Loi travail : tout ça pour ça.

lundi 20 juin 2016 à 23:08

Les 23 et 28 juin les syndicats appellent à poursuivre la mobilisation. Mais depuis le 17 juin, la direction syndicale de la CGT n’est plus officiellement pour le retrait de la loi travail : http://cgt.fr/Propositions-de-la-CGT-remises-a.html. Et les directions des autres syndicats opposés à la loi où en sont-elles ? Et les syndicalistes des secteurs et sections syndicales ? En somme, qu’en est-il de l’intersyndicale qui appelait pour le retrait de la loi ?

D’autres questions s’imposent donc : pour quoi les salariés, chômeurs, retraités sont-ils appelés à se mettre en grève et à manifester les jours qui viennent ? pour quoi toutes ces mobilisations depuis le 9 mars ? pourquoi des salariés grèvistes ont-ils renoncé à leurs salaires et subi la pression du patronat ? et les violences policières, les blessés, les arrestations, les assignations à résidence et les condamnations en prime. Pour quelques articles de la loi travail ?

Un scénario, des scenarii opaques s’échafaudent entre les syndicats eux-mêmes et entre les syndicats le gouvernement et les parlementaires où les manifestants, grèvistes sont pris pour des figurants voire des joujoux. Une fois de plus ou une fois de trop. La lecture d’un mouvement social et de ses revendications, objectifs, compositions, manèges n’est jamais facile et les syndicats n’aident pas à sa compréhension. Les tracts d’appels et déclarations concernant celui-ci deviennent de plus en plus confus, flottants, Par exemple, expliquer que Valls, Hollande, Macron, Cazeneuve et compagnie sont sourds relève de la litote et du simulacre : https://www.solidaires.org/Le-gouvernement-pratique-le-dialogue-de-sourd

Et que sont devenus les "on vaut mieux que ça" qui dénonçaient des conditions de travail très répandues et occupaient les débuts des manifestations et rassemblements pour le retrait de la loi ? Disparus du paysage politique et médiatique de la contestation aussi vite qu’ils sont apparus.


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La manif du 28 juin à Paris - epujsv - 29 juin 2016 à 10:11

Lu dans Médiapart version abonnés. Elle débutait à 14h était autant sous haute-surveillance que celle du 23 (fouilles des sacs+ contrôle d’identité+palpation au corps+ interdiction d’y rentrer en cortèges etc...) Mais autre chose : les syndicats et "inorganisés" s’étaient rassemblés à la Bourse du Travail (qui est donc un local syndical) le matin pour tenir une AG interprofessionnelle . Pendant c’temps là, CRS et gendarmes arrivaient et en faisaient une nasse pour les contrôler et interpeller à leur sortie. Je passe les "détails" de la réaction et organisation des 200 personnes présentes à l’AG (+ des soutiens qui sont venus les rejoindre). Je suppose qu’on le trouve sur internet et/ou dans d’autres journaux. Mais comme le rappelle Médiapart,
"en déployant ainsi la police, le préfet Michel Cadot a pris une décision symbolique et lourde : sauf réquisition judiciaire, les locaux syndicaux, tels que la Bourse du travail, sont réputés inviolables par l’Organisation internationale du travail. Le contrôle des militants qui s’y rendent ou en sortent constitue une entrave à la liberté syndicale. En outre, la fouille des manifestants est en principe limitée par l’arrêté du préfet à la zone de manifestation commençant à Bastille et aux rues alentour".


Loi travail : tout ça pour ça_ mobilisation du 28 juin et le double langage - epujsv - 27 juin 2016 à 13:51

PARIS (Reuters) -" La préfecture de police de Paris a annoncé lundi qu’elle autorisait la manifestation de mardi dans la capitale contre la loi Travail, sur un parcours proposé par sept organisations syndicales et de jeunesse, dont la CGT et Force ouvrière.

Le défilé se déroulera de la place de la Bastille à la place d’Italie, a précisé à Reuters un porte-parole de la préfecture.

Les modalités en étaient discutées lundi matin par l’intersyndicale et le préfet, Michel Cadot, a-t-il ajouté.

