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Tensions

samedi 24 mars 2007 à 22:54

Yann Galut, prétendant - pour le Parti Socialiste - au siège de député dans la 3ème circonscription du Cher, serait-il tendu ?
On peut lire en effet, sur le dernier billet de son blog (23 mars, 15h00) : « Dans cette dernière ligne droite, nous allons organiser dans le Cher de nombreuses tensions sur le terrain pour vous présenter le « pacte Présidentiel » de Ségolène. »

Des tensions, il risque certes d’y en avoir chez ceux qui placent encore quelques espoirs dans la candidate du Parti Socialiste. Plus la campagne avance, plus les tendances bonapartistes de Royal se font sentir. Les « éléphants » boudés, puis remobilisés, puis à nouveau mis à distance, elle s’attaque maintenant au coeur du projet socialiste.

On apprend aujourd’hui qu’il est désormais hors de question pour Royal de remettre en cause la loi Fillon sur les retraites.

Tandis qu’on pouvait lire dans le projet du Parti Socialiste : « En poursuivant la réforme Balladur de 1993, la loi Fillon de 2003 a programmé l’abaisssement du niveau de retraites et n’en garantit même pas le financement. Elle sera abrogée. » Royal a déclaré hier au micro de France-Info : « Je remettrai à plat la loi Fillon sur les retraites [...] Non pas abrogration telle quelle parce que je crois que la façon moderne de gouverner ce n’est pas forcément faire table rase du passé uniquement pour se faire plaisir. »

Se faire plaisir, merci Ségolène ! Les militants et tous ceux qui se sont battus en 2003 contre la loi Fillon apprécieront.

Quoi qu’il en soit, pour ce qui est des tensions, après celles qui ont divisé le courant antilibéral - l’empêchant de présenter une candidature unique, on est loin d’en avoir fini à gauche, et au P.S. en particulier. Pas besoin d’être voyant extralucide pour deviner celles qui apparaitront au soir du premier tour de l’élection présidentielle.

À prendre les électeurs carrément pour des imbéciles, la réponse des urnes pourrait être cinglante. En avril, en mai et ... en juin.


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commentaires
Tensions - 26 mars 2007 à 18:13

Le sujet de l’article est-il national et présidentiel (dans ce cas, il concerne Ségolène)ou est-il local et législative (dans ce cas, il concerne le beau Yann qu’on n’oublie pas... par contre, les législatives qui arriveront justaprès le désastre annoncé, on n’en parle pas beaucoup !). En tous les cas, Yann a un peu vieili sur la photo de son site : peut-être la barbe, peut-être ses traits tirés sont-ils dus aux tensions évoquées dans cet article ? Tensions, cela veut dire "être tendu entre 2 tendances, 2 ambitions, 2 avenirs, 2 choses, etc"...Mais alors, quelles tensions ? Celles pour assumer les grands écarts de Ségolène ? Celles d’avoir tant lutté pour rejeter la constitution néolibérale européenne et finalement devoir représenter et soutenir la "Jeanne d’Arc du Oui" ? Celles d’être écartelé entre les revendications de ses amis du P.C. et la nécessité d’assumer les choix de Ségolène, ce qui en clair signifie : "Comment faire pour recoller les morceaux au deuxième tour et surtout pour les Législatives ?". Rappel : la dernière fois où Yann a perdu face à un vieillard de droite, c’est qu’il n’avait pas réussi à récolter toutes les voix de gauche, en particulier celles des quartiers plus ou moins acquis au P.C.... La sitution actuelle est-elle meilleure ? Au vu des dernière déclarations des (trop) nombreux candidats à la gauche de Ségolène (Marie-George Buffet, José Bovet, Bezancenot, Voynet..), c’est sûr que Yann doit être tendu pour faire admettre que Ségolène est "vraiment" de Gauche. Vous me direz que Mitterrand ne l’était pas "vraiment" et que ça ne l’a pas empêché de gagner par 2 fois. Bon d’accord, ce fut au prix de la liquidation d’une véritable gauche (j’adore quand les grands patrons de la Bourse avouent qu’ils ne se sont jamais autant enrichis que sous les années Mitterrand)...Alors, si l’on pense que cette situation mitterrandienne peut recommencer, Yann n’a aucune raison d’être tendu. Sauf qu’on va lui dire "qu’on nous la refait pas" (surtout du côté des Verts et du PC, dixit Voynet qui a bien dit que si elle revenait dans un Gouvernement, ça ne serait pas pour se faire écraser comme la dernière fois", quant Marie-George Buffet, elle a été encore plus clair en rappelant aussi "l’enrichissement des patrons boursiers durant son passage au gouvernement". Bon, ben finalement, Yann a raison d’être tendu. Mais peut-être y at-il bien d’autres raisons pour expliquer ses tensions, raisons que j’espère comprendre sur ce merveilleux site didactique !


