Situation en Grèce postdémocratique

samedi 26 novembre 2011 à 08:28


Distribution de riz aux nécessiteux en Grèce

La situation au jour le jour en Grèce est terrible. Sauf qu’aucun media n’en parle en France. Le mieux pour savoir est d’écouter les grecs eux-mêmes. Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue tient un blog où il décrit la situation des gens au quotidien. Elle est si terrible que certains regrettent l’époque de la dictature des colonels : « C’était mieux sous l’autre dictature, on fermait la gueule mais tout fonctionnait, et surtout on produisait, on se contentait de peu, on avait du travail et il n’y avait pas tous ces Pakistanais au centre ville. Nous avions une production nationale, des exportations, un marché intérieur assez auto-suffisant, des aciéries, des chantiers navals ... Papadopoulos tapait certes sur les démocrates, et les îles de détention étaient ouvertes, mais sa dictature fut d’abord politique et non pas économique, on ne touchait pas à nos salaires, nos retraites ou notre sécurité sociale ». Effrayant. A lire sans modération, d’autant que c’est ce qui nous attend...

Crise grecque : carnets d’un anthropologue


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commentaires
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 13 février 2012 à 11:31

Ca y est la Grèce est à feu, même si elle n’est pas encore à sang. Mais les putchistes bancocrates s’y emploient :

Le Mémorandum II c’est la guerre. On le savait de toute façon. La Place de la Constitution devient ce soir un champ de bataille, pas le seul. Les journalistes sur les lieux désignent déjà plusieurs « fronts » autour et sur la Place de la Constitution. La terminologie est guerrière, comme il se doit, « attaque, replie, tactique, blessés ». Tout a commencé au moment où Mikis Theodorakis et Manolis Glezos (héros de la Résistance – 1940) s’apprêtaient à rejoindre les milliers de manifestants devant le « Parlement ». En ce moment précis, les colonels-bancocrates ont alors donné l’ordre d’attaquer les citoyens. Tel fut leur plan. Provoquer des « incidents » pour « annuler » la marche citoyenne. Plan rodé et connu.
Plan assez réussi pour l’instant. Faire bruler la ville par les "casseurs", toujours prêts à "rendre service", montrer que "la rue" est "dangereuse", rejoignant le chef de l’extrême droite dans ses déclarations. Et surtout dissuader les citoyens à manifester. Ainsi au moment du vote la place sera vidée, et on peut parier que ce lundi, les médias vont se focaliser sur les destructions en ville, et non pas sur le sens du vote.
Lire la suite ici.

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Mikis Theodorakis pris d’un malaise après avoir crié aux députés :
« Vous vous apprêtez à voter la mort de la Grèce ! »


PS : Panagiotis Grigoriou fait un appel au dons. Compte tenu de la situation dans son pays, il lui devient de plus en plus difficile de maintenir son blog, qui est quasiment la seule source que nous ayons pour savoir ce qui se passe en Grèce. Comme ses compatriotes, il n’a quasiment plus de ressources.


#35200
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  09:38

La Grèce n’est pas la Lybie ou la Tunisie, Athènes n’est pas le Caire avec sa place Tahrir. C’est peut être un peu abusif de présenter ce blog comment étant quasiment l’unique source d’information sur la Grèce – même si on prend intérêt à la lire ? Il reste bien en Europe des journaux, non ?.. Je ne comprends pas pourquoi il lui est difficile de maintenir son blog ? Sans compter que l’article du monsieur, là, avec ses senteurs parano paria n’apporte pas grand chose à la réflexion.

Une chose semble sûre : le recul social en Grèce passe le niveau délire – et on ne sait même pas si ce sera le dernier recul pour le profit de banques rackettant comme de vulgaires mafieux.

Question qui me turlupine : pourquoi le mot "postdémocratique" ?

#35206 | Répond au message #35200
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  10:03

Question qui me turlupine : pourquoi le mot "postdémocratique" ?

Ben... quand un gouvernement est renversé par un coup d’état, on quitte bien la démocratie, non ?

On peut le dire autrement. Quand un pays est dirigé par des gens non élus, on est plus en démocratie.

#35208 | Répond au message #35206
Situation en Grèce postdémocratique - 14 février 2012 à  10:12

Un coup d’Etat ? ah bon ? quand ça ? faut que je suive mieux l’actu.

#35209 | Répond au message #35208
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  10:29

Un coup d’Etat ? ah bon ? quand ça ? faut que je suive mieux l’actu.

