La gauche n’est pas la droite - 1
Ferme et décidée, Irène Félix. Alors que l’on déplorait un retrait relatif de la liste de gauche au début de la campagne électorale, le début de l’année 2008 a marqué un tournant. L’alchimie a opéré avec ses partenaires : la candidate P.S. à la mairie peut se vanter d’avoir rassemblé la gauche à Bourges comme cela n’avait jamais été fait. Cette stratégie de rassemblement paye. Et Irène Félix de récolter les fruits de la dynamique qu’elle a patiemment construite. Pour l’instant, la droite fait du sur-place et ne parvient même pas à présenter un programme précis aux berruyers. Face à ce flou et à cette indétermination Irène Félix égrène les propositions de La gauche Unie. La gauche n’est pas la droite !
Dans ce premier volet nous abordons les thèmes de la démocratie, du logement, des transports, et de l’écologie.
On voulait d’abord avoir votre sentiment sur la campagne électorale. Nous avons senti un changement de rythme très net à partir du mois de janvier après un démarrage un peu lent et on a le sentiment aujourd’hui que vous êtes en passe de dépasser votre adversaire.
Irène Félix : Ça c’est... on verra ça le 9 mars ! (rires)
Mais est-ce que vous le sentez comme cela vous aussi ?
Irène Félix : Oui et non. Effectivement, on a clairement accéléré vers le mois de janvier. Ce que je n’ai pas ressenti comme vous, c’est que cet automne nous n’étions pas lents, mais simplement en construction d’un rassemblement, d’un projet. Nous avons rencontré les habitants dans différentes réunions thématiques dans les quartiers... C’est un rythme d’élaboration qui n’est pas forcément spectaculaire, mais qui est un temps qui « rend solide ».
Alors peut-être que nous étions en attente !
Irène Félix : (rires). Peut-être. Mais en même temps, je n’ai aucun regret de ce temps-là. Le signe que l’on n’était pas en retard c’est que nous avons été en mesure de présenter une liste les premiers. Peut-être qu’il y avait une attente forte à gauche - et après tout, je trouve ça assez sympathique – de savoir comment on allait faire, avec qui on allait le faire, si on serait en mesure de relever le défi. Cette attente a peut-être donné le sentiment à certaines personnes que l’on était hésitants. Bon, je ne crois pas que ce soit le cas. Prendre le temps laisse une capacité à négocier, à intégrer l’un, à intégrer l’autre... Si l’on avait tout verrouillé tout de suite, nous n’aurions jamais pu réussir le rassemblement qu’on a réussi à faire. Il fallait avancer, faire évoluer les idées. Je pense que cette phase de construction a été efficace et qu’elle nous a permis de démarrer tout de suite, début janvier, dans la présentation d’une liste et d’un projet que l’on a voulu extrêmement sérieux, détaillé, approfondi sur nombreuses thématiques. C’est peut-être trop touffu et dans les phases suivantes, on a essayé de recentrer, de préciser notre communication. Nous avons vraiment fait un travail de fond. Pour Bourges, on a réfléchi sur tous les sujets qui peuvent intéresser la ville et nous sommes prêts à faire des propositions dans tous ces domaines.
Les thématiques paraissent effectivement pour l’instant assez touffues, un peu ardues pour les gens qui ne sont pas « spécialistes ». Si vous deviez faire un point synthétique sur une rupture avec la gestion du maire sortant Serge Lepeltier (UMP), comment présenteriez-vous les choses ?
Irène Félix : C’est ce sur quoi on est en train de communiquer et c’est ce que j’ai essayé d’illustrer lors du rendez-vous au Hublot. Nous communiquons aujourd’hui sur quelques thématiques qui nous paraissent prioritaires et clairement différentes de ce qui existe aujourd’hui. Sur le logement, sur le transport (dont je dois dire que je savais que c’était une question importante, mais je n’imaginais pas à quel point cela fait écho aux problèmes des gens qui réagissent aussitôt lorsque l’on évoque ce sujet), l’emploi, les propositions en direction de l’enfance et puis notre spécificité en matière de vie démocratique, de vie associative et notre capacité de prendre le temps de l’écoute et de la construction avec les personnes de projets qui les intéressent. Le logement et le transport sont deux façons d’aborder les questions d’environnement d’une part mais aussi de pouvoir d’achat. Avec ces cinq thématiques, on est clairement en mesure d’identifier notre projet par rapport à celui de l’UMP.
