 | Répond au message #8454
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  12:09

Et je crois bien que ça ne rentrera jamais, parce que je pense que c’est une entourloupe cette soit disant différence.

Vous avez raison Eulalie, c’est « une entourloupe » Elle tente de faire croire que les conditions du libéralisme théorisé par les penseurs politiques du XVIIème siècle (Locke en particulier) n’ont pas changé. Or elles ont changé, comme a changé le capitalisme. C’est une question difficile, qui mérite mieux que quelques lignes dans un forum. Mais votre intuition est la bonne.

Bien à vous,

#8461 | Répond au message #8459
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  14:51

Bombix,

Comme est curieux votre "va et vient" entre donneur de leçon/savant universel et soutien de tous les poncifs d’une pensée de gauche éculée, même teintée d’ingénuité.

Je vous reproche moins la forme consistant à vous rapprocher d’une anti sarkozy par principe que le fond que vous occultez par manque d’arguments.

Car à un moment, au delà des paroles et des écrits, il est question des actions et je vous attends de pied ferme sur le terrain des engagements concrets, en vous réitérant d’ailleurs mon offre de collaboration dialectique sur GM puisque vous refusez la fameuse approche multilectique consistant à rechercher les engagements humanistes compatibles malgré les oppositions idéologiques.

Je ne me résoudrai jamais à la bipolarisation idéologique, j’espère que je trouverai d’autres esprits ouverts tel Jean Michel PINON. Entre Jean Michel et moi, il n’y a ni perdant, ni gagnant, il y a reconnaissance mutuelle sous réserve d’inventaires à venir.

Jugeons dans le temps et avec recul, pièces en main, sans délégation ni procuration intellectuelle.

#8464 | Répond au message #8461
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  15:34

Je vous reproche moins la forme consistant à vous rapprocher d’une anti sarkozy par principe que le fond que vous occultez par manque d’arguments.

Pour l’instant, nous attendons toujours les vôtres, puisque vous avez paraît-il des déclarations à faire pour démonter le corporatisme de JP Azéma et consorts. Mais je suis patient et je veux bien attendre votre livre ;-)

Car à un moment, au delà des paroles et des écrits, il est question des actions et je vous attends de pied ferme sur le terrain des engagements concrets

C’est un dilemme dans lequel vous ne m’acculerez point. Pas plus qu’une liste de discussion n’est une équipe municipale, un webzine n’est l’organe d’aucun programme politique. Il joue un simple rôle d’information et de confrontation d’analyses et de réactions. Quant aux engagements de tel ou tel, cela ne regarde qu’eux. Donc mon « engagement concret » comme vous dites ne regarde que moi. Vous n’avez aucun droit de regard là-dessus. Encore une fois, je suis désolé de constater que vous êtes tenté par la bassesse de l’attaque ad hominem. Ce n’est pas digne de vous. Et je ne ferai pas de plus amples commentaires sur cette simplification anti-intellectualiste bien caractéristique d’une famille de pensée, qui oppose avec la brutalité coutumière des démagogues, les paroles et les actes. Il n’y a pas de gouvernement des hommes sans maitrise de l’opinion. Intervenir dans le domaine du façonnage de l’opinion publique, c’est déjà un engagement politique. Au reste, si vous ne le saviez pas, vous ne seriez pas si pugnace dans vos interventions ici. Je n’oublie pas que, comme intervenant, vous êtes aussi responsable local de l’UMP. En bon républicain que je suis, il ne me viendrait jamais à l’esprit de vous le reprocher. En citoyen-rédacteur de l’Agitateur, qui considère que l’aventure de la pensée vaut le coup car elle est partie prenante de l’aventure multi-séculaire de l’émancipation des hommes, je ne l’oublie jamais.

Je ne me résoudrai jamais à la bipolarisation idéologique, j’espère que je trouverai d’autres esprits ouverts tel Jean Michel PINON. Entre Jean Michel et moi, il n’y a ni perdant, ni gagnant, il y a reconnaissance mutuelle sous réserve d’inventaires à venir.

J’ai prévenu, il y a longtemps déjà, Jean-Michel du danger d’instrumentalisation dont il pouvait faire l’objet, par ce genre d’initiative. Nous avons une analyse divergente sur ce point. J’ai dit ailleurs qu’il fallait respecter les personnes, mais pas les opinions. Les opinions doivent être malmenées, et démontées quand elles sont fausses. Donc je demeure en désaccord avec Jean-Michel sur ce point, et si je reste persuadé qu’il s’est trompé, il n’en reste pas moins qu’il garde toute mon estime et toute mon amitié. Je ne confonds pas tout. Mais au fait, quel type de respect témoignerais-je à un ami, si croyant sincèrement qu’il se trompe, je ne m’employais pas à le convaincre qu’il fait fausse route ?

Laissons-là. Et sur toutes ces questions, comme dit le fabuliste, attendons la fin.

Cordial.

#8466 | Répond au message #8464
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 26 octobre 2007 à  17:02

PUISQUE VOUS VOULEZ UNE CRITIQUE DE LA DEMARCHE D’AZEMA, CI DESSOUS LE COURS PROPOSE PAR DES ENSEIGNANTS AUTOUR DE LA LECTURE DE LA LETTRE DE GUY MOQUET.

SENSIBILITE, DEFINITION DES TERMES D’HISTOIRE, DE MEMOIRE, REMISE EN ORDRE DES FAITS HISTORIQUES NON "SELECTIONNES", ENUMERATION ET DONNEES DE BASE DES DEBATS POSSIBLE, RELATIVISATION DE LA "VERITE HISTORIQUE"... VOILA DE LA BELLE OUVRAGE EDUCATIVE (n’en déplaise au SNES...). AZEMA dit dans sa diatribe parue dans la revue "l’Histoire" du 27/09 "non à la caporalisation de l’histoire", je réponds : "oui au décorporatisme enseignant".

Autour de la lettre de Guy Môquet
mardi 2 octobre 2007
par Claude Robinot , Olivier Golliard , Solange Pierrat

1 - GUY MÔQUET, LA RESISTANCE, LES MEMOIRES
Les programmes officiels et la circulaire pour la lecture de la lettre de G.Moquet. "L’enseignant ne part pas « de rien » avec les élèves de seconde et peut se référer aux programmes de troisième"

La Seconde Guerre mondiale : « les phases militaires de la guerre sont analysées à partir de cartes. L’étude de l’Europe sous la domination nazie conduit à décrire les formes de l’occupation, la politique d’extermination des Juifs et des Tziganes et à définir collaborations et résistances. Une place particulière est faite à l’histoire de la France : analyse du régime de Vichy, rôle de la France libre et de la Résistance. Le bilan de la guerre conduit enfin à en évaluer les conséquences politiques, matérielles et morales et à expliquer la naissance de l’ONU ».

"Il est indispensable d’intégrer la lecture de la lettre dans les programmes de lycée."

1ère ES/L/S- Guerres, démocraties et totalitarismes (1914-1945) : « La France dans la Seconde Guerre mondiale L’étude de la France, de l’armistice à la Libération, permet d’analyser le rôle du régime de Vichy, les différentes formes de collaboration, les composantes et l’action de la Résistance intérieure et de la France libre ».

Terminales ES/L : Bilan et mémoires de la Seconde Guerre mondiale « Après avoir étudié les conséquences du conflit dans l’immédiat après-guerre - sans se limiter aux pertes humaines et aux destructions matérielles -, on présente l’émergence de différentes mémoires de la période de la guerre au sein de la société française ».

Premières STG en tant que sujet d’étude : l’année 1940. « Au-delà de l’armistice, le choix entre acceptation, collaboration et résistance, met en jeu les valeurs qui fondent la démocratie »

La circulaire et le dossier pédagogique proposé par le ministère de l’Education nationale

La lettre et les pistes pédagogiques proposées par l’académie de Reims et de Versailles (Bilan et mémoires de la Seconde Guerre Mondiale,) • Une contextualisation proposée par François Marcot, université de Franche-Comté.

Le dossier de la Direction de la Mémoire, du patrimoine et des Archives (DMPA) Les chemins de la mémoire sur Guy Môquet.

Une émission de la Fabrique de l’Histoire sur France culture diffusée le lundi 22 octobre intitulée "Autour de Guy Môquet, les fusillés d’octobre 1941" avec le témoignage d’acteurs importants de l’époque.

Puisqu’il est recommandé de faire venir des témoins, résistants ou anciens combattants, dans nos établissement pour lire la lettre de G.Môquet, il est bon de rappeler quelques principes qui doivent accompagner cette invitation : le témoin témoigne, le professeur fait de l’histoire avec les élèves : les rôles sont ainsi distribués. Dans le prolongement des réflexions de Dominique Borne sur l’enseignement du génocide, l’enseignant ne peut se contenter du seul témoignage. Un accord sur la durée, le contenu, la tonalité de l’intervention doit au préalable guider ce moment, qui ne peut se refermer dès le témoignage terminé. Un témoin peut être aussi contredit. Un travail en amont et en aval sur le témoignage en histoire est indispensable. A.Wieviorka écrivait ainsi dans le cadre de l’APHG de Caen en 1998 « Les historiens s’intéressent aux hommes mais l’histoire ne peut jamais se réduire aux témoins. Il faut qu’il y ait un cours pédagogique, quelque chose qui donne une explication historique que le témoin ne possède pas en dehors de son propre vécu. (…) Mais jamais il ne doit y avoir de substitution du témoin et de l’historien ». Car en réalité, c’est bien l’historien qui « fait mémoire », dans le sens où c’est lui qui interroge la « mémoire vive » du passé et qui ouvre des « fichiers temporels » qui ont des épaisseurs variées. Il n’est pas donc inutile de « mettre à distance » les impératifs de mémoire, les commémorations et le « devoir de mémoire » pour s’attacher au « devoir d’histoire ». La lecture de la lettre de G.Môquet est l’occasion de faire mesurer aux élèves, non le poids de son « sacrifice », qu’il ne pouvait deviner en octobre 1940, mais le poids de la responsabilité qui pèse sur chaque citoyen : responsabilité que P.Ricoeur situe dans une éthique et qui constitue la seule « dette » des générations présentes à l’égard des générations passées. G.Môquet témoigne ainsi d’une « expérience individuelle d’un destin collectif » (D.Borne), la Résistance, dont les caractères épique et légendaire, soulignés par L.Douzou, sont compatibles avec le travail de l’historien.

2 - LES CIRCONSTANCES DE L’ARRESTATION DE GUY MÔQUET
Cette série de documents permet de décrire l’arrestation et d’en éclairer les motifs. Ils paraissent indispensables pour compléter la lecture de la lettre et restituer l’action sur le terrain du jeune résistant.

Avec les élèves :

le professeur retient le rôle de la police parisienne dans le cadre de l’occupation et d’une collaboration d’Etat qui n’est pas encore en œuvre le 16 octobre 1940.

l’arrestation entre dans le cadre d’une vaste « chasse aux communistes » menée par l’Etat français et les nazis depuis septembre 1940. Les négociations du PCF (devenu clandestin) avec O.Abetz pour la reparution de « L’Humanité » durant l’été 1940 ne doivent pas masquer l’engagement, avant l’attaque de l’URSS, de nombreux militants qui sortent alors des lignes fixées par Staline et Thorez, à Moscou depuis novembre 1939,

la pratique des « otages » et des représailles instaurée depuis juin 1940 par Hitler doit être expliquée aux élèves pour prendre conscience de la dimension terroriste de l’occupation et de la collaboration. Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur en 1941, Pucheu, en fut le serviteur zélé.

la dénonciation de G.Môquet met en lumière le comportement d’une partie des Français et la pratique de la délation. Une discussion argumentée peut soulever la question de la dimension « résistante » de G.Môquet, qui ne fait selon certains « que diffuser des tracts » ; cela ne doit pas oblitérer le fait que la « Résistance » n’a pas de définition officielle et que la liste de ceux qui s’en prévalent suscite depuis la seconde guerre des conflits mémoriels, greffés sur des oppositions idéologiques et qui dépassent largement l’action concrète d’un adolescent révolté contre l’occupant et le régime vichyste. Les tracts diffusés par le PCF, s’ils appellent d’abord à la « révolution », s’opposent dans tous les cas au régime en place et aux Allemands.

F.Bédarida définit la Résistance comme « l’action clandestine menée, au nom de la liberté de la nation et de la dignité de la personne humaine, par des volontaires s’organisant pour lutter contre la domination de leur pays par un régime nazi ou fasciste, ou satellite ou allié ».

Doc 1. Rapport parvenu aux Archives centrales de la Préfecture de Police de Paris, le 16 octobre 1940

« Les services de la Préfecture de Police viennent de mettre la main sur l’organisation chargée de distribuer clandestinement dans le 17ème arrondissement les papillons et tracts de propagande communiste. Il s’agit cette fois d’éléments ayant milité dans les rangs de la Fédération des Jeunesses communistes et plus particulièrement dans les groupes locaux du 17ème arrondissement. L’animateur de cette organisation clandestine, un nommé Guy Moquet était le fils de Prosper Moquet, ex député communiste du 17ème arrondissement qui avait été recruté parmi les anciens militants locaux des Jeunesses communistes des distributeurs de tracts et colleurs de papillons. Après une série d’enquêtes et de surveillances relatives à l’activité déployée par des éléments il a été procédé à l’arrestation des trois militants ci-après
Moquet Guy, Prosper, Eustache, né le 26 avril 1924 à Paris, 18ème, étudiant demeurant 34 rue Baron à Paris (17ème)
G. René, ouvrier spécialisé demeurant chez sa mère, concierge, 4 rue de la Félicité à Paris (17ème)
P. René, manœuvre spécialisé, actuellement au chômage, demeurant 7 rue Ernest Roche à Paris (17ème) Ces trois militants ont été incarcérés à la Prison de la Santé »

Doc 2. Rapport des Renseignements généraux sur P. et Moquet, 30 octobre 1940

« Une information émanant du concierge de l’immeuble Ernest Roche ayant signalé que le nommé P. René, chômeur locataire à cette adresse, avait été vu distribuant des tracts à proximité de son domicile, une enquête a été effectuée qui donne les résultats suivants Les premiers renseignements recueillis ayant révélé que P. René était membre du groupement clandestin des « Jeunesses communistes », plusieurs surveillances ont été exécutées à son égard , notamment les 29 septembre, 6 et 13 octobre au cours desquelles il a été remarqué en compagnie du jeune Moquet Guy, demeurant 34 rue Baron dont le père , Moquet Pr*, ex député communiste, est actuellement incarcéré Par la suite, P. et Moquet se sont livrés dans leur arrondissement à la distribution des tracts subversifs intitulés « L’avant-garde », « Nous avions raison » (…) et ont également recueilli, par souscription une certaine somme d’argent destinée aux militants communistes emprisonnés. P. et Moquet recevaient lesdists tracts d’un nommé G. René, domicilié 4 rue de la Félicité, lequel les détenait lui-même d’un nommé G. Georges, domicilié 8 Chemin l’Alma ( ?) »

* Le père avait été condamné le 3 avril 1940 par un tribunal militaire à 5 ans de prison, 4000 francs d’amende, 5 ans de privation de droits civiques pour « propagande communiste ».

Après interrogatoire par les Brigades Spéciales des Renseignements généraux de l’Etat français, un procès verbal a été dressé contre les quatre susnommés, qui ont été dirigés vers le dépôt de la préfecture de police, l’inculpation d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 qui interdit le PCF leur est imputée. Plus loin, le rapport indique que P. écrivait depuis 1939 des slogans sur les murs et demandant « abolition du travail » tandis qu’il était chargé de « répartir les tracts subversifs » Pas encore « otage », le jeune Môquet est incarcéré à la prison de la Santé puis à la prison de Clairvaux, de laquelle il demanda de sortir en juin 1941, en vain.

Le 22 octobre 1941. Guy Môquet est exécuté comme otage, avec d’autres prisonniers (27 à Chateaubriant le 21 octobre, puis 16 à Carquefou, et 5 au Mont Valérien) après la mort du lieutenant-colonel Hotz tué à Nantes deux jours avant par trois militants communistes. 300 arrestations eurent lieu après cet attentat. Depuis Paris, le général Von Stülpnagel (Militärbefehlshaber in Frankreich) mène la répression. Après l’exécution du jeune militant, la Préfecture de Police de Paris indique encore le 27 août 1942 aux Renseignements généraux que la mère se livre toujours à « de la propagande en faveur de l’ex-parti communiste ».

Document 3 Messages gravés sur les planches de la baraque n°6 par les 26 otages le 22 octobre 1941.