Ca parait nécessaire en effet. Comme « Il reste bien en Europe des journaux, non ? », essayez de vous référer à eux. Sinon, c’est un peu expliqué . Mais n’oubliez pas de vous boucher le nez pour éviter les « senteurs parano paria »

#35210 | Répond au message #35209
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  10:36

Ouf ! En lisant ce que vous recommandez de lire, je vois que je n’avais pas raté l’actu : y’a pas eu de coup d’Etat, la Grèce reste sous statut démocratique... Et je suis désolé : je ne vois pas ce que le monsieur explique de plus que ce qu’on peut lire ailleurs (en tout cas, il n’a pas vu de coup d’Etat - sinon, d’ailleurs, il ne serait plus là pour en parler).

#35211 | Répond au message #35210
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  10:42

y’a pas eu de coup d’Etat, la Grèce reste sous statut démocratique...

Vous êtes sérieux, là, ou c’est pour provoquer ?

#35213 | Répond au message #35211
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  11:34

« Le dictionnaire est la meilleure preuve qu’il est permis à l’homme de tout ignorer... » disait je ne sais plus qui ?

Un Coup d’Etat, on est bien d’accord c’est...
"La conquête du pouvoir pas des moyens illégaux", Larousse,
"Prise du pouvoir de façon violente et illégale", LInternaute > Encyclopédie,
et bien sûr, Wikipedia : "Un coup d’État est un renversement du pouvoir par une personne investie d’une autorité, de façon illégale et souvent brutale".

Là, au débotté, on peut se souvenir de Bonaparte et Murat virant le conseil des Cinq-Cents ; du coup on se souvient aussi de Napoléon le Petit en décembre 1851. Ça oui, c’étaient des Coups d’Etat. Et Pinochet au Chili ; et of course, on est en plein dans le sujet, ce qu’on a appelé la Dictature des Colonels en 1967, en Grèce.

Alors, bon, on peut mettre des mots à la place d’autres, comme dans une pièce de Jean Tardieu, la dame disant "Fiel ! Mon zébu !" au lieu de "Ciel ! Mon mari". On peut ré-écrire : "Prends une table Cinna et sur toute chose...", etc. Dans le langage courant on peut tout à fait dire dire que Sarko a fait son dictateur en étant présent sur 5 ou 6 chaines télé en même temps. Bien sûr !

Mais vous direz quoi lorsque y’aura vraiment une dictature après un coup d’Etat ? Crier au loup, c’est salutaire, lorsque le loup arrive. Mais pas lorsque le-loup-y-est-pas et que on danse la démocratie-dans-les-bois.

#35214 | Répond au message #35213
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  12:26

On est d’accord : Un Coup d’Etat, c’est bien "La conquête du pouvoir pas des moyens illégaux".
Alors résumons ce qui est arrivé en Grèce.
Le président démocratiquement élu (Papandréou) impose depuis des années à son peuple des mesures d’austérité successives exigées par la Commission Européenne pour "rassurer les marchés".
Au huitième plan d’austérité, le président démocratiquement élu (Papandréou) prend enfin conscience que ce que lui demande la Commission Européenne est insupportable par son peuple.
Il s’en va donc le dire à la Commission Européenne, et annonce qu’il va organiser un referendum pour demander à son peuple s’il accepte ce huitième plans d’austérité.
Tollé général à la Commission Européenne : Un referendum ? Mais ca va pas, non ? Ca va forcément être refusé !
Evidemment, que ça va être refusé.
Alors ni une ni deux, en moins d’une semaine, le président démocratiquement élu (Papandréou) est éjecté par la Commission Européenne, qui met autoritairement un homme de main à elle à la place (Loukás Papadímos, vice président de la BCE)
Immédiatement, il met en place un gouvernement d’unité nationale composé d’amis à lui, réunissant les socialistes, la droite et l’extreme droite (une première depuis la chute du régime des colonels).
Il fait voter ensuite au parlement le huitième plan d’austérité. Les quelques députés qui s’y sont opposé sont immédiatement démis (une cinquantaine, rien de moins)
Si ça c’est pas une action autoritaire d’un gouvernement illégal, j’y comprends rien.

Mais vous, si je vous ai bien compris, vous attendez que le gouvernement grec tire sur les manifestants pour réagir, comme en Tunisie et en Egypte. D’un autre côté, vous n’êtes pas grec, hein, c’est loin tout ça...

#35216 | Répond au message #35214
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  14:16

Aie-Aie-Aie ! Triple Aie, Bernard... Evidemment, si vous écrivez l’histoire à votre sauce, on pourra écrire n’importe quoi. Y’a une erreur dans presque toutes les assertions.

Papandréou n’était pas un président élu, il était premier ministre (nommé par le président actuel Papoúlias, en poste depuis 2005, ré-
élu jusqu’en 2015).

On ne peut pas dire qu’il imposait les plans de rigueur depuis des années : il était en fonction uniquement depuis fin 2009 (il a donc été uniquement 2 ans en fonction).

