Loi travail ni amendable, ni négociable

lundi 13 juin 2016 à 12:41

Avant demain mardi 14 juin, journée d’appel à la grève et manifestations - principalement à Paris- pour le retrait de la loi travail, un petit coup de peps avec Fakir. Le jeudi 2 juin au Havre, après une manifestation ayant rassemblé 30 000 personnes, un meeting syndical et politique avait lieu dans une salle des fêtes en solidarité avec les raffineurs, les portuaires, les dockers en grève : on partage les vidéos des interventions d’un député européen Podemos, Miguel Urban et de Serge Halimi (directeur du Monde Diplomatique) : http://www.fakirpresse.info/solidarite-avec-les-travailleurs-francais-ken-loach

Le jeudi 9 juin, 40 000 personnes du département de la Seine-Maritime manifestaient à nouveau. Mickaël Wamen (un des syndicalistes CGT-Goodyear Amiens condamné à la prison) qui les avait rejoints s’exprimait auprès de la presse normande : "On est parti pour un mouvement dur, long, reconductible. Nous allons tous ensemble obtenir le retrait de cette loi, il n’y a pas d’autre issue possible. Pas de négociation, pas plus sur l’article 2 que sur le reste. Il n’y a pas à discuter. La loi El Khomri est une loi européenne. Partout où elle est passée, elle a créé de la misère sociale. En Espagne, il y a 8 millions de travailleurs pauvres. Alors, on nous parle sans cesse d’une France où on est à la ramasse sur le chômage, où dans les autres pays ça redémarre sur l’emploi. Oui, mais quel emploi ? Des jeunes travaillent pour 450 euros au Portugal. Ils n’arrivent même pas à bouffer, à se loger et à vivre dignement."

Depuis, on a appris que les salariés de la Compagnie Industrielle et Maritime et de la Raffinerie Total Gonfreville-l’Orcher ont suspendu la grève ce week-end appelant d’autres corps de métiers à y entrer : http://www.ouest-france.fr/economie/emploi/loi-travail/loi-travail-suspension-de-la-greve-la-raffinerie-total-normandie-4292020

Avoir une vue d’ensemble des secteurs, entreprises, lieux en grève dans toute la France est impossible. C’est une des caractéristiques de ce mouvement social démarré le 9 mars. Ne sont-elles pas couvertes par les médias ni relayées par les syndicats ou n’existent-elles pas exceptée celle des cheminots qui se poursuit ?

Pour savoir où en est la loi travail avant son examen par le Sénat à partir d’aujourd’hui lundi 13 juin jusqu’au 24 juin : http://www.filoche.net/2016/06/11/liste-des-reculs-de-la-derniere-mouture-de-la-loi-uberel-khomri-apres-le-49-3-et-la-commission-senat/ (article paru sur le blog le 11 juin)

Pour le Cher, mardi 14 juin des départs en bus et covoiturage sont prévus à Bourges et Vierzon.Des manifestations sont également organisées à Bourges et St Amand. http://www.ud18.cgt.fr/spip.php?article1409


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Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 22 décembre 2016 à 15:08

Le 26 mai 2016, à Vitrolles, un camion fonce sur un barrage filtrant de militants syndicaux : 1 syndicaliste, ouvrier, a perdu l’usage de ses jambes. Une autre, postière, ne peut pas reprendre le travail et mené la même vie qu’avant handicapée par les séquelles. Le 23 juin, au Tribunal de Grand Instance d’Aix en Provence où était jugé le camioneur du 44 tonnes pour violence avec arme par destination et blessures involontaires., la Présidente a qualifié les militants de "voyous". Le chauffeur a été relaxé. Un procès en appel doit suivre. Au cours de l’enquête, la police n’a jamais interrogé les deux victimes.
Basta du 22 décembre 2016


Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 7 janvier 2017 à  12:52

"Suite à l’affaire de la voiture de police incendiée le 18 mai 2016, quai de Valmy, quatre jeunes ont été arrêtés sur désignation des services de renseignements et sur un témoignage anonyme d’un policier. Accusé sans preuve de tentative d’homicide volontaire et après 6 mois d’une enquête à l’envers qui s’enlise, notre fils Antonin est toujours emprisonné."
Blog médiapart de Geneviève Bernanos.