« NOUS VAINCRONS QUAND MÊME. » Jean Grandel

« VIVE LE PARTI COMMUNISTE. QUELQUES MOMENTS AVANT DE MOURIR. FUSILLE PAR LES ALLEMANDS. BAISERS A MA FEMME ET A MON CHER MICHEL. » Jules Vercruysse

« CAMARADES QUI RESTEZ SOYEZ COURAGEUX ET CONFIANTS DANS L’AVENIR. » Les 27

« JE MEURS COURAGEUX ET PLEIN DE FOI REVOLUTIONNAIRE. » Maurice Gardette

« ADIEU ! ADIEU ! CAMARADES PRENEZ COURAGE. NOUS SERONS VAINQUEURS. VIVE L’UNION SOVIETIQUE. » Jules Auffret

« VIVE LE PARTI COMMUNISTE QUI FERA UNE FRANCE LIBRE FORTE ET HEUREUSE. » Titus Bartoli

« MORT POUR SON PARTI ET LA FRANCE. » Edmond Lefevre

« LES CAMARADES QUI RESTEZ SOYEZ DIGNES DE NOUS QUI ALLONS MOURIR. » Guy Moquet

« VIVE LA FRANCE. » Charles Michels

« LES 27 QUI VONT MOURIR GARDENT LEUR COURAGE ET LEUR ESPOIR EN LA LUTTE FINALE, LA VICTOIRE DE L’URSS ET LA LIBERATION DES PEUPLES OPRIMES. » Emile David

« SOUVENIR D’UN FUSILLE. » Houynck Kuong

« VIVE LE PC QUI FERA UNE FRANCE LIBRE, FORTE ET HEUREUSE. » Thimbaud, Barthélémy, Pourchasse

« ADIEU ADIEU CAMARADES PRENEZ COURAGE NOUS SERONS VAINQUEURS. VIVE L’UNION SOVIETIQUE ! JULIEN FUSILLE PAR LES ALLEMANDS. » Julien Lepanse

« AVANT DE MOURIR LES 27 SE SONT MONTRES D’UN COURAGE ADMIRABLE. ILS SAVAIENT QUE LEUR SACRIFICE NE SERAIT PAS VAIN ET QUE LA CAUSE POUR LAQUELLE ILS ONT LUTTEE TRIOMPHERA BIENTOT. VIVE LE PARTI COMMUNISTE. VIVE LA FRANCE LIBEREE. » Timbaud. Poulmarch. Pourchasse.

Document 4 Affiche commémorative

Voir aussi Guy Môquet, une enfance fusillée, de Pierre Louis Basse, éditions Stock, réedition 2007

#8471 | Répond au message #8466
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 26 octobre 2007 à  17:04

SUITE ET FIN DU COURS (trop de caractères pour passage en une seule feuille).

3 - LA RESISTANCE EN FRANCE A AUSSI UNE DIMENSION EUROPEENNE
Dans le dossier documentaire accompagnant la lettre de Guy Môquet on peut utiliser pour illustrer et expliquer la dimension internationale de la réistance au fascisme et au nazisme les textes suivants :

La lettre de Guido Brancadoro, jeune italien de 21 ans, à sa famille :

"Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie : "Vive la France", , les Allemands qui m’exécutent, et je crie : "Vive le peuple allemand et l’Allemagne de demain"

Le récit de Inge Scholl. La Rose Blanche. Six allemands contre le nazisme.
Les tracts rédigés par Hans et Sophie Scholl en allemand ou deux extraits en français dans cliotextes

On peut aussi faire référence l’action des FTP-MOI du groupe Manouchian, en utilisant sur ce site une analyse de l’Affiche rouge
La lettre de Michel Manouchian à son épouse Mélinée dont Aragon s’est inspiré.

Dans beaucoup de régions françaises, encore aujourd’hui, la mémoire et le souvenir de ces "résistants étrangers" laisse une trace discrète sur les stèles commémoratives. En voilà ci-dessous quelques exemples :

Stèle commémorative de La Pézade (Aveyron) où tombèrent 23 maquisarts. Parmis eux un déserteur russe (Alexis Alemo) et un réfugié espagnol (Joseph Cuadra)

Pour plus de détail voir le dossier sur la libération de Millau

A Hénin-Beaumont (pas de Calais) : monument à la mémoire de deux soldats soviétiques (V. Porik et V. Kolesnik), évadés d’un camp de prisonniers ils rejoignent les FTP du bassin minier.

Pour plus de détail voir le site Mémoires de pierre

4 - LES COMMEMORATIONS ONT AUSSI UNE HISTOIRE
Dans la banque de données documentaire de l’INA, les Jalons pour l’histoire du temps présent, trois extraits peuvent être proposés à la réflexion des élèves :

La guerre n’est pas encore achevée, la mémoire des victimes et le souvenir des résistants assassinés sont encore vifs. France Libre actualité, journal filmé issu de la résistance rend compte des cérémonies qui célèvrent la mémoire des résistants. Elles prennent souvent la double forme d’un deuil classique et d’un hommage patriotique. Les noms évoqués dans le commentaire réunissent dans une même reconnaissance des communistes (Gabriel Péri) et des gaullistes (Pierre Brossolette), la résistance intérieure et les Français Libres. Les otages de Chateaubriant, compagnons de Guy Môquet, sont aussi honorés à travers la figure de Jean-Pierre Timbault. De Danièle Casanova, communiste morte à Auschwitz à Victor Bash, président de la ligue des droits de l’homme assassiné par la milice, c’est toutes les formes de résistance et de refus du nazisme qui donnent leur nom à des rues de Paris.

Vingt ans après la Libération de Paris, le Général Gaulle, président de la république décide de faire transférer les restes de Jean Moulin au Panthéon. Un célèbre discours d’André Malraux retrace la carrière de ce préfet érigé en symbole de la résistance. Il livre aussi le sens de cette cérémonie nationale, diffusée à la télévision. Ce discours s’adresse aux "16 millions d’enfants" qui sont nés depuis la mort de Jean Moulin. Il n’est pas possible de faire écouter en classe les 20 minutes du discours. La péroraison s’adresse directement à ceux qui n’ont pas connu la guerre : "Ecoute aujourd’hui, jeunesse de France, [...] C’est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celle de Carnot et des soladats de l’an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la justice.

En 1983, le ministre socialiste de la défense Charles Hernu prononce un discours à lyon, en souvenir de l’arrestation de Jean Moulin, quarante ans plus tôt. Il s’inscrit dans la tradition précédente en rappelant que la défense de la France implique l’unité nationale. La figure de Jean Moulin est à nouveau convoquée : " Jean Moulin alors qu’il craignait que les rivalités de ses compagnons ne prennent le pas sur les desseins de liberté qui les avaient réunis, leur dit, simplement [...] Messieurs il y a la France".

Ces trois extraits montrent une même volonté politique : célébrer la mémoire de la résistance comme un moment fondateur de la France contemporaine. Un moment qui s’inscrit dans la cohorte des hommes et des valeurs qui fondent l’unité nationale.

5 - Brève chronologie des mémoires de la Résistance
A. Le mythe pour reconstruire la France

A la Libération, le régime de « l’Etat français » est délégitimé par le général de Gaulle qui proclame l’identification de la nation et de la Résistance. Est alors véhiculée une lecture résistancialiste de la période de la guerre, une « histoire pieuse » (Azéma), épique, dans une « phase de deuil » qui inaugure une phase « lumineuse » pour retrouver une unité nationale perdue. Les deux grands acteurs de la libération et les pôles principaux de la mémoire du moment, les gaullistes et le Parti communiste, s’unissent pour imposer l’image d’une France majoritairement résistante irriguant une sorte d’amnésie de la mémoire officielle et collective. Dans cette construction, il fallait que les Résistants « s’y reconnaissent » selon l’expression de Lucie Aubrac.

B. L’éclatement des mémoires (1947- 1954)

La période marque la fin de l’unité résistancialiste. On assiste en effet à ce phénomène que des « batailles pour la mémoires » dans le contexte de guerre froide. C’est à ce moment, selon P.Buton, qu’apparaît la légende noire de l’épuration "sauvage". La rupture est alors consommée entre la mémoire résistante gaulliste incarnée par un chef charismatique (de Gaulle) et la mémoire du « parti des 75000 fusillés » (le PCF). Cette bipolarisation mémorielle permet le retour de la droite discréditée et de la mémoire vichyssoise voire vichyste. Le PCF interdit à ce moment toute évocation du Traité germano-soviétique et met en valeur les persécutions dont il a fait l’objet dès 1939. Son appel du 10 juillet 1940, rédigé par M.Thorez et J.Duclos, est présenté par le parti comme le début de la Résistance des communistes.

C. Le triomphe d’une mémoire gaullienne (1955- 1969)

La troisième période est une phase d’émergence d’une mémoire officielle gaullienne (1955- 1969). La France rentre dans un résistancialisme qui minore le poids de l’Etat Français et le général De Gaulle impose selon Robert Frank l’hégémonie unifiante de la « mémoire gaullienne » d’une France entièrement résistante. Le moment fort de cette mémoire officielle gaullienne est la « panthéonisation » de Jean Moulin le 19 décembre 1964, où, dans son discours, André Malraux glorifiant tout à la fois de Gaulle et Jean Moulin, béatifie l’unité résistante. Le mythe gaullien selon H.Rousso « rachète une faute collective ».

D. La fin des mythes (1969 à nos jours)

La dernière phase, selon la formule de Robert Franck, correspond « au retour du passé refoulé ». Les historiens analysent cette période en empruntant aux catégories de la psychanalyse. En 1971, le film de Marcel Orphuls, Le chagrin et la pitié, (J.P Bresson, ORTF dira que « le film détruit les mythes dont les Français ont encore besoin ») qui ne sera diffusé à la TV qu’en 1981 (film "médiocre" selon H.Michel) brise le miroir tendu aux Français depuis 1945. D’autres œuvres contribuent à la fin des mythes tandis que le « moment Paxton » marque, du point de vue scientifique, cette déconstruction. Les années 1980-1990 voient de nombreuses polémiques et règlements de compte à distance se produire et connaît un moment fort où les rapports histoire/mémoire se télescopent avec la Table ronde autour des époux Aubrac en 1997. Après une longue période de gestation, à partir de 1995, les gouvernements successifs de droite comme de gauche, reconnaissent la responsabilité et la complicité de l’Etat français dans la mise en œuvre du génocide par les nazis. En 1995, Jacques Chirac rompt avec la tradition gaulliste et se rapproche de la vérité historique en reconnaissant progressivement la responsabilité française. Ce n’est pas seulement la mémoire des victimes mais aussi celle de l’Etat, de l’administration, de toute une société qui est sous les projecteurs et intéresse les historiens. Le discours de 1995 suscite par ailleurs de vifs débats au sein des résistants.

Tout ceci altère quelque peu la vision irénique et idyllique d’une Résistance unie et héroïque que la mémoire nationale a pieusement entretenue et rappelle que cette résistance a été non seulement plurielle, mais aussi divisée, parfois violemment, remettant parfois au premier plan les anciennes rivalités entre mouvements de résistance et entre résistance intérieure et extérieure. La dimension « résistante » de G.Môquet est toujours objet de tensions mémorielles. Du passé non assumé à la reconnaissance des crimes de Vichy, la France malade de son passé a peu à peu, depuis 1945, réalisé une thérapie de sa mémoire. Mais, d’autres enjeux ressurgissent démontrant selon les termes de l’historien R. Frank que la« France à encore mal à sa seconde Guerre Mondiale ».

#8472 | Répond au message #8471
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  19:43

Non, dites moi, ce n’est pas ça que vous avez à opposer ? Un simple copier-coller d’un fatras besogneux d’indications pédagogiques ? Je rappelle quand même à nos lecteurs, s’ils ont eu la gentillesse et le courage de suivre cette trop longue controverse, le point de départ, la pierre d’achoppement qui a suscité le débat. Vous m’avez accusé de révisionnisme, parce que j’ai répété après JP Azéma, après beaucoup d’historiens sérieux, que GM n’était pas mort parce qu’il était un résistant, mais qu’il était mort parce qu’il était un communiste. Les communistes avaient grand intérêt à habiller GM des habits du résistant ; mais les progrès de l’historiographie contemporaine ont fait justice de cette légende. Vous avez accusé Azéma de corporatisme pour avoir rappelé cette vérité, et pour avoir refusé l’injonction de Sarkozy de participer à une opération de propagande ridicule. Je vous ai demandé vos arguments, et c’est tout ce que vous avez à opposer ? Je n’ai rien à dire sur le document que vous nous envoyer tout simplement parce que, encore une fois, vous répondez à côté de la demande précise formulée (avec en plus la manipulation à peine voilée de l’argument d’autorité : même tactique que lorsque vous citez Joffrin ou Rioux ...) qui était : quels faits historiques avez vous à opposer aux historiens qui établissent que dans l’histoire et la mort de GM, il s’agit moins d’histoire de la résistance que de la fabrication d’un mythe, d’un "roman national" comme l’écrit JP Azéma ?

Encore une fois, je laisse les lecteurs juger. Je n’en ai pas fini pour ma part. Je prépare un second et dernier article sur l’affaire GM. Je vous signale en passant que les colonnes de l’Agitateur vous sont ouvertes si vous voulez préciser ou synthétiser votre position sur ce sujet ou sur un autre. Ce sera moins long qu’un livre. Préparez-vous quelques longues heures au clavier pour répondre à vos contradicteurs ...

Cordial.

PS : je trouve dans votre document :

F.Bédarida définit la Résistance comme « l’action clandestine menée, au nom de la liberté de la nation et de la dignité de la personne humaine, par des volontaires s’organisant pour lutter contre la domination de leur pays par un régime nazi ou fasciste, ou satellite ou allié ».

Connaissez vous le contenu des tracts qui valurent l’arrestation de GM ? "Des magnats d’industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [...]), tous, qu’ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l’ont contraint à subir l’occupation étrangère [...] De l’ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l’employé du quartier de l’Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [...] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d’accord pour lutter contre la misère..." Donc c’est clair. L’ennemi n’est pas l’allemand, mais la bourgeoisie impérialiste. Selon Bédarida, GM n’est pas un résistant. CQFD.

#8476 | Répond au message #8471
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 27 octobre 2007 à  19:01

Ce cours que je vous ai effectivement proposé en illustration constitue à mes yeux la réponse parfaite à votre rage, il n’y a pas d’autre terme, de vous être fait imposer un outil pédagogique par votre ennemi intime, le chef élu démocratiquement de l’exécutif français parmi lequel compte en premier lieu le corps enseignant.

Vous enragez d’autant plus que des profs d’histoire très honorables ont formé un cours complet, indiquant notamment comment il convient d’entendre et d’analyser les témoignages, première matière avec laquelle l’historien va établir les faits historiques, tel un juge d’instruction qui instruit à charge et à décharge pour se forger une opinion.

Concernant les faits historiques permettant de soutenir que la mort de Guy Môquet est un moyen d’illustrer un pan de la résistance et n’est pas un alibi pour créer une mythologie de la résistance, c’est justement de montrer que la résistance n’est pas forcément armée, voire homicide.

La résistance, c’est le passage à l’acte, même le plus désué. Et la barbarie consiste précisément à tuer les auteurs d’actes mineurs pour effrayer la population.

Au moins sur le résultat, nous sommes d’accord. Ces fusillés ont parmi à MITTERRAND de concevoir l’erreur historique qu’il avait commise. Et oui, j’y reviens parce que c’est aussi une vérité historique.

Quant au contenu des tracts de Môquet, vous commettez une erreur fondamentale, vous sortez l’individu et l’action de son contexte. Et là le manipulateur, c’est vous !

ET LA, J’ECRIS GROS, NON EN GUISE DE COLERE (désolé mais je me fous de vos codes décrétés par je ne sais quelle autorité...toujours un peu anar, je n’y peu rien), MAIS POUR QUE LES LECTEURS DE NOS ECHANGES (et je vous garantis que vos doigts saigneront autant que les miens pour tenter d’équilirer l’AGITATEUR)PUISSENT FAIRE LA PART DE MON COMMENTAIRE EN RAPPORT D’UN COURS DE 40 000 CARACTERES (d’où le passage en deux message ayant découvert la limite de 20 000 caractères par message).

CAR J’AIME LAISSE A CESAR CE QUI LUI APPARTIENT SI VOUS COMPRENEZ A QUOI JE FAIS ALLUSION.

QUANT A LA VANITE DE VOTRE "çà" POUR QUALIFIER LE COURS MAGISTRAL DE CES PROFS TALENTUEUX COMME LA MAJORITE QUI MERITE LE RESPECT, JE CROIS QUE VOUS FAITES UN MAUVAIS PROCES SUR DES CONCEPTIONS IDEOLOGIQUES D’UNE EPOQUE A JAMAIS REVOLUE

#8485 | Répond au message #8476
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 27 octobre 2007 à  21:00

la réponse parfaite à votre rage, il n’y a pas d’autre terme

Je crois que le moins averti des lecteurs de ce forum saura se faire une opinion, et déterminer qui enrage en ce moment, pour s’être aventuré sur un terrain qu’il ne connaissait pas très bien et s’être enlisé, au point d’être au bord de l’insulte après avoir sans succès essayé d’intimider à l’aide d’obscures autorités académiques non nommées ...

le chef élu démocratiquement de l’exécutif français parmi lequel compte en premier lieu le corps enseignant.

Sauf qu’on n’élit pas encore la vérité historique ... Les régimes où les exécutifs décident de ce qui est vrai ou non en histoire s’appellent des dictatures ; merci de nous révéler au passage le fond de la pensée de certains sarkozystes à cet égard.

Vous enragez d’autant plus que des profs d’histoire très honorables ont formé un cours complet

Je n’en ai strictement rien à faire de votre cours. Je ne pratique pas cet usage lamentable du copier/coller dans les échanges de forum. De plus il ne répond en aucune façon à la question débattue. Nous allons y venir.

Quant au contenu des tracts de Môquet, vous commettez une erreur fondamentale, vous sortez l’individu et l’action de son contexte. Et là le manipulateur, c’est vous !