Serge Lepeltier a inscrit comme priorité dans son projet de redonner du tonus à la démocratie locale. Qu’est-ce qui fait la différence entre ce qu’il propose et ce que vous proposez ?
Irène Félix : (rires)... Je dirais que ce qui fait la différence, c’est qu’il propose des choses treize ans après quand même ! Disons que cela autorise un certain scepticisme ! Deuxième chose : au moment où je vous parle, je n’ai pas connaissance du programme de la droite et les berruyers n’ont pas connaissance du programme de la droite ! Il est étonnant et paradoxal qu’à trois semaines d’une élection on n’ait pas eu une présentation structurée d’un projet à droite. On a une liste qui présente un bilan, qui a lancé un certain nombre d’axes, j’en conviens, mais dont on n’a pas un projet construit. Donc, il est difficile de dire en quoi les choses se distinguent. Cela m’autorise à dire que s’il y avait des ressemblances, c’est bien la droite qui se serait inspirée de notre projet et pas l’inverse, puisque le nôtre est publié. Je constate que ce qui avait été proposé par la droite aux dernières municipales, comme le référendum, on n’en parle plus. Il y a une proposition de création de conseil de quartier en divisant la ville en quatre quartiers. Cela ne veut pas dire grand chose. La ville ne se vit pas en quatre quartiers. Cela ne permettra pas de traiter la vie de proximité. On ne fait pas des conseils de quartiers des instances dans lesquelles des gens peuvent réfléchir ensemble sur ce qui fait la vie au quotidien, le savoir-vivre ensemble, le lien social, bref, ce qui peut permettre à une communauté locale de faire des choix, de définir des priorités pour ce qui la concerne. Si la ville est divisée en quatre, il sera impossible de faire des choix entre ce qui est nécessaire à Sembat et ce qui est nécessaire à Edouard Vaillant par exemple. Je dirais que, déjà, ce découpage tue le véritable processus d’éducation citoyenne que peut être le Conseil de Quartier. La Gauche Unie propose une dizaine de Conseils de Quartiers. C’est à peu près cela, le découpage de la ville qui peut avoir du sens. Nous proposons aussi d’autres instances qui nous garantissent une écoute des habitants. Il y a par exemple les comités d’usagers au niveau des bus, qui nous paraissent absolument indispensables. On a un réseau de bus qui aurait besoin d’être grandement amélioré et qui n’entend pas le besoin des usagers... et de ceux qui ne sont plus usagers, notamment les salariés. Je pense aussi à toutes les structures autour de l’enfance. Il faut que l’on recrée un Conseil de Parents et de Vie autour des structures de l’enfance. Et puis, il faut que l’on s’attache à un dialogue avec le mouvement associatif. Notre volonté est aussi de refaire vivre ce niveau de la démocratie.
Cela reste dans la culture de la gauche.
Irène Félix : C’est dans la culture de la gauche parce que c’est la culture de l’éducation populaire, de l’éducation à la citoyenneté. La vie associative, c’est le premier projet collectif dans lequel on peut se projeter, même en étant enfant. En jouant dans un club de foot, on est déjà dans un projet collectif, dans un club qui a des règles avec des choses à construire ensemble ou avec d’autres parce que l’on a besoin de refaire le « club house » ou le terrain de foot... La vie associative, c’est à la fois le lien social, le projet collectif, l’éducation à la citoyenneté. C’est pour nous absolument fondamental. Il ne faut pas décourager les militants associatifs parce qu’on les use définitivement. Il faut au contraire les valoriser et les aider à se renouveler. Pour redonner du sens à tout le réseau associatif, quel que soit son objet, nous avons lancé l’idée d’un Conseil de la Vie Associative qui serait une instance de dialogue. On pourrait parler de tout ce qui concerne les questions de locaux, les questions d’emploi, les questions de valorisation du bénévolat, les questions de formations associatives, les questions de place de ces mouvements associatifs dans les conseils de quartier... Par le biais des Conseils de Quartiers, des Conseils de Parents, des Conseils de la vie associative, comités d’usagers sur des thématiques particulières, je pense que l’on peut revitaliser la démocratie locale. Je vais prendre un risque : je vais dire que le but, c’est qu’il y ait plus de gens qui s’intéressent aux élections quelles qu’elles soient. Le bon pari c’est celui-là. C’est parce que l’on aura montré l’intérêt de la délibération collective et qu’en réfléchissant ensemble on a une capacité à influencer l’avenir, que du coup, cela vaudra le coup de faire des choses ensemble, d’aller voter...
