Archives

Socialisme ou Barbarie

jeudi 22 février 2007 à 15:13

Vient de paraître, aux éditions Acratie, une anthologie de textes du groupe Socialisme ou Barbarie, animé entre autres par Claude Lefort et Cornelius Castoriadis. Une lecture roborative.

Présentation de l’éditeur :

"En ces temps où le capitalisme étend sur le monde une domination de plus en plus déshumanisante et destructrice au nom d’une prétendue fatalité économique, quand ce n’est pas d’une mission divine, il est urgent de se souvenir que « ce sont les hommes qui font leur propre histoire », que l’état du monde résulte de leur action et non pas de forces économiques ou naturelles – et encore moins surnaturelles – sur lesquelles ils n’auraient aucune prise, et que seule leur action, encore et toujours, peut changer la situation dans un sens désirable.

Ce principe n’a cessé d’inspirer le groupe Socialisme ou Barbarie tout au long de son parcours de 1949 à 1967, ainsi que chacun des quarante numéros de la revue du même nom qu’il a publiée. Convaincu de la nécessité de comprendre la réalité pour œuvrer à sa transformation, il a développé une critique radicale des sociétés modernes. Récusant l’alternative entre les deux blocs qui prévalait alors, il s’est efforcé au contraire de mettre en évidence l’unité profonde entre le capitalisme privé de l’Occident et les systèmes bureaucratiques des « Pays de l’Est », sans toutefois, certes, aller jusqu’à prévoir leur descendance actuelle, mélange de nationalisme et de dérive mafieuse. Les révoltes ouvrières et antibureaucratiques, dans les pays de l’Est, en 1953 et 1956, ignorées ou calomniées ailleurs, ont été placées au centre de ses réflexions.

Abandonnant progressivement les travers dogmatiques du marxisme,le groupe a donné une large place à des analyses concrètes – dues notamment à P. Romano et à D. Mothé – dévoilant ce que l’attitude des ouvriers, dans leur travail même, avait de créatif et de fondateur ; plusieurs élaborations théoriques de ses fondateurs, Castoriadis et Lefort, partent de ces analyses. Plus généralement, c’est en s’inspirant des créations pratiques – revendications, formes d’organisation, modes de combat… – surgies dans les luttes sociales autonomes et particulièrement dans les crises révolutionnaires, que le groupe a élaboré une conception du socialisme fondée sur l’autogestion effective et généralisée, conception qui s’opposait en tous points à celle du stalinisme comme à celle de la social-démocratie. Et ce sont les mêmes idées qui ont guidé les interventions du groupe dans les mouvements politiques et sociaux de son époque.

Quarante ans après, il serait absurde de vouloir plaquer ces idées telles quelles sur la réalité d’aujourd’hui, bien qu’elles restent, pour l’essentiel, valables et peuvent apporter une contribution éclairante aux débats et aux mouvements en cours aujourd’hui. L’histoire de ce groupe, ce qu’il a dévoilé et ce qu’il a manqué, son évolution théorique, ses tensions internes, et même ses erreurs, tout cela est source de réflexion et mérite d’être connu. Animés par cette conviction, quelques anciens membres du groupe Socialisme ou Barbarie ont décidé de réunir en un volume un certain nombre d’articles, ou d’extraits d’articles, donnant un aperçu des idées développées tout au long du parcours de la revue et dans les différents domaines abordés. Entreprise qui est apparue d’autant plus utile que la plupart de ces textes sont pratiquement introuvables."

Association Castoriadis

Voir en ligne : Association Castoriadis


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?

commentaires
Socialisme ou Barbarie - 26 février 2007 à 00:16

Pour compléter cette lecture : Bernard Maris et ses 2 volumes :"Antimanuel d’économie", édition Bréal : 17 € - Une étude incroyable d’un des meilleurs économistes de France qui reprend les thèses des plus grands scientifiques couronnés par un prix Nobel et affirmant que le système du marché international actuel porte la destruction en lui en partant du principe fondateur : "Flinguer ses concurrents pour être toujours plus compétitif ey vive versa". L’oncle Bernard (son pseudo à Charlie Hebdo)démontre : " Peut-on échapper à l’économie ? Elle imprègne le sport, le sexe et la guerre ; elle engage le quotidien de la ménagère comme celui du manager. La ’marchandisation de la vie’ devient l’hymne de l’époque, et les économistes sont des maîtres autoproclamés voués au ’progrès’ de l’humanité. C’est oublier que l’homme n’est pas, mais alors pas du tout, rationnel. Et que l’économie est avant tout une réflexion sur le partage. Qui regarde le gâteau, qui tient le couteau ? Une autre économie est-elle possible ? La croissance est-elle une vertu ?"...


#6693