Nous y voilà. Laissez vos 40 000 signes inutiles, et concentrons-nous là-dessus. Je sors l’individu et l’action de son contexte dites-vous. C’est une affirmation gratuite tant que vous n’avez pas apporté l’argumentation qui la soutient. J’attends donc avec impatience votre nouveau message.

désolé mais je me fous de vos codes décrétés par je ne sais quelle autorité...toujours un peu anar, je n’y peu rien

Bien dommage pour vous. Et en plus vous êtes juriste ! Dites moi donc quelle société est viable sans un minimum de normes et de règles communes ? Mais vous devez vous moquer de ces règles, comme vous vous moquez de la logique et du principe de contradiction. C’est ça l’avantage de la "multilectique" : on peut dire à peu près n’importe quoi sans avoir le désagrément d’être contredit. Désolé, mais un dialogue authentique ne fonctionne pas ainsi. Vous pouvez ne pas accepter les règles du dialogue. Seulement, si vous les refusez, moi je refuserai de dialoguer avec vous.

Donc, pour l’instant, répondez s’il vous plait sur la question précise du contexte, puisque c’est le fond de votre objection. Je briserai là si vous vous dérobez.

Toujours cordialement,

#8489 | Répond au message #8485
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 29 octobre 2007 à  16:49

Bombix,

Non seulement je connais le terrain aussi bien que vous, ou aussi mal si vous préférez, mais je signale très précisément ce qui est ma prose et ce qui en est l’illustration.
Je vous ai pris en défaut d’une rigueur identique à la mienne (voir votre quasi copier/coller non signalé mais effectif malgré votre théorie de la coïncidence).

Pour le reste, vous résumez dans votre "petit texte corporatiste" l’histoire de Môquet à votre sauce en pratiquant la description superficielle et orientée, alors que le cours présenté à le mérite de donner moulte détails qui aident à contextualiser l’affaire Môquet puis à élargir sur plusieurs problématiques de fond et de forme, bref un véritable travail de pédagogie et non un pamphlet anti Sarkozy digne d’un combat syndical d’arrière garde.

Il est vrai que votre référent AZEMA n’est pas très bien traité, puisque que décrit comme un historien théorisant la résistance française de la seconde guerre mondiale.
Quant à ma formation de juriste et à l’emploi que j’en fais dans mon quotidien professionnel, c’est précisément de contredire les faux codes de fausses autorités au profit de mes clients et de l’application en leur faveur des règles émises par les organes institutionnels d’un Etat libre et démocratique, d’un Etat de Droit.
En cela, je me distingue par exemple de RESF qui n’hésite pas à réaliser des faux papiers pour soit disant "aider" des familles en situation irrégulière. A ce petit jeu, on parvient à une dérive comme l’affaire TCHADIENNE où l’humanitaire sert de paravent au sordide.

#8507 | Répond au message #8489
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 30 octobre 2007 à  10:42

Pouvez-vous donner des faits précis pour justifier votre affirmation concernant RESF ?

#8515 | Répond au message #8507
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 29 octobre 2007 à  09:34

Je me corrige : "état seulement régalien" n’importe quoi.... j’étais persuadée que régalien voulait dire "policier". Non. Ca signifie " d’impôts". Donc, l’anarchiste de droite est quand m^me pour un état régalien policier, militaire, enfin surtout aux E.U parce qu’ils faut chasser, se prémunir du vilain coco.... Donc, les anars de droite ne sont pas prêts uniquement à la police privée, il leur faut quand même un Etat d’uniformes et d’armes..... Ce en quoi, ils sont très proches des libéraux.....et sur bien d’autres domaines.... (ils sont également pour la légitime défense individuelle armée, donc pour le port d’armes privés) aux E. U je le répète.... (je ne dis pas Monsieur Bensac que vous êtes pour ce genre d’horreurs, en tous cas je l’espère). Je précise que je ne veux pas relancer de débat qui en plus n’a rien à voir avec l’affaire GM, je voulais juste me corriger.

#8497 | Répond au message #8451
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Serge - 25 octobre 2007 à  14:06

Plutot que de les défier (ce qui n’est pas trop dangereux et qui n’a pas l’air de les émouvoir ;-) changez de camp (au moins vous reconnaissez que l’UMP est un camp)

Je prend note de la notion (nouvelle pour moi, je n’ai pas votre culture) d’anar de droite. Si ce que mes recherches ont trouvé est juste, ca n’est pas tres flatteur : “L’anarchisme de droite refuse la démocratie parlementaire”

Lire la suite sur Wikipedia

#8453 | Répond au message #8449
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  12:04

Serge,

Je suis un libéral, j’ai même écrit un livre dialogue avec Jean Michel PINON pour expliquer précisément ma définition, les fondements, les valeurs, etc...

Mais vous pourrez vérifier dans tous les bons dictionnaires politiques qu’un libéral (et non un capitaliste comme j’ai en précisé la différence à EULALIE)prône un état minimaliste, donc une liberté et un autonomie maximum des citoyens, la contrepartie étant l’hyper responsabilité exigeant une grande capacité d’autocontrôle.

La représentation démocratique est "la moins mauvaise" des solutions pour reprendre CHURCHILL tant que l’humanité n’aura pas atteint la capacité d’autocontrôle de chacun de ces individus, mais ce n’est qu’une délégation de pouvoir.

Donc les contributeurs de WIKIPEDIA (dictionnaire d’Internaute)doivent relire HAYEK pour s’apercevoir que cet économiste Philosophe autrichien a proposé une évolution encore plus démocratique sous le vocable de "démarchie", du grec "demos", le peuple et "archein", le pouvoir, alors que la démocratie se traduit l’organistation du pouvoir du peuple par représentation délégataire.

Je vous rappelle par ailleurs que je combats le FN depuis toujours comme tous les totalitarismes rouge ou vert.

L’anarchie constructive (de droite) vise à l’émancipation des peuples et des individus par le développement maximum des contrats interpersonnels, l’anarchie de gauche milite pour la destruction totale des sociétés, quelles qu’elles soient, de l’homme (nihilisme)et pause les jalons du chaos permanent fondé sur l’homicide, donc une forme de totalitarisme de la mort. D’ailleurs, on retrouve souvent des liens entre fondamentaliste religieux de toutes confessions et ce que l’on appelle les gauchistes "autonomes", type "katangais" en 1968.

A votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

Philippe BENSAC

PS : A lire "REGARDS CROISES SUR LA FRANCE D’APRES" par Jean Michel PINON et Philippe BENSAC disponible à la vente sur AMAZON, lA FNAC, et toutes les bonnes librairies de BOURGES + Voir l’article de Bernard STEPHAN du Berry Republicain "la rencontre de deux humanistes des deux bords".

A votre disposition

#8460 | Répond au message #8453
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 24 octobre 2007 à  17:56

Je n’accepte évidemment pas le terrain que vous avez choisi pour cette joute intellectuelle et ne suis donc pas "hors sujet" mais simplement "dans mon sujet" qui recoupe globalement le vôtre en éclairant vos écrits sous un autre angle, résistant de la sorte au rapport dominant/dominé, enseignant/élève, bref sachant/ignorant que vous instillez.

Vous étiez hors-sujet pour Mitterrand. Je persiste, et je signe, si j’ose dire. Nous ne parlons pas de Mitterrand, mais de GM, de son histoire, de sa récupération. Un sujet à la fois, c’est déjà bien suffisant.

au rapport dominant/dominé, enseignant/élève, bref sachant/ignorant que vous instillez.

Bien malgré moi, car ça ne m’intéresse pas tellement ce positionnement. Outre qu’il n’est pas vraiment souhaitable ni souhaité, ici. Maintenant, j’aimerais quand même que vous donniez des exemples. En l’absence, cela ressemblera fort à une attaque ad hominem.

Dès le départ, je défends une liberté, celle d’un élu du peuple de proposer une réflexion commune à une jeune génération fort éloignée de la problématique de l’oppression et des totalitarismes, hyper consommatrice, hédoniste, manquant d’ambition individuelle et de volontarisme collectif.

Je n’ai pas nié la nécéssité des commémorations en général. Relisez mon article et mes notes.

manquant d’ambition individuelle et de volontarisme collectif.

Je note le glissement de la défense de valeurs collectives à la défense d’une idéologie ... appelons-là ... libérale ? Un aveu ?

Vous dites Guy Môquet, mauvaise pioche ! Alors proposez un nom, une icône digne de l’Idée d’engagement, d’amnégation, d’innocence, de victime expiatoire.

Je ne suis pas le seul à le dire. J’ai évoqué des noms d’historiens dont la valeur scientifique n’est pas mise en cause (JP Azéma, et d’autres, voir début de ce fil)

Alors proposez un nom

A quel titre exactement ? Je ne suis pas plus habilité qu’un autre. Il y a un enseignement de l’histoire en France. Il y a des professionnels de l’enseignement. Il y a des instances qui décident des programmes. Il y a des réflexions menées sur des méthodes pédagogiques. Bref, toute une série de médiations. Sarko passe outre. Au nom de quoi ? Voilà la bonne question. Et on peut s’interroger sur la réception de ce texte, quand il est présenté sans contexte (un psychiatre a noté sa ressemblance avec nombre de lettres des suicidés adolescents) sans mise en perspective. Dans un reportage télévisé, on voit un prof de physique faire lire la lettre, puis le cours de physique commence, sans plus d’explications.

Je me ferai un plaisir de le détruire par l’évocation de faits historiques rapportés, connotés, interprétés donc déformés. Chacun sait que la Vérité ne peut être absolue, sauf à ce qu’elle soit érigée comme telle par les dicteurs de conscience. A ce compte là, la société n’a plus rien à enseigner, sinon que de douter de tout (ce qui, au demeurant, constitue la vraie liberté mais je touche là à ma sensibilié anar).

Non, vous n’avez pas le droit de dire ça Philippe Bensac. Même si on discute sur l’interprétation des faits historiques, il y a un fond sur lequel les professionnels sont d’accord. Même s’il n’y a pas de "vérité absolue", on ne peut pas dire n’importe quoi.( H. Arendt insiste là-dessus : il faut résister au relativisme débridé grâce "aux petits faits têtus." Vu une très belle émission sur LCP samedi, Bib. Médicis d’Elkabach, où ce dernier interroge un historien qui parcourt les villages d’Ukraine pour retrouver les charniers, confronter les témoignages, retrouver des traces, cartographier patiemment l’horreur ; un vrai travail, long, pénible, fastidieux, nécessaire)

je m’insurge contre cette faculté d’une partie des intellectuels à brûler les idoles qu’ils ont eux-mêmes fabriquées, un révisionnisme historique en forme de marketing du contrepied.

C’est un peu en contradiction avec ce que vous disiez du perspectivisme indépassable de la connaissance historique, non ? Par ailleurs, je me méfie du vocable "les intellectuels", trop générique à mon goût.

AU FOND, ETRE PHILOSOPHE, COMME VOUS ?

Amateur, mon cher Philippe Bensac, amateur de philosophie. Pas assez prétentieux pour me prétendre « philosophe ».

#8440 | Répond au message #8437
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 25 octobre 2007 à  11:59

J’aime la prétention lorsqu’elle pousse à l’action désintéressée. Soyez un peu moins fuyant et assumez votre statut d’écrivain public. La vanité est synonyme de fausse modestie.

Je dis bien une partie des intellectuels (AZEMA est connu pour son opposition aux "lois mémorielles") , vous savez ceux qui gagnent leur vie exclusivement avec leur neurones et qui passent leur temps à disserter sur les autres. Ne vous en déplaise, vous et moi sommes des intellectuels, peut être mauvais mais quand même intellectuels. Là encore, assumez vous.

Est ce que vous m’avez surpris une seule fois à soutenir "n’importe quoi" ? Encore faut il que vous en fixiez les limites. Je contredis simplement une vision "enseignante corporatiste" de l’affaire Guy Môquet, l’historien AZEMA représentant le symbole de ce corporatisme (il enseigne à Sciences Po selon l’idée que les politiques font l’histoire et que les historiens la décrypte, voilà une part de mon anarchie que j’ai qualifiée de multilectique car je n’accepte pas ce modèle d’apartheid intellectuel).

Pour le coup, c’est vous qui vous contredisez en affirmant d’une part ne pas être contre les commémorations qui sont toutes régies par des lois mémorielles tout en vous prévalant de l’apôtre anti commémos en la personne d’AZEMA.

De même, les enseignants qui n’ont pas le monopole de l’éducation ont été appelés symboliquement à servir la collectivité, laquelle collectivité peut s’exprimer singulièrement ou, j’en conviens, à dose homéopathique par le canal du Premier des élus de notre démocratie républicaine.

En résumé, je vous préfère en professeur de méthodologie de libre pensée amenant l’émancipation des êtres plutôt qu’en théoricien inavoué de la caste des "sachants".

Mitterrand n’a pas manqué pendant 14 ans de faire appel aux symboles mémoriels pour racheter les errements de sa vie politique originelle. En cela nous sommes en plein dans le sujet de Guy Môquet. Ce que l’on dénomme analyse comparée, voire perspectiviste, pour reprendre votre terminologie d’amateur (éclairé ?) de philosophie.

#8450 | Répond au message #8440
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 25 octobre 2007 à  13:22

Je contredis simplement une vision "enseignante corporatiste" de l’affaire Guy Môquet, l’historien AZEMA représentant le symbole de ce corporatisme

Fort bien. Mais pour contredire, encore faut-il avoir quelque chose à dire. J’espère que vous êtes assez solide en histoire contemporaine pour soutenir la controverse avec Jean-Pierre Azéma. Donc, nous attendons maintenant votre version des faits. Cela nous sera plus utile que votre opinion sur la manière de faire l’histoire, occasion pour vous de déverser, dans une vaine populiste bien droitière et bien haineuse, tout le mal que vous pensez des "corporatismes" et des "intellectuels".

Pour le coup, c’est vous qui vous contredisez en affirmant d’une part ne pas être contre les commémorations qui sont toutes régies par des lois mémorielles tout en vous prévalant de l’apôtre anti commémos en la personne d’AZEMA.

Non, jene me contredis pas. C’était une nuance importante. Je ne reviendrai pas là-dessus, je renvoie le lecteur à mon article et à mes interventions sur le forum.

De même, les enseignants qui n’ont pas le monopole de l’éducation ont été appelés symboliquement à servir la collectivité

C’est une banalité que de dire que les enseignants n’ont pas le monopole de l’éducation. D’ailleurs, ils (les enseignants) aimeraient que ceux qui ont aussi en charge l’éducation des enfants, à savoir les parents en premier lieu et, à l’occasion, les vendeurs de divertissements en tous genres, fassent de temps en temps un peu mieux leur travail. Ceci étant dit, dans la division du travail, ils ont quand même en charge l’instruction d’une discipline pour laquelle ils ont été formés, à défaut d’en être tous des spécialistes. Contestez-vous ce principe ? Est-ce là le dernier mot de votre "anarchie" : chacun est capable de faire ce que bon lui semble, chacun en sait assez long pour instruire ?

ont été appelés symboliquement à servir la collectivité

Parce que le reste du temps, ils ne servent pas la collectivité ? Intéressant.

Mitterrand n’a pas manqué pendant 14 ans de faire appel aux symboles mémoriels pour racheter les errements de sa vie politique originelle. En cela nous sommes en plein dans le sujet de Guy Môquet.

C’est obsessionnel chez vous. Mais attention, en établissant ce parallèle avec tant d’insistance, vous êtes tout près de justifier une manipulation par une autre. Donc, si l’on est logique, d’accréditer la thèse de la manipulation. Avouez que c’est une défense idiote. ;-)

En résumé, je vous préfère en professeur de méthodologie de libre pensée amenant l’émancipation des êtres plutôt qu’en théoricien inavoué de la caste des "sachants".

Il n’y a pas de "castes des sachants". En revanche il y a des savoirs plus ou moins bien fondés. Vous auriez été plus efficace dans votre diatribe si vous vous étiez référé à des historiens qui contredisent l’optique que j’ai défendue. La rejeter au nom de l’anarchisme du savoir me semble une position faible - et c’est un euphémisme ! (avec tous les dangers politiques que cela représente : l’anti-intellectualisme est le dénominateur commun de tous les totalitarismes) Ceci dit en toute amitié. Je dois dire en outre que vous êtes plutôt mal tombé. Car sur ce sujet, l’unanimité semble s’être faite chez les spécialistes. Je n’ai pas entendu de divergences flagrantes entre les historiens interrogés dans les deux émissions de France Culture que j’ai proposées en complément d’intervention (au passage, JP Azéma n’y intervient pas) Il est vrai que la période n’est pas si ancienne, et que tous sont pas morts. Ecoutez le témoignage de Gilbert Brustlein. Peut-être serez vous convaincu. Ce n’est pas un "intellectuel", il ne défend aucun "corporatisme" ... et c’est lui qui tenait le révolver. Ah les faits, les petits faits têtus ... quand on n’a pas assassiné les témoins pour réécrire l’histoire à leur place !

Toujours cordialement naturellement,

#8452 | Répond au message #8450
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe Bensac - 25 octobre 2007 à  17:35

Je rebondis en premier lieu sur la cordialité de nos échanges argumentés et la réaffirme également avec vigueur, donc pas de malaise.

Mais, mon cher BOMBIX, je suis amené à vous écrire qu’à mon sens, vous naviguez entre jugements péremptoires et évitement.