Le gouvernement avait dans un premier temps interdit la manifestation de jeudi dernier, après les débordements de celle du 14 juin et le refus de l’intersyndicale de se contenter d’un rassemblement statique. Il avait finalement autorisé un défilé sur un circuit très réduit, à partir de la place de la Bastille.

La manifestation de jeudi dernier, sous haute surveillance policière, s’est finalement déroulée sans incident notoire.

Celle de mardi intervient le jour du vote solennel au Sénat du projet de loi réformant le marché du travail, réécrit par la majorité sénatoriale de droite dans un sens plus libéral que le texte sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité en première lecture à l’Assemblée nationale."

Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé qu’il rétablirait cette version lors du retour du texte devant les députés pour la deuxième lecture, en juillet."
http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN0ZD12Q

Alors demain, c’est un jour de mobilisation contre quelle version ? Celle du Sénat ou celle adoptée en 1ere lecture à l’AN ? Retrait total ou retrait et modification de la colonne vertébrale ? http://www.la-croix.com/France/Mais-veut-CGT-Philippe-Martinez-2016-06-13-1300768334. (j’aurais dû lire La Croix plus tôt _ J’ignorais que c’était FO qui avait voulu que tout le monde monte à Paris le 14 juin. Beau résultat. A noter que FO ne fait pas partie des signataires du courrier de demande d’enquête parlementaire sur les violences, repressions policières depuis le début du mouvement).


volonté d’intimider la CGT - epujsv - 27 juin 2016 à 01:17

Remarque : ce week-end les locaux de la CGT à Montreuil ont été cassés, en tous cas les portes. Depuis on lit de ci de là que Philippe Martinez a reçu une lettre anonyme de menace de mort. Et peut-être est-ce repris à la télé, je ne sais pas. Mais ces menaces de mort ne sont pas nouvelles et n’avaient manifestement pas suscité l ’intérêt des médias à ce moment là. Le JDD, le 3 juin abordait déjà le sujet ainsi que les menaces de casses et autres "joyeusetés" au standard de la CGT : http://www.lejdd.fr/Societe/Salut-les-cons-passez-moi-Staline-Martinez-une-journee-au-standard-de-la-CGT-788755. Quelques journaux style le Point et/ou l’Express avaient repris l’info (en version électronique) afin de montrer l’exaspération des Français suscitée par les grèves du moment. et leur prise en otage, etc... etc...


Paris, 23 juin : la manif négociée - epujsv - 25 juin 2016 à 14:36

Sur Là-Bas si j’y suis, la manif filmée de l’intérieur . Dommage que ce ne soit accessible qu’aux abonnés !
Ca répond à beaucoup de questions de cette brève : les Directions syndicales FO et CGT ne font pas l’unanimité.
Parfois les articles de Là-Bas si j’y suis deviennent accessibles à tous les auditeurs. Peut-être celui-ci le deviendrait ? Ca serait bien, c’est éclairant : http://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/23-juin-paris-la-manif-riquiqui
Mais je ne peux pas m’empêcher de citer une syndicaliste FO qui est interviewée et qui défend son syndicat et le syndicalisme d’en haut. Elle tient à peu près ce langage : " il faut que le gouvernement sorte la tête haute".
A un manifestant qui critique Martinez et Mailly elle lui répond qu’il est bien jeune.
Ah la la j’te jure !


Paris, 23 juin : la manif négociée - epujsv - 25 juin 2016 à  22:09

Des manifestants ont choisi de ne pas rentrer dans la manif, d’autres n’ont pas pu rentrer à cause de leurs casques, de foulards, lunettes, etc... : https://www.youtube.com/watch?v=S2oI6ODb9ik

L’incroyable manif : https://www.youtube.com/watch?v=XbVCm7Du7OY

En direct d’1 camion de police plusieurs personnes arrêtées dont des journalistes de Taranisnews : https://www.youtube.com/watch?v=q7ZOUoiCLQ4
Ils ont été arrêtés à un "checkpoint" de la manif pour " attroupement en vue de commettre un délit" : https://twitter.com/gaspardglanz.