Vous avez fait un bel effort de rassemblement des forces de gauche. Il y a une troisième liste d’extrême-gauche qui est en gestation. Elle est assez mystérieuse, parce qu’on ne peut pas savoir exactement sa composition. Il y a eu aussi un communiqué des radicaux de gauche déçus de ne pas avoir été intégrés à votre équipe ... Est-ce que ça change quelque chose dans votre stratégie, est-ce que vous êtes déçue par cette attitude ?
Irène Félix : On a rassemblé la gauche comme jamais elle n’avait été rassemblée sur Bourges, avec les partis qui existent sur Bourges et qui sont vivants. Ça, j’en suis très fière. Et puis on a rassemblé au-delà de la gauche, avec des personnes qui ne sont pas encartées mais qui sont connues sur Bourges et qui apportent quelque chose, par leurs expériences professionnelles, leurs charismes. Cette qualité de rassemblement là, j’en suis très fière et très satisfaite. Et j’ai vraiment une équipe remarquable. Je pense que c’est un atout. Il faut que les berruyers et les berruyères sachent qu’on est prêts à assumer la responsabilité de cette ville avec une équipe de gens militants et bon connaisseurs de la chose publique au sens large du terme, y compris ceux qui ne sont pas dans mon parti politique, à la fois militants et extrêmement bon connaisseurs de la chose publique ; et tout à fait en capacité d’agir. C’est vraiment pour moi, une fierté. Et en plus, c’est une équipe qui s’est énormément soudée malgré ses différences d’origines et d’appartenances. Finalement, on se reconnaît spontanément un fond de culture commune et puis, surtout, une ambition commune pour la ville. Et puis une façon de faire, une façon d’être vis à vis de la population de Bourges parce que finalement on travaille pour Bourges, mais on travaille pour les berruyères et les berruyers, il ne faut jamais l’oublier. Quand on dit que l’on travaille pour Bourges, on se projette sur l’avenir et c’est bien de le faire. Quand on dit que l’on travaille pour les berruyères et les berruyers, on parle du quotidien aussi et de l’immédiat ; et on y est très attaché. Alors certaines personnes n’y ont pas trouvé leur place ou n’ont pas voulu trouver leur place, j’allais dire, "évidemment !". Il y a un moment donné où le rassemblement ne peut pas embrasser plus large, pas de notre volonté, pour l’essentiel, mais parce que d’autres ont fait d’autres choix d’expression. La démocratie, c’est aussi laisser se faire ces autres choix d’expression. Et puis on verra bien. Ce que je ne sais pas au moment où l’on se parle, c’est quelle est la réalité, quel sera le degré d’aboutissement de cette autre liste.
Normalement, la liste "A gauche Bourges !" aura été déposée lundi 18 février. Source Forum de l’Agitateur... ;-)
Irène Félix : Ce que je dis, pour ma part, c’est que si l’on est de gauche, l’ambition doit-être de combattre un projet de droite...
Et sur les "attaques" de Philippe Bensac concernant l’intégration de Lutte Ouvrière à la liste de la Gauche unie, comment jugez-vous cela ?