Vous traduisez ma remarque concernant une partie des intellectuels "théoriciens puis agents de promotion d’interprétations historiques utilisées conjoncturellement, quitte à réviser si le contexte évolue" (marketing de la controverse historique si vous préférez) par "tous les intellectuels". Heureusement qu’il existe des chercheurs en histoire (et en préhistoire - paléontologues en l’occurence) moins médiatiques constituant des bases de données mais pas du "prêt à penser" (d’ailleurs la racine grec du mot histoire n’est elle pas "recherche/enquête" ?). Je ne suis donc pas dans la démarche dite populiste consistant à stigmatiser mais dans la démarche émancipatrice de refus des dogmes, contre dogmes, etc...je vous renvoie à ma part de "regards croisés..."

Pour les historiens et aussi les journalistes ayant défendu l’idée de la lecture de la lettre de Guy Môquet, je ne vous ferai que la réponse suivante :

JOURNALISTE
"Oui, il faut lire la lettre de Guy Môquet"
Par Laurent JOFFRIN
QUOTIDIEN : jeudi 24 mai 2007
Laurent Joffrin directeur de la rédaction de « Libération ».

Je note au passage qu’une partie de votre article reprend sans le citer le premier paragraphe de l’article de JOFFRIN, comme quoi...

"sa mémoire avait jusque-là été honorée avec insistance par le PCF alors même qu’à l’époque des faits pour lesquels Môquet avait été arrêté ­ une distribution de tracts en octobre 1940 ­ l’appareil du parti, fidèle à la ligne imposée par Staline, se gardait de toute participation sérieuse à la Résistance, attitude qui changea seulement quand Hitler attaqua l’URSS en juin 1941."

VOTRE TEXTE : "Belle occasion alors pour ses responsables de faire oublier leurs errements du début de la guerre. « Alignée » sur la position de Staline, la doctrine du Parti communiste français au commencement du conflit épouse celle de « la patrie du socialisme ». La conflagration qui déchire l’Europe est une guerre « interimpérialiste » ; en conséquence, à cette époque, et bien qu’il combatte le régime de Vichy, ses actions ne visent pas précisément l’occupant. Ce n’est qu’après l’agression hitlérienne contre l’URSS, en juin 41, qu’une nouvelle ligne, à nouveau antifasciste, commandera l’analyse et l’action du PCF."

HISTORIEN :

Guy Môquet : sous l’émotion, les mots
Jacques Chirac, on s’en souvient, avait dû faire abroger l’article de loi qui rendait obligatoire d’inscrire, dans les programmes scolaires, « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Nicolas Sarkozy, visiblement, ne craint pas ce genre de désaveu. Il impose la lecture aux plus jeunes, le 22 octobre, de la dernière lettre de Guy Môquet.

Ce faisant, il est dans son rôle d’« homme de la nation », tout comme il le fut, pendant sa campagne électorale, quand il a rameuté l’ensemble du panthéon national, de Victor Hugo à de Gaulle et de Jeanne d’Arc à Jaurès. À propos de ce dernier, d’ailleurs, on remarquera que, si la gauche socialiste avait voulu en conserver l’exclusivité, il n’aurait pas fallu qu’elle en fît un héros pour tous en le mettant au Panthéon en... 1924, sous les huées, d’ailleurs, des communistes qui préféraient alors faire feu sur les sociaux-traîtres.

Ce faisant, donc, Nicolas Sarkozy n’outrepasse pas, non plus, les droits et devoirs de la puissance publique en rappelant ainsi, à l’école et à ses maîtres, que l’éducation civique et l’enseignement de l’histoire peuvent et doivent aider chaque enfant et chaque adolescent à trouver sa place dans la collectivité au-delà de son quartier, de ses « racines », de sa « communauté » ou de sa « mémoire ». Que l’intelligence active s’exerce mieux sur des textes qui font foi. Que le jugement critique sur pièce vaut tous les « devoirs de mémoire » édifiants. Tant et si bien qu’on ne voit pas au nom de quoi la lecture de la lettre de Guy Môquet, remise dans son contexte par le professeur, pourrait être néfaste ou suspecte.

La perplexité est pourtant de mise. En effet, l’on peut craindre que cette lecture ne soit vécue comme un nouvel épisode du grand déballage compassionnel et du feuilleton victimaire dont nos sociétés se repaissent. Car, pour l’instant, c’est une victime de la barbarie nazie plus qu’un héros mort pour la France, un martyr au nom de la France plus qu’un partisan lucide qu’on propose à nos larmes et à nos indignations. On sait trop bien que l’émotion est devenue une nouvelle norme sociale, qu’elle oriente en mauvaise part notre vitalité démocratique.

Rien ne prouve, par conséquent, que la compassion bouleversante du 22 octobre ne va pas faire gémir plutôt que raffermir. Et que ne va pas proliférer l’affreux soupçon : et si ce Guy Môquet n’avait que souffert ? Et si, plutôt qu’une reconnaissance de son exemplarité, on ne lui devrait plus que la réparation due à toute victime, et surtout jeune victime ?

Sauf si, plutôt que de soupçonner une fois encore l’État et le pouvoir de malveillance intéressée, nous consentions à inscrire et à entendre le jeune fusillé dans sa mort même. Quand la violence et même des exécutions nourrissent aussi des bandes-annonces qui visualisent les crimes de terroristes, qu’elles agrémentent des clips d’« amateurs » sur le Net, quand la téléréalité diffuse l’horreur-réalité (1), on sait trop bien que progressent toutes les haines, celle de l’autre et celle de soi. Cette barbarie tant étalée et tant consommée, sans gêne ni raison, ruine sournoisement en nous le sentiment d’humanité.

Qu’arriverait-il si, le 22 octobre, tous ensemble, à l’école, à la maison, au travail, dans la rue, nous rappelions que Guy Môquet n’est pas mort pour rien ? Que son exécution ne fut pas un spectacle ? Mais qu’il a tout éclairé en agençant, impeccablement, les mots de sa dernière lettre ? Des mots pour le dire, pour donner du sens à une histoire commune, bien au-delà des images fugaces, des émotions d’un jour, du souvenir orchestré et des mémoires parcellaires. De ces mots sans lesquels, d’une année à l’autre, d’une génération à l’autre, un peuple perdrait honneur et joie à rester ensemble.

Jean-Pierre Rioux (*)Article paru dans OUEST FRANCES

(1) Voir Michela Marzano, La mort spectacle. Enquête sur l’« horreur réalité » (Gallimard).

(*) Historien. Vient de publier La France perd la mémoire (Perrin).

Jean-Pierre Rioux (*)

POUR LE LIEN A MITTERRAND :

"Ses références (SARKOZY) doivent étonner les mânes de Mitterrand : Victor Hugo, Léon Gambetta, Georges Clemenceau, le Zola de « J’accuse », Jean Jaurès, Léon Blum, Jean Moulin, Guy Môquet...(propos de Michel Winock historien, professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris par ailleurs sur la même ligne qu’AZEMA)".

JE CONCLUS SIMPLEMENT QU’IL EST TRES FACILE DE SE JETER DES REFERENTS A LA TETE.
JE PREFERE LA SINCERITE DE LA DEMARCHE ET DU SENTIMENT PERSONNEL A LA DOCTRINE, LE CHAOS CREATIF A L’ORDRE REDUCTEUR (leit motiv personnel).

OUI, JE CROIS SINCEREMENT QUE NOS CONCITOYENS SONT ASSEZ MURS POUR S’AUTODETERMINER, N’EN DEPLAISE A CERTAINS INTELLECTUELS A LA RECHERCHE DE l’AURA PASSEE.

#8455 | Répond au message #8452
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 25 octobre 2007 à  18:05

Je ne suis donc pas dans la démarche dite populiste consistant à stigmatiser mais dans la démarche émancipatrice de refus des dogmes, contre dogmes, etc...je vous renvoie à ma part de "regards croisés..."

Je veux bien tout ce que vous voulez. Vous avez accusé JP Azéma dans des termes peu amènes. J’attends simplement que vous donniez un commencement d’argumentation raisonnée, sur une base historique, de la fausseté de sa thèse. Je ne vois rien venir.

Je ne suis donc pas dans la démarche dite populiste consistant à stigmatiser mais dans la démarche émancipatrice de refus des dogmes,

Encore eut-il fallu que dogme il y ait, ailleurs que dans votre imagination fertile.

Je note au passage qu’une partie de votre article reprend sans le citer le premier paragraphe de l’article de JOFFRIN, comme quoi...

Vous m’accusez de plagiat ? Je n’avais pas lu le texte de Joffrin, croyez moi ou pas. Il se trouve que nous traitons du même sujet, à propos duquel les appréciations subjectives sont assez limitées. Normal que, dans la recension des faits, nos thèses soient proches. C’est plutôt rassurant. Joffrin a fait un travail normal de journaliste. Il s’est documenté. Ce que j’ai fait également. Ensuite, son jugement sur l’opération Sarkozy, c’est son affaire. Je vous prie donc de ne pas en déduire que ma position est celle de Joffrin.

Que son exécution ne fut pas un spectacle ?

Vous avez vu La lettre  ? Ce n’est pas de la spectacularisation peut-être ? Quand on connaît, en plus, les conditions de tournage de ce film ... Pour le reste, l’article que vous citez de Rioux ne traite pas du problème historique qui nous occupe, mais est une défense de l’initiative de Sarkozy. Une opinion, quoi. Je ne vois pas en quoi elle contrecarre la thèse (peu originale) que j’ai soutenue (après bien d’autres) ; j’attends donc que vous portiez le débat sur le seul terrain qui à un intérêt pour l’instant : l’établissement des faits historiques. Qui est fuyant ?

Cordial.

#8457 | Répond au message #8455
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  12:24

Puisque vous terminez par un focus sur les faits historiques concernant la fin de l’existence de Guy Môquet et le contexte de l’homicide alors que 99 % de votre article porte sur votre argumentation de la récupération d’un évènement par Nicolas SARKOZY et que je vous ai méthodiquement répondu sur tous les points importants du débat tel que vous l’avez provoqué par votre article, je vous invite très officiellement et très sincèrement à une réunion lors de laquelle nous listerons l’ensemble des documents historiques disponibles sur cette affaire et pourquoi pas, quelques pièces supplémentaires que nous nous engagerions à rechercher (j’aimerais notamment vérifier le degré d’engagement du jeune Guy Môquet au delà des "digests" de certains interprètes des événements du passé car je me sens également capable d’analyse historique, d’"enquête"), pour éventuellement commettre un écrit en "interprétation croisée" sur ce dossier.

En clair, compte tenu de la richesse au fond du sujet, maintenant que nous avons évacué les oripeaux de nos engagements respectifs, j’aimerais partager avec vous une recherche historique concrète et non par procuration.

Merci de me répondre qu’elle que soit votre décision ; nous pourrons poursuivre par mail en cas d’acceptation du principe.

Philippe BENSAC

#8462 | Répond au message #8457
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  13:16

’homicide alors que 99 % de votre article porte sur votre argumentation de la récupération d’un évènement par Nicolas SARKOZY

Vous avez mal lu. 1ère partie : les faits 2nde partie, la récup et seulement en troisième partie le recyclage sarkozyen. ça fait 30 pour cent et pas 99 pour cent.

je vous invite très officiellement et très sincèrement à une réunion lors de laquelle nous listerons l’ensemble des documents historiques disponibles sur cette affaire et pourquoi pas, quelques pièces supplémentaires que nous nous engagerions à rechercher (j’aimerais notamment vérifier le degré d’engagement du jeune Guy Môquet au delà des "digests" de certains interprètes des événements du passé car je me sens également capable d’analyse historique, d’"enquête"), pour éventuellement commettre un écrit en "interprétation croisée" sur ce dossier.

Très sincèrement, je ne me sens pas les compétences pour cela. Je ne suis pas historien de formation, et je préfère laisser publier les gens dont c’est le métier. Bonne occasion ici de rappeler qu’un webzine comme l’Agitateur ne peut faire office que de médiation ; j’espère être un honnête médiateur, ce qui n’est déjà pas si facile. Donc, désolé, mais même si j’ose parler d’un dossier historique, je ne me sens pas pour autant historien. Ma parole n’est que celle d’un citoyen le moins mal informé possible.

En clair, compte tenu de la richesse au fond du sujet, maintenant que nous avons évacué les oripeaux de nos engagements respectifs, j’aimerais partager avec vous une recherche historique concrète et non par procuration.

Je suis désolé de vous opposer un refus. Mais je vous remercie pour votre confiance.

Cordial.

#8463 | Répond au message #8462
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  15:31

Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire
jeudi 11 octobre 2007 à 21:09, par bombix

L’affaire Guy Môquet : l’exhumation par Sarkozy de la lettre du jeune militant communiste s’inscrit dans sa stratégie de récupération des emblèmes de la gauche : Blum, Jaurès, et même Gramsci ! À travers ce « roman national » fabriqué de toutes pièces, il s’agit d’abord pour l’ex-candidat de se forger une nouvelle identité. On assiste ici au recyclage d’un produit qui fut déjà impliqué dans diverses propagandes. Reste le supplice d’un homme très jeune, fauché au matin de sa vie, dont on honorerait la mémoire en ne tripatouillant pas à nouveau son histoire pour manipuler l’opinion.

Intro = 99% de dénigrement en gras, 13 mots de "faits historique non commentés".

Le 22 octobre 1941, un jeune communiste de 17 ans est fusillé par les allemands en compagnie de 26 de ses camarades dans la carrière de la Sablière, près de Chateaubriant. Qu’avait donc fait ce lycéen pour subir cette fin atroce ? Rien, ou presque. Dénoncé par deux policiers français, il avait été arrêté pour avoir distribué des tracts, alors qu’il était membre des Jeunesses communistes.

Les allemands étaient coutumiers de la prise d’otages pour sanctionner des délits impunis. Or, à partir de septembre 1941, une ordonnance dite « code des otages » enjoint l’administration militaire d’occupation, le MBF (Militärbefehlshaber in Franckreïch) de durcir sa répression et de l’orienter politiquement. Il s’agit de monter l’opinion publique contre la résistance et de la persuader que « les terroristes » sont « à la solde de Moscou et de la juiverie ».

Le 20 octobre 1941, Gilbert Brustlein, un jeune communiste, croise par hasard le lieutenant-colonel Fritz Holz, et le tue. Le « code des otages » est aussitôt appliqué. Les bourreaux, aidés des autorités françaises, choisissent presqu’exclusivement les futures victimes parmi des communistes et des syndicalistes.
Le choix du jeune militant (Guy Môquet n’était pas seul, deux autres communistes de 19 et 21 ans tomberont sous les balles allemandes dans la carrière de la Sablière) parmi les otages n’a donc rien d’un hasard. C’est une « opération de communication » destinée à l’opinion. Le message est clair : si l’on est communiste ou juif, on ne peut pas être un patriote. Et peu importe l’âge.

Or l’affaire va mal tourner pour l’occupant. Plutôt qu’un mouvement de rejet à l’égard de la jeune résistance, c’est une vague d’indignation qui secoue la population. La propagande allemande voulait présenter des monstres ; elle va fabriquer des martyrs. L’émotion est considérable. Le maréchal Pétain interdit désormais à ses préfets de participer au choix des otages. Les allemands eux-mêmes réalisent que leur action a été contre-productive. Hitler choisit de surseoir temporairement à l’exécution d’otages.

Texte : 21 lignes d’Histoire factuelle sur 133, y compris les annexes orientées soit 15,79%.
Les chiffres sont aussi têtus que les faits, mon cher BOMBIX.

Concernant votre refus, cela me navre vraiment car je ne crois pas à votre argument d’incompétence. J’y vois malheureusement une fin de non recevoir partisane.

Peut être après les municipales, indépendemment du résultat s’entend, nul ne pouvant en préjuger.

#8465 | Répond au message #8463
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  15:47

Je vous rappelle que selon les usages courants en journalisme, le "chapeau" reprend et résume la thèse que l’article développe, pour fixer les idées des lecteurs pressés, et éventuellement les inciter à lire l’article en entier. Il a un double rôle d’accroche et de synthèse. Pour le reste les lecteurs jugeront...

Cordial.

PS : Tout ça devient comique.

#8469 | Répond au message #8465
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe Bensac - 26 octobre 2007 à  17:37

OUI, ILS JUGERONT, VOUS ET MOI. MAIS MEME EN CELA, NOUS NE SOMMES PAS EGAUX. L’AGITATEUR EST VOTRE BERCEAU.

J’AI PARFOIS L’IMPRESSION D’ETRE UN GLADIATEUR ISOLE DANS LA FOSSE AUX LIONS, JE NE BOUDE CEPENDANT PAS MON PLAISIR.
J’AI TOUJOURS ETE EN PREMIERE LIGNE, AUSSI BIEN POUR TENDRE LA MAIN AUX AUTRES HUMANISTES QUE POUR COMBATTRE LES SECTAIRES DE TOUS POILS.

#8474 | Répond au message #8469
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 26 octobre 2007 à  17:49

Vous savez que dans les usages d’internet, écrire en majuscule signifie crier. Il est inutile de crier ici. Essayez de nous convaincre par la seule force de vos idées et de vos arguments, et ne préjugez pas de la lecture supposée orientée des lecteurs de l’Agitateur... C’est un respect minimal qu’on leur doit.

Au plaisir de vous lire,

#8475 | Répond au message #8474
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mister K - 27 octobre 2007 à  11:10

MAIS MEME EN CELA, NOUS NE SOMMES PAS EGAUX. L’AGITATEUR EST VOTRE BERCEAU.