Ecrire que ce ministre prend conscience que les mesures sont insupportable pour le peuple, c’est risible. Il prend conscience surtout, en vieux cheval politique, que les mesures drastiques imposées au peuple peuvent lui couter son poste. Il va remanier son cabinet puis pour se donner de l’air lancer l’idée d’un référendum baudruche. Il va remettre sa démission et un nouveau premier ministre lui succèdera.

Ecrire que la Commission Européenne éjecte Papandréou et met autoritairement Papadímos en premier ministre, c’est tout simplement mensonger. Les pas de danse de vieux briscards de la politique ne sont pas une dictature. On avait le même jeu politique de chaises musicales sous la IVe République avec les difficultés du Franc.

Je ne dirai pas que vous n’y comprenez rien : je ne comprends même pas où vous inventez vos informations.

Donc, oui, j’attends que le gouvernement démocratique de Grèce tire sur les manifestants... enfin, c’est l’idée que vous me prêtez. Mais vous ? vous êtes comme moi, n’est ce pas ? Vous êtes comme moi devant un écran, un clavier, sans plus ? Ou alors, vous allez jouer lord Byron ?

Pourtant, vous et moi, je suppose, on est d’accord. La seule chose qu’on peut faire, c’est assister, atterré, au carnage social. C’est espérer que les grecs vont lutter, réellement, et ne pas se contenter de se promener. C’est dire aux incrédules : demain, ce sera peut-être nous – et combien de millions de gens chez nous, sont déjà des "grecs" ?

Pour ça, pas besoin de ré-écrire l’histoire. Pas besoin de s’extasier devant le démocrate Papandréou annonçant un référendum. Pas besoin de qualifier de Coup d’Etat un changement de gouvernement. « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière. » C’est dans le Manifeste du parti Communiste, en 1848.

#35217 | Répond au message #35216
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  15:32

Je n’écris pas l’histoire à ma sauce, je relate des faits. Je vous concede juste que j’ai fait court pour ne pas noyer mon explication dans des détails de l’organisation législative grecque, qui est fort éloignée de la notre.

Mais je maintiens que Papandréou était bien le représentant légitime du peuple grec selon la constitution grecque. Que ce système ne soit pas le nôtre ne change rien à l’affaire.
C’est bien Papandréou qui a infligé à son peuple les restrictions exigées par la Commission Européenne.
C’est bien Papandréou qui a proposé un référendum pour valider le 8è plan d’austérité. Bien évidemment, il l’a fait avant tout pour essayer de sauver sa pomme.
C’est bien la Commission Européenne qui a mis en place Loukás Papadímos quand elle s’est apercu que Papandréou commençait à flancher. Loukás Papadímos est un homme de confiance, c’est le vice-président de la BCE (et ancien de Goldman Sachs)
C’est bien Loukás Papadímos qui a imposé ce 8è plan qui conduit la Grèce à la ruine et les Grecs à la misère.

Evidemment aussi, derrière mon écran et mon clavier je ne peux pas grand chose pour les Grecs. Mais je peux au minimum tenter de relayer ce qui se passe là bas, en publiant chaque semaine un extrait d’un blog qui relate le quotidien des Grecs. Et je vous rassure, je le fais aussi - et peut-être surtout - pour ma pomme. Parce qu’après la Grèce, ce sera le tour du Portugal, de l’Espagne, d’autres peut-être, et sûrement de la France un jour. Ca commence d’ailleurs à monter au cerveau de certains, et c’est tant mieux.

Je suis d’autant plus inquiet qu’en Grèce, au Portugal et en Espagne, ce sont des socialistes qui ont mené leurs peuples à la misère. Et il ne vous a pas échappé que d’après les milieux autorisés, c’est un socialiste qu’on nous promet pour diriger la France. Et que je suis persuadé que ce socialiste là fera comme les autres, et abdiquera à la première injonction de la Commission Européenne. J’en veux pour preuve que ce socialiste là a d’ores et déjà prévenu qu’il poursuivra le régime d’austérité entamé par Sarkozy. C’est ce même socialiste qui a dit qu’il ne s’opposerait pas au "Mecanisme Européen de Stabilité" qui sera débattu à l’assemblée à la fin du mois. Le MES est une tentative de la Commission Européenne de rendre légale et irréversible la spoliation des peuples européens. Qu’un candidat qui se dit de gauche ne s’y oppose pas avec la plus grande fermeté en dit long sur ses intentions.