Irène Félix : Ce n’est pas limité à Philippe Bensac car Serge Lepeltier lui-même a été extrêmement violent par rapport à cette question-là. Colette Cordat est une conseillère municipale qui a passé beaucoup de temps à l’écoute des berruyères et des berruyers, qui a fait un travail important, qui est respectée. C’est quelqu’un qui, professionnellement, est aussi appréciée et aimée. Et puis c’est une femme qui a d’immenses qualités humaines que je découvre ; elle fait partie des gens sur la liste que j’apprends à connaître, car on n’avait jamais autant travaillé ensemble. C’est vraiment une femme d’une très grande valeur. La diaboliser me paraît caricatural et d’une certaine façon c’est dérisoire tellement c’est caricatural. Si Lutte Ouvrière a choisit à Bourges et dans d’autres villes de venir travailler avec « la gauche traditionnelle », c’est parce que d’une part nous avions une lisibilité dans ce que nous proposions, et puis parce qu’il y avait une véritable volonté de battre la droite. C’est aussi simple que cela. C’est une partenaire que j’apprécie.
A t-elle apporté des choses dans votre programme, des idées, des directions ? On peut supposer que vous vous rejoignez sur un certain nombre de points : la lutte contre les inégalités, la solidarité. Mais est-ce que dans le programme que vous proposez, elle a apporté quelque chose que vous n’auriez pas pensé à intégrer dans votre projet ?
Irène Félix : Nos discussions, mais ce n’était pas des contradictions, ont porté sur deux points auxquels Lutte Ouvrière est très attaché : d’abord, la question du logement social. Nous avions nous même beaucoup d’ambitions dans ce domaine là. Mais je crois qu’il y a chez Lutte Ouvrière une expérience, une connaissance qui est précieuse autour de cette question. Nous déplorons - et nous avons déploré - finalement la perte du logement social sur Bourges, car finalement le Plan de Renouvellement Urbain se traduira par moins de logements sociaux sur Bourges à l’arrivée. Ce qui est quand même un peu énorme comme projet social ! Et puis, il y a une autre question dans l’engagement de Lutte Ouvrière sur laquelle on essaie de travailler : celle du service public. On a passé en revue les marchés qui arrivent à échéance en cours de mandat et on a convenu que l’on mettrait de façon systématique à l’examen une renégociation de marché et le retour au service public pour faire gagner de l’argent aux berruyères et aux berruyers. C’est une des marges de manoeuvre financière que nous espérons trouver dans le budget de la ville pour pouvoir mettre en oeuvre un certain nombre de nos propositions. Cela fait également partie des choses auxquelles le Parti Communiste, le Parti Socialiste, les Verts et Lutte Ouvrière sont attachés.
Une question qui taraude les esprits de droite : est-ce que Colette Cordat aura un poste de maire-adjoint, des responsabilités particulières si vous êtes élue ?
Irène Félix : J’ai répondu à cette question là, mais manifestement, effectivement cela taraude les esprits. Lutte Ouvrière n’a jamais eu d’exigences en matière d’exécutif. Donc nous ne l’avons pas envisagé.
Une différence notable entre le projet de Serge Lepeltier et le vôtre, c’est que Serge Lepeltier propose la réalisation de nombreux équipements (Palais des Sports, Piscine Ludique, nouvelle salle musiques actuelles...) Vous avez fait délibérément le choix de ne pas faire ce genre d’annonces spectaculaires et un brin démagogiques. Est-ce que ce n’est tout de même pas un handicap si l’on se place dans une logique purement électoraliste ?