Je vais répondre à cela. Je ne sais pas ce que vous entendez exactement par "L’AGITATEUR EST VOTRE BERCEAU" en vous adressant à bombix, mais comme vous le savez certainement, tout le monde peut écrire dans l’Agitateur y compris des articles. Et les lecteurs sont loin d’être tous de gauche, n’est-ce pas ?... ;-) Bref, l’Agitateur n’est le berceau de personne en particulier. C’est un lieu où l’on échange des idées.

Sinon, sur le fond du sujet, il est quand même très évident que Guy Moquet n’est pour Sarkozy qu’un coup médiatique de plus. Ce qui fait plaisir, c’est qu’à force de tenter de manipuler les français avec des ficelles plus grosses que lui, il va finir par se ramasser. Le coup de la visite du site SNCF du Landy à Saint-Denis où Sarko s’emmêle dans les pinceaux de sa réforme est un autre bon exemple...

#8479 | Répond au message #8474
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mercure Galant - 27 octobre 2007 à  12:24

Mais si Mister K !
C’est bien connu... l’Agitateur n’est qu’un repère de subversifs, méchants, sachants, qui ne peuvent pas con...cevoir que leur omniprésident tente -par ce bel exemple de sacrifice pour la Patrie - de remettre la Nation sur les rails (Ben oui, puisqu’on parlait SNCF...). Au fait vous connaissez la chanson ? Quand un sachant rencontre un aut’ sachant. Qu’est-ce qu’y s’racontent ? Des histoires de Sa...

#8480 | Répond au message #8479
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 27 octobre 2007 à  18:22

Je crois qu’en votre compagnie, le subversif c’est moi.

Vous seriez plutôt un mouton qui n’a plus assez de laine pour réchauffer votre bergère Ségolène (qui préfère maintenant le mérinos argentin) ou votre pasteur Laurent pour qui le lait européen n’est que trop amère.

Dites moi si vous avez besoin d’un décodeur.

Le jeu d’esprit est différent de la démarche du sachant qui sait qu’il vaut mieux tout oublier pour bien réapprendre plutôt que de se complaire dans ses certitudes usées.

Désolé de perturber vos petits échanges entre amis réglés par votre maître à penser BOMBIX, le roi de la pédagogie orientée et de la programmation d’histoire, mais seulement le dimanche, en amateur.

#8482 | Répond au message #8480
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mercure Galant - 27 octobre 2007 à  23:16

Je crois qu’en votre compagnie, le subversif c’est moi.

Oui, oui ! Je vous l’accorde ! Je vous soupçonne même d’y prendre du plaisir. Car si le sujet (la lecture de la lettre de Guy Mocquet) semble vous tenir particulièrement à coeur, je pense que vous jubilez à l’idée de venir en découdre sur ce forum. De manière caricaturale, j’imagine que vous auriez pu avoir cette idée en tête : « Tiens, je me sens assez en forme pour aller me faire un peu ces petits gauchistes ! »

Vous seriez plutôt un mouton qui n’a plus assez de laine pour réchauffer votre bergère Ségolène (qui préfère maintenant le mérinos argentin) ou votre pasteur Laurent pour qui le lait européen n’est que trop amère.

Donc, selon-vous je suis socialiste... Intéressant... mais pas d’actualité ! Désolé de vous contredire... Certes je m’estime plutôt de gauche, mais vous vous montrez trop hâtif dans vos déductions. Vous aimez trancher, classer rapidement. C’est une qualité pour l’ homme d’action que vous laissez paraître, mais c’est un défaut pour qui cherche à convaincre ses interlocuteurs du bien-fondé de sa position.

Dites moi si vous avez besoin d’un décodeur.

D’accord, vous me prenez pour un crétin !!! Remarquez, il faut bien être le crétin de quelqu’un... Cela ne me gêne pas plus que ça, je n’ai pas l’orgueil mal placé. Grand bien vous fasse donc ... Mais cela ne vous honore pas. J’ irai même jusqu’à dire que cette petite phrase dénote assez bien de votre suffisance. Je vous ai connu plus aimable lorsque vous avez bien voulu me dédicacez votre ouvrage avec Jean-Michel Pinon il n’y pas si longtemps... Tout ça pour vous dire que, contrairement à l’image que vous voulez me coller, moi j’ai de l’estime pour votre apparent courage et certains de vos engagements récents.

Le jeu d’esprit est différent de la démarche du sachant qui sait qu’il vaut mieux tout oublier pour bien réapprendre plutôt que de se complaire dans ses certitudes usées.

Là encore vous usez de votre ton condescendant... Vous voulez me faire croire que vous n’avez pas de certitude ? Vous êtes un homme neuf à chacun de vos réveils ? Vous vivez dans l’action, le présent et moi je ne serais qu’une sorte d’ectoplasme, nourri d’illusions du passé ? Non Monsieur ! Je vis moi aussi, Monsieur ! En essayant humblement de m’adapter au quotidien pour accomplir au mieux mon travail (j’ai la chance d’en avoir un !), pour élever mes enfants (j’ai la chance d’en avoir quelques-uns !), pour donner du sens à ma vie... et ce sont certaines de mes certitudes qui font que j’avance ... Je me méfie de « l’homme nouveau », qui veut tout oublier et si j’aime bien parfois porter un regard amusé ou désabusé sur les débats qui s’ouvrent sur l’Agitateur (Le site s’y prête, je pense) moi, je ne prétends nullement être un donneur de leçon !

Désolé de perturber vos petits échanges entre amis réglés par votre maître à penser BOMBIX, le roi de la pédagogie orientée et de la programmation d’histoire, mais seulement le dimanche, en amateur.

Et vous en terminez encore par une attaque pleine morgue. Elle laisse sous-entendre qu’il y aurait une sorte de collusion entre les intervenants sur ce forum... Vous savez bien évidemment qu’il n’en n’est rien. La preuve ? La part imposante de vos interventions ci-dessus !!! Mais la théorie du complot ça ne mange pas de pain... Attaque aussi, à l’encontre de Bombix. Je le laisserai se défendre tout seul. Il vous a largement prouvé qu’il en était capable. Sachez simplement que je ne connais Bombix qu’ à travers ses écrits sur ce site. Sachez que j’apprécie en général ses articles, sérieux et documentés, comme ceux de beaucoup d’autres, sinon je n’y viendrais pas (et vous même d’ailleurs ???). Mais en aucun cas, je n’estime que Bombix puisse être un maître à penser. Cette assertion vous obsède d’ailleurs... Je vous cite dans un autre post adressé à Bombix ci-dessus :

...au rapport dominant/dominé, enseignant/élève, bref sachant/ignorant que vous instillez.

C’est vraiment la conception que vous vous faites des gens qui viennent sur ce site ? C’est-ce que vous retenez en parcourant les articles sur l’Agitateur ? C’est cet état d’esprit que vous voyez transparaître ? Vous n’êtes pas sérieux...
En tout cas, je reconnais modestement que je n’aurai ni le talent, ni la patience de Bombix pour prolonger davantage cet échange avec vous.

Votre dévoué crétin

#8491 | Répond au message #8482
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mercure Galant - 28 octobre 2007 à  11:09

Guy Môquet...autant pour moi. Vous savez ce que je pense ? Monsieur Sarkozy aurait été encore plus inspiré en demandant à Johnny et à Doc Gynéco de nous la chanter cette lettre. Un bon clip vidéo à l’appui. Voilà qui aurait eu de l’allure ! Vous imaginez la portée auprès de notre jeunesse ? Plus sérieusement, si l’on veut se documenter sans mascarade, sur ces témoignages de condamnés, je conseille la lecture d’un livre de Guy Krivopissko intitulé "la vie à en mourir" et au sous-titre plus évocateur" lettres de fusillés(1941-1944)".(*) On y retrouve bien sûr la fameuse lettre de Guy Môquet, parmi des centaines d’autres...Pour une remise officielle au Musée de la résistance et de la Déportation de Bourges, L’auteur était venu à la Maison du Combattant, en septembre 2006, lire la dernière lettre écrite par Gabriel Dordain à sa famille le matin de son exécution. Gabriel Dordain était résistant, communiste ; il a été fusillé le 23 novembre 1943 avec huit autres de ses camarades.

(*) Krivopissko, Guy ,"la vie à en mourir, lettres de fusillés(1941-1944)" Editions Points- Editions Taillandier avril 2006.

#8492 | Répond au message #8491
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 29 octobre 2007 à  11:06

Et pour ma part, je veux juste préciser, puisque Monsieur Bensac suggère que je serais une sorte d’élève de Bombix, voire manipulée, qu’il n’en est rien. Ou que Bombix se poserait en maître.
Si ça donne cette impression, j’en suis désolée pour Bombix. Je lis, j’ai des questions à poser, des commentaires à faire, des réactions. Comme quand je lis un auteur, ou que j’écoute un conférencier, ou que je lis un journaliste etc... des choses se passent dans mon cerveau ( c’est fait pour ça non ???? ). Mais bien sûr que mon niveau d’intervention sous cet article est faible en connaissances par rapport à Bombix, Monsieur Bensac, Mercure Galant, et c’est sûrement pour ça que ça donne l’impression à Monsieur Bensac d’un rapport maitre/élève ( "honni" par les anars de tout bord "ni dieu, ni maître"). Donc, si je me sentais manipulée, par qui que ce soit sous cet article, ou ailleurs dans l’Agitateur, je le dirais ouvertement. J’aime bien que les choses soient claires. Et si j’ai mis une citation de roman où il s’agissait de dominants/dominés, par les idées, je visais les gouvernants (en général) pourquoi pas les idéologies (mais sur ce terrain, je ne suis pas tranchée, ça mérite une très large réflexion), l’idée de chaos, l’obscurantisme , mais ô grand jamais Bombix, ou Monsieur Bensac. Je suis une petite "généraliste ".
Et aime bien progresser, en lisant, et peut-être en intervenant trop, désolée, je suis bavarde. STop.

#8498 | Répond au message #8491
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 29 octobre 2007 à  11:34

Eulalie, ne prenez pas trop à coeur ce que dit M. Bensac. Considérez plutôt combien ces gens qui crient "Ni Dieu, ni maître" sont obsédés par les rapports de domination, au point de voir des maîtres partout, de soupçonner toujours en en toutes circonstances quelque entreprise de soumission, quelque volonté de subjuguer les esprits. Ce monoïdéisme pourrait n’être qu’une simple curiosité psychologique - assez dérisoire, s’il ne laissait légitimement suspecter un authentique désir de domination - mais frustré - chez celui qui en est atteint.

Il témoigne en outre, et c’est le plus grave, d’une profonde ignorance sur la nature réelle de la maîtrise dans le domaine des choses de l’esprit. J’aurai peut-être l’occasion d’y revenir un jour.

En attendant, continuez d’intervenir et de bavarder. Tous autant que nous sommes, nous sommes des "bavards" sur ce site. Et merci pour l’extrait de roman que vous nous avez proposé.

Bien à vous,

#8499 | Répond au message #8498
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 29 octobre 2007 à  15:40

Eulalie,

Il me semble vous avoir remercié dès lors que vous avez posé votre propre diagnostic et dégagé vos nuances. Voilà ce que j’aime dans l’AGITATEUR. Un débat ouvert sans aucune modération exceptée l’injure.

Par contre, exclure l’injure ne conduit pas à laisser s’imposer un censeur autosuffisant. J’ai effectivement la dent qui durcit face au contradicteur qui n’a pas la franchise d’attaquer frontalement le véritable sujet : les enseignants sont ils redevables face à une autorité institutionnelle ?

Le libéralisme se fonde précisément sur la notion de pouvoirs et de contre pouvoirs qui s’équilibrent naturellement dans un espace libre et laïc (tolérant).

Il est trop facile de ne pas répondre sincèrement à la vraie question que pose la demande de lecture de la lettre de G.MOQUET et de déclarer péremptoirement son interlocuteur "hors sujet".

Apprenez BOMBIX à répondre aussi aux questions de vos interlocuteurs plutôt que d’esquiver par votre ton "supérieur". Et votre analyse de la lecture la Lettre de GM n’a d’autre personnalité que celle de la corporation dont vous êtes le représentant sur l’AGITATEUR.

Il est vrai que je préfère notre société contemporaine qui place le maître d’école, le curé et le médecin au même rang que le reste de la population, alors qu’à l’époque de Guy Môquet, ces corporations du "savoir" tenaient ladite société et favorisaient le communisme et ses errements sur le fondement de la lutte des classes.

#8506 | Répond au message #8499
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 29 octobre 2007 à  17:25

Bon, je ne sais pas où vous en êtes avec Bombix. Il vous a posé une question, et vous ne répondez pas. Ne me demandez pas quelle question, je ne sais plus où vous en êtes tous les deux. Je sais juste que vendredi vous vous êtes servi de "moi" pour insinuer que Bombix manipulait, censurait. (Vous refaites la même aujourd’hui). Ensuite, paf paf paf, vous m’avez répondu à plusieurs posts qui dataient d’avant une certaine accalmie entre vous et moi. J’ai pris par ordre. Et vendredi soir, je n’avais pas le temps de vous répondre à tous. Cela dit, ils m’ont surpris.
Si, ce qui vous emmerde, c’est que je défende (enfin défendre est un bien grand mot, je ne suis pas avocate) le monde enseignant sous cet article, dites-le. Si, ce qui vous emmerde, c’est que même non-enseignante, j’ai bien conscience de la manip de NS, et suis d’accord avec Bombix et bien d’autres sur la question de la lecture de lettre de GM, dites-le. Si, ce qui vous emmerde, c’est qu’une citoyenne de base s’interesse à la question, dites-le. Et je vous vois venir avec vos gros sabots, sachez-le . Cela dit, et n’y voyez aucun mépris, ni hauteur, ni moquerie désobligeante, je crois bien que vous me faites rire, en fait. Vous êtes têtu et moi aussi. Et perso, les manips à NS et ses "potes" m’interessent vivement. Et alors, s’il n’y avait que l’affaire GM... Mais à force, ça finit par se voir, et grâce à des érudits qui le démontrent. Seulement, je reconnais que votre homme a l’art de semer l’embrouille, et non l’art de la politique.

#8508 | Répond au message #8506
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 27 octobre 2007 à  18:08

Mon cher MISTER K,

Un berceau est la première habitation d’un nouveau né. BOMBIX est né sur l’agitateur. Je ne fais que le remarquer.

Par contre, bizarrement, vous ne relevez pas lorsque j’indique avoir de temps à autres l’impression d’être dans la fosse aux lions, tel un gladiateur, c’est à dire un esclave devant affronter quelques bêtes affamées, dans mon esprit un esclave de la "pensée corporatiste" désireux de se libérer devant affronter les bêtes gardiennes de cette pensée.

j’espère encore que l’agitateur ne soit pas le forum des corporations de la fonction publique effectivement en cause par la volonté exprimée démocratiquement en mai dernier.

#8481 | Répond au message #8479
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mister K - 27 octobre 2007 à  18:39

Mon cher Philippe,

Un berceau est la première habitation d’un nouveau né. BOMBIX est né sur l’agitateur. Je ne fais que le remarquer.

je crois que vous vous trompez. Mais bon, cela n’a ni conséquence, ni importance, donc je passe.

Par contre, bizarrement, vous ne relevez pas lorsque j’indique avoir de temps à autres l’impression d’être dans la fosse aux lions, tel un gladiateur, c’est à dire un esclave devant affronter quelques bêtes affamées, dans mon esprit un esclave de la "pensée corporatiste" désireux de se libérer devant affronter les bêtes gardiennes de cette pensée.

vous divaguez. Vous prenez quoi comme drogue exactement ? ;-)

j’espère encore que l’agitateur ne soit pas le forum des corporations de la fonction publique effectivement en cause par la volonté exprimée démocratiquement en mai dernier.

Je ne sais pas trop quoi répondre à cela tellement c’est con (désolé). Je crois que vos obsessions vous aveuglent.

Juste un petit détail sur ce qui s’est passé démocratiquement en mai dernier comme vous dites : Sarkozy a été élu président de la République Française, point. Tout ce qu’il dit ou ce qu’il fait ou ce qu’il fait faire est potentiellement discutable malgré tout. Je ne crois pas qu’il ait été élu dictateur. On a le droit de le contester et on a le droit de contester sa politique. Se référer sans cesse à cette élection comme seul argument n’est absolument pas valable. La démocratie, ce n’est pas seulement l’élection, c’est aussi (entre autres) la liberté d’expression... et le droit de grève. Bref, bombix comme toute personne a le droit de s’exprimer comme vous le faites si bien.

Cordialement.

PS : je ne suis pas un lion, je ne suis pas affamé, je suis gardien de rien du tout ; vous n’êtes pas un esclave. Tout va bien.

#8484 | Répond au message #8481
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 27 octobre 2007 à  19:10

Vous avez raison MISTER K, je vais changer de came, d’autant que dans ma réponse à BOMBIX à l’instant j’ai même pas eu le courage de corriger les fautes. Je vais donc boire un coup à votre santé. Sans rancune et bise à JMP. LE TGV AVANCE...

#8486 | Répond au message #8484
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 23 octobre 2007 à 01:58

Bravo pour votre article sur Guy Môquet. On sent que vous connaissez bien le sujet. Ce matin, j’ai entendu dire (France 2, je crois) que le monde enseignant avait assez bien suivi la directive de Sarkozy. Apparemment, certains enseignants ne se posent pas trop de questions, ils obéissent, comme de sages moutons. Atteints sans doute d’Alzheimer, ils ont oublié le mot R E S I S T A N C E ! Merci pour votre courage !

m.paysac@orange.fr


#8424
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - N’Guimoké - 22 octobre 2007 à 18:31

source : Maëster http://maester.over-blog.com/ Tous droits réservés.


