Pour un moratoire du renouvellement urbain
Contribution de l’Union Amicale des Locataires-Consommation, Logement, Cadre de Vie 18 à la démarche " Grenelle de l’Environnement ".
Le poids toujours croissant des charges locatives. En 2006, plus 19 % par jour chauffé et ce malgré l’abaissement du taux de TVA pour le chauffage urbain. Depuis bien longtemps, on sait qu’une économie fondée sur le pétrole bon marché, c’est fini. On sait aussi que les énergies fossiles sont en voie de disparition.
Les subventions PALULOS “pour l’amélioration des logements locatifs sociaux” étaient destinées en priorité aux économies d’énergie et à la baisse des charges locatives. Depuis de nombreuses années, il est démontré, chiffres et bilans à l’appui, qu’un euro investi dans la maîtrise de l’énergie conduit à une économie de charges de deux euros.
Dès 1996, dans le cadre d’un séminaire organisé à Grenoble sur le respect des équilibres financiers en logement social, il était proposé de rechercher à bénéficier au maximum d’apports solaires et de choisir une énergie et une technologie minimisant la facture énergétique globale. À travers un exemple, il était démontré qu’il était possible à un bailleur social de produire des logements de grande qualité énergétique en recourant à l’architecture climatique.
Le logement comme source de pollution atmosphérique
En France, les bâtiments publics et privés sont, du fait du gaz carbonique qu’ils émettent, la deuxième source de pollution atmosphérique, juste derrière les transports. 30 millions de logements rejettent chaque année dans l’atmosphère 100 millions de tonnes de gaz carbonique (soit 21 % des émissions de gaz à effet de serre), en progression de plus de 15 % depuis 1990 pour des raisons d’isolation insuffisante ou de chauffage mal adapté. Le secteur du bâtiment est une source de gaspillage énergétique majeure et constitue de ce fait un énorme gisement potentiel d’économie d’énergie.
Actuellement, pour le chauffage et pour l’eau chaude sanitaire, la consommation moyenne actuelle dans le parc ancien est de 328 kWh/m2/an. Si l’on veut vraiment arriver à une moyenne de l’ordre de 50 kWh/m2/an, la prise en compte du parc immobilier existant est incontournable.
Ailleurs, c’est possible.
Ailleurs qu’à Bourges, le mouvement HLM s’est investi notablement pour abaisser les charges locatives.
L’OPAC 38 multiplie les initiatives. Pour cet Office, le bois est une énergie compétitive. Le coût du chauffage est passé de 6,5 €/m2 à 3,22 €/m2. À l’OPAC de Bourges, nous payons pour 2006, 12,55 €/m2.
Dès 1995, l’OPAC de Paris s’est engagé dans une politique de gestion de l’énergie et de réductions des coûts de chauffage portant à la fois sur la rénovation des chaufferies, l’optimisation des marchés d’exploitation et d’achats d’énergie et sur l’ isolation du bâti. Dans la charte de développement durable signée en 2005 avec la Ville, il s’engage à poser en 5 ans 10 000 m2 de panneaux solaires thermiques (1 500 le sont déjà) et 600 m2 de panneaux photovol taïques. Une éolienne à axe vertical va être montée sur une tour de 200 logements à Fontenay-sous-Bois.
Récemment, les maîtres d’ouvrage publics et privés étaient invités à concourir pour s’inscrire dans l’objectif de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre. Les opérations sélectionnées portant sur l’entretien et la rénovation des bâtiments pouvaient bénéficier de soutiens financiers pour les différentes prestations et travaux à vocation énergétique nécessaires à leur réalisation, leur suivi et leur évaluation. Les projets proposés pouvaient concerner la production neuve comme la réhabilitation.
Nous aurions souhaité que les organismes d’HLM de Bourges et du Département aient répondu à cet appel. Pour l’heure, nous attendons toujours le diagnostic de performance énergétique des logements que les bailleurs et en particulier l’OPAC et les autres établissements d’HLM devaient tenir à disposition de leurs locataires dès le 1er juillet de cette année.
La Ville de Bourges promet des subventions, mais limite leur montant ... et leur objet aux installations de puissance inférieure ou égale à 5 kilowatts crêtes, ce qui exclue tout propriétaire d’immeubles de plus d’un logement. Ce que l’on appelle l’éco-construction s’applique aussi à l’habitat ancien et aux immeubles collectifs et ce n’est pas hors de portée financière des organismes d’habitat social.
Il est possible d’équiper les immeubles en capteurs solaires et d’installer des centrales photovoltaïques ou des éoliennes pour fournir de l’électricité nécessaire au chauffage et à l’éclairage.
Parmi les nombreuses opérations de réhabilitation d’HLM ayant eu pour objectif l’introduction des énergies renouvelables, la réduction de " l’effet de serre " et la baisse des charges locatives de chauffage et d’éclairage, nous pouvons citer : 93-Montreuil-sous-bois, 68-Mulhouse, 82-Pas-de-Calais Habitat, 38-Saint-Martin-d’Hères et Échirolles. D’autres encore : construction neuve à 35-Rennes ou tout récemment sur le plateau des Minguettes à Vénissieux (69) où 727 logements HLM viennent d’être concernés.
Les priorités du renouvellement urbain
Le renouvellement urbain devraient donner la priorité à l’isolation thermique des habitations, l’installation de panneaux solaires, de toits photovoltaïques ou d’éoliennes et des jardins suspendus au faîte des immeubles pour réduire les émissions de gaz carbonique. Une station géothermale devrait remplacer la chaufferie urbaine devenue obsolète.
Le renouvellement urbain à Bourges prévoit de démolir des immeubles modernes faits de belles pierres de taille de repousser les populations plus loin des centres urbains et donc d’accroître mécaniquement la circulation automobile et la pollution atmosphérique. Il serait préférable de réhabiliter écologiquement le patrimoine existant et veiller à sa gestion et à son entretien.
Un moratoire
Pour toutes ces raisons, nous proposons que soit décrété un moratoire afin de mettre en phase le renouvellement urbain de Bourges avec les objectifs du " Grenelle de l’Environnement " .