#35219 | Répond au message #35217
Situation en Grèce postdémocratique - F.Renard - 14 février 2012 à  17:15

Du point de vue vocabulaire, je suis d’accord, mais tout de même, il faut cesser d’enc…… les mouches et je ne peux pas croire M.Cyrano que vous pensiez tout ce que vous dites, vos valeurs de gauche (vraiment de gauche) vous permettent de sentir la frontière du basculement démocratique.
Toute la subtilité de ces changements de gouvernement (Grèce, Espagne, Italie), réside bien dans le fait que nous sommes à cette frontière ; il est clair que les architectes de ces reconstructions ne sont pas clairement identifiables, mais il ne faut pas toujours suivre les leurres.
Je vous soumets quelques extraits de différents journaux évoquant ce changement de gouvernement en Grèce, dites moi si la démarche vous semble démocratique, je ne vous parle pas de comment s’est fait le changement mais du pourquoi il s’est fait, le changement étant un détail technique.

Florilège de presse

Vent de panique sur les Bourses européennes ce mardi 1 novembre. Les marchés sont déboussolés et se demandent à quoi joue Georges Papandréou. Le Premier ministre grec a en effet créé la surprise, hier lundi 31 octobre, en annonçant l’organisation d’un référendum sur l’accord européen d’effacement de 50% de la dette du pays, obtenu aux forceps jeudi dernier.
Dans les pays de la zone Euro c’est l’incompréhension et la consternation. Cette annonce surprise fait trembler les capitales européennes, qui craignent de voir le plan de sauvetage de la Grèce joué à la "roulette grecque ". (le monde .fr)

Les dirigeants européens et le FMI s’efforcent de convaincre Georges Papandréou, qui sera mercredi à Cannes pour les rencontrer, de ne pas faire un référendum de ratification de l’accord de Bruxelles. C’est, selon Michael Darmon, qui suit l’Elysée pour i-télé, le message qui lui sera transmis mercredi.
Selon Michael Darmon, au G20 « il sera exigé [de Papandréou] que la seule question qui pourrait être posée au référendum soit “voulez-vous rester dans la zone euro‘’. (le figaro)

Papandréou a déclaré, selon son porte parole :
‘Le référendum fournira un mandat clair, mais aussi un message clair à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce sur notre engagement européen et notre appartenance à l’euro.
Nous devons faire en sorte que les choses soient claires à tous les points de vue, et je dirai au G20 qu’il faudra finalement adopter des politiques qui garantissent que la démocratie soit maintenue au-dessus des appétits des marchés’. (rue 89)
Les annonces de chute imminente du gouvernement grec se sont révélées un peu prématurées.
‘Oubliez le référendum, ainsi que le vote de confiance de vendredi, le gouvernement pourrait tomber ce soir’, avait déclaré mardi un dirigeant grec au Financial Times. (rue 89)

L’entièreté de l’état major de l’armée grecque vient d’être limogé. Depuis deux jours on craignait un coup d’état militaire en Grèce.
L’un des problèmes des finances publiques grecques est une armée pléthorique, la plus importante par habitant de toute l’Europe. La décision de referendum du Premier Ministre Grec pourrait-elle être une tentative désespérée de sauver la démocratie ?
Tout cela n’est que spéculation de ma part, mais a un horrible gout de déjà-vu. C’est la volonté d’extraire le peuple grec des griffes du "régime des colonels" qui avait été à l’ origine de l’entrée hâtive dans l’Union Européenne. (le monde .fr)

#35220 | Répond au message #35214
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  18:24

Bin si, je pense tout ce que je dis en rectifiant ce qu’écrivait Bernard J. et l’enculage des mouches consiste à bidouiller les faits sans vraiment y voir malice, à voir je ne sais quoi. Tout ça pour une raison toute simple : on y trouve de la croyance naïve dans le système démocratique de l’Europe occidentale. On ne veut pas croire que la Grèce, actuellement, c’est aussi ça "notre" démocratie.

Vous voulez insister sur le « pourquoi du changement » ? (Amusant : ça serait le "comment" qui fonderait un coup d’Etat). Bin vi, pourquoi ? Pasque Papandréou voulait préserver son futur politique ? (il a 60 ans, c’est jeune pour un politicien professionnel). Qui sait ?... Il allait vraisemblablement se retrouver sans majorité ? (son idée de référendum n’ayant rencontré qu’hostilité il avait obtenu de justesse la confiance du parlement). Qui sait ?... On peut faire plein de suppositions, de spéculations, on ne sait pas. Ce qu’on sait c’est qu’il a démissionné. Pour faire chic, on a nommé à sa place, non sans mal (il y eut un ou deux jours de carence), Károlos Papoúlias, un banquier. Les grecs devraient se dire que c’est un type qui sait ce qu’il doit faire, non ? Ça semble mal parti.