#8417
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 22 octobre 2007 à 17:07

Il y a des coquilles de presse plus savoureuses que d’autres ou bien alors des journalistes plus subversifs que l’on imagine ! Lu dans le Berry Républicain de ce jour, lundi 22 octobre 2007 (page 20) :

Nicolas Sarkozy en avait fait une promesse de campagne. La lettre de Guy Môquet « devrait être lue à tous les lycéens de France », avait-il affirmé, le 18 mars 2007, au Zénith de Paris. C’est donc aujourd’hui que les enseignants sont appelés à ternir cet engagement (...)


#8416
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 22 octobre 2007 à 10:13

Lecture d’un extrait du roman d’Albert Cossery " Mendiants et orgueilleux" : " Le moindre texte de l’histoire ancienne ou moderne qu’il avait commenté pour la compréhension de ses élèves regorgeait de milles mensonges. L’histoire ! Qu’on pût travestir l’histoire, passe encore. Mais la géographie ! Comment pourvait-on mentir au sujet de la géographie ? Eh bien, ils étaient parvenus à dénaturer l’harmonie du globe terrestre, en y traçant des frontières tellement fantastiques et arbitraires qu’elles changeaient d’une année à l’autre. Ce qui étonnait surtout Gohar, c’était qu’il n’avait jamais usé de précautions oratoires pour faire admettre à ses élèves de pareils changements. Comme si cela allait de soi ; comme si un mensonge officiel était forcément une vérité. Une telle accumulation de mensonges ne pouvait que donner naissance à la plus entière confusion. Et le résultat en était une angoisse à la mesure du monde. Gohar savait maintenant que cette angoisse n’était pas encore métaphysique. Il savait qu’elle n’était pas une fatalité inhérente à la condition humaine, mais qu’elle était provoquée par une volonté délibérée, la volonté de certaines puissances qui avaient toujours combattu la clarté et la simple raison. Ces puissances considéraient les idées simples comme leurs plus mortelles ennemies. Car elles ne pouvaient prospérer que dans l’obscurantisme et le chaos ! Ainsi s’ingéniaient-elles par tous les moyens à présenter les faits sous les apparences les plus contradictoires, et les plus propres à accréditer la notion d’univers absurde, dans le seul dessein de perpétuer leur domination. En fait, c’était sous le couvert de cette prétendue absurdité du monde que se perpétraient tous les crimes. L’univers n’était pas absurde, il était seulement régi par la plus abominable bande de gredins qui eût jamais souillé le sol de la planète. "
L’auteur de ce roman est décédé, je pense qu’il ne m’en voudrait pas de le citer ce jour.


#8405
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mannkael - 22 octobre 2007 à  12:35

Si certains ont perdu la vie pour avoir accepter de tuer d’autres humains, voici des lettres qui méritent certainement plus que d’autres d’être examinées par des personnes sincères et réfléchies. Considérez ce qui est arrivé à la famille Harms .
Elise Harms, de Wilhelmshaven, se souvient qu’après que son mari eut été jugé, on lui demanda sept fois de renier sa foi, et qu’après son refus, elle reçut l’autorisation de le visiter, à condition qu’elle fasse le maximum pour le persuader de changer d’avis. Mais elle s’interdit de le faire. Lorsque son mari fut décapité, elle se réjouit à la pensée qu’il était resté fidèle à Jéhovah et qu’on ne l’incitait plus à l’infidélité. Entre-temps, son père, Martin Harms, avait été arrêté pour la troisième fois et incarcéré à Sachsenhausen. Son fils lui écrivit cette lettre émouvante peu avant son exécution le 9 novembre 1940 :
“Mon cher père,
“Dans trois semaines ce sera le 3 décembre, le jour où, il y a deux ans, nous nous sommes vus pour la dernière fois. Je vois encore ton cher sourire pendant que tu travaillais au sous-sol de la prison et que je marchais dans la cour. De si bonne heure le matin, nous ne pouvions penser que ma chère Lieschen (sa femme) et moi serions libérés cet après-midi-là, ni que toi, mon cher père, à notre plus grand chagrin, tu serais emmené le même jour à Vechta, puis à Sachsenhausen. Les derniers moments que nous avons passés ensemble seuls dans la salle de visite de la prison d’Oldenbourg restent ineffaçables dans ma mémoire. Je me souviens que j’ai mis mon bras sur tes épaules et que je t’ai promis de prendre soin de maman et de toi autant que je le pourrais. Mes dernières paroles étaient les suivantes : ‘Reste fidèle, mon cher père !’ Pendant les vingt et un mois écoulés, où j’ai été ‘un esclave en liberté’, j’ai gardé ma promesse. Lorsque j’ai été arrêté le 3 septembre, j’ai confié mes responsabilités à tes autres enfants. Pendant cette période, j’ai été fier de toi et étonné de voir avec quelle fidélité envers le Seigneur tu portes ton fardeau. À présent, moi aussi j’ai reçu l’occasion de prouver ma fidélité au Seigneur jusqu’à la mort ; oui ! non seulement jusqu’à la mort, mais même dans la mort. Ma condamnation à mort a déjà été prononcée et je suis enchaîné jour et nuit, — les marques (sur le papier) viennent des menottes, — pourtant, je n’ai pas encore vaincu jusqu’au bout. On ne rend pas facile la tâche du témoin de Jéhovah qui veut rester fidèle. J’ai encore la possibilité de sauver ma vie terrestre, mais en faisant cela, je perdrais la vie réelle. Oui, jusqu’au pied du gibet, on donne au témoin de Jéhovah l’occasion de violer son alliance. Je suis donc encore en plein milieu du combat, et j’ai encore de nombreuses victoires à remporter avant de pouvoir dire : ‘J’ai combattu le bon combat, j’ai gardé la foi. Désormais m’est réservée la couronne de justice que Dieu, le juste juge me donnera.’ Le combat est sans doute difficile, mais je remercie le Seigneur de tout cœur de m’avoir donné non seulement la force nécessaire pour me tenir debout jusqu’à maintenant en face de la mort, mais encore une joie que j’aimerais partager avec tous mes bien-aimés.
“Mon cher père, toi aussi tu es toujours prisonnier, et j’ignore si cette lettre te parviendra. Cependant, si un jour tu es libéré, reste tout aussi fidèle que maintenant, car tu sais que quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du Royaume de Dieu. (...)
“Cher père, lorsque tu rentreras chez toi, veille surtout à t’occuper de ma Lieschen bien-aimée, car pour elle ce sera particulièrement difficile de savoir que son mari ne reviendra pas. Je suis confiant que tu le feras, et je t’en remercie d’avance. Mon cher père, je te supplie par l’esprit de rester fidèle, tout comme j’ai essayé de rester fidèle, car alors nous nous reverrons. Je penserai à toi jusqu’au dernier instant.
“Ton fils Johannes
“Auf Wiedersehen !”

#8407 | Répond au message #8405
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 22 octobre 2007 à  13:34

Bonjour EULALIE,

Puisque nous en sommes à débattre de l’objectivité historique, voire de l’objectivité en général, pour vérifier ce qui est digne d’être enseigné ou pas, quel chiffre proposez vous de livrer à nos chères têtes brunes et blondes pour illustrer le comportement des nazis en France ? 29 620 fusillés officiels ou "75 000 communistes qui sont morts pour la France et le liberté" (propos de Maurice THOREZ - qui a sans doute décompté le nombre de cartes du PC non renouvelées en 1945).

J’ai le profond sentiment que la propagande est l’arme première de ceux qui protestent aujourd’hui de ne pas résumer l’histoire à des chiffres contradictoires (quand bien même tous les enseignants feraient cette recherche, ce dont je doute, n’en déplaise à BOMBIX) ; Et ce profond sentiment m’amène à vous dire, qu’au delà d’un débat chiffré qui autorisa récemment, à l’échelle du temps historique, certains voyous de la mémoire collective à tenter d’expliquer la Shoah comme un "détail" de la seconde guerre mondiale, la lecture d’un témoignage aussi fort de l’innocence face à la cruauté m’apparaît comme bienvenue et salutaire.

Je ne souhaite pas qu’Armaninedjad ressente l’Europe actuelle comme l’a ressentie Hitler à Münich.

J’aurai toujours un doute envers les éducateurs qui n’acceptent pas de pratiquer un enseignement de la sensibilité, en complément du rationnalisme chiffré.

C’est peut être ça le révolutionnaire moderne, "dictateurs et esclavagistes de tous pays, venez en France pour réaliser à notre place le grand soir, nos cheminots et nos gaziers ne sont plus motivés ! Nos enfants anesthésiés sauront vous acceuillir à bras ouverts."

Allez, oublions, je m’emporte...mais quelques fois, ça fait du bien de remettre en perspectives certains événements. Pacifiste actif, oui, con béat, non. J’aime bien KOUCHNER.

Philippe BENSAC

#8409 | Répond au message #8405
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 22 octobre 2007 à  14:24

Monsieur Bensac,
Je ne comprends sincèrement pas ce que vous me dites. Je ne connais pas les chiffres des fusillés. Je ne suis pas communiste. Je ne suis pas révisionniste, négationniste. Je ne suis pas propagandiste. Je ne suis pas éducatrice Je ne suis pas enseignante, mais je les respecte (quant à ceux qui auront accepté de participer à cette "farce" , je ne les comprends pas, mais peut-être regardent-ils trop la télé ???? Cela dit je ne leur réserve aucun jugement, sauf celui d’imbéciles dociles ) Le Président de la République n’a pas à décider des programmes. C’est tout. Les enseignants sont des professionnels de l’enseignement. Monsieur NS est un professionnel de la politque (et avocat d’affaires, au départ) . Chaque métier à sa place. (et je crois pas qu’il n’y ait que les chiffres qui comptent pour expliquer l’histoire)
Je ne sais pas qui est Armaninedjad. Et je ne suis pas révolutionnaire. Et j’aime pas Kouchner. Et Gohar, ancien professeur d’Université ,le personnage de l’extrait cité, a raison.
(’Et il semblerait que NS se soit défilé finalement, qu’il ait envoyé Fillon en première ligne... )
PS : et je ne vois pas ce que les gaziers et cheminots viennent faire là-dedans.

#8411 | Répond au message #8409
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 22 octobre 2007 à  14:51

Si ! vous avez une phobie. Vous êtes sarko-phobique et vous avez (légitimement en démocratie) saisi une occasion de faire valoir une opinion.
Mais lorsque vous citez des auteurs pour sous tendre une position claire à mes yeux, ne faites pas mine de vous offusquer de l’analyse de votre contradicteur.

Et surtout ne dites pas que vous ne comprenez pas ce que je vous oppose, je ne vous crois pas. Vous êtes un(e) fau(x)sse ingénu(e).

Je préfère les débats sincères, arguments contre arguments. Au revoir...

bien cordialement,

Philippe BENSAC

#8412 | Répond au message #8411
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 22 octobre 2007 à  15:50

Je ne me fais pas passer pour une ingénue. Il y a des choses que je connais et d’autres non (donc je ne comprends pas tout, dans ce que vous m’opposez dans votre post-post) . Donc, je suis perplexe devant quelques passages mais ne m’en offusque pas . Quant à Sarko, oui, vous avez raison, il me fait peur (mais y’a pas que lui qui me fasse peur dans ce gouvernement et son équipe de derrière ) . Cela dit, je n’en cauchemarde pas (encore ?) pas la nuit. Et je comprends très bien que vous préfériez les discussions argumentées. Mais vous n’empêcherez personne (et je ne crois pas que vous vouliez empêcher quoi que ce soit, tout seul) d’avoir une idée (m^me sans connaissance précise de son histoire, de son fonctionnement) de la mission de service public qu’est l’Education Nationale et de la défendre. (Et pour plus de clarté, je précise que desfois je suis communiste, tout dépend du domaine en jeu, mais c’est un autre débat) .

#8413 | Répond au message #8412
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - nano718 - 25 octobre 2007 à  17:49

Une phrase de votre commentaire m’appelle à réagir . Vous dites que les enseignants sont des professionnels et bien entendu je suis d’accord . Simplement nous devons regarder l’éducation donnée aux élèves de plus près .Penchez vous un instant sur les capacités de nos jeunes ,sur la maitrise de l’orthographe sur la capacité de calcul mental et surtout sur la valeur du baccalaureat.Alors devant un tel DESASTRE qu’en dites vous ? La faute à qui ? Pour vous à SARKOSY !!!

#8456 | Répond au message #8411
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 26 octobre 2007 à  10:02

Bonjour Nano718, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je n’attribue pas tous les problèmes de la société à N.S, je ne suis pas toujours bien fine, mais j’ai mes limites aussi : je sais juste qu’il est de bon ton, actuellement, et depuis peut-être 2 ans, 3 ans, voire plus, je ne sais pas, je ne m’étais peut-être pas rendue compte de suite, de dire que l’enseignement public est un désastre. C’est une méthodologie propagandiste, parmi tant d’autres. Merci de votre intervention. Et contrairement à ce que peut dire Monsieur Bensac, je ne fais pas de propagande.
Je trouve toujours ça très réducteur, je préfère les analyses. Et, en ce qui concerne l’enseignement public, je ne me permettrais pas de me pencher sur les capacités des jeunes, puisque ce n’est pas mon métier. Je dirais n’importe quoi. La société civile n’a pas à prendre la place de personnels formés, professionnels, bref des enseignants qui eux sont en mesure d’analyser ce qui se passe dans leur milieu professionnel et sur la "valeur du baccalauréat"..... Et vous, que savez-vous des capacités ou non en calcul mental et orthographe des jeunes ? Si vous lisez le point par exemple, dites-vous bien, que vous ne savez rien sur l’enseignement, absolument rien, sauf si bien sûr, vous êtes enseignant. La pédagogie, si je ne m’abuse, est une science, et ni vous (sauf si vous êtes enseignant , je le répète) ni moi n’avons les capacités à juger si elle est bien faite ou non à l’école, au collège, au lycée, puis à l’université. Et ni NS d’ailleurs.

#8458 | Répond au message #8456
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  15:39

Vive la corporation autoproclamée des enseignants. Toutes les institutions sont soumises à des contre pouvoirs mais pas le corps enseignant !!!

Ma chère EULALIE, réveillez vous, insurgez vous et surtout faites votre bouleau de citoyen, impliquez vous !

#8467 | Répond au message #8458
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 29 octobre 2007 à  15:14

Ah. parce que c’est une institution les enseignants ? ben vl’à aut’ chose. Une corporation je veux bien, tout corps de métier étant une corporation. "Autoproclamée" : n’importe quoi.
Enfin, je vois même pas ce que vous voulez dire. On n’a pas la même lecture du réel, il semblerait. C’est complètement inversé même. Quant à mon réveil, c’est fait depuis très longtemps, mon implication, souvent, et mon "insurrection" desfois. Cela dit, avoir un flic au cul (passer-moi l’expression) à chaque fois qu’on s’"insurge", ça devient pénible.

#8505 | Répond au message #8467
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 23 octobre 2007 à  12:44

Vite fait, parce que c’est carrément hors- sujet : Monsieur Bensac, je sais maintenant qui est AHMADINEDJAD. Je ne suis pas iranienne, ni bushiste., ni totalement intoxiquée des médias ! (est-ça selon vous se faire passer pour un ingénu ??? Ne pas être obèsifié par les JT et World Cie ???? alors oui, je suis un ingénu !!!! et heureux de l’être !!!! ) Au revoir !

#8427 | Répond au message #8409
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  15:41

touché(e) ???

#8468 | Répond au message #8427
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 26 octobre 2007 à  17:30

Par AHMANIDJEDAD ? Non, à priori, pas vraiment, Mais, ça c’est pareil, faudrait que je sache ce qui se passe en Iran ( +son histoire, les enjeux économiques, géographiques, son identité. ou ses identités, je ne sais pas... son gouvernement ) et je l’ignore totalement. J’ignore tout de ce pays. Croyez-moi, je ne le sais pas dutout. Comme je vous le dis, je ne regarde pas les infos. Juste de temps en temps, et je rate ducoup des tas d’épisodes, des tas de guerres médiatisées (je ne sais même pas ce qui se passe au Darfour) . Et la bonne démarche, serait à chaque fois qu’on voit une guerre éclater (à la télévision) de se pencher à fond sur la question pour comprendre ce qui se passe. Donc lire des livres, des journaux qui s’impliquent vraiment dans le journalisme. Bon mais, je sais que Bush en a après l’Iran, (je me rappelle d’une dessin satirique et drôle dans le Canard qui représentait Bush entrain de dire en gros " bon après l’Irak, puis l’Iran, on s’attaquera à l’Irag " mais je ne sais plus pourquoi, parce qu’avec lui, hein, dans le genre obscurantisme pour semer le chaos, il se pose là. Bon, je suppose que AHMANIDJEDAD ne répand pas la clarté non plus. Mais là, je ne crois pas qu’ils se foutent (encore) sur la gueule. .. PS : par contre hier soir, je les ai regardé (les infos), justement parce que je me disais que j’étais "à l’ouest" , mais vraiment, ça n’a fait que confirmer que j’avais pas besoin de les regarder.... je n’ai rien appris. Désuettement, si vous voulez Monsieur Bensac, mais je ne tiens nullement à vous faire porter sur votre dos à vous tout le mal que je pense de la néo-politique vers laquelle on veut nous emener. (PS : et je suis ravie que vous vous soyiez opposer aux tests ADN, j’avais oublier de vous le dire.)

