Dans le cadre de la régression réforme du dialogue social, les prochaines élections professionnelles à l’Education Nationale se dérouleront via internet.
Il suffira de se connecter sur un site dédié du ministère, d’entrer son identifiant et son mot de passe fournis par le ministère, et de voter.
Comment ça, le ministère va savoir pour qui votent tous ses agents ? Mais non, le ministère garantit qu’il a mis un dispositif spécial étudié par une société d’experts indépendants pour garantir l’anonymat du vote.
Si c’est le ministère qui le dit, vous pouvez lui faire confiance, non ?
Enseignants, réfléchissez bien avant de cliquer…
Succès du vote par internet aux élections professionnelles à l’Education Nationale : La veille de la clôture du scrutin, il n’y avait que 30% de votants, alors qu’ils étaient plus de 60% lors de la précédente consultation en 2008. Le SNUipp-FSU, pourtant ardent défenseur de ce mode de scrutin (crapulerie disent certains), s’affole et demande dans une lettre à Luc Chatel de prolonger de 2 semaines le scrutin. Tel est pris qui croyait prendre !
Silence totale des fédérations sur cette crapulerie. Et pour cause, elles espèrent en être les premières bénéficiaires.
Pourquoi il faut être hostile au vote électronique :
1. La question de la technique : admettons la bonne foi du ministère. On n’est pas obligé de le faire, mais posons l’hypothèse. Ça ne résoud rien. Nous évoluons sur un réseau plein de failles et très peu sécurisé. Sur une émission d’Arte, il y a quelques mois, on voyait des hackers faire une démonstration. Ils interrompaient la liaison avec un serveur, se substituaient à lui. Résultat : vous pensez naviguer sur un site, et vous êtes sur un autre serveur, qui reçoit les informations que vous lui transmettez. Tout ça avec un tout petit boîtier placé sur le réseau électrique du PC, dans la même pièce ou dans une pièce voisine.
2. Surtout et avant tout, la question de principe : en démocratie, le vote appartient à tous, et tous doivent avoir la compétence de le mettre en oeuvre, de le contrôler, et de le valider. Il
n’y a pas à déléguer cet outil politique essentiel qu’est le vote à une classe de techniciens ou d’experts. Donc les techniques les plus simples sont les meilleures, parce qu’elles sont accessibles à tous ; le vote classique nécessite une urne, des enveloppes, du papier, un registre, un isoloir, des crayons, et la capacité de faire une addition. Et j’allais l’oublier, la présence de nombreuses personnes pendant et après le scrutin.
Maintenant, quels sont les enjeux politiques de cette question. Une très bonne intervention de Denis Collin sur "La Sociale" : « Les élections professionnelles dans l’enseignement (élections des délégués aux CAP et CTP) se tiendront à la va-vite à la mi-octobre et qu’elle se feront par la voie informatique avec des procédures suffisamment compliquées pour décourager les électeurs les moins motivés ou les moins informés. On s’attend à une baisse importante de la participation dans un contexte où les nouvelles règles de représentativité favorisent clairement le syndicat majoritaire, la FSU… La boucle est bouclée. Alors que FO est devenue la deuxième force syndicale de la fonction publique, il s’agit de tenter de marginaliser une fédération qui défend avec constance le statut des professeurs, la laïcité, et les disciplines scolaires. »
Entre Sarko et les grandes centrales, c’est donnant-donnant. Aux centrales le leadership, les fauteuils dans les assemblées et le pouvoir dans les négociations — et exit les empêcheurs de gérer la crise du capitalisme entre « gens responsables » en rond — au gouvernement les mains libres pour mener la réforme des retraites et prendre les nécessaires mesures d’austérité que commande la situation. Denis Collin note avec une ironie cruelle : « On notera avec un brin d’ironie que SUD, dont les liens avec le NPA ne sont un secret pour personne, s’est joint au concert de ceux qui veulent se concerter avec le patronat et le gouvernement pour maîtriser la dette. Ces bons révolutionnaires approuvent ainsi la ligne défendue avec constance par François Hollande et, à voix un peu plus basse parfois, Martine Aubry. De même, quand on sait que nombre de dirigeants de la CGT et de la FSU sont membres ou sympathisants du « Front de gauche », on pourra mieux apprécier le radicalisme verbal des déclarations de campagne électorale. » Ca c’est un caillou dans le jardin de Mélenchon. On écrira un jour l’histoire de la céfédétisation de Solidaires, en cours ...
J’avais écrit un papier sur cette fameuse loi sur la démocratie et le temps de travail. Très beau coup de Sarko, vraiment ! A relire, même si je n’ai traité que l’un des aspects de cette loi scélérate.
"1. La question de la technique : admettons la bonne foi du ministère. On n’est pas obligé de le faire, mais posons l’hypothèse. Ça ne résoud rien. Nous évoluons sur un réseau plein de failles et très peu sécurisé. Sur une émission d’Arte, il y a quelques mois, on voyait des hackers faire une démonstration. Ils interrompaient la liaison avec un serveur, se substituaient à lui. Résultat : vous pensez naviguer sur un site, et vous êtes sur un autre serveur, qui reçoit les informations que vous lui transmettez. Tout ça avec un tout petit boîtier placé sur le réseau électrique du PC, dans la même pièce ou dans une pièce voisine.