Le reste, c’est littérature. « La frontière du basculement démocratique », oups, c’est de la politique chirurgicale : justement, faut laisser ça aux enculeurs de mouches – même si on essaye de nous faire prendre les mouches pour des abeilles. C’est bon peut être pour briller dans les fins de repas, mais ça na vaut pas tripette. Et ça, c’est la démocratie, "notre" démocratie : avec ses présidents, ses ministres qui vont et viennent, son parlement aux ordres, ses élections pour faire plaisir, sa police, son armée. Mais bbbr ! et la menace d’un vrai de vrai coup d’Etat ? Ah, ça oui, ça peut être, qui sait ?... Mais, ce n’est pas parce que on limoge 4 ou 5 généraux et une douzaine d’officiers qu’on évite un coup d’Etat. Ce serait trop simple, hélas.

Il reste les vérités réelles devant lesquelles on sera OK : la réalité sociale de la Grèce. L’irréalité sociale devrait-on dire ? Et de ça, on peut en parler. Ça dresse un inventaire à la Prévert de saloperies contre la population. La réponse reste pacifique, enfin, oui, non, plus vraiment. Qui vivra verra.

#35222 | Répond au message #35220
Situation en Grèce postdémocratique - DarekDysiast - 15 février 2012 à  12:46

Délicat d’intervenir dans un débat aussi échaudé, néanmoins ...

Je pense que les esprits peuvent se rejoindre sur (au moins) un fait : les mécanismes européens et transnationaux (FMI) de soutient aux états industrieux tiers-mondisés posent une grande question de démocratie : ce n’est plus celui qui détient la souveraineté (le peuple) qui élaborent, via ses représentants (fussent-ils président, président du Conseil ou Premier ministre....), les politiques publiques mais une "troïka" technocrate qui ne peut raisonner que dans un cadre de référence très strict.

Ce cadre de référence est celui d’une minorité très peu plébiscitée au sein d’une frange politique déjà assez impopulaire (d’où son besoin d’avancer sous un maquillage "de gauche") qui ne doute jamais des bienfaits d’une économie débarrassée de toute tentative sociale de redistribution de la richesse et de canalisation des forces de l’avidité.

Le débat, chez ces gens là, n’est pas de savoir s’il faut réduire l’interventionnisme étatique, mais de savoir combien et à quel rythme. Hors de question d’y faire peser la voie d’un peuple qui trouverait injuste qu’on trouve de l’argent publique pour renflouer les organismes financiers qui les ont mis dans cette merde.

Bien sûr, il reste le mécanisme parlementaire pour donner à tout cela une caution démocratique, mais ce consentement donné n’est pas sans rappeler quelque peu celui à qui la Camora propose sa protection. Une comparaison exagérée ?

Réfléchissez bien. Quand un mafieux dit "donne nous de l’argent pour qu’on te protège de nous", est-ce si différent de la finance publique qui dit "à condition que tu donnes de meilleurs garanties aux financiers privés sur le remboursement de tes dettes (qui ont explosé par le fait des financiers privés), nous te protégeons par de l’argent public financé lui-même cautionné par des financiers privés et de l’autre main nous garantissons les financiers privés avec de l’argent public. Principe de notation oblige, ce sont les privés qui décident de la nature des garanties. Tout ca évitera que les financiers privés se mettent d’avantage en colère."

On a l’impression que les deux marchent main dans la main, mais en vérité l’un tient l’autre par les c******* et c’est une vraie violence exercée sur quiconque voudrait s’éloigner de l’ultra-orthodoxie libérale.

#35227 | Répond au message #35222
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 16 février 2012 à  09:45

« les mécanismes européens et transnationaux (FMI) de soutient aux états industrieux tiers-mondisés posent une grande question de démocratie . » Je ne sais pas si on peut se rejoindre là-dessus (votre phrase me file un peu mal à la tête comme une description botanique avec moult mono-cotylédones).

En tout cas, les esprits peuvent se rejoindre sur les constats amers du désastre social, sur cette réduction brutale et odieuse des revenus (pour ceux qui ont encore un revenu) : le salaire minimum ramené à moins de la moitié de ce qu’il est en France (mais des salaires réels inférieurs à ce minimum dégradé), l’indemnisation des chômeurs ramenée à un RSA français, et tutti quanti, une litanie déprimante, tout ça on l’a déjà lu et relu.

Et puis... étonnant, la population grecque subit une double peine car ceci s’accompagne d’une augmentation débridée des prix :
Notre essence est chère mais en Grèce le litre d’essence est à 1,70 euros ; le fioul domestique va passer de 1 euro à 1,50 euro le litre (et les factures chauffage gaz ou élec explosent) ; un expresso dans un bar coute 4 euros ; la carte de transport bus-métro est délivrée pour 78 euros par mois. Les prix affichés par une chaine discount sont 10 % supérieur aux prix affichés en Allemagne par la même chaine. Et c’est la même chose pour les petites voitures. Et si on veut aller dans un restaurant basique, il faut débourser 50 euros pour deux.