#6912
Partiel et partial ? - Mister K - 25 mars 2007 à 15:09

Bon, ce n’est pas pour défendre la dame, mais quand on fait des citations, il faut les faire en entier ; il manque le bout suivant à la citation : "Il faut gouverner de façon intelligente, c’est-à-dire d’abord faire confiance au dialogue social et, je l’ai dit, dès mon élection les partenaires sociaux seront réunis, il leur appartiendra de remettre à plat le dossier des retraites"

C’est sûr que cela change un petit peu le sens, non ?


#6899
Words words words - bombix - 25 mars 2007 à  16:21

Vous avez raison de compléter, mais ce n’est pas sûr du tout que cela change quoi que ce soit sur le fond. Il y a d’un côté le programme du PS qui demande l’abrogation de la Loi Fillon, et de l’autre la candidate intronisée qui suspend cette abrogation.
"Remettre à plat avec les partenaires sociaux" : on peut tout fourrer dans cette formule, surtout si l’on considère que dans "les partenaires sociaux" il y a le MEDEF et la CFDT de Chérèque qui ont voté cette loi, et qui ne comptent pas revenir dessus (Chérèque a le mérite de la franchise sur ces questions). Royal est habile, elle recule en faisant semblant d’avancer. Elle dit qu’elle avance, et en fait elle recule. Politiquement, le résultat, c’est que le PS s’aligne sur les réformes néolibérales menées par Raffarin1-Raffarin2-DeVillepin. Cela s’appelle la modernisation de la vie politique.

Pour être tout à fait précis sur cette question, il faut ajouter que le système des retraites par répartition est lui aussi mis sur la sellette. Royal envisage le financement des retraites par le FRR (Fonds de Réserve des Retraites) présenté comme une sorte de fonds de pension collectif. Rien à voir avec les fonds de pension privés, affirme-t-elle. La seule différence pourtant, c’est le mot "collectif". Mais dans le principe, c’est bien l’idée du fonds de pension qui est avancée.
Quelle différence dès lors, avec les propositions de la droite ? Le style, le langage flou, l’hypocrisie en un mot. Ouest France(*), d’où je tiens ces informations ajoute : « Créé en 1999 afin d’assurer la pérénnité des régimes de retraite de base du privé, le FRR est censé cumuler 150 milliards d’euro d’ici à 2020. Au 31
décembre, il comptait seulement 33,1 milliards d’euros d’actifs. Le gvt qui
a pourtant perçu plus de 220 milliards de recettes de privatisation depuis
cinq ans n’a guère mis au pot. » Encore une fois, ce sont les salariés qui seront mis à contribution. Le patronat et l’Etat-patron s’en tireront à bon compte.

(*) Article du 24 mars, p. 4, signé François Vercelletto.

#6903 | Répond au message #6899
Words words words - Mister K - 25 mars 2007 à  18:33

Sur ce sujet des retraites, la gauche a beaucoup de mal ; elle manque de courage. Il faut être réaliste : seule une baisse importante et durable du chômage peut rééquilibrer les comptes.

Mais en attendant, il faudra bien trouver des solutions. Déjà, il faudrait interdire les préretraites ou bien les faire financer à 100% par ceux qui les utilisent pour faire financer leurs plans de suppression d’emplois par la collectivité.

Ensuite, il faudra bien rétablir une équité entre les salariés, équité qui a été mise à mal (entre autre) par la loi Fillon. Et là, régimes spéciaux ou pas, public ou privé, il faut mettre tout le monde a égalité. A métier égal, il n’y a aucune raison qu’il y ait des différences public/privé : même métier, mêmes contraintes, mêmes cotisations, mêmes droits. Et c’est là qu’il faudra être intelligent et ne pas défendre l’indéfendable par clientélisme ou manque de courage. Ce qui ne veut pas dire que l’on doit aligner tout le monde sur le moins disant. Mais qu’un administratif chez EDF, La Poste, la SNCF ou la RATP doit cotiser la même durée qu’un salarié du même type dans le privé par exemple ; 40 ans pour ce type de poste ne me paraîtrait pas scandaleux. Par contre, un ouvrier du bâtiment pourrait cotiser 37 ans ou moins contre 40 ans actuellement. Ce sont des exemples. Mais si l’on maintient les injustices, il ne faudra pas s’étonner qu’un jour le système éclate...

Pour ce qui concerne les fonds de pensions, c’est une mauvaise idée : s’il s’agit d’augmenter le rendement financier des cotisations, il ne faut pas oublier que ce type de rendement s’effectue bien souvent à l’encontre des salariés et génère du chômage. On créé ainsi une double insécurité pour les salariés d’une part, et pour les retraités d’autres part puisque qui dit fond de pension dit placement risqué.

Sur Ségolène Royale enfin, il faut bien se rendre compte qu’elle n’est pas crédible pour grand monde. Mais pas plus ni moins que Sarkozy et Bayrou toutefois...

#6905 | Répond au message #6903
Words words words - bombix - 25 mars 2007 à  19:10

Je ne suis pas en désaccord avec plusieurs choses que vous dites. En particulier la prise en compte de la pénibilité du travail. Mais il faudra s’entendre sur les indicateurs. Je pense que l’occasion nous sera redonnée de débattre sur tous ces problèmes, qui sont sans doute parmi les plus graves.

Sur Ségolène Royale enfin, il faut bien se rendre compte qu’elle n’est pas crédible pour grand monde. Mais pas plus ni moins que Sarkozy et Bayrou toutefois...

C’est bien là le hic !!!

Cordial.

#6906 | Répond au message #6905
Words words words - popeup - 26 mars 2007 à  15:13

Monsieur K, si vous permettez, vous vous êtes déjà habitué (et surement pour de bonnes raisons, les 40 ans vous y êtes surement depuis 93) à l’idée des 40 ans...de cotisations. Pour ma part, c’est une nouvelle formule, un nouvel envisagement de ma fin de vie... Administratif de mon état de service , ou assimilé peu importe, effectivement je ne travaille pas dehors sous les intempéries, mais je et beaucoup d’autres, ai trouvé ce travail tard (jeunesse chômeuse, quelle honte !! je fais 3 ave maria par jour pour me faire pardonner de mon incapacité à me vendre et mon manque inné voire génétique de compétitivité )et penser qu’à 68 ans je devrai bosser encore et pour une retraite de misère dont je vais profiter (5 ans, allez 10 ans dans le moins pire des cas...) (j’ai déjà quitté le système mutaliste qui n’en a plus que le nom pour mon petit complément qui avait de fort risque de dégringoler encore plus dans un systeme de fonds de pensions collectifs, car cela existe déjà Ségo mon amour, ), je pense que le scandale, l’injustice, a déjà a eu lieu... en 93, certes, d’abord...Perso, je ne souhaite pas à un employé de la RATP, EDF, GDF, Poste, ou je ne sais plus quelle entreprise dont je ne sais plus si elle est encore publique ou privée (vous y comprenez quelque chose vous ???? ) d’avoir la m^me future vieillesse que j’aurais.... nous aurons, que vous aurez, qu’ils auront. Rappelez vous....." Public, privé, tous ensemble tous ensemble....."Dérision ? oui. Mais je ne suis pas sur la scène à me moquer de ce qui ne m’arrivera jamais...Ah ! mais j’avais oublié la pub à la télé pour je ne sais plus quelle assurance, ou mutuelle, ou produit,ah oui, l’emploi des senors, me dit qu’à 70 ans, non 65 ans, non, 60 ans, je suis plus performant qu’un jeune....avec de la crème régénérégénerégnérée...de ma cellule et du yahourt. J’ai bon espoir en ce cas.

#6910 | Répond au message #6905
Words words words - Mister K - 26 mars 2007 à  19:47

Vous avez raison, les 40 ans, c’était en 93 durant l’été et c’était un coup de Balladur. Maintenant, c’est 42 ans pour le privé depuis Fillon...
Mais effectivement, vous avez raison, cela va poser problème pour ceux qui ont commencé à travailler tard...ou qui ont simplement fait des études. Sinon, il me semble que quand on est au chômage, on est toujours salarié et on cotise (à vérifier, je ne suis pas spécialiste).

#6913 | Répond au message #6910
Words words words - popeup - 27 mars 2007 à  11:56

Donc bientôt 70 ans... nous rattraperons le privé, pas de blème la dessus.
Peut-être faut-il rappeler qu’un jeune qui n’a pas travail en sortant de ses études "courtes" ou ses études longues n’est pas indemnisé par les Assedics sauf s’il a suffisamment travaillé pour déclencher des droits. Mais, soumis à des contrats de quelques heures quand ils doivent travailler pour alimenter leurs études, m’est avis qu’il n’y a pas le nombre d’heures demandées pour engendrer des droits : donc aucune cotisation retraite.
Ils doivent attendre 25 ou 26 ans, je ne sais plus, pour être reconnus sans revenus donc hop, envoyés dans la case RMI. Dans le RMi, y’a t-il une part retraite ? Aucune idée non plus. Mais un chomeur n’est pas considéré comme un salarié, c’est faux. Je pense qu’au bout de sa vie de labeur on lui rappellera encore qu’à un moment il n’a pas été PRODUCTIF et que la retraite, zobi....Et ce n’est pas les emplois précaires qu’ils trouvent éventuellement, qui leur génère des droits à la retraite decents....Et ce n’est pas les stages des étudiants ou ex- étudiants, ni les stages de réinsertion actuels pour les chomeurs longue durée, donc en ASS ou en RMI , (car on les fait bosser gratos .... on leur dit "vous n’avez plus le pied à l’étrier, il faut aller faire un stage pour vous réadapter : et bing 2 semaines, par ci, par là, ils travaillent gratos pour une boite, pour 300 à 400 euros par mois...)Donc, à priori, plus de retraite pour grand monde .... dans 5 ans ? 10 ans ?

#6918 | Répond au message #6913