#8473 | Répond au message #8468
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 27 octobre 2007 à  18:25

Merci pour votre PS. Soyez sûr(e) que je désarmerai pas sur ce point.

#8483 | Répond au message #8473
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 25 octobre 2007 à  10:32

"l’enseignement de la sensibilité" : ce n’est pas réaliste. A l’école, du primaire au secondaire, on apprend aux élèves l’Histoire (et les professeurs sont professeurs d’histoire et géographie, l’un n’allant pas sans l’autre, comme j’ai voulu le rappeler dans la citation d’un passage d’un roman ) et effectivement l’histoire est faite de guerres donc de pertes humaines. Alors si les enseignants passaient leurs temps à rendre l’Histoire émouvante pendant leurs cours, non seulement ils s’useraient rapidement, et les élèves passeraient leur temps à pleurer en cours d’histoire-géographie. Est-ce bien raisonnable ? non, bien-sûr.

#8446 | Répond au message #8409
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe BENSAC - 26 octobre 2007 à  16:12

La sensibilité (excitation sensorielle dans le but de rechercher l’intérêt, voire la curiosité du sujet) n’est pas la sensiblerie (excitation compassionnelle pour rechercher la culpabilisation larmoyante dudit sujet), décidément nous avons des problèmes sémantiques à résoudre.

Les enseignants de valeur font preuve de sensibilité, y compris en maths lorsqu’un pédagogue illustre un principe par des applications dans la vie quotidienne, éventuellement familiale, et c’est même de cette façon qu’ils font le mieux passer le message.

Je précise que j’ai un enfant en 4ème et que j’ai moi même enseigné, l’économie, le droit et la gestion à des classes de CAP/BEP/BAC/BTS et des ingénieurs en formation continue, donc toute la gamme d’âge et de maturité.

#8470 | Répond au message #8446
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 30 octobre 2007 à  15:32

J’ai une bonne nouvelle : Albert Cossery n’est pas mort !

#8518 | Répond au message #8405
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 30 octobre 2007 à  16:51

Une présentation ici.

Cordial.

#8519 | Répond au message #8518
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 31 octobre 2007 à  09:49

Désolée Bombix, je ne le fais pas exprès. Cordialement, (et un " libertaire- aristocrate" qui vit dans un hotel, ma foi, y’a pire...et c’est un intellectuel et non un chef de multinationale !)
Mais, si un jour je veux me faire embaucher comme journaliste, je demanderais la rubrique "patouilles" (!). Cela dit, je vois de plus en plus juste, je crois, sur le phénomène sarko. Et il semblerait, que ce soit une précision de vue de plus en plus unanime.

#8530 | Répond au message #8519
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 19 octobre 2007 à 10:46

Je préfère cet exemple mais imparfait (comme vous et moi) que cette société actuelle qui ne s’aime pas et donc passe son temps à chercher des boucs émissaires dans l’histoire avec ses yeux de 2007. Que proposez vous pour affermir notre nation qui craque de partout du fait de l’individualisme forcené proné par beaucoup de nos chers enseignants ou intellectiuels gauchistes qui ne s’aiment pas et donc ne peuvent pas aimer ce qui s’est fait de grand par des gens de tout bord (communistes, cathos...).


#8363
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 19 octobre 2007 à  11:24

Un espion caché derrière son journal ?

#8366 | Répond au message #8363
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 22 octobre 2007 à  12:13

Je précise pourquoi j’ai mis "un espion caché derrière son journal ? " Parce que des mots utilisés dans ce "post" sont les mêmes que ceux que j’ai utilisé récemment dans un mail personnel, privé. Par contre le sens, n’en est pas dutout le même. Oui, je sais, sur internet il y a des chances pour que des internautes utilisent les mêmes mots pour dire des choses bien différentes.
Mais il y a aussi des risques d’intrusion dans les boites mails par les soit disant défenseurs de la liberté... "chérie" par exemple....

#8406 | Répond au message #8363
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - behemoth - 22 octobre 2007 à  13:14

Les nations "quand elles s’affermissent" comme vous le dîtes tombent irrévocablement dans le patriotisme, le nationalisme, l’amour de la patrie, de la province , du village, du clocher !!! En bref, toutes ces horreurs qui portent en elles la guerre, l’oppression, l’intolérance et la haine de l’autre !
Affermissez donc votre pensée d’abord !
Salutations !
Behemoth

#8408 | Répond au message #8363
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Philippe BENSAC - 16 octobre 2007 à 16:41

La mémoire collective est elle en danger d’appropriation ? Je ne le souhaite pas.

Pas d’appropriation de l’oeuvre épistolaire de l’adolescent Guy Môquet par des néo communistes s’autoproclamant gardiens intemporels du Mausolée de la "bien pensance antifasciste", pas plus de récupération politicienne de l’atrocité d’une vie supprimée, balayée par la barbarie des hommes.

Je le souhaite d’autant moins que nul ne peut garantir ce qu’il aurait pensé, dit ou fait comme contemporain des pires abjections de l’histoire humaine. Celle ou celui qui prétendent le contraire sont, à mes yeux, déjà empreints de la vanité des inconscients.

Connaissant BOMBIX, je sais que le temple commun qu’il veut décrire reste ouvert à tous.
Mais je m’inscris contre le procès en sorcellerie fait au Président de la République française élu au suffrage universel.

J’ai le cruel sentiment que pour certain(e)s, la dernière campagne présidentielle est encore d’actualité. Alors, je les préviens : vous n’aurez aucune chance en 2012 si vous vous arqueboutez sur l’épreuve passée.
Mais vous aurez encore moins d’écoute si vous tentez de confisquer la mémoire collective.
Et Guy Môquet appartient à la mémoire collective, je dirais même plus, ses sentiments "ante mortem" appartiennent à l’inconscient collectif.
SARKOZY n’a fait que provoquer chez les écoliers la conscientisation individuelle des sentiments
apolitiques et universels d’un jeune face à la mort, toujours injuste à cet âge.
La véritable question devrait être : quel est le but recherché par Nicolas SARKOZY ? Je réponds nettement : la mémoire collective d’un peuple le rassemble ! Mais seule une belle mémoire humaniste l’honore et le galvanise lorsqu’il s’agit de relever les défis.
Alors sus aux aristocrates se prétendant détenteurs "ad vitam eternam" de la culture commune ! Le combat politique est ailleurs, dans la proposition et la mise en oeuvre d’idées nouvelles fondées sur les enseignements tirés de notre belle mémoire collective.
Sans nous empêcher de parfaitement connaître et reconnaître la part laide de cette même mémoire collective, mais ça, c’est une autre histoire.

Philippe BENSAC


#8341
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 16 octobre 2007 à  21:14

Bonsoir Philippe Bensac. Heureux de vous accueillir sur ce forum.

La mémoire collective est elle en danger d’appropriation ?

Je ne pense pas que ce soit vraiment le problème. Le problème, c’est celui de l’instrumentalisation de la mémoire. J’ai intitulé l’article "Usages et mésusages de la mémoire".

Je passe rapidement sur :

J’ai le cruel sentiment que pour certain(e)s, la dernière campagne présidentielle est encore d’actualité. Alors, je les préviens : vous n’aurez aucune chance en 2012 si vous vous arqueboutez sur l’épreuve passée.

car je ne me sens pas faire partie du lot. ;-)

Mais vous aurez encore moins d’écoute si vous tentez de confisquer la mémoire collective

Alors là, elle est quand même un peu forte ! Qui essaie de confisquer la mémoire de Guy Môquet ?

La véritable question devrait être : quel est le but recherché par Nicolas SARKOZY ? Je réponds nettement : la mémoire collective d’un peuple le rassemble !

Le but recherché par Sarkozy, j’ai donné mon sentiment là-dessus, dans la dernière partie de l’article. Quant à l’idée que la mémoire collective d’un peuple le rassemble !, je n’en disconviens pas. Je vous prie respectueusement de relire ma note 1, qui précise un certain nombre de choses essentielles dans cette affaire.

Si l’Etat est dans son rôle lorsqu’il mobilise l’histoire pour forger une image de la Nation dans laquelle la population essaiera de se reconnaître et de s’identifier, à travers cérémonies et commémorations par exemple, en revanche il n’appartient pas à l’école et surtout pas aux historiens de métier d’alimenter par leur travaux (qui ne devraient être habités que par le souci d’établir la vérité) les mythologies successives qui serviront l’idéologie politique de tel ou tel clan. C’est à cette confusion que l’on assiste avec l’affaire Guy Môquet. C’est elle qu’il faut dénoncer.

Curieusement, je relisais dernièrement ce passage d’Ernest Renan : « L’oubli, et je dirai même l’erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d’une nation ; et c’est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. L’investigation historique, en effet, remet en lumière les faits de violence qui se sont passées à l’origine de toutes les formations politiques, mêmes de celles dont les conséquences ont été les plus bienfaisantes ».(E. Renan, Qu’est-ce qu’une nation, 1882) Autrement dit, les nations ont besoin de mythes, et les historiens ont pour mission de casser les mythes ; Sarkozy, en demandant à l’école de propager un mythe, commet une faute pédagogique et une faute politique. Car si une nation a besoin de mythes, elle a aussi besoin de vérité. Et l’école est le lieu de la vérité, ou à tout le moins (soyons modestes), de son apprentissage difficile. Pas de la propagande. Quand on cède sur cette exigence de vérité qui implique la liberté des pédagogues, on n’est pas loin d’une démarche totalitaire. (Souvenez-vous de Staline trafiquant jusqu’aux photos pour faire disparaître tel camarade fusillé après être tombé en disgrâce. Nous n’en sommes pas là, mais je me situe ici au niveau des principes.)

Finalement, nous ne sommes pas loin du même constat. Vous parlez de :

la mise en oeuvre d’idées nouvelles fondées sur les enseignements tirés de notre belle mémoire collective.

Ça c’est affaire de mythologie ;-)

Sans nous empêcher de parfaitement connaître et reconnaître la part laide de cette même mémoire collective, mais ça, c’est une autre histoire.

Cette autre histoire, c’est souvent l’Histoire, avec ses méthodes, ses exigences, sa prudence, ses incertitudes ...

Bien à vous,

#8344 | Répond au message #8341
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Philippe BENSAC - 18 octobre 2007 à  12:49

Mon cher BOMBIX,

Je réserverais davantage à la mythologie l’association, pour ne pas dire l’antinomie "communisme antifasciste", le communisme n’étant qu’une forme du fascisme, comme aujourd’hui l’intégrisme religieux.

Je vous renvoie d’ailleurs à mes propres écrits : "regards croisés sur la France d’après" et le commentaire que je cite de BAKOUNINE sur MARX.

Guy Môquet n’a malheureusement pas vécu assez longtemps pour le découvrir et suivre le SARTRE repenti.

Ce qui est intéressant dans le témoignage intime de Môquet est précisément l’affreuse confrontation de sa pure et juvénile humanité avec l’inhumanité du "national socialisme".

Alors oui, grâce à ce coup de projecteur, j’ai personnellement saisi l’occasion d’en parler à ma fille. Ce texte en valant bien d’autres. Il ne s’agit pas de le faire déclamer mais, encore une fois, d’éclairer une génération sur un passé collectif à ne pas oublier. La remarque d’Eulalie étant symptômatique de la nécessité de transmettre le savoir sous de nouvelles formes.

#8354 | Répond au message #8344
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 18 octobre 2007 à  21:10

suivre le SARTRE repenti.

Quelle repentance de Sartre ? « un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. » (Situations IV)
Et sur le fond on ne peut pas identifier fascisme et communisme, même si, hélas le phénomène totalitaire, concerne ces deux idéologies.

Il ne s’agit pas de le faire déclamer mais, encore une fois, d’éclairer une génération sur un passé collectif à ne pas oublier.

C’est le rôle de l’enseignement de l’histoire. L’histoire qui n’est pas la mémoire (donc qui implique mise en perspective, connaissance du contexte etc.). Comparez à l’inverse ce que tout cela devient dans l’usage qu’en fait un certain Bernard Laporte ...

La remarque d’Eulalie étant symptômatique de la nécessité de transmettre le savoir sous de nouvelles formes.

Nicolas Sarkozy instituteur de tous les petits français ? Voilà donc une casquette de plus à notre Président hyperactif !

#8357 | Répond au message #8354
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 19 octobre 2007 à  10:54

Ah. "comparez à l’inverse .... Bernard Laporte" Donc, y’a bien un truc qui s’est passé dans le monde sportif, rugby en l’occurence, "avec" Guy Môquet ?! SVP Bombix, éclairez-moi, pourquoi ai-je fait un rapport entre Guy Môquet et le sport ? Qu’a dit Bernard Laporte sur G. M ???? oui, G.M faisait du sport, l’a t-il ducoup lui aussi récupéré ??? J’ai pas suivi le mondial dont je me fous totalement (sauf que quand même je suis contente qu’ils aient perdu, c’est ça de moins dans l’omniprésence toute possible ). Merci d’avance. (Bon, et j’ai pas trouvé G.M dans le dictionnaire , mais j’ai bien trouvé Jean Moulin et Jean Zay). Comprenez que je n’ai pas envie de compulser toutes les citations de B. Laporte dans l’Equipe, c’est rude.

#8364 | Répond au message #8357
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 19 octobre 2007 à  11:12

Laporte, dont on connaît la sarkomanie, a cru bon de lire la lettre de G. Môquet aux joueurs de l’équipe de France de rugby, avant un match. Voir par exemple une réaction ici
Ceci atteste, si besoin en était, de l’instrumentalisation tout à fait déplacée qu’on peut faire de ce document. Dans un lycée de la Réunion, la lecture se fera après mise au garde à vous des élèves, levée des couleurs etc. Quand on opère une caporalisation du corps enseignant, les bruits de bottes ne sont jamais loin.
Guy Môquet était jusqu’à présent surtout présent dans la mémoire communiste (cf. mon article) Il est normal que son nom n’évoque pas forcément quelque chose à quelqu’un qui n’est ni communiste, ni ne s’interesse précisément à l’histoire de la seconde guerre mondiale (à noter d’ailleurs que personne, hormis les spécialistes, ne connaît les noms des deux jeunes communistes de 19 et 21 ans qui sont mort en même temps que lui et pour les mêmes raisons ...)

#8365 | Répond au message #8364
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 19 octobre 2007 à  14:18

Merci ! J’allais justement vous dire, "ne vous donnez pas la peine, ça y’est j’ai vu l’article sur rue89. " Pour ce qui va se passer dans un lycée de la Réunion, j’ai envie de pleurer...des élèves aux garde-à-vous.... c’est terrible. Je vous crois, et je cherche pourquoi un lycée accepte de faire ça.... Merci pour vos dons d’informations, de recherches, cordialement.

#8369 | Répond au message #8365
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 19 octobre 2007 à  14:29

C’est intéressant ce qui se passe dans ce lycée de la Réunion :

une note, adressée par le proviseur du lycée Roland-Garros du Tampon à ses personnels, a créé l’émoi en salle des professeurs et suscite dors et déjà de vives réactions sur l’île. En effet, le lycée a décidé de respecter à la lettre, et même au-delà, les directives présidentielles et ministérielles, ce qui a eu le don d’agacer de nombreux professeurs. La "note à tous les personnels" prévoit une cérémonie en grande pompe qui va au-delà d’une simple lecture en classe de la lettre de Guy Môquet.

Selon cette note, la cérémonie se déroulera ainsi :

9h50 Rassemblement de tous les élèves du lycée (...) 10h00 Levée des couleurs et de l’hymne national

10h05 Lecture de la lettre de Monsieur le Président de la République par Monsieur le Proviseur

10h10 Intervention d’un représentant des anciens combattants pour situer le contexte et faire mémoire

10h15 Lecture de la lettre de Guy Môquet

Minute de Silence

Sonnerie aux morts

10h20 Chant des partisans interprété par un groupe d’élèves du lycée

10h25 Fin de la cérémonie et retour en classe...

Plus d’infos ici

Cordial.

#8370 | Répond au message #8369
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Serge - 19 octobre 2007 à  17:08

Remarquez moi non plus, je n’avais jamais entendu parler de Guy Môquet avant. C’est sûrement parce que je n’ai jamais fait de rugby, ou que je suis moins cultivé que Laporte.

Quant à la lecture de cette lettre le 22 dans les classes, les enseignants qui ont un peu de c... s’assoiront dessus et feront leur cours normalement. Ou alors, c’est vraiment désespérant.

Plus généralement, je commence à trouver l’atmosphère ambiante nauséabonde.

- On remonte les pauvres contre les pauvres (en désignant les régimes spéciaux de retraite comme responsables du déficit des caisses de retraite, en instaurant une franchise médicale pour faire payer la maladie aux malades, par ex.)
- On demande a tout le monde de dénoncer tout le monde (obligation faite aux professionnels de l’action sociale de signaler au maire les familles en difficulté par ex.),
- On veut nous mettre des cameras de surveillance partout,
- On peut pas allumer la télé sans voir la tronche de notre leader maximo (sauf peut-etre I-Télé),
- La presse, a de rares exceptions (j’en profite pour vous conseiller Marianne), est au garde à vous et nous relate en long et en large les aventures de Nicolas et Cecilia, etc, etc...