Dans Le Monde, un employé de banque au chômage a une bonne description : « Il ne s’agit plus d’une baisse du pouvoir d’achat, mais de sa disparition. »

Oui, là-dessus on se rejoint, sans oublier nos bisbilles sémantiques, eh ! faut bien causer. Ainsi pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? Tout ça, ce n’est même pas de l’ultra-orthodoxie libérale, et puis bah, même pas du libéralisme, mais pourquoi ne pas dire tout simplement "capitalisme" ?

#35232 | Répond au message #35227
Situation en Grèce postdémocratique - DD - 16 février 2012 à  16:41

D’accord sur la question du désastre, du pouvoir d’achat, ce que je voulais signaler, c’est quand quand une troîka confisque le pouvoir au motif qu’elle a l’argent, parler d’état post-démocratique n’est pas aberrant.

Oui, là-dessus on se rejoint, sans oublier nos bisbilles sémantiques, eh ! faut bien causer

Ca c’est vous qui voyez, moi je trouve que se jeter des fions c’est une curieuse façon faire la causette, je préfère la manière du poète "si t’as rien à dire sert moi une bière"

Tout ça, ce n’est même pas de l’ultra-orthodoxie libérale, et puis bah, même pas du libéralisme, mais pourquoi ne pas dire tout simplement "capitalisme" ?

Si ce n’en est pas je ne sais pas ce que ce serait ... En tout cas "ça" rompt avec le modèle de l’état providence dont le capitalisme s’arrange de ci de là.

#35239 | Répond au message #35232
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 14 février 2012 à  10:39

La Grèce n’est pas la Lybie ou la Tunisie, Athènes n’est pas le Caire avec sa place Tahrir.

Géographiquement c’est exact. Mais politiquement c’est pareil. A chaque fois il s’agit de se libérer d’un oppresseur. Ah si, vous avez raison, y’a une différence. En Grèce, on n’a pas encore envoyé les chars pour massacrer la population comme en Tunisie ou en Egypte. Curieusement, avant d’abdiquer et remettre les clés du pays à l’envahisseur, Papandréou a limogé une grande partie de ses généraux. Une coïncidence, sans doute...

#35212 | Répond au message #35206
Situation en Grèce postdémocratique - Cyrano - 14 février 2012 à  11:37

at là, en Grèce, de quel tyran s’agit-il ?...

#35215 | Répond au message #35212
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 8 février 2012 à 06:16

Suite de notre visite hebdomadaire en Grèce

La situation se durcit. Plus de 20000 personnes ont manifesté malgré des trombes d’eau avec le même mot d’ordre de « ça suffit, on n’en peut plus ». La détestation de la troïka emmenée par Mme Merckel enfle de jour en jour au point que des manifestants ont brûlé le drapeau allemand et le drapeau du Reich nazi, les deux mis ensemble.
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La photo d’un CRS piétinant ce même drapeau allemand a fait le tour de l’internet grec.
syntagma0702b.jpg

Un représentant syndicaliste des policiers, a déclaré : « Si on touche encore une fois à nos salaires, pour nous enlever par exemple encore cent euros, alors pour nous c’est la guerre »
Des fusils viennent d’être distribués aux réservistes de la garde nationale. « va-t-on utiliser ces citoyens contre d’autres citoyens ? » s’inquiète un député.
La suite sur le blog de Panagiotis Grigoriou


#34995
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 6 février 2012 à 16:02

Communiqué du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde

Crise humanitaire sans précèdent en Grèce

Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.
Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même. Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) s’avéraient efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien … en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement, c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien !
(…) En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70%. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. (...) L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012 !, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé. Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments. Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs celui des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités (…).
On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire, on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessité ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international oblige expressément les États à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes.
Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »
Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.
Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales - signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers - intiment à l’État grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.
Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime.
Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…


#34901
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 30 janvier 2012 à 18:38

Comme chaque semaine depuis deux mois, des nouvelles de la situation en Grèce postdémocratique.

Un Grec sur trois n’est pas assuré, tout est désorganisé et cela ne mène nulle part. Après cinq plans de rigueur, les résultats sont chaotiques : la dette est toujours aussi importante, le déficit ne baisse pas, le taux de chômage explose à 18,2 %, la récession bat des records et tous les Grecs ne pensent qu’à retirer leur argent des banques. selon l’économiste Takis Bratsos cité par Le Point.

Si c’est une économiste qui le dit, c’est que ça doit être vrai ! Entre autres mesures, le gouvernement grec a augmenté la TVA de de 19,6 à 23,6% en 2010. Ca ne vous rappelle rien, l’augmentation de la TVA ?