Répondre à ce message #42896 | Répond au message #42881
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 16 juin 2016 à 11:03

le communiqué intersyndical après la mobilisation du 14 juin et les réactions du gouvernement : https://www.solidaires.org/Le-gouvernement-pratique-le-dialogue-de-sourd


Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 16 juin 2016 à  12:35

Sur l’hôpital Necker, un article des Vite-dit d’Arrêt sur Images : http://www.arretsurimages.net/breves/2016-06-15/Vandalisme-Necker-que-disent-les-images-id19973

Répondre à ce message #42757 | Répond au message #42756
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 16 juin 2016 à  12:59

Et sur les chiffres de la mobilisation, les casseurs, les amalgames du gouvernement et le retrait de la loi travail des remarques sur La Sociale : http://la-sociale.viabloga.com/news/apres-la-manifestation-du-14-juin

Répondre à ce message #42758 | Répond au message #42756
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 16 juin 2016 à  14:24

le gouvernement a omis de parler d’un blessé grave le 14 juin : http://la-sociale.viabloga.com/news/apres-la-manifestation-du-14-juin
Tout comme il avait oublié Romain Dusseaux lors de la manifestation du 26 mai : https://blogs.mediapart.fr/raymond-macherel/blog/070616/questions-pour-romain-dussaux-sorti-du-coma

Répondre à ce message #42759 | Répond au message #42756
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 16 juin 2016 à  14:25
Répondre à ce message #42760 | Répond au message #42759
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 19 juin 2016 à  14:46
Répondre à ce message #42761 | Répond au message #42760
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 19 juin 2016 à  15:35

un bilan provisoire des "Street Medic" sur les blessures constatées au cours de la manifestation du 14/06 (à Paris) : https://paris-luttes.info/street-medics-bilan-provisoire-du-6180?lang=fr

Répondre à ce message #42762 | Répond au message #42761
Loi travail ni amendable, ni négociable - epujsv - 19 juin 2016 à  21:10

témoignage des violences de la police à Paris lu sur un blog de Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/190616/la-democratie-emmuree

"Témoignage d’une manifestante, syndicaliste et Debout

(posté sur une liste de diffusion de l’ESPE de Paris)

Aux Gobelins, les rangs sont très serrés. La manif part. Le cortège de tête est très vite chargé.

Un jeune se fait choper. On essaie d’intervenir à plusieurs pour calmer le jeu et essayer de le récupérer. Un CRS finit par me dire laissez-nous faire notre travail. C’est alors qu’un homme un peu âgé surgit sur la chaussée la tête en sang encadré de CRS. Je demande alors au CRS si c’est ça son travail.

Les CRS menottent le blessé qui est emmené sur le trottoir. On proteste, on crie. Il est assis par terre. On demande qu’ils appellent les pompiers.

Puis succession de charges : à gauche, à droite, à gauche, à droite. Les CRS entrent dans la manif en hurlant, les matraques au clair. Des gens tombent. Parfois, on arrive à dégager la chaussée des CRS à coups de « cassez vous ». Parfois on court après eux pour essayer d’empêcher une arrestation.

A un moment, ils relèvent sans ménagement des jeunes filles qui sont assises sur le trottoir. Je finis par comprendre qu’une d’elle est blessée à la tête. Ils les encerclent.

C’est alors qu’un médic me dit qu’ils ne soignent que des blessures au crâne. Les flics cognent très fort et en priorité sur la tête. Beaucoup de gens à la fin de la manif avec des bandages en effet... Je me dis alors qu’il faut que je vienne désormais casquée. Ce qu’il me conseille vivement, me montrant une partie de son casque enfoncée par un coup de matraque. Heureusement en effet qu’il avait son casque...

On repart après une énième charge. Les rangs sont un peu clairsemés quand une grenade lacrymogène arrive de derrière nous en rase motte et passe entre les jambes d’un manifestant devant nous.

Il s’affale de tout son long face contre terre et alors, l’horreur a lieu : en tombant, il coince la grenade en feu entre son cou et le bitume. Trois quatre personnes se précipitent sur lui pour dégager le fumigène. Le gars ne bouge plus. Nous l’entourons nombreux et appelons les médics et les secours. Nous sommes très nombreux autour à ce moment là et les CRS chargent à nouveau sur nous pour nous dégager et prendre position autour du blessé. C’est alors que collectivement, sans nous parler, pensant à nos très nombreux blessés qui se sont vus mis en examen et aussi hélas à Romain D., nous nous battons contre les CRS pour qu’on puisse continuer de nous en occuper et qu’ils dégagent. On y arrive ; ils dégagent, mais dans la bataille, ils ont blessé deux autres manifestants qui sont à terre juste à côté du grand blessé. Une pluie de lacrymos continue de nous atteindre. C’est l’enfer. On crie pour qu’ils arrêtent. Un grand cercle se forme autour des blessés. On porte secours aux trois blessés, dont un se relève déjà et on asperge les medics de maalox parce que les gaz sont violents.