Et pendant ce temps-là, les rats du PS quittent le navire (navire qui a coulé, d’ailleurs), Attali veut supprimer le principe de précaution et autoriser la vente à perte, les syndicats ne savent plus s’ils doivent faire grêve ou pas, l’UIMM se découvre une caisse noire de centaines de millions d’euros, Lepeltier vend un terrain avec permis de construire incorporé à Jaldi, on fait des cadeaux aux riches (bouclier fiscal, réduction des droits de succession), et mon voisin trouve normal qu’on fasse un test ADN aux immigrés...

Allez, je vous laisse continuer, je fatigue...

Voir en ligne : Circulaire du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance.
#8371 | Répond au message #8364
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - philippe bensac - 22 octobre 2007 à  14:20

Mon Cher BOMBIX,

Vous savez que j’aime la cohabitation du désordre créatif et de l’ordre minimum.
La proposition de lecture de SARKOZY, car ce n’est qu’une proposition, va permettre de vérifier le degré de cohérence minimum du corps enseignant dans ce pays.

Et autant le dire, si les enseignants refusent en masse de simplement lire ce texte aux fins de commentaires éclairés de leur propre science et conscience, alors je crois que la nation française née en 1789 sur les décombres d’une monarchie absolue, trop tardivement et faussement convertie en une monarchie constitutionnelle, aura vécu.

L’éducation nationale sera devenue soit au mieux un libre service (à charge pour les parents de choisir l’école de leurs enfants), soit au pire un contre pouvoir administratif à la démocratie, un Président élu au suffrage universel incarnant la démocratie et jusqu’à preuve du contraire l’administration ne comptant pas au rang des contre pouvoirs institutionnels.

Pour ma part, en européiste convaincu, j’aspirerai encore davantage à la construction d’une nation européenne.
Il ne faut en effet pas s’y tromper : à trop jouer avec le tissu culturel on finit par le déchirer. Mais peut être est ce là le dessein final (voir ma contribution en réponse à EULALIE).

Quant à SARTRE, mon allusion était liée à ses derniers actes en faveur des dissidents russes de 1976 à sa mort, étant entendu que selon la règle de l’existentialisme "l’existence précède l’essence", il est préférable de juger ses derniers actes plutôt que la mythologie organisée autour de son "communisme".
C’était du type, "je t’aime, moi non plus".
Il n’était donc pas communiste, il était un idéaliste de la liberté ne considérant que l’existence utile à se libérer, donc à l’opposé. D’ailleurs, je ne me souviens pas qu’il ait jamais appartenu à ce parti, il fut plutôt libertaire puis maoïste donc bourgeois révolté...

#8410 | Répond au message #8357
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 22 octobre 2007 à  20:37

Et autant le dire, si les enseignants refusent en masse de simplement lire ce texte aux fins de commentaires éclairés de leur propre science et conscience, alors je crois que la nation française née en 1789 sur les décombres d’une monarchie absolue, trop tardivement et faussement convertie en une monarchie constitutionnelle, aura vécu.

Rien que ça !

Bien. Je ne vais pas répéter ce que j’ai dit dans l’article et redit à l’occasion de la discussion engagée sur ce forum. Je crois qu’il serait bon au final de ne pas trop gonfler ce non-évènement qu’est la demande de lecture de cette lettre. Il y a bien d’autres dossiers beaucoup plus importants, comme le passage en force du Traité simplifié, véritable déni de démocratie, puisque le peuple s’était clairement exprimé sur cette question le 29 mai 2005. On attend d’ailleurs avec impatience la position des socialistes sur cette question ; s’ils s’abstiennent au Congrès, y compris les nonistes, cela signifiera que le PS soutient Sarkozy ; il faudra en tirer toutes les conséquences pour les prochaines échéances et cela donnera du sens rétrospectivement aux "trahisons" socialistes depuis le 06 mai.

Quant à Sartre, il ne sera pas aussi facilement récupérable. D’abord son analyse de la sclérose du socialisme n’a pas attendu la fin des années 70 - il avait pris position très clairement sur le communisme soviétique dès 1956 à propos de la tragédie hongroise - ensuite, il n’a jamais dévié, affirmant "le marxisme est tout jeune encore, presque en enfance. Il reste la philosophie de notre temps : il est indépassable" (Préface à la Critique de la raison dialectique)

Il n’est permis à personne de réinterpréter la pensée de Sartre à la lumière de quelques gestes de vieillard faiblissant ; la pensée de Sartre, elle est dans son oeuvre. Par ailleurs, je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler que l’on peut rester fidèle au projet d’émancipation porté par le mouvement ouvrier depuis le XIXème siècle, et même d’une certaine façon, porté par les Lumières, sans en rester au marxisme-léninisme orthodoxe et au socialisme de caserne. Voir toute l’oeuvre de Castoriadis s’il faut absolument un exemple.

#8419 | Répond au message #8410
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 17 octobre 2007 à  12:50

" et Guy Môquet appartient à la mémoire collective" : je fais appel à l’objectivité qui caractérise votre famille politique, soudée. Je suis héritière d’une mémoire collective concernant cette période de l’histoire. Or, je n’avais jamais entendu "parlé" de Guy Môquet. Est-ce un manque total de ma part de culture générale concernant cette période de l’Histoire ? ou ,au contraire, Guy Môquet n’est-il pas un homme (jeune) parmi tant d’autres fusillés pour l’exemple. ? (que les cocos ont aussi récupéré, visiblement, il y a longtemps ) mais qui en fait ne fait pas partie de la mémoire collective ?

#8346 | Répond au message #8341
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Philippe BENSAC - 18 octobre 2007 à  13:15

Eulalie,

La mémoire collective d’un peuple ne correspond pas à l’addition des mémoires ou des savoirs individuels de chacun de ses membres, c’est plutôt une série de symboles structurant une culture, en l’occurence notre culture.
Ces symboles peuvent être "beaux" au sens général qu’ils stigmatisent un peuple uni, respectueux des siens et des autres donc ouvert et tolérant (évidemment en faible quantité sur la longueur historique et par conséquent à connaître le mieux possible et à enseigner le plus possible), mais aussi, à mon sens, à condition qu’ils rappellent l’instinct de survie de ce peuple pris comme un corps social, au prix du sacrifice d’une partie de ses membres.

Guy Môquet est l’un de ces symboles. Et maintenant vous savez quelle en est la portée. Grâce, au fond, à SARKOZY !

#8355 | Répond au message #8346
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 19 octobre 2007 à  09:43

Grâce à l’Institut Montaigne surtout, à la Société du Mont-Pèlerin, à la guerre psychologique.... des think tanks.... qui ne transformeront pas ma mémoire collective, consciente.

#8360 | Répond au message #8355
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Serge - 22 octobre 2007 à  16:25

Ah ! ce Philippe Bensac, toujours là pour défendre son idole !

Et bien non, moi non plus, je ne suis pas d’accord avec l’injonction faite par NS aux profs de lire la lettre de Guy Môquet. Et pour une raison simple, un principe, plutôt : dans une démocratie, le pouvoir ne doit jamais s’approprier l’histoire, et les citoyens doivent toujours lutter contre toute tentative de récupération de l’histoire par le pouvoir. C’est ce que fait NS actuellement.

C’est vrai, NS a été élu au suffrage universel. Ce qui fait de lui le président de tous les français. Et je trouve scandaleux qu’il se comporte en partisan en réservant la primeur de son action au sommet de Lisbonne aux seuls élus de l’UMP comme il l’a fait hier. Et je trouve encore plus scandaleux qu’il envisage de faire ratifier le traité européen par le parlement pour éviter un second refus des français. En démocratie, ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire. C’est encore un principe.

Non, Philippe Bensac, je n’ai la phobie de NS, mais je ne supporte pas sa conception du Président absolu.

PS : Je n’aime pas Kouchner moi non plus

#8414 | Répond au message #8341
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 15 octobre 2007 à 11:58

"homme de droite".... ¨ il n’est pas seulement de droite. A moins que c’est que je ne sois pas habituée à la "nouvelle droite", mais cet homme est inquiétant, très inquétant. Oui, c’est surement pour se forger une nouvelle identité qu’il récupère l’ affaire Guy Môquet, mais je crois que ce n’est pas seulement pour se forger une nouvelle identité à lui. C’est pour forger une nouvelle identité à l’histoire, au présent, à l’avenir de la France au moins. Droite ne signifie pas forcément nauséabond, mais avec lui, il la fait puer, Par là même, il "entraîne" avec lui bon nombre de suivismes, inquiétants également, de droite comme de gauche, politiques, intellectuels, journalistes... Bon et l’ex-candidat, ben c’est malheureusement le Président... et c’est la première fois (en France) que je vois autant de dérives perverses. Il y a quelque chose de négationniste dans cette récupération (mais il est vrai que je ne suis pas historienne, donc peut-être que négationniste n’est pas le "bon" mot, je veux dire au sens de nier. L’article en brève dans l’Agitateur indiquant que le film ou le livre sur Guy Mocquet ( je ne comprends pas très bien de quoi il s’agit ne suivant que de très loin les actualités, et c’est interessant quelque part, même si j’ai cru un moment que Guy Mocquet était un entraineur sportif du moment, allez savoir pourquoi (!) ) est basé sur les "études" d’un groupe facho, ne fait que confirmer la sale odeur que je sens chaque jour à mon réveil depuis un certain jour d’avril 2007. Je rappelle que je ne suis "rien", ni une politique, ni une intello, et que je ne "sers la soupe" à personne. J’ai la prétention d’utiliser l’outil participatif pour les citoyens lambda. Et tant que je verrai qu’ on dit " que le président est de droite" , je ne pourrai accepter cette simplification. Pourtant, je ne suis pas de droite. Donc ce n’est pas partisan. Je suis de gauche, (tant qu’on m’en laisse le droit), et c’en est pas plus partisan. C’est une envie de vomir grandissante, non sur votre article Bombix, certainement pas, il remet les "choses" en place, mais NS n’est pas de droite, à mon sens, pas plus qu’il ne fait que se tailler une image pour le bon populo, il instaure une idéologie petit à petit , qui n’a rien à envier aux pays sous certaines dictatures. Tel est mon sentiment.
Je comprends qu’on ne veuille pas toujours dénoncer l’extrême en se disant que soi même on est peut-être extr^me en voyant les faits de cette façon, ou qu’on ai peur de réveiller d’autres extrêmes populistes, ou d’en faire le jeu, mais le gouvernement a une odeur d’extrême-droite. Mais j’ai l’impression que la gauche n’ose pas le dire, j’ai l’impression qu’on intellectualise tellement tout, ce qui est très bien aussi (!) , que le débat étant une des caractéristiques des fonctionnement, de gauche (il me semble) ce qui est ma foi bien louable, mais qu’en ce me moment ses débats sont à côté de la réalité, complètement déconnectés, tellement complexifiés qu’on ne dit plus ce qui est évident.


#8332
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - bombix - 15 octobre 2007 à  13:27

Je vous réponds très vite.

1. La brève concerne un film sur Guy Môquet qui devrait passer aux alentours du 22. Il se trouve que l’équipe de réalisation a utilisé les services d’une association néo-nazie. Pour l’instant, en l’état des information qu’on a (j’ai été alerté en lisant un webzine comparable à l’Agitateur dans la région de Chateaubriant, la région où ont été fusillés GM et ses camarades) il s’agit d’une bévue, assez énorme. Même si le film de TF1 que j’ai mis en lien essaie de minimiser, voire de dégager la responsabilité des gens de FR3.

2. Le problème que vous soulevez est un VRAI problème. Je voudrais essayer d’y revenir autour de Mariani, de son parcours, de son idéologie. Il y a au sein de l’UMP des gens qui ont tout à fait un profil FN. Cependant, je crois qu’il reste de bonne méthode de ne pas confondre la droite et l’extrême-droite. Le chemin étroit qu’il faut emprunter, c’est distinguer et en même temps montrer les affinités, les pôles de convergence etc. Je voudrais essayer d’y revenir dans un prochain article. Le problème n’est pas d’intellectualiser, mais de viser juste pour être efficace.

3. Dans le film de FR3 sur l’affaire des néo-nazis, vous pourrez constater que c’est un modeste prof d’histoire-géo de lycée professionnel qui a levé le lièvre sur son blog. Donc l’implication des citoyens de base dans la production et le traitement de l’information, ça fonctionne.

Bien à vous,

#8333 | Répond au message #8332
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 16 octobre 2007 à  16:12

Ca y’est j’ai COMPRIS !! Non "contente" d’avoir cru pendant longtemps qu’on parlait d’un entraineur sportif (à la radio), je me demandais s’il était mort ou non, et de quoi, je me suis dit une victime que Sarko défend, sa femme laquelle ? , il l’a reçue, dans une carrière, pourquoi ? Après, quand j’ai compris qu’il s’agissait un héros national j’ai cru que ça allait être un film (fiction ? documentaire ? ) sur TF1, commandé par Sarko, le 22, pour qu’on apprenne que Sarko aime les résistants et qu’il demande au bon peuple de prendre une leçon d’histoire version TF1 (et plus exactement version néo-nazie). Après j’ai cru que c’était en fait sur FR 3 . Donc j’ai failli être le 22 au soir à zapper devant ma télé.... Ouf j’ai compris, qu’il s’agit d’une demande de Sarko aux enseignants de lire la lettre de Guy Môquet aux gamins. On verra bien s’ils obéissent en majorité... Ou peut-être on verra rien surtout. Ca sera impossible à savoir si une grande majorité d’enseignants a résisté ou non.... d’autant qu’il me semble avoir compris qu’ils n’encourent aucune sanction s’ils ne le font pas. Mais avec ce que je comprends sur cette affaire depuis le départ, je me méfie de moi-m^me !

#8340 | Répond au message #8333
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Eulalie - 16 octobre 2007 à  17:03

Enfin non, pas de lire la lettre, parce que ça , c’est déjà fait, lors de son investiture de Prez ( de l’UMP de ou de la France, ? parce que ça se ressemblait ) , ou alors il en redemande, "ce que je fais, faites-le" et en plus de la lecture de la lettre il demande de visionner un documentaire sur Guy Môquet, commandé par sa seigneurie. Non mais j’imagine d’ici la scène... "bon, les enfants on va vous lire une lettre rédigée par un jeune résistant quelques heures avant qu’il ne soit executé par la gestapo ....et encore on sait pas si on peut le qualifier de résistant vu que ça n’existait pas vraiment encore- mais un jeune communiste exécuté pour l’exemple, lettre que notre cher Président a fait lire lui-même le jour de son investiture ( et en plus, il se fout bien de notre gueule, parce qu’en plus il a choisi un héros national qui porte à caution chez les historiens à savoir s’il était résistant ou pas...) Bon, maintenant on va regarder un documentaire sérieux fait par des néo-nazis... Taisez vous les enfants !!!! arrêtez de rire , ceci n’est pas une blague !!!! Tout va bien !!!! . C’est la démocratie !!!! .... Mon tranxen svp !!!!! "

#8342 | Répond au message #8340
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - poiraud - 13 octobre 2007 à 12:39

Très bien cet article
J’y ai fait référence ici : http://www.journal-la-mee-2.info/article.php3?id_article=21415

Contente aussi de vous connaître.
A votre tour de nous découvrir : http://www.journal-la-mee-2.info !

Nous sommes hebdo + Web sans publicité, tous bénévoles !

B.Poiraud


Voir en ligne : Journal La Mée
#8322
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Mercure Galant - 12 octobre 2007 à 21:53

Très bel article, qui donne une vision limpide de la façon dont un politique peut détourner ou exploiter un pan d’histoire à son profit (sans que grand monde trouve à y redire !)...

J’adhère bien évidemment à votre constat :

La France réelle, c’est la France hélas éternelle des privilégiés et des misérables, des dominés et des dominants qui s’affrontent dans une lutte qui semble ne jamais vouloir finir. Toute autre vision est mystificatrice.

Et je fais remarquer au passage que c’est une envolée digne d’un grand orateur... Sans blague, Vous n’avez jamais été approché pour écrire des discours ?


#8315
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - Serge - 13 octobre 2007 à  12:52

Bombix Président !

#8323 | Répond au message #8315
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - hnice - 22 octobre 2007 à  19:19

On a bien compris que l’envollée lyrique est une forme de récupération des faits...
"Toute autre vision..." : absence d’argument, totalitarisme intellectuel, invitation à ne pas penser, etc...

Quand à l’article de Bombix, je suis stupéfait par la rapidité des événements qu’il relate :
- le 20 octobre 1941 : un attentat à Nantes contre Fritz Holz
- arrestation des otages, dont Guy Mocquet, pour venger le lieutenant-colonel
- le 22 octobre 1941 : exécution de Guy Mocquet

#8418 | Répond au message #8315
Affaire Guy Môquet : usages et mésusages de la mémoire - 22 octobre 2007 à  20:57

l’envollée lyrique est une forme de récupération des faits... "Toute autre vision..." : absence d’argument,

J’ai fait l’effort de me documenter, d’écrire un article et je me suis assez longuement expliqué sur ce forum. On attend maintenant les vôtres, d’arguments.

Quand à l’article de Bombix, je suis stupéfait par la rapidité des événements qu’il relate

L’attentat du 20 contre Hotz avait été précédé du déraillement d’un convoi de permissionnaires allemands à Nantes, par Brustlein et Bourdarias.
La décision des allemands fut de réunir des otages et de les fusiller sous 48 heures. Il y avait au camp de Choisel 222 communistes. C’est parmi eux qu’on a choisi les "27" de la Sablière à Chateaubriant.

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