Pour savoir ce qui s’est passé ensuite, rien de mieux que de lire les derniers billets de Panagiotis Grigoriou...


#34721
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 23 janvier 2012 à 16:54

Etre riche et le montrer en Grèce devient dangereux. Extrait du dernier billet de Panagiotis Grigoriou

Les déplacements sont devenus un vrai luxe. Ainsi, on ne rencontre que les grosses cylindrées le plus souvent, sur autoroute. Eux, leurs propriétaires, peuvent payer l’autoroute, ils ont suffisamment triché gros selon la croyance en cours, pour ne pas vouloir se mettre les pseudo-autorités sur le dos, pour des broutilles. Certains d’entre eux, immatriculent même leurs engins en Bulgarie, où ils domicilient leurs vrais – fausses sociétés commerciales. Ils font partie des grecs-piliers, de l’ancien monde. Donc ils sont haïs de plus en plus. Et surtout ils sont inquiets. Pas sans raison. Plus que le fisc, ils craignent les … aléas de la route. Telle une très jeune femme, BCBG, au volant d’une BMW, SUV de luxe immatriculé en Bulgarie, acheté dans les 80.000 euros. Arrêtée durant un moment au feu rouge, elle a bien senti le syllogisme des piétons. Elle a surtout décodé leur regard, bien sombre. Monter sa richesse, et ... en même temps sa façon de dire m... à tout le monde deviendra vite un comportement risqué. C’est une question de semaines à mon avis. Ne pouvant pas si facilement … retourner le bâton sur les Papadémiques, les premiers riches sur la file de gauche ou sur celle de droite, en paieront les frais. Bientôt, ils ne s’arrêteront plus aux feux rouges, comme à Bogotá.

Pendant ce temps-là en Espagne, la crise du capitalisme à la Zappatero continue. Chaque jour, 300 familles sont expulsées de leur maisonou de leur appartement. Cependant, À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.


#34626
Situation en Grèce postdémocratique - B Javerliat - 16 janvier 2012 à 10:29

Extrait du dernier billet de Panagiotis Grigoriou

Giorgos Trangas, toujours populaire et populiste dans ses papiers radiophoniques sur Real-fm (12/01/2012) : « Cette espèce de porc (sic) Lukas Papadémos, le collabo des banques qui s’adresse au peuple en anglais, sa vraie langue ... ce que nous pouvons faire alors, eh bien c’est de te donner des coups de pieds si on te retrouve, tous les jours, la violence est produite, exercée sur onze millions de Grecs, [par] cette espèce de banquier pourri, car les familles qui meurent de faim sont les victimes des patrons de Papadémos, ce valet de Goldman Sachs et des autres banques. Mais c’est terminé vous ne pouvez plus tromper le peuple et raconter des bobards, il n’y a plus rien, ni démocratie ni parlement, un jour le peuple vous détruira... Eh Papadémos, je te préviens, je te prie, il ne faut pas t’adresser au peuple ainsi... ». Propos très violents mais qui ne surprennent plus personne chez nous, on les profère et on les entend tous les jours, les amabilités habituelles du débat (pseudo)démocratique deviennent alors inutiles, une fois le téléchargement du virus des banques terminé. Je n’ai aucun souvenir de telles propos radiophoniques avant la Troïka. Jamais. Effarants quelque part et au fond tragiques. En Grèce et au Portugal nous sommes au stade du premier fonctionnement du logiciel malicieux, les Italiens ont tout juste achevé l’installation, et les autres banconautes de la zone euro commencent tout juste le téléchargement. J’ose même prédire au risque de me tromper légèrement que le téléchargement vers la console française durera jusqu’aux élections, rapide non, finalement ?
Chez nous, la console fonctionne déjà après installation. Malgré les bugs. Bytecode financier. Nous enregistrons en effet deux suicides tous les trois jours et dans la presse on prétend que déjà 70.000 jeunes grecs, tous anciens joueurs de la console, se sont installés aux États-Unis, sans doute pour se ...consoler ou pour trouver un patch (chiffres fournies par le correspondant du quotidien Proto Thema à New York, 12/01/2012). Je n’arrive pas à croire à ces chiffres et les autorités grecques n’en fournissent guère.

Plus loin :

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Pour arrondir les ongles des vautours, « des techniciens français de la task force (sic), vont se rendre en Grèce prochainement, afin d’évaluer les 800000 agents du public, et ainsi préparer le terrain des licenciements » (www.in.gr 12/01/2012). Après la BCI allemande et Siemens, après les potentiels prenants américains des hydrocarbures au sud de la Crête et le FMI, c’est à dire Goldman Sachs, voilà sans doute la participation amicale de la Présidence Sarkozy, merci pour le film ! Le comble serait que le P.S. français nous prépare alors la seconde bobine, Achtung. Au secours alors, français, italiens, allemands et autres peuples …. de la métastase de l’euro, passons à autre chose enfin, la méthadone de la social-démocratie a fait son temps.