Irène Félix : C’est aussi un choix de ne pas être uniquement dans l’annonce d’un certain nombre de grands équipements qui ont souvent un caractère ludique et dont on se demande si c’est vraiment une priorité aujourd’hui. Je vous remercie d’avoir été parmi les observateurs qui ont le plus souligné cette différence, parce qu’elle est réelle et absolument assumée. Néanmoins, nous proposons un certain nombre d’équipements ambitieux. Dans le domaine sportif et ludique, on pense qu’il y a besoin d’une piscine supplémentaire sur Bourges. Tous les usagers actuels vous diront qu’il y a un manque pour les pratiques sportives, de loisir ou d’entretien de son corps. Nous avons donc inscrit dans notre projet cet équipement. Nous proposons d’autres équipements. Mais en leur donnant un sens par rapport à notre projet collectif dans la ville. On propose quatre maisons de quartier qui vont nous permettre de stimuler la vie associative, de créer de nouvelles initiatives associatives en direction des enfants et des aînés... On peut faire quatre maisons de quartier ou faire un grand palais de je ne sais pas quoi ! C’est un autre type d’équipement. Nous avons aussi deux projets d’investissement qui sont pour nous indispensables et qui signent notre ambition pour la ville. D’une part, au niveau du logement, nous pensons qu’il faut se donner les moyens d’aller vers un logement extrêmement performant sur le plan énergétique (y compris avec des constructions à énergie positive tel qu’on le fait aujourd’hui sauf qu’on ne le fait pas à Bourges !). D’autre part, à travers un projet d’organisation de la circulation qui nous permette d’assurer un service de transport en commun de qualité. Et ça, c’est extrêmement ambitieux en terme d’équipement. Ce n’est pas « drôle », mais c’est nécessaire, socialement juste.
Cette réflexion est un peu l’apport des Verts. Joël Crotté, dans l’entretien qu’il nous avait accordé, insistait sur le fait qu’il fallait repenser la circulation à Bourges, prévoir des infrastructures de transport en commun...
Irène Félix : Je pense que c’est vraiment une analyse commune. Les questions de l’environnement sont aujourd’hui tout à fait portées par l’ensemble de la gauche. Et sur ce sujet, nous nous distinguons très clairement de l’écologie prônée par la droite. Sur la question des transports, le maire sortant a toujours défendu que cela ne se résoudrait pas par des transports collectifs mais par des avancées technologiques sur des voitures individuelles. Ce n’est pas un procès d’intention, c’est une affirmation du maire sortant. Il propose du stationnement gratuit ou moins cher pour des véhicules de tel ou tel type pour être incitatif par rapport à l’acquisition de ces véhicules. C’est une approche qui finalement réserve l’avancée à la fois technique, environnementale et, à terme de maîtrise du pouvoir d’achat à un petit nombre : ceux qui pourront acheter une voiture neuve qui sera économe en énergie. Les autres, il faudra qu’ils continuent à consommer cher leur essence ou leur fioul, ils auront une pastille plus coûteuse sur leur voiture, ils auront à payer leur place de parking plus cher etc... Donc tout ceux qui n’auront pas les moyens d’acheter une voiture neuve seront finalement pénalisés. L’avantage, l’incitation ne va qu’à ceux qui, à un moment donné ont le choix de se demander « est-ce que j’achète ou non une voiture neuve ? ». Cette approche ne tient pas compte de la dimension sociale de l’environnement. Au contraire, l’approche de la Gauche Unie consiste à traiter des problèmes et des enjeux de l’avenir en essayant de réduire le potentiel d’inégalités que ces enjeux présentent. Dans le domaine des transports, nous estimons indispensables de nous attaquer à la question des transports en commun. On a un réseau de bus dont la qualité s’est dégradé puisque les fréquences ont baissé très nettement...
... a tel point que lorsque l’on loupe son bus aux Gibjoncs, il est plus rapide de rejoindre le centre-ville à pieds plutôt que d’attendre le prochain bus !
Irène Félix : Les gamins sont obligés de prendre le bus parce qu’il n’ont pas le choix, les aînés aussi... cela veut dire aussi que le bus n’est plus, (ou de moins en moins) un outil de déplacement pour les salariés. Quand vous êtes salarié, vous ne pouvez pas passer votre vie à attendre le bus. Aujourd’hui, les salariés délaissent le bus parce que le service n’est pas suffisant, parce que la priorité n’a pas été donnée aux bus dans la circulation urbaine. Du coup, ce n’est pas un mode de transport efficace. S’attaquer à cette question est une façon de s’attaquer à la question de l’environnement (parce qu’à terme on réduit les émissions si l’on prend le bus plutôt que la voiture), mais en traitant en même temps une question sociale. On est en plein dans quelque chose qui nous distingue radicalement de la droite.