Les pompiers vont enfin arriver mais on insiste pour chacun soit accompagné dans le fourgon par une personne et ils le seront. Quelques applaudissements saluent nos deux blessés, histoire de se donner un peu de chaleur et de soutien...

On repart. Nouvelles charges. Le camion à eau fait son entrée et asperge les manifestants qui sont un peu en contrebas.

On repart, toujours dans les gaz et les grenades de désencerclement. Toujours régulièrement chargés.

Arrivés à hauteur de l’hôpital des Invalides, on s’assoit sur des barres qui servent de parking pour les deux roues. On se repose en se disant qu’on va repartir un peu en arrière rejoindre le cortège syndical.

C’est alors qu’une ligne de CRS arrive au loin, contenant la progression de la manif. Nous sommes sommés de nous lever et on repart alors avec cette deuxième tête de cortège : deux rangées de CRS nous faisant face et nous empêchant de progresser. On arrive comme ça à Invalides.

Puis le camion à eau asperge la place déjà engloutie sous les lacrymos.

J’essaie de revenir en arrière pour retrouver mon compagnon. J’arrive au même parking à motos et je vois juste un peu plus loin, un double cordon de CRS qui bloque la manif. Je comprends alors qu’ils veulent dégager la place avant de nous laisser arriver.

Nous sommes alors violemment chargé.e.s et gazé.e.s. Ca pleut de partout. Un manifestant me rince les yeux avec du sérum. Je ne vois plus rien. Les cortèges syndicaux tournent dans une rue perpendiculaire pour échapper au déluge. Un SO se fait charger et gaze à son tour les CRS. Je reste sur l’axe principal et c’est alors que dans une brume compacte je vois un manifestant sur le côté avec un trou dans la cuisse et qui saigne. Des gens le secourent. Un peu plus loin, même scène : un gros trou dans la cuisse et ça saigne beaucoup. Je me mets autour du gars secouru par plusieurs personnes car les lacrymos pleuvent et je crains une charge avec le gars à terre. Ses amis décident de le porter plus loin en arrière car on n’arrive plus à respirer. Je distribue des pulvérisations de maalox jusqu’à épuisement. Je n’arrive plus à secourir et soulager...

J’ai des camarades qui sont là, je leur donne le nom et le tél d’une avocate militante. Puis je remonte encore vers l’arrière car il est impossible d’avancer ; des camions coupent désormais la route derrière les CRS.

C’est alors qu’un copain de Nuit Debout me voit et me demande de l’aide pour un gars qui est très blessé et les secours n’arrivent pas. Le gars est couché dans l’entrée du monceau fleurs fermé. Il a pris une grenade de désencerclement dans l’entre-jambes. Il est brûlé sur toute cette zone, son pantalon est en lambeaux et il souffre beaucoup.

Les pompiers arrivent une heure après le premier coup de tél. C’est très long, beaucoup trop long, quand on voit la violence avec laquelle nous sommes chargé.e.s, gazés, visés au flash ball et aux grenades.

Je repars avec mon compagnon, mon fils et quelques camarades en direction de Montparnasse. Mon fils s’est pris un coup de matraque sur la tempe, mon compagnon s’est battu avec les flics en civils mais nous n’avons rien de grave compte tenu des blessures que les CRS ont encore provoquées ce jour.

Le cortège n’a encore pas pu arriver à son terme. Le défilé a été interrompu. Mais nous étions des centaines de milliers dans la rue, tou-te-s très uni.e.s, personne ne reprochant rien à quiconque. Conscient.e.s de l’adversité que nous affrontons et qui nous soude. Le cortège de tête était encore plus massif, toujours aussi déterminé et extrêmement attentif les un.e.s aux autres.

Les cortèges syndicaux ont pris aussi beaucoup de violences policières.

Mais ce soir, malgré tout ça, nous restons invincibles, car nous ne pouvons pas perdre. Ou plutôt nous ne méritons pas de perdre. Nous préparons déjà demain et les jours suivants.

Jusqu’à la victoire."

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