#34545
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 6 janvier 2012 à 08:28

Alors que les sondeurs nous martellent que Hollande est favori, Panagiotis Grigoriou a une pensée pour les électeurs francais qui s’apprêtent à voter PS :

Puis ces jours, nous avons toujours une pensée pour la France et sa douloureuse campagne électorale. « Ah ces Français vont-ils comprendre, nous y songeons...  », me disait hier un ami traducteur. Il avait également lu la presse française où, François Hollande explique de son coté que « le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas  » et que la crise « est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation » (Libération, 03/01/2012).

Et alors ? Je ne vois pas la « netteté, [dont] il – François Hollande – déroule la feuille de route de sa campagne », souligne Nicolas Demorand. D’autant plus que, la bonne question, selon François Hollande, n’est-t-elle pas : « plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?  » Mais que faire face à l’euro, cette monnaie des spéculateurs … attitrés, aux mains desquels les pays de la zone ont depuis longtemps déposé leur souveraineté.

Les spéculateurs (banques connues et autres ramifications kairoscopiques moins connues), ont alors fabriqué les dettes dites souveraines, pour passer ensuite au stade suivant, celui de la dictature. Le but de l’euro, tout comme celui des instances de l’U.E. est notre asservissement, ni plus ni moins. Comme si, amputer les salaires dans le public ou dans le privé réduirait la dette, eh bien NON, c’est faux. Un tiers de la population grecque se trouve sous le seuil de pauvreté et la dette explose. Car en réalité il n’y a plus de seuil de pauvreté … estimable en Europe sous le destin bancocratique. La mort, tout simplement !

La kairoscopie (supposons de bonne foi, pourquoi pas) de François Hollande, consiste à affirmer :
« Nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée (...) le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin  ».

Cette Europe ne sera jamais réorientée et son seul projet est celui des banques, pour la simple raison que l’époque où les illusions sur les chars de combat qui peuvent se transformer en engins agricoles est terminée. Game over ? Camarades du P.S. français, éteignez votre console et ouvrez les yeux, ceux du P.S. grec ont carrément éteint le … pays.


#34514
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 15 décembre 2011 à 07:04

Comme prévu, l’arrivée de la troïka qui a pris le pouvoir en Grèce par un putch a provoqué une récession terrible. « La Grèce plongée dans "la récession la plus profonde" de son histoire » titre Le Monde. Le nouveau premier ministre - non élu mais nommé par la troike - a reconnu une croissance négative (une décroissance, quoi) de plus de 6%, due aux mesures d’austérité prises. Il en conclut qu’il faut encore plus d’austérité pour que les choses s’arrangent ! Il en profite pour mettre en place une phase supplémentaire de spoliation des Grecs avec un paln de privatisations à hauteur de 50 milliards. En comparaison, c’est comme si on privatisait pour plus de 400 milliards en France. Avant de voter en 2012, réfléchissez bien avant de choisir ceux qui vous promettent l’austérité. Vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas été prévenus...


#34372
Situation en Grèce postdémocratique - bombix - 15 décembre 2011 à  09:12

a reconnu une croissance négative (une décroissance, quoi) de plus de 6%

La décroissance ne prône pas l’appauvrissement et la misère. C’est le mode de production capitaliste qui est à l’origine de la situation en Grèce et en Europe. Et ce sont les gens qui veulent régler ces questions sans en passer par une remise en cause radicale des origines du problème — autrement dit qui chérissent les causes mais maudissent les conséquences — qui sont inconséquents. On a eu l’occasion de citer les livres de Denis Collin sur Marx. Voici un autre lecteur de Marx, Robert Kurz. C’est un article à propos de son dernier bouquin. Chronique d’une crise annoncée.

#34375 | Répond au message #34372
Situation en Grèce postdémocratique - B. Javerliat - 15 décembre 2011 à  09:24

a reconnu une croissance négative (une décroissance, quoi) de plus de 6%
La décroissance ne prône pas l’appauvrissement et la misère. C’est le mode de production capitaliste qui est à l’origine de la situation en Grèce et en Europe

Evidemment. Mais c’est juste pour rappeler que si nous ne prenons pas les devants, les capitalistes vont s’occuper de nous faire décroitre, et vite ! Une autre manière de dire aussi qu’avant de parler de décroissance ou simplicité volontaire, il va falloir serieusement s’occuper de virer ces rapaces et prendre notre destin en main. Si on ne s’occupe pas de politique, la politique s’occupe de nous !

#34376 | Répond au message #34375