2. Surtout et avant tout, la question de principe : en démocratie, le vote appartient à tous, et tous doivent avoir la compétence de le mettre en oeuvre, de le contrôler, et de le valider. Il
n’y a pas à déléguer cet outil politique essentiel qu’est le vote à une classe de techniciens ou d’experts. Donc les techniques les plus simples sont les meilleures, parce qu’elles sont accessibles à tous ; le vote classique nécessite une urne, des enveloppes, du papier, un registre, un isoloir, des crayons, et la capacité de faire une addition. Et j’allais l’oublier, la présence de nombreuses personnes pendant et après le scrutin."
En plus d’être électroniques, donc opaques, donc traçables, et donc commerciales ( La société adjudicataire du traitement informatique de ces élections professionnelles est ATOS, partenaire informatique des Jeux Olympiques, ouéééch) se révèlent également un véritable sport de combat pour l’électeur ( ainsi que pour les services juridiques des établissements de l’EN et des syndicats aussi) pour savoir qui vote où, quand, comment, à quelles commissions, comités, niveau départemental, académique, établissement, national.... : elles sont toutes organisées en même temps. Dans l’EN on a l’habitude des comités, commissions, etc en tous genres, et leurs sigles légèrement rebutants, mais là, en 7 jours, top chrono, cours, cours, salarié avec ton mot de passe personnel, cherche, trouve ton kiosque et tes CTRCACTSRTPMADDpfffuit :
Bulletin spécial
Organisation des élections professionnelles (du 13 au 20 octobre 2011) au CTM, aux CTA, CTAC, aux comités techniques spéciaux et de proximité, à la CAPM, aux CAPN, aux CAP académiques et départementales, aux CAP locales et aux CCP du MEN et du MESR
ATOS, partenaire informatique des Jeux Olympiques
et partenaire de l’UMP en la personne de Thierry Breton ancien ministre de l’économie et président de la société
Qui a dit que l’esprit de famille français est mort ?
Ah, ben ça met de suite d’encore meilleure humeur d’apprendre ça. Je vous remercie pour cette précision.
Je me demande combien ça va lui rapporter ces élections professionnelles, dans son maigre salaire
Les electeurs ont théoriquement également la possibilité de voter par le biais de leur ordinateur de travail, par forcément par un "kiosque". Le seul problème, que c’est que les établissements n’ont pas forcément le matériel informatique compatible avec celui d’Atos.... Et ont-ils vraiment les kiosques ? autres questions à se poser.... Imaginez sur toute la France, dans tous les établissements ou structures de l’EN. Vont-ils vraiment avoir ces putains de kiosques !
Vous êtes vraiment mauvaise langue, Bombix, quand vous annoncez d’entrée qu’il n’y aura pas beaucoup d’électeurs.... Et si la FSU remporte avec ça, ben merde alors : elle devra sa Victoire !!! aux élections pro à une poignée d’électeurs. C’est beau la réforme de la représentativité, c’est vrai, ça va être beaucoup plus légitime qu’avant.
Le crime profite déjà à ATOS :
4 486 766 euros le marché avec l’EN (source : un tract de Sudéducation 95) .
Un exemple de forêt de kiosques l’académie d’orléans Tours.
Ensuite, on verra à quoi d’autre il profite. C’est pas fini. Ca ne fait que commencer.
eh bien on savait que pour gagner de l’argent il faut en dépenser mais là ...
oui, enfin, la petite forêt de l’Académie Orléans-Tours, n’est en fait qu’un petit arbre...
"SUD, dont les liens avec le NPA ne sont un secret pour personne, s’est joint au concert de ceux qui veulent se concerter avec le patronat et le gouvernement pour maîtriser la dette."
C’est le cas pour certains camarades de certaines sections SUD, d’autres sont de tendance libertaire, d’autres sont proches des alternatifs, d’autres encore n’ont aucune tendance... Il y a surtout très majoritairement une indépendance totale par rapport aux partis politiques. M. Collin ne doit pas être toujours bien informé. On pourrait qualifier une telle affirmation de mensongère.
Par ailleurs l’affirmation contenue dans cette phrase est particulièrement étonnante... mais elle n’est pas étayée et vu de l’intérieur (voyez, je dis d’où je parle !) elle ne correspond pas à la vérité.
http://www.solidaires.org/article37602.html
La signature de communiqué dont Denis Collin fait état n’a pas la cause qu’il prétend... même si on peut la regretter, c’est vrai.
Le militant Sud Education "de terrain" sait il que son organisation était signataire des accords de Bercy de 2008 sur la représentativité syndicale, lesquels prévoient le vote électronique : on y lit : « si le vote à l’urne demeure le principe, la possibilité de recourir au vote électronique dans des conditions permettant de préserver la confidentialité du vote et l’intégrité des données doit également être envisagée dès lors qu’elle faciliterait l’accès au vote. » Qu’en pense-t-il ?