On se demande si les éléphants du PS ont une mémoire ...
En 2002, Jospin a fait sous lui dans une élection qui était à portée de sa main. Sa campagne a été si médiocre, qu’il n’a pas survécu au premier tour, ses électeurs ayant ressenti le besoin de "lui faire passer un message". Conséquence logique de leur attachement au service public, beaucoup lui ont adressé ce message par l’intermédiaire du facteur...
Quelques jours après les résultats du premier tour, les analystes à la petite semaine nous livraient leur soupe : vote sanction, médiocrité du programme, fin de la gauche et de l’Histoire etc.
Ultime acte de courage : c’est par l’intermédiaire du journal de madame, que "Pinpin" nous faisait les minutes guévaristes d’une campagne de combat avant d’aller chercher la paix de l’esprit dans une retraite de poète maudit sur l’île de Ré.
Des analyses à froid, argumentées en données chiffrées comme celle du traître Perrineau (qui a depuis délaissé son fauteuil d’expert au CEVIPOF pour prendre un tabouret plus exposé aux caméras chez Calvi, ce qui lui donne l’occasion de côtoyer le spécialiste mégalo de l’analyse au doigt mouillé ci dessus) ont finalement décrit une réalité bien plus complexe (P. PERRINEAU et C.YSMAL , "Le Vote de tous les refus" aux presses de science po) voir carrément aux antipodes et surtout moins vendeuse pour un 22h30 chez Chabot (je vous parle d’un temps etc).
Elles montraient entre autres choses :
1. que l’électorat PS adhérait à son programme, une adhésion qui en fait dépassait même un peu le clivage gauche droite
2. que la beigne de Jospin tenait à la nature de la "transaction" entre l’électorat du PS et son candidat, qui est une transaction en valeurs plus qu’en actes : en clair, le sympathisant PS n’a pas d’idée très claire de ce qu’il veut et il lui importe moins d’avoir des mesures de gauche que d’avoir un discours qui porte des valeurs de gauche. Du coup, quand Jospin pensait pouvoir assumer que son programme n’était "pas socialiste" parce que, de fait, son électorat était largement acquis aux valeurs de l’économie de marché, il faisait une erreur de taille
3. qu’il en faisait une autre en pesant que Chirac ne pouvait pas gagner en étant aussi impopulaire 6 mois plus tôt et en étant cerné par les juges, quand il en a déduit qu’il n’était pas nécessaire d’en faire des couches sur le programme et qu’il suffisait de surfer sur la vague et d’être un messie par défaut
4. que contrairement à ce qu’on a voulu dire pour se rassurer, l’électorat FN savait pour qui et pour quoi il votait et que c’est pas chez lui qu’il fallait aller chercher les déçus de Jospin, qu’il y avait une véritable adhésion à son programme et notamment à la dénonciation de la politique politicienne (ce qui montre en revanche qu’ils ne savent pas comment fonctionne le bureau du parti, ni comment il est financé mais c’est une autre histoire).
A votre avis, comment ces électeurs du FN là vont-ils pouvoir comprendre l’étalage en public de la primaire socialiste et les tractation en cours pour se partager un gâteau qu’ils pensent acquis grâce à l’impopularité et à la corruption réelle ou présumée du président sortant ? Comment ceux du PS vont réagir à un candidat qui ne fait qu’organiser la sortie de Sarko par tout(es) les compromis(sions) ?
En quelques semaines, Hollande a déjà montré qu’il était capable de faire aussi mal que Jospin et il a surement encore plus d’un tour dans son sac. Sacré lui !