La manif sauvage dont les portes des locaux de la CFDT (entre autres) ont fait les frais et un blessé (frappé par la police - matraque - coup de pied - inanimé,) :
 ici en récit : https://paris-luttes.info/tandis-que-le-piege-de-bastille-se-6276
 ici en vidéo qui correspond manifestement au récit : https://www.youtube.com/watch?v=ttL_n_QpTjc
 et à nouveau ici en récit : https://blogs.mediapart.fr/savannah-anselme/blog/240616/manif-sauvage-avec-les-quartiers-populaires

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Paris, 23 juin : la manif négociée - epujsv - 26 juin 2016 à  15:06

Et le 23 juin c’est aussi le jour où la CGT Cheminots a fait part de sa décision de ne pas exercer son droit d’oppostion aux conditons de travail du rail. Elle ne signe pas les accords mais en n’exerçant pas ce droit elle fait pencher la balance du côté des accords d’entreprise déjà signés par l’Unsa et la CFDT. D’ailleurs, un délégué de l’UTP (Union des Transports publics) a déclaré que la CGT avait fait preuve de responsabilité, ce qui n’est jamais bon signe pour les salariés : http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2016/06/23/la-cgt-cheminots-ouvre-la-voie-a-la-validation-de-l-accord-sur-le-temps-de-travail-a-la-sncf_4956942_1656994.html

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Accords d’entreprise Michelin La Roche sur Yon - epujsv - 28 juin 2016 à  14:28

Un autre accord d’entreprise chez Michelin, La roche sur Yon, en février 2016, où Sud Michelin et CFE - CGC ont donné leur accord, signé pour que les ouvriers passent du 3x8 au 4x8 ( chantage à l’emploi : les salariés avaient voté oui pour les accords à plus de 60% lors d’une consultation du site ) et où FO et la CGT n’ont pas exercer leur droit d’opposition. Explications ici : http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/michelin-reorganisation-site-roche-sur-yon-est-validee-17-02-2016-255352

Répondre à ce message #42773 | Répond au message #42769
Paris, 23 juin : violence policière, arrestation de militants - epujsv - 25 juin 2016 à 12:51

Communiqué de la Fédération Sud PTT du 24 juin :

"VIOLENCES ET RÉPRESSION : LES ARMES D’UN GOUVERNEMENT AUX ABOIS !

vendredi 24 juin 2016

Communiqué de la fédération Sud PTT

Depuis le début du mouvement Loi Travail, le gouvernement Valls fait tout pour pourrir la situation sociale, en faisant preuve d’un autoritarisme forcené et d’une volonté de casser la résistance des mouvements sociaux.

De l’entêtement sur le dossier Notre Dame des Landes au muselage de la société civile pendant la COP 21, de la séquence loi Travail aux entraves répétées à la tenue de #nuitdebout (plus de 20 arrêtés d’interdiction sur Paris à ce jour), le gouvernement socialiste semble vouloir nous faire un flash-back autoritaire à la sauce Papon.

Les dernières péripéties sur la manifestation intersyndicale d’aujourd’hui prouvent que “ les gouvernements, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît”. Dans un quartier cerné par la police, de fouilles répétées en confiscations de drapeaux syndicaux, l’Etat policier s’est une fois de plus illustré en arrêtant des militants venus manifester : parmi eux, un camarade de SUD PTT, tabassé par la police, a été placé en garde à vue.

Nous demandons sa libération immédiate et appelons à un rassemblement aujourd’hui, à 10 heures, au 5 rue de Parme, métro place Clichy. 

Pour la fédération SUD PTT, le dernier mot doit revenir aux principaux intéressés, le peuple et en particulier la masse des travailleur-es, chômeur-euses, précaires et étudiant-es.

Une majorité d’organisations et de la population se sont prononcées contre le projet de loi face à un PS et ses élu-es totalement à côté de la plaque.

La seule revendication, sans ambiguïté, est donc le retrait total et inconditionnel de la loi Travail.

Le 28 juin, la préfecture et le gouvernement devra respecter les choix de l’intersyndicale. Pour SUD PTT cela devra être une manifestation et non pas un tour de manège comme aujourd’hui.

Paris le 24 juin 2016"

Pour voir les circonstances des arrestations et tabassages c’est ici : https://blogs.mediapart.fr/beatrice-turpin/blog/240616/que-defendez-vous


manifestations - epujsv - 23 juin 2016 à 11:36

Communiqué de l’Observatoire de la discrimination et des répressions syndicales : http://observatoire-repression-syndicale.org/?p=1975#more-1975 suite aux déclarations d’interdiction de la manifestation à Paris finalement autorisée sur un parcours réduit.

Et 7 organisations syndicales demandent une enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre : http://www.politis.fr/articles/2016/06/sept-organisations-syndicales-reclament-une-enquete-parlementaire-sur-le-maintien-de-lordre-34978/


le courrier de demande d’enquête parlementaire de 7 organisations syndicales et la Ligue des Droits de l’Homme - epujsv - 26 juin 2016 à  23:50

Courrier commun CGT – FIDL – FSU – LDH – SAF – SOLIDAIRES – UNEF - UNL

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale
Claude Bartolone
Mesdames et Messieurs les Présidents des groupes de l’Assemblée Nationale

Objet : Demande d’ouverture d’une enquête parlementaire, ou d’une mission d’information, sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations en lien avec la loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actif-ve-s » et sur le rôle joué par le ministère public durant cette période.

Le 21 juin 2016

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Lundi 6 juin à Genève, plusieurs membres du Comité des Nations Unies ont interpellé les représentants du Gouvernement français lors du 58ieme examen final de la France par le Comité des droits économiques et sociaux des Nations unies pour dénoncer la répression syndicale et le climat social délétère en France. En cette période de fortes mobilisations contre le projet de « loi Travail », déjà 48 enquêtes judiciaires ont été ouvertes par l’IGPN pour « violences » contre des manifestant-e-s. Le défenseur des droits s’est saisi d’enquêtes sur des violences commises par les policiers lors des manifestations. Pour rappel aussi, le comité contre la torture de l’ONU a épinglé la France, lors de son rendu des recommandations le 13 mai 2016, sur l’usage excessif voire illégal de la force par la police. Il recommande entre autres des enquêtes indépendantes et transparentes sur ces problématiques. Nous avons reçu de la part de nos militant-e-s et sympathisant-e-s divers témoignages de comportements disproportionnés et illégitimes perpétrées par des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique. De nombreux militants racontent comment ils se voient « délogés », « pourchassés » et « visés » par les forces de police sans qu’aucune infraction n’ait été commise, tout en observant que les "casseurs" arrivent à s’insérer dans les cortèges, voire en prendre la tête sans être arrêtés dans leur progression.

Plus largement, ces éléments mènent nos organisations à nous questionner sur la gestion de l’ordre public durant les manifestations. En effet, comme l’ont signalé des policiers syndiqués, les ordres semblent tarder dans des situations qui exigent une forte réactivité. De plus, comment expliquer que soient visés des groupes de manifestants sans discernement quand certain-e-s individu-e-s violent-e-s semblent volontairement contenu-e-s en tête de cortège des manifestations ? S’agirait-il d’une stratégie délibérée visant à accroitre les tensions durant les manifestations ? Enfin, nos organisations s’étonnent de la sévérité avec laquelle le parquet requiert certaines peines manifestement disproportionnées à l’encontre de manifestant-e-s. _
Certaines réquisitions, pour des dossiers vides de preuve dans lesquels sont retenus à charge le fait de participer à l’organisation des manifestations ou d’être responsable syndical, conduisent des militant-es à être interdits de manifester, à de la détention provisoire, puis à des peines d’emprisonnement ferme. La participation aux manifestations ou l’appartenance syndicale semble devenir circonstance aggravante, au mépris des libertés fondamentales. Le rôle joué par le ministère public dans les procédures en lien avec ces mobilisations mériterait d’être révélé et clarifié. Nous demandons l’ouverture d’une enquête parlementaire, ou d’une mission d’information, sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations en lien avec la loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actif-ve-s » et sur le rôle joué par le ministère public durant cette période. Nous vous prions d’agréer, M. le Président de l’Assemblée Nationale, MM. les Présidents des groupes de l’Assemblée Nationale, l’expression de notre considération distinguée."

https://www.solidaires.org/Enquete-parlementaire-a-propos-des-violences-policieres-dans-les-manifestations
http://www.snesup.fr/Le-Snesup/L-actualite-du-SUP?aid=7598&ptid=5
http://vinatier.reference-syndicale.fr/2016/06/courrier-commun-des-organisations-syndicales-pour-une-demande-d-enquete-